Alain YVER

Alain YVER

ROMAIN GARY

ROMAIN GARY





SON SITE
http://www.romaingary.org/racinesduciel.php

22 CITATIONS
http://www.gilles-jobin.org/citations/index.php?P=g&au=153

http://www.romaingary.org/biographie.php


Romain Gary, de son vrai nom Roman Kacew, né le 8 mai 1914 à Vilnius (Lituanie) et mort le 2 décembre 1980 à Paris, est un romancier français d'origine russe, unique double lauréat du Prix Goncourt.








                             
Dans cette autobiographie rédigée sur le bord de la mer, Romain Gary nous dépeint sa vie, en particulier son amour pour sa mère. Romain élevé dans le fin fond de la Pologne va déménager à Varsovie car sa mère qui avait créé un faux salon de couture française sera finalement ruinée. Romain, dont la mère ne cesse de dépeindre les mérites très exagérés de la France va finalement parvenir à s'installer avec elle à Nice.
Ils comptent sur un vieux service de vaisselle qui devait valoir des millions pour s'installer, le service ne vaut rien. La mère de Romain devra alors faire toutes sortes de petits métiers pour s'en sortir, et finira finalement par ouvrir un hôtel. Elle rêve que son fils devienne ambassadeur français. Devenue diabétique sa santé se détériore. Romain doit partir à l'armée et promet de revenir gradé. Il écrit plusieurs livres dont sa mère est très fière. Il va risquer plusieurs fois la mort en tant que pilote et tombera gravement malade, mais guérira.
Lorsqu'il reviendra de la guerre, sa mère sera déjà morte depuis trois ans, elle lui avait fait parvenir des "lettres à retardement" par l'intermédiaire d'une amie si bien qu'il ne s'en doutait pas. Il rencontrera plusieurs femmes mais ne se mariera pas.








 Biographie

Romain Kacew est le fils de Leonid Kacew et de Nina Owczynska[1]. Leonid Kacew est le deuxième époux de la mère de Gary, qu'il a épousée pendant sa grossesse, laissant planer un doute sur la réalité de la paternité de l'enfant[2]. Gary est élevé par sa mère après le départ de son père du foyer conjugal lorsqu'il était enfant. Gary se prétendait juif par sa mère qui pourtant le baptisa catholique à Varsovie où ils vécurent de 1917 à 1928.

Gary arrive avec sa mère en France, à Nice, à l'âge de 14 ans. Il étudie le droit à Paris. Naturalisé français en 1935, il est appelé au service militaire pour servir dans l'aviation où il est incorporé en 1938. En 1940 il rejoint la France libre où il sert dans les Forces aériennes françaises libres. C'est durant cette période que Romain Kacew choisit le pseudonyme de Gary (signifiant brûle ! en russe). Il termine la guerre comme compagnon de la Libération et commandeur de la Légion d'honneur.

Après la fin des hostilités, il entame une carrière de diplomate au service de la France. À ce titre, il séjourne en Bulgarie, en Suisse, à New York (aux Nations Unies, 1952-54), en Bolivie, puis en qualité de Consul général de France à Los Angeles de 1957 à 1961, date à laquelle il se met en congé du ministère des Affaires étrangères.

Il fut l'époux de l'écrivaine britannique Lesley Blanch et de l'actrice américaine Jean Seberg, dont il divorça. Un peu plus d'un an après le suicide de celle-ci (septembre 1979), il se donne la mort en se tirant une balle dans la bouche.

L'affaire Émile Ajar

Après sa disparition, on apprit que, sous le pseudonyme d'Émile Ajar, il était également l'auteur de quatre romans dont la paternité avait été attribuée à un proche parent Paul Pavlovitch, lequel avait assuré le rôle d'Ajar auprès de la presse et de l'opinion publique.

Ajoutons qu'Ajar et Gary ne furent pas ses seuls pseudonymes puisqu'il est aussi l'auteur d'un polar politique, sous le nom de Shatan Bogat Les Têtes de Stéphanie, et d'une allégorie satirique signée Fosco Sinibaldi (les lettres s, i et n masquant les g, a et r de Gar-ibaldi) L'Homme à la colombe.

Romain Gary est ainsi le seul écrivain à avoir jamais été, par volonté de mystification ambiguë (Gary et Ajar signifient respectivement brûle ! et la braise en russe ; des phrases de l'un sont dans l'autre), récompensé deux fois par le Prix Goncourt, la première fois sous son pseudonyme courant, pour les Racines du ciel, en 1956 et la seconde fois sous le pseudonyme d'Émile Ajar, pour La Vie devant soi, en 1975.

La dédoublante mystification Ajar/Gary n'était pas passée inaperçue de tous. Dans son roman autobiographique Le Père adopté Didier Van Cauwelaert rapporte qu'une étudiante de la Faculté de lettres de Nice, qu'il nomme Hélène, préparait deux ans avant la révélation publique un mémoire où elle soutenait au grand désarroi de ses professeurs que Gary et Ajar étaient une seule et même personne[3].

Renommée et postérité

Méprisé par la critique de son vivant, considéré comme auteur réactionnaire parce que diplomate gaulliste, Gary, qu'on ne cesse de redécouvrir aujourd'hui, fit avec l'épisode Emile Ajar un véritable pied de nez au Tout-Paris littéraire.

Plusieurs de ses livres ont été adaptés au cinéma, notamment Clair de femme (1979) par Costa-Gavras, avec Yves Montand et Romy Schneider dans les rôles principaux, et La Vie devant soi (1977) par Moshé Mizrahi, qui remporta l'Oscar du meilleur film en langue étrangère, et dans le rôle de Madame Rosa, Simone Signoret remporta le César de la meilleure actrice.

En 2007/2008, La Vie devant soi est adaptée au théâtre par Didier Long avec Myriam Boyer , Aymen Saïdi, Xavier Jaillard et Magid Bouali dans les quatre rôles principaux. En 2007/2008, Christophe Malavoy incarne au théâtre Romain Gary dans Gary/Ajar.

Romain Gary a également réalisé deux films, pour lesquels il tint en même temps le rôle de réalisateur et celui de scénariste. Cette partie de son œuvre n'a guère connu de succès.

Romain Gary a donné son nom à une promotion de l'École nationale d'administration (2003-2005).

Œuvre
Écrits

Sous le nom de Romain Kacew :

    * 1937 : Le Vin des morts

Sous le pseudonyme de Romain Gary :

    * 1945 : Éducation européenne
    * 1946 : Tulipe
    * 1949 : Le Grand Vestiaire
    * 1952 : Les Couleurs du jour
    * 1956 : Les Racines du ciel (prix Goncourt)
    * 1960 : La Promesse de l'aube
    * 1961 : Johnie Cœur
    * 1962 : Gloire à nos illustres pionniers (nouvelles)
    * 1963 : Lady L.
    * 1965 : The Ski Bum
    * 1965 : Pour Sganarelle (Frère Océan 1) (essai)
    * 1966 : Les Mangeurs d'étoiles (La Comédie américaine 1)
    * 1967 : La Danse de Gengis Cohn (Frère Océan 2)
    * 1968 : La Tête coupable (Frère Océan 3)
    * 1969 : Adieu Gary Cooper (La Comédie américaine 2)
    * 1970 : Chien blanc
    * 1971 : Les Trésors de la Mer Rouge
    * 1972 : Europa
    * 1973 : Les Enchanteurs
    * 1974 : La nuit sera calme (entretien fictif)
    * 1975 : Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable
    * 1977 : Clair de femme
    * 1977 : Charge d'âme
    * 1979 : La Bonne Moitié
    * 1979 : Les Clowns lyriques
    * 1980 : Les Cerfs-volants
    * 1981 : Vie et mort d'Emile Ajar (posthume)
    * 1984 : L'Homme à la colombe (version posthume définitive)

Sous le pseudonyme d'Émile Ajar :

    * 1974 : Gros-Câlin
    * 1975 : La Vie devant soi (prix Goncourt)
    * 1976 : Pseudo
    * 1979 : L'Angoisse du roi Salomon

Sous le pseudonyme de Fosco Sinibaldi :

    * 1958 : L'Homme à la colombe

Sous le pseudonyme de Shatan Bogat:

    * 1974 : Les Têtes de Stéphanie

Films

    * 1968 : Les oiseaux vont mourir au Pérou
    * 1972 : Police Magnum (Kill!)

Chanson

    * 1971 : Kill'em all

Voir aussi
Bibliographie

    * Anissimov Myriam, Romain Gary le caméléon, biographie, Denoël, 2004; nouvelle édition Gallimard, "Folio", 2006
    * Bayard Pierre, Il était deux fois Romain Gary, PUF, "Le texte rêve", 1990
    * Blanch Lesley, Romain, un regard particulier, Actes Sud, 1998
    * Bona Dominique, Romain Gary, Mercure de france, 1987
    * Catonné Jean-Marie, Romain Gary / Émile Ajar, Pierre Belfond, "Les dossiers Belfond", 1990
    * Huston Nancy, Tombeau de Romain Gary, Actes Sud, 1995
    * Pavlowitch Paul, "L'homme que l'on croyait "Ajar"", Fayard, Paris, 1981.
    * Rosse Dominique,Romain Gary et la modernité, Nizet, Paris, 1995.
    * Rosse Dominique,Europa ou la défense Gary, Echiquiers d'encre, Droz, Lausanne, 1998.
    * Schoolcraft Ralph, Romain Gary: The Man Who Sold His Shadow, University of Pennsylvania Press, Philadelphia, 2002.

Références

   1. Å™ Romain Gary, le caméléon de Myriam Anissimov, Folio
   2. Å™ Tombeau de Romain Gary, de Nancy Huston aux éditions Actes Sud, collection Babel nº303
   3. Å™ Didier Van Cauwelaert, Le Père adopté, Albin Michel 2007, pp.272-273

Liens externes
Voir aussi sur Wikiquote les citations « Romain Gary ».

    * Romain Gary, La promesse de l'aube
    * Site consacré à Romain Gary
    * Romain Gary Ordre de la Libération
    * L'affaire Gary/Ajar
    * Romain Gary et les forces françaises libres
    * Vidéos sur Romain Gary avec notamment sa Radioscopie par Jacques Chancel sur le site de l'Institut national de l'audiovisuel.




   LA BIOGRAPHIE









Roman Kacew est né le 8 mai 1914


dans la communauté juive de Wilno (Vilnius) en Lituanie, alors sous domination russe. Son père était négociant en fourrure et sa mère modiste.

En 1915, alors que son père est mobilisé dans l'armée russe, il est déporté avec sa mère vers le centre de la Russie en tant que juif des pays baltes que les Russes soupçonnent de faire de l'espionnage au profit des Allemands.

En 1921, à l'âge de sept ans, il retourne à Wilno, devenu territoire polonais depuis la guerre russo-polonaise de 1920 où il vit jusqu'en 1927.

Ses parents se séparent et, avec sa mère, il gagne Varsovie où il fréquente l'école polonaise et prend des cours particuliers de français pendant deux ans.

En 1929, Roman et sa mère émigrent en France et s'établissent à Nice. Roman poursuit ses études secondaires au lycée avant d'entamer des études de droit à la faculté d'Aix-en-Provence puis à Paris où il obtient une licence.


Naturalisé français en 1935, il est appelé au service militaire pour servir dans l'aviation. Incorporé à Salon-de-Provence en novembre 1938, il est élève observateur à l'Ecole de l'Air d'Avord. Parmi trois cents élèves, il est le seul, en raison de ses origines étrangères, à ne pas être nommé officier.

En juin 1940, il se trouve à Bordeaux-Mérignac et décide de rallier les Forces françaises libres. Il s'évade de France par avion, atterrit à Alger, séjourne à Meknès et Casablanca le temps de trouver un cargo britannique qui l'emmène à Gibraltar ; deux semaines plus tard, il débarque à Glasgow.

Dès son arrivée, il demande à servir dans une unité combattante sous le nom de Romain Gary.

Affecté au Moyen-Orient, il sert en Libye, à Koufra notamment en février 1941, puis en Abyssinie et en Syrie. Il contracte le typhus et, presque mourant, il reste six mois à l'hôpital.

Rétabli, il rejoint l'escadrille de surveillance côtière en Palestine et se distingue dans l'attaque d'un sous-marin italien au large des côtes palestiniennes.

Rattaché au Groupe de bombardement Lorraine, il est ramené en Grande-Bretagne en février 1943 pour servir sur le théâtre d'opérations de l'Ouest. Le groupe est rééquipé et réentraîné dans les centres d'entraînement de la RAF A partir d'octobre 1943, l'action de bombardement du Lorraine est principalement dirigée contre les sites de V1; les Bostons qui équipent désormais le Lorraine volent rassemblés par groupe de six, en rase-mottes, accompagnés par des Spitfire de protection et c'est dans ces conditions que le lieutenant Gary se distingue particulièrement le 25 janvier 1944 quand, leader d'une formation de six appareils, il est blessé par un éclat d'obus en même temps que son coéquipier pilote Arnaud Langer lui-même gravement touché aux yeux. Malgré sa blessure, il guide son coéquipier et l'ensemble de sa formation avec suffisamment de maîtrise pour réussir un bombardement très précis et pour ramener l'escadrille à la base.

Il a effectué sur le front de l'Ouest plus de 25 missions offensives totalisant plus de 65 heures de vol de guerre.

Après sa démobilisation, en 1945, il entre dans la carrière diplomatique en même temps qu'il publie son premier roman : Education européenne. Secrétaire d'ambassade, il exerce ses fonctions en Bulgarie et en Suisse.

En 1952, il est secrétaire à la Délégation française auprès des Nations-Unies à New-York, puis à Londres en 1955.

En 1956, il est nommé Consul général de France à Los Angeles et reçoit le Prix Goncourt pour Les Racines du ciel.

En 1967, après quelques années de mise en disponibilité passées à écrire et à réaliser deux films, il occupe le poste de chargé de mission au Ministère de l'Information pendant dix-huit mois.

En 1975, sous le pseudonyme d'Emile Ajar, il publie La Vie devant soi, également récompensé par le Prix Goncourt, et dont on ne connaîtra réellement le nom de l'auteur qu'après le suicide de Romain Gary qui met fin à ses jours le 2 décembre 1980. Ses obsèques ont été célébrées à l'Eglise Saint-Louis des Invalides à Paris. Selon sa volonté, ses cendres ont été dispersées au large de Menton.

• Commandeur de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 20 novembre 1944
• Croix de Guerre 39/45 (2 citations)
• Médaille de la Résistance
• Médaille des Blessés




ROMAIN ET JEAN SEEBERG



L'affaire Romain Gary / Émile Ajar

Au début des années soixante-dix, Romain Gary est un auteur déjà très connu publié chez Gallimard. Son premier roman Education européenne a paru en 1945. En 1958, Gary reçoit le prix Goncourt pour Les Racines du ciel. Mais l'écrivain a bientôt la nostalgie des recommencements : en 1973, il a déjà écrit dix-neuf romans et il éprouve le sentiment de ne plus surprendre personne. Commence alors l'aventure Emile Ajar. Après avoir terminé la rédaction de Gros câlin, une sorte de fable sur la solitude, dans laquelle un statisticien s'éprend d'un python, Gary signe son livre Emile Ajar et l'envoie aux éditions Gallimard, où le manuscrit est refusé. Sans se faire connaître, Gary le propose alors à Simone Gallimard au Mercure de France, qui se décide aussitôt à le publier. Considéré comme un premier roman, le livre est assez favorablement accueilli par la critique, mais très vite un doute se propage quant à la véritable identité de son auteur. Le nom d'Emile Ajar en cacherait-il un autre : Raymond Queneau, Louis Aragon peut-être ? Gros câlin est pressenti pour le prix Renaudot, mais Robert Gallimard, le confident de Gary, le persuade de refuser par avance le prix. En 1975, afin de couper court à tout soupçon, Gary décide de donner corps à son pseudonyme. Le scénario se réalise à l'occasion de la publication d'un texte qui porta quelque temps le titre provisoire de La Tendresse des pierres avant de paraître sous celui de La Vie devant soi. Pour incarner le personnage de l'écrivain Ajar, Gary choisit son jeune cousin Paul Pavlovitch, un touche-à-tout assez doué. Michel Cournot, alors directeur littéraire, rencontre le jeune homme à Genève et Simone Gallimard fait sa connaissance dans la banlieue de Copenhague. Emile Ajar reçoit le prix Goncourt en novembre. Le prix ne pouvant être attribué qu'une seule fois à un même écrivain, Gary, conseillé par son avocate Gisèle Halimi, tente de dissuader son cousin d'accepter, mais celui-ci s'est pris jeu. Paul Pavlovitch, bientôt identifié comme le neveu de Gary, affirme n'être pour rien dans la rédaction du texte, ce qui ne compromet pas le succès triomphal du roman, qui se vend à plus d'un million d'exemplaires et sera traduit en vingt-trois langues. En 1979, un dernier livre paraît sous le nom d'Emile Ajar, L'Angoisse du roi Salomon. Romain Gary se suicide le 2 décembre 1980. Dans Vie et mort d'Emile Ajar, un texte écrit le 21 mars 1979, il avait lui-même annoncé pour conclure : « Je me suis bien amusé. Au revoir et merci. » Le 30 juin 1981, un communiqué de l'AFP dévoile la véritable identité d'Ajar.







Romain GARY à Nice, Aix, Paris
Le mardi 19 août 2003.

108 rue du Bac à Paris.


"W. C. Fields, Chaplin, Groucho Marx ont été les plus fortes influences littéraires que j'ai subies."

Il s'appelle Romain Kacew, devient Romain Gary en 1940 (prix Goncourt 1956) et aussi Emile Ajar (prix Goncourt 1975 pour La Vie devant soi). De la misère à la gloire, en passant par la résistance et la diplomatie, tel est l'itinéraire de cet ours aux yeux bleus et à l'accent russe.

Romain naît à Moscou en 1914, d'une mère comédienne et d'un père qu'il ne connaîtra jamais. La Révolution de février 1917 les jette tous deux sur les routes, jusqu'à Vilnius, capitale de la Lithuanie, puis Varsovie en 1922 ou 23. Dures années pour une mère seule avec son fils. Puis Nice 1927, quelques mois dans un deux-pièces avenue Shakespeare, ensuite à l'hôtel-pension Mermonts, dont Mme Kacew a obtenu d'être gérante, boulevard Carlonne, aujourd'hui 7 boulevard François-Grosso. On est dans le quartier russe de Nice, peuplés par les exilé de l'époque tsariste. Un autre russe a précédé les Kacew dans les rues de Nice : Joseph Kessel, arrivé 3 rue Auber fin 1908 avec sa famille.
Romain est élevé dans une culture française par sa mère. Elle le pousse à étudier et écrire : des poèmes, des nouvelles, des pièces de théâtre, et même des grands romans dont il commence toujours par écrire le dernier chapitre.
En 1933, il s'installe à Aix-en-Provence, rue Roux-Alphéran, pour étudier le droit. Mais il passe beaucoup de temps au Café des Deux garçons, cours Mirabeau, à écrire un roman qui ne trouvera pas d'éditeur.
Il veut écrire comme Malraux, de quelques années son aîné et qui décroche le prix Goncourt 1933 avec La Condition humaine. 1934 voit Romain débarquer à Paris pour poursuivre son droit… et sa vocation littéraire. Il emménage à l'hôtel de l'Europe, rue Rollin. Les temps sont durs. Il est livreur, plongeur, employé au restaurant Lapérouse…
En 1940, incorporé à Londres dans les Forces Aériennes Françaises Libres, il se choisit un nom de guerre : Gary, qui signifie brûler en russe.

Son engagement aux côtés de de Gaulle lui permet de devenir secrétaire d'ambassade en 1945 sans passer par la voie officielle et les concours. Direction Sofia, avec sa toute récente épouse, Lesley Blanch, belle (évidemment) anglaise romancière et voyageuse rencontrée à Londres en 1944.
En 1948, retour à Paris, puis Berne, puis New-York, à l'ONU, entre 1952 et 54, puis la Bolivie. Entre-deux, les Gary achètent en 1949 une maison à Roquebrune-Cap-Martin, rue Pic, une tour de trois étages.
A chaque mission, Gary se lasse un peu plus, ne rentre pas bien dans le moule, et finit par sortir de la langue de bois officielle.
En 1956, il arrive de Bolivie, descend à l'hôtel Pont-Royal, 7 rue Montalembert, et reçoit le prix Goncourt pour Les Racines du ciel (beau titre, n'est-ce pas ?), grande épopée autour des éléphants décrite successivement par les voix des différents protagonistes.

En 1957, le voilà consul de France à Los Angeles. Maison à Hollywood, Buick décapotable. Jean Seberg, belle (évidemment) actrice de 21 ans, qui vient de tourner A Bout de souffle et est mariée à un français, rencontre Gary en décembre 1959. Au printemps suivant, ils s'installent ensemble dans un appartement de l'île Saint-Louis à Paris, et un an plus tard au second étage du 108 rue du Bac. Pour elle, Gary quitte la fonction diplomatique en 1961, et Jean devient Mme Gary en 1963.

Gros-Câlin est un gros serpent qui paraît en 1974 sous le nom d'Emile Ajar (qui signifie braise en russe…). Gary, qui écrivait dans la postface des Têtes de Stéphanie "J'éprouve parfois le besoin de changer d'identité, de me séparer un peu de moi-même, l'espace d'un livre", est allé jusqu'au bout de son projet. Il mystifie tout le monde, sauf Jean, son éditeur et Paul, son neveu qui a accepté d'endosser le rôle médiatique du prix Goncourt 1975. Gary invente un style neuf, drôle, qui prendra un peu de gravité avec La Vie devant soi.

Le 30 août 1979, Jean se suicide mystérieusement près de la rue de Longchamp à Neuilly. Gary accuse le FBI de l'avoir condamnée à cela, à force de faire campagne contre son combat pour les droits des noirs américains.

Accès de dépression ? Impression d'avoir achevé ce qu'il s'était fixé ? Lui-même se suicide le 2 décembre 1980 108 rue du Bac.

Source
Romain Gary. Dominique Bona. Folio.




    



26/02/2008
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