Alain YVER

Alain YVER

ROY STUART

ROY STUART







son site
http://www.roystuart.net/

The lost door (le film)
http://www.thelostdoor.com/

http://www.roystuart.net/booksf.html

quelques photos
http://www.buzzbizweb.com/erotisme/photo-eros-point-de-vue-5-roy-stuart/

ces livres
http://www.pinkerotica.net/roy-stuart.php

http://www.paperblog.fr/1479641/en-attendant-roy-stuart/






Roy Stuart (photographe)

Roy Stuart (né le 25 octobre 1955, à New York City) est un artiste américain - photographe, réalisateur et cinéaste - qui vit à Paris. Ses livres sont édités par Taschen.

« Dans ses clichés, le trublion américain fustige la vision phallocentrique du sexe et, a contrario, privilégie une sensualité à fleur de peau, une féminité libérée. Le photographe dépeint un univers sans tabous - ni religieux, ni moraux – dans lequel les femmes disposent naturellement des mêmes prérogatives que les hommes. L’artiste se plait à explicitement mettre en avant des femmes qui, sans complexe, cèdent naturellement à leurs pulsions – que ce soit sur un lit, dans un bar, ou dans des lieux publics. » (Jean-David Boussemaer[1])

Biographie
Epoque américaine

Roy Stuart évolue dans les milieux représentants la "contre-culture" américaine à New York, qui rassemblent poètes, musiciens et junkies. Il y rencontre Gregory Corso, Allen Ginsberg et surtout le poète cubain Nelson Villamor : Roy Stuart se joint à lui dans l'aventure musicale du groupe "Pigeons of The Universe". Parallèlement, il découvre le métier d'acteur et obtient régulièrement quelques petits rôles dans de nombreux films (notamment "Le Parrain II"), y compris quelques "X" de l'époque (Lasse Braun). C'est à cette occasion qu'il se fascine pour les techniques du cinéma, et plus particulièrement les éclairages : il pose beaucoup de questions, observe, apprend à composer, à "confectionner" avec les lumières.

Années 1980 à 1990

Roy Stuart, froidement résolu au refus de l' american way of life, quitte les USA pour l'Europe. Il s'installe en Angleterre, y fait des photos érotiques de sa compagne et les vend à des revues françaises : les clichés, déjà remarquables, sont bien accueillis. Puis, les contacts se nouent et le commandes se multiplient : il Stuart devient photographe professionnel, et également, pour un temps, photographe de mode.
L'attitude coincée de l'Angleterre des 80's accélère son départ de Roy Stuart pour Paris.Années 1990 à 2009

La rencontre avec Benedikt Taschen débouche sur la publication de 5 livres de photos au succès mondial.
De plus en plus souvent, les prises de vue photo sont également filmées : ces séquences sont réunies dans de grands collages expérimentaux, proches du documentaire de travail, les Glimpse Vidéos. Les séries de photo se font plus narratives, et Roy Stuart se rapproche de son rêve des années 1970 : Le cinéma.
En 2008, Roy Stuart entame la réalisation de son premier long métrage : The Lost Door The Lost door.

Notes et références

   1. Å™ Communiqué de presse de l'exposition de Roy Stuart « Paris 2007 » [archive], organisée du 6 novembre au 1er décembre 2007 au Studio Art and You, Paris








Roy Stuart
Un reportage de Dominique Rebellini


http://www.arte.tv/fr/2483280,CmC=2479404.html

Les petites culottes n’ont aucun secret pour lui. En guerre contre l’industrie du sexe et ses stéréotypes, Roy Stuart milite pour un porno au naturel, élevé en plein air.

"The Lost Door" - Roy Stuart

Selon lui, "le porno, c’est de la charcuterie, je n’ai rien à faire avec le porno, moi !"

S’il ne fait pas dans la bidoche, Roy Stuart n’est pas non plus un saint. Depuis 20 ans, ce photographe américain soumet d’innocentes jeunes femmes à tous ses caprices. Roy a réussit l’exploit de faire de ses livres cochons des livres d'art, vendus à plus de 500 000 exemplaires dans le monde. Un record qui repose sur une règle d’or : vive les poils, à bas le silicone.

Installé à Paris, son appartement haussmannien transformé en studio photo est le principal décor de ses fantasmes. A 53 ans, Stuart en a vu passer des vertes… et des pas mures. "Il y a des gens qui croient que des filles habitent ici et qu'elles sortent la nuit pour de grande partouze (...), ça, c’est le mythe !"

Cette année, Roy Stuart se sent pousser des ailes. Après avoir réalisé "Giulia" en 1999, un court métrage produit par le Fellini du film érotique Tinto Brass, le photographe américain sort son premier long métrage. "The Lost Door" mélange sans complexe érotisme et polar avec des dialogues qui feront date. "Ca te dirait que je te découpe de la chatte jusqu'à la bouche et puis que j'me glisse tout entier à l'intérieur de toi?"

The Lost Door
Les 9 et 16 mars 2009 à 21h30 au Cinéma Studio Galande

Né dans la bourgeoisie d’affaire new yorkaise, Roy se lance à corps perdu dans le cinéma où il décroche de petits rôles. Son Himalaya : une apparition dans le Parrain II. Sa carrière semble toute tracée jusqu’au jour où patatras : le destin frappe à sa porte. "J’avais une copine qui travaillait dans un topless bar et je trouvais ça moche que tous les mecs la regardent comme ça, nue… Elle me disait : tu ne comprends pas… viens, on va faire un film X… Je l’ai fait parce que c’était le challenge".

En parallèle à sa carrière dans le cinéma traditionnel, Roy Stuart devient le pervers de service dans de nombreux films X. Emporté par son élan, il se met à la photo. Dans sa buanderie, Roy archive des centaines de publications coquines.

Pourfendeur des photos de mode avec leurs filles calibrées et des clichés du porno amateur, Roy a sa botte secrète. Chacune de ses séances photos est conçue comme un tournage. "Je travaille toujours d'abord avec une caméra. Je fais une petite séquence et après je prends des photos. Ils sont plus naturels, ils bougent naturellement, comme s’ils étaient filmés au lieu d’être figés, posés…"

Pourquoi gâcher ? Roy fait des making-of de ses séances photos, des petits films qu’il rassemble dans sa série "Glimpse", coup d’œil en français. A 80 euros pièce, ces DVD autoproduits se vendent à la pelle. "C’est étonnant parce qu’ils sont assez chers, et pas super sexes non plus, ce sont des films un peu oniriques avec beaucoup de poésie."









ROY STUART

Roy Stuart est l'un des papes de la photographie érotique et pornographique. Interview.

http://www.gqmagazine.fr/pop-culture/le-portrait-gq/articles/roy-stuart-interview/1073

Roy Stuart est l'un des papes de la photographie érotique et pornographique (5 tomes aujourd'hui publiés chez Taschen). Il délaisse cette année les images fixes pour se vouer au cinéma dans The Lost Door qui sortira en salles le 9 mars prochain. En attendant de rencontrer son univers filmique très original, dépassant toute imitation des maîtres (David Lynch et Michael Mann pour les plus évidents), retour avec Roy Stuart sur sa vision toute punk-rock de l'érotisme. Une technique des plus simples servant des messages choc et libertaires.

Votre premier métier de photographe s'est fait dans la mode, pourquoi avoir bifurqué vers l'érotisme ?

Il y a 300 ans, les artistes devaient travailler pour l'Eglise s'ils voulaient s'exprimer. Aujourd'hui, c'est la même chose avec les photographes qui travaillent dans la mode, et c'est comme cela que j'ai commencé. Mais c'est un milieu très superficiel et difficilement supportable, surtout qu'ils utilisent l'érotisme pour attirer l'attention et vendre des choses. J'ai donc décidé d'utiliser le même procédé érotique pour exprimer des idées, d'une façon beaucoup plus subtile : dans mes photos, il n'y a rien à acheter mais il y a des idées.

Quel genre d'idées ?

L'idée qu'une fille, pour être jolie n'a pas besoin de se raser, d'être trop maquillée ou trop bien coiffée. Ou encore que la notion voulant que les femmes n'aiment pas le sexe est fausse.  C'est un mensonge qu'on nous enseigne, et qu'on enseigne aux femmes, c'est très dangereux. L'idée des fantasmes aussi, des fantasmes photographiques définis comme la façon que le monde aurait de fonctionner si nous étions plus évolués. Imaginer comment dépasser la jalousie et la possessivité : par exemple, comment un homme pourrait surprendre sa femme avec un autre et ne pas le prendre mal mais avoir envie de participer. L'idée qu'il faut casser les règles, photographier des femmes et des hommes de tous les âges, de tous les physiques.

La pornographie comme politiquement incorrecte ?

Le royaume de la sexualité, le mystère des mystères, est bien plus divers que ce qu'un certain discours officiel veut nous faire croire. L'important, pour le discours officiel, c'est la famille, le mariage et la religion, ces trois instances qui contrôlent la population, qui permettent de la maîtriser, d'éviter tout débordement et de garder le système bien en place. C'est pour cela que le traitement du sexe, comme celui de la drogue, est toujours souligné dans ce qu'il a de ridicule, de dégueulasse, de dangereux. Jamais les films pornos que l'on voit à la télé ne montreront le désir, le manque, des choses belles. Le but de la manœuvre est de dégoûter les gens, parce que le sexe est une force antisociale qui met en péril le système.








Roy Stuart cliches x
3 janvier 2002
Par GARNIER Philippe

 «Tout le monde enlève ses chaussures!», ordonne le photographe avant même que les présentations ne soient faites. Le monsieur bien mis qui est monté avec le journaliste a l'air un peu interloqué, bredouille qu'il est venu pour acheter une cassette... L'affaire est faite sur-le-champ, au revoir. Pour les quelque 250 000 possesseurs des trois volumes de Roy Stuart publiés par Taschen, cet appartement de la rue Richer est une sorte de temple mythique, toile de fond de bien des photos trouvées dans les revues fétichistes comme Leg Show ou sur les cassettes maison distribuées uniquement par le photographe. Mais on est d'abord surpris par l'accessibilité du personnage: il est le seul de l'immeuble à avoir son nom sur les sonnettes de la porte cochère: «Roy Stuart, photographe». Et plus bas, «Studio A».

C'est dans ce fameux Studio A que le New-Yorkais travaille, habite et fait ses affaires depuis dix ans. On est un peu ému de reconnaître les moulures de l'appartement XIXe, les parquets et hauts plafonds, le médaillon romantique en plâtre au milieu du mur, et le punching bag recouvert d'un drap qui pend au milieu de la pièce principale, totem de bien des séances de bondage ou tortures soft dans les Glimpse, série de vidéos de l'artiste.

Fourrures. La rue Richer était anciennement la rue des fourreurs, mais c'est un autre genre de fourrures qui défilent dans le Studio A: celles, sans apprêt ni rasage, des jeunes filles, françaises ou étrangères en visite à Paris, qui servent de modèles à Stuart. Car c'est d'abord ce qui caractérise le travail de cet artiste hors norme: il prend les filles pour ce qu'elles sont, montées de la rue, nature, dans leurs habits personnels, avec leurs défauts et superbes atouts, mais jamais rasées ni siliconées. Déjà une révolution en soi quand on vient d'Amérique, pays obsédé par les chattes et aisselles épilées.

Mais Stuart va évidemment bien plus loin, et a sa manière à lui d'être transgressif: aussi loin du prosaïsme choquant et comique d'un Richard Kern, qui prend son pied à photographier des filles en train de se mettre du collyre dans l'oeil ou de se brosser les dents, que du frénétique journal intime proposé par le fétichiste de San Francisco Eric Kroll, l'art de Stuart a une surface trompeuse, belle et lisse, assez européenne. Les filles sont généralement superbes, les tenues suggestives, les bas à couture, et les saynètes semblent appartenir à tous les clichés sexy.

Coup de bambou. Mais c'est justement dans ce contexte correct et soyeux que Stuart vous assène souvent le coup de bambou. Une fille avec un sexe dans la bouche, on s'y attend. Que cette même bouche dégouline soudain d'urine jaune est d'autant plus choquant et émouvant que la fille, bien mise, ressemble à votre cousine Paulette. Et, loin des protections en plastique, comme dans une vidéo australienne ou allemande, ils font ça sur le tapis de Chine. Car Stuart, comme les surréalistes avant lui, sait qu'on ne peut pas mieux émouvoir ou faire mal aux bourgeois qu'en s'en prenant d'abord au mobilier.

Bougon comme un New-Yorkais pure souche, belle gueule quadra rock'n'roll, Roy Stuart n'encourage guère l'investi gation. Méfiant, il demande d'abord à voir la carte de journaliste. Ensuite il se livre un peu, mais pas trop. A la fin des années 70, il était acteur et musicien, dans l'orbite CBGB, fréquentant Patti Smith, Ivan Kraal, et les poètes (Ginsberg, Nelson Villamora, qui a écrit des textes dans ses livres). Il jouait de la batterie et des claviers, son dernier groupe s'appelait Pigeons of the Universe. Il travaillait dans un labo de photo couleur, où il a appris la technique. Sur les plateaux de cinéma aussi: acteur de cinéma X, d'abord, qu'il trouvait intéressant à l'époque prérasage et prévidéo. Il observait les cameramen, leur façon d'éclairer les corps, la peau. Mais il figurait également dans des films underground et commerciaux; on peut le voir dans Le Parrain II, où il joue un soldat dans la rue.

Puis, dégoûté par New York et l'arrivisme endémique autour de lui, il s'en va à Londres, où il devient photographe. De mode, un peu, mais c'est aussi à cette époque qu'il commence la photo érotique, trouvant une championne en la personne de Dian Hanson, rédactrice en chef de Leg Show en Amérique. Il ne tardera pas à prendre la mode en grippe: «Les photos, oui, j'aimais bien la technique. Et les fringues sur un portemanteau. Mais réduire les femmes à consommer tous ces trucs, ces produits, je trouvais ça gênant. La photo érotique, ça s'adresse à n'importe qui dans la rue.» Ce sentiment démocratique le pousse peut-être aussi à laisser sa porte ouverte (figurativement du moins), à vendre lui-même ses cassettes (seule une librairie du Quartier latin les vend aussi) et à encourager les commentaires des amateurs.

L'un d'eux, l'éditeur Benedikt Taschen, a un jour dit à sa femme: «Ça fait cinq fois que je me masturbe sur ces photos en un week-end; il faut absolument que je publie ce type!» Roy Stuart est bien vite devenu une locomotive pour cet éditeur atypique. Trois volumes à ce jour, l'un accompagné d'une préface du très sérieux J. C. Baboulin, qui cite Angela Carter à son propos, le qualifiant de «pornographe moral, dont le but serait de réinstaurer la sexualité comme un mode fondamental de l'Etre plutôt que comme une zone spécialisée liée à une vacance de l'Etre». Mais Stuart ne se fait pas d'illusions: «Les gens ne regardent guère les textes. C'est pour ça que je m'intéresse de plus en plus au cinéma, parce qu'on ne peut pas ignorer la bande-son.»

Comme il aime filmer et photographier les femmes en train de jouir, il voit le cinéma comme «une érotisation de tout». Même si le sexe est partout aujourd'hui, considère-t-il, c'est surtout de la publicité contre le sexe. «On ne passe du hard à la télé que parce que le sexe y est montré comme une pantomime qui le ridiculise. Mais si on montre des trucs vraiment attirants et sexy dans un film ou sur des photos, c'est rejeté, aussi bien par le monde de l'art que par celui du cinéma. Le sexe n'est accepté que s'il n'est pas sexy. En photo, Nan Goldin, par exemple, est acceptée. Dans les drames psychologiques comme Romance ou la Pianiste, qui prétendent explorer le désir de la femme, la sensualité ou le plaisir sont délibérément écartés du sujet. Parce que ces films reviennent finalement à les dénoncer.»

Projet de films. Stuart est pourtant désormais accepté dans les galeries en Italie (à Turin récemment, bientôt Bologne), où un moyen métrage intitulé Giulia est même devenu un succès underground; le film est parrainé par Tinto Brass. Le photographe est actuellement absorbé par un autre projet, le Quatrième Corps (ou le Cercle de perfection, selon les scripts), qu'il a commencé à tourner en se finançant lui-même, et qu'il a interrompu quand une boîte de production lui a demandé de «révolutionner les choses» dans la lucarne érotique de M6. La chaîne évidemment voulait de lui tout ce qu'il n'était pas prêt à faire. Stuart a encore le souvenir d'un scénario ahurissant mettant en scène une fille envoûtée sexuellement par sa Harley-Davidson.

Il y a un script écrit avec un autre expatrié américain, Joey Simas, collaborateur de Gaspar Noé et sous-titreur du dernier film de Harmony Korine. Stuart espère aujourd'hui trouver un producteur français qui le prenne pour ce qu'il veut devenir: un metteur en scène de cinéma. Le film qu'il envisage, nullement X, montrerait des gens biologiquement forcés d'être ensemble, d'aller au bout d'eux-mêmes, quitte à prendre des risques  sans que ce soit glauque ou frileux pour autant, comme dans les films qui traitent le même sujet. Mais il est conscient des difficultés: la représentation d'un acte sexuel réel, s'il est filmé dans toute sa crudité mais aussi sa sensualité, interdit toute construction imaginaire; et dans ce cas, on perd toute idée de fiction. Il compte aussi collaborer avec son ami Gary Lucas, ancien guitariste de Captain Beefheart et de Jeff Buckley, avec qui il a déjà fait des séquences musicales sur Glimpse 7.

Il est en tout cas surprenant de trouver cet artisan frondeur, avec ses centaines de milliers d'amateurs, tellement isolé dans son ghetto. Dans un moment de candeur, Roy Stuart remarque: «Les gens du cinéma me connaissent sans doute; ils ne savent simplement pas que j'ai envie de faire du cinéma, que je peux m'intéresser à autre chose que la photo érotique.».







ROY STUART  [us]

Roy Stuart est né le 25 octobre 1955, à New York. Depuis 20 ans, ce photographe américain soumet d’innocentes jeunes femmes à tous ses caprices. Roy Stuart a réussit l’exploit de faire de ses livres cochons des livres d'Art, vendus à plus de 500.000 exemplaires dans le monde. Un record qui repose sur une règle d’or : vive les poils, à bas le silicone. Bref, que du naturel.

Né dans la bourgeoisie d’affaire new yorkaise, Roy Stuart se lance à corps perdu dans le cinéma où il décroche de petits rôles dont une apparition dans le Parrain II. Sa carrière semble toute tracée jusqu’au jour où le destin frappe à sa porte. "J’avais une copine qui travaillait dans un Topless Bar et je trouvais ça moche que tous les mecs la regardent comme ça, nue… Elle me disait : tu ne comprends pas… viens, on va faire un film X… Je l’ai fait parce que c’était le challenge". En parallèle à sa carrière dans le cinéma traditionnel, Roy Stuart devient le pervers de service dans de nombreux films X. Emporté par son élan, il se met à la photo. Dans sa buanderie, Roy archive des centaines de publications coquines.

Pourfendeur des photos de mode avec leurs filles calibrées et des clichés du porno amateur, Roy a sa botte secrète. Chacune de ses séances photos est conçue comme un tournage : "Je travaille toujours d'abord avec une caméra. Je fais une petite séquence et après je prends des photos. Ils sont plus naturels, ils bougent naturellement, comme s’ils étaient filmés au lieu d’être figés, posés…"

Installé à Paris, son appartement haussmannien transformé en studio photo est le principal décor de ses fantasmes.

Coté cinématographique, après avoir réalisé "Giulia" en 1999, un court métrage produit par Tinto Brass, le Fellini du film érotique, il sort son premier long métrage : "The Lost Door" qui mélange sans complexe érotisme et polar.







Nuit magique, avec le poète de la chaire, l'héritier inattendu d'Apollinaire.

Il nous a fait l'honneur d'accepter d'entrée dans mon Cabinet des Curiosités, à l'occasion de la sortie prochaine de son premier film "The Lost Door"...premiers mots, premières photos, premières émotions.

Une soirée intense et prenante nimbée de regards croisés, de stress caché, mais aussi de froide sensualité qui fait battre le cœur. L’installation se termine, Roy arrive avec ses acteurs, un homme et trois femmes, le groupe est agité et se disperse en bruit et fracas. On s’affaire et tentons de tenir le cap tendit que le bateau nous échappe, Roy prend la caméra et joue avec, filme ses actrices, continue les jeux de séduction et de création. Je  ne peux m’empêcher de penser à Bukowski en le voyant, écrivain et photographe géniaux et génialement fou, sont mêlés dans ma tête, je commence alors à apprécier ce spectacle inhabituel. Les heures passent, et sans cesses, nous recommençons les prises. L’acteur qui l’accompagne est soit à moitié coké, soit complètement ivre. Il se trimbale avec un vieux 45 tours des années 80 sur lequel on le voit en couverture, encore une star déchue qu’a fait une mauvaise réception, son nom ne me dit rien. Il ne tient pas en place, il intervient à chaque question que l’on pose, il à soif, ce sera du whisky et rien d’autre. Il se trouve mal sapé et veut que Roy lui trouve un manteau, mais le manteau de Roy est encore plus pourri que son Tshirt illustrant un groupe de métal dont les musiciens doivent avoir aujourd’hui 60 ans. Il est 2h du matin, la nuit est belle, pleine de vie et de rêve et demain tout recommence.






Interview exclusive pour Roomantic

Nous vous avions parlé du livre Volume V de Roy Stuart il y a tout juste un an. Malheureusement, après cette annonce, le livre a cumulé les reports pour finalement sortir ce vendredi 10 octobre, jour de la séance de dédicace avec Roy Stuart au Taschen Store Paris. C'est à cette occasion que Roomantic est allé dans le 6ème arrondissement de Paris pour rencontrer ce photographe de renom et lui poser quelques questions.

    * Roomantic : Où êtes vous né ?
    * Roy Stuart : Je suis né à New York.

    * Roomantic : Désormais, vous vivez à Paris, pourquoi avoir fait ce choix ?
    * Roy Stuart : C'est totalement un choix de ma part. Je suis venu à Paris pour travailler dans le monde de la mode. Finalement après avoir quitté ce milieu, j'y suis resté.

    * Roomantic : Justement, venu de la mode, pourquoi êtes vous passé à la photographie érotique ?
    * Roy Stuart : Je trouve que le monde de la mode est superficiel et malhonnête. J'ai remarqué, lorsque j'ai commencé dans ce milieu que l'on utilisait beaucoup l'érotisme pour attirer l'attention du public. J'ai cherché une autre manière d'évoluer dans la vie. J'ai donc décidé d'utiliser la photo pour exprimer mes idées plutôt que pour vendre quelque chose.

Roy Stuart - Interview exclusive pour Roomantic 1

    * Roomantic : Les photos sont très loin des productions de charme habituelles notamment par la sélection des modèles mais aussi une pilosité souvent laissée à l'état naturel. Est-ce une façon de se démarquer ?
    * Roy Stuart : Absolument ! Je pense que c'est totalement démodé de chercher à avoir des modèles qui ressemblent aux comédiennes de films pornographiques. C'est ridicule même ! Cette image formatée est une forme d'exploitation de la femme. D'un point de vu purement esthétique, je ne trouve pas cela joli, pas naturel.

    * Roomantic : Beaucoup de mises en scène représente des pratiques taboues. Est-ce une volonté de choquer, déranger, faire évoluer l'image de la sexualité ?
    * Roy Stuart : Les trois à la fois ! Montrer des choses qui sortent de l'ordinaire éveille la curiosité et l'intérêt.

    * Roomantic : Le voyeurisme est omniprésent dans vos photos. Est-ce un goût personnel ou artistique ?
    * Roy Stuart : Tous ce qui ressort de mes photos provient de mon goût personnel. On n'est pas toujours obligé de faire quelque chose dans la volonté d'être artistique. Il faut savoir tenter pour gagner !

Roy Stuart - Interview exclusive pour Roomantic 3

    * Roomantic : Un an a séparé l'annonce de votre nouveau livre et sa sortie réelle. Que s'est-il passé ?
    * Roy Stuart : Mon éditeur ne voulait pas sortir le livre car certaines photos représentaient des femmes musulmanes ! Pour ne pas créer de polémique et par peur de représailles, des photos ont donc été censurées. Il y a eu un conflit autour de ça, ce qui a provoqué un premier retard. Entre temps, Norman Mailer, qui devait réaliser la préface du livre, est décédé ce qui a prolongé le retard.

    * Roomantic : Votre livre est accompagné d'un DVD ? Que contient t-il ?
    * Roy Stuart : Ce DVD contient des extrait de mon travail, ainsi qu'un teaser de mon long métrage The Lost Door. Il est maintenant terminé et va bientôt sortir en salle et DVD.

Roy Stuart - Interview exclusive pour Roomantic 2

    * Roomantic : Est-ce votre propre initiative d'ajouter un support vidéo ?
    * Roy Stuart : Oui tout à fait ! C'est l'évolution normale, naturelle de la photo. De plus, on exprime beaucoup de choses avec la photo mais pas assez à mon goût. C'est pour cela que je suis passé au film et que je veux continuer à évoluer dans ce domaine.

    * Roomantic : Quels sont les photographes, peintres, dessinateurs, réalisateurs vous ont particulièrement influencé dans vos travaux photographiques ou vidéo ?
    * Roy Stuart : Il y a Helmut Newton, Michael Mann, Ridley Scott, David Lynch, Oliver Stone... Sinon, mon auteur préféré est Michel Houellebecq, je le trouve génial !

Roy Stuart - Interview exclusive pour Roomantic 4

    * Roomantic : Que pensez-vous de l'évolution de la sexualité des femmes ?
    * Roy Stuart : Depuis les années 50 il y a eu beaucoup d'évolutions mais ça bascule. D'ailleurs c'est toujours comme ça, il y a des hauts et des bas, ça change tout le temps. Cela dépend aussi de l'endroit où l'on vit. Par exemple, en Angleterre c'est pas ça et dans les pays musulmans c'est pire !

    * Roomantic : Que pensez-vous de l'image actuelle du sexe ?
    * Roy Stuart : C'est une action de démystification nécessaire ! C'est une bonne chose.J'ai en mémoire un film où les hommes et les femmes sont séparés, pas de mélange des sexes, c'est "Le Fantôme de la liberté" du réalisateur Luis Buñuel. Le sexe rapproche les gens.

    * Roomantic : Nous avons récemment réalisé une actualité concernant une salle de cinéma (Utopia à St-Ouen l'Aumône) qui a programmé deux films érotiques parmi les sorties grand public habituelles. Le gérant a, suite à cela, subit des critiques et protestations. Avez-vous un avis là dessus ?
    * Roy Stuart : J'aime beaucoup cet article. Par contre je ne vois pas pourquoi on fait du cinéma érotique un genre à part entière. Quoi qu'il en soit, il n'y a pas de quoi faire une polémique autour de cela mais peut être au moins ouvrir un débat.

    * Roomantic : Maintenant que le volume 5 est en vente. Quels sont vos projets ?
    * Roy Stuart : Faire un nouveau film ! La photo est maintenant moins importante pour moi. D'ailleurs un film est finalement composé de plein de photos avec une approche plus complexe.

Nous remercions Roy Stuart pour nous avoir accordé un peu de son temps pour répondre à nos questions entre deux dédicaces. Vous pouvez dès maintenant vous procurer le dernier livre Roy Stuart, Vol. 5 accompagné de son DVD pour environ 29 euros sur le site de Taschen ou dans n'importe quelle libraire. Son premier long métrage, The Lost Door sortira quant à lui en salle et DVD en novembre. Les projections seront précisées sur le site du film.

Auteur principal : Evanescente
Auteur secondaire : Topper








29/06/2012
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