Alain YVER

Alain YVER

SAM FRANÇIS

SAM FRANÇIS


Sam Francis in his Venice, California studio, 1989. Photograph by Nico Delaive. Courtesy The Samuel L. Francis Foundation (AKA Sam Francis Foundation), CA 2005.



(wikipedia)

Samuel Lewis Francis, dit Sam Francis, né en 1923 en Californie, est un artiste d'origine américaine. Jusqu'à sa mort en 1994, il a tenté de développer dans ses peintures une nouvelle esthétique de la couleur, une nouvelle conception de la toile, du geste de l'artiste, s'inscrivant ainsi dans les différents mouvements de son époque initiés et développés par des artistes américains tels, par exemple, Rothko, Pollock, de Kooning, Kline.

La naissance d'une vocation

Au tout départ, il ne se destine pas à faire carrière dans le milieu artistique : pour preuve, il entame des études de médecine et de psychologie. En 1943 il s'engage dans l'Armée comme aviateur, mais en 1944 son avion s'écrase en plein désert lors d'un entraînement. Blessé, il est hospitalisé deux années durant. C'est lors de son hospitalisation que le déclic pour la peinture se produit : d'abord pour passer le temps, il finit par la pratiquer par plaisir. Il restera d'ailleurs convaincu des vertus thérapeutiques de l'art tout au long de sa vie, il dira notamment « ma peinture est venue de la maladie. J'ai quitté l'hôpital à travers ma peinture. Je souffrais dans mon corps […] et c'est parce que je fus capable de peindre que je pus me guérir ».

À sa sortie de l'hôpital, il entame des études d'art à Berkeley puis en 1946 il part pour San Francisco suivre les cours de Clyfford Still, artiste qu'il a découvert lors d'une exposition. Lui et les autres étudiants de Berkeley furent alors fortement impressionnés car « les images de Still étaient organiques, ses couleurs et surfaces n'avaient rien de commun avec ce que nous avions appris à regarder comme étant de la « bonne » peinture moderne […] quelque chose de nouveau, quelque chose que, pour la plupart, nous ne pouvions définir venait d'apparaître ».

Après cette première véritable rencontre avec l'art abstrait il émigre pour Paris vers 1948/49. C'est là qu'il va rencontrer bon nombre d'artistes américains,que l'on qualifie aujourd'hui d'action painters, qui vont « compléter » sa démarche. Sur des toiles grand format (auquel il passera très rapidement, par besoin) il leur empruntera et mélangera diverses techniques : dripping, all over, on le qualifie même de tachiste, nom qui fait référence au hasard de la création : la forme est tache, soumise au hasard, et surgie spontanément.


Sa démarche et sa vision de la toile


Cette nouvelle manière de peindre va aussi modifier sa vision de la toile. De par son accident d'avion, il cherchait déjà à transmettre cette impression d'infini qu'il avait entraperçu dans le désert, dans cet espace sans commencement ni fin. Pour lui, la toile blanche se confond avec le ciel visité naguère et c'est donc tout naturellement qu'il va décider de ne peindre que le fond, lieu de l'infini en peinture. De là découle la suite de sa démarche : si l'infini vient du fond, alors il n'y a nul besoin de peindre des figures puisque seul l'intéresse « l'espace qui s'étend entre les choses ». Or, c'est contraire à la tradition picturale : le fond ne doit servir que d'espace théâtral pour les figures, le rapport figures/fond incarne l'histoire qu'il raconte. En supprimant les figures, Sam Francis supprime le fini pour ne conserver que l'infini, ses œuvres ne sont alors que des morceaux d'infini qui, lui, se poursuit bien au delà de la toile. Il dépasse ainsi la notion de cadre. Pour Sam Francis, il s'agit alors de prendre le parti de l'infini, que figures et fond occupent la totalité de l'espace pictural. Or, c'est impossible. Mais pas si l'on considère que les figures puissent se diluer, se confondre de manière très douce avec le fond. Semblables à des taches, tout élément permettant une interprétation ayant été éliminé, seule reste la profondeur : « Depth is all »


Deep Orange and Black : une œuvre, une analyse

Dans certaines de ses toiles, cette dissolution de la figure va jusqu'à la rendre liquide, ce qui se traduit par des coulures verticales de peinture, sorte de réseau, de toile d'araignée qui relie les formes-taches entre elles mais qui est contraire à l'effet recherché : ne se dissipant pas dans la profondeur elles vont à l'encontre de la dissolution, à l'encontre de la fusion fond-figure. C'est notamment le cas dans Deep Orange and Black. On peut voir très clairement dans cette huile sur toile de 3,71m x 3,12m la présence de ce réseau de coulures noires et colorées, semblables à des fils reliant les taches.
Cette couleur violente, vibrante que l'on retrouve dans cette toile découle, elle aussi, d'une recherche approfondie, mais cette fois sur la lumière. Il est en effet préoccupé par les deux états contradictoires de la lumière : le noir, fond d'origine d'où jaillie la lumière, et le blanc, base de la lumière et somme des couleurs. Il s'agit pour lui d'arriver à obtenir un juste équilibre car « un accroissement de la lumière provoque un accroissement de l'obscurité ». La distinction fond/figure passera donc par l'emploi de la couleur, plus ou moins saturée selon les besoins.

Il expérimente alors une nouvelle solution : dévoiler en voilant. L'éclat de la lumière étant trop intense, il faut l'atténuer en appliquant un voile de couleur. Cependant, celle-ci vient peu à peu attaquer ce voile (d'où des sortes de craquelures dans le voile de couleur), il faut alors replacer un autre voile de couleur différente par dessus le précédent, comme un nouveau pansement, qui à son tour va finir par céder, d'où la nécessité d'en placer encore un autre, et un autre, et ainsi de suite…Au final, le spectateur ne sait plus très bien qui des couleurs (les figures) ou de la lumière (le fond) a le dessus dans ce « combat ».
C'est le cas dans notre œuvre : le noir semble manger la toile, s'étendre de manière exponentielle, mais n'a pas encore réussi son œuvre d'assombrissement comme le montre les nombreuses zones de couleur encore visibles. On se pose alors une question : ne serait-ce pas plutôt la couleur qui est en train de décomposer le noir ? Les coulures sont-elles alors la marque de l'étalement progressif du noir ou bien celles de sa décomposition ?

Par cette superposition des voiles, nous découvrons aussi un nouveau facteur dans la création : le facteur temps. L'étagement des voiles ne se fait pas uniquement sur la toile, le support plastique, mais aussi dans le temps. La lumière, chez Sam Francis, génère donc à la fois et le temps, et l'espace, « l'espace c'est la couleur ».
Pour revenir sur la notion d'absence de cadre et la lier avec la couleur, cette toile amène un nouveau questionnement : si l'on pouvait prolonger la toile, qu'obtiendrions nous ? une immensité noire relevée ça et là par des zones colorées, ou bien un rectangle noir perdu au milieu d'une immensité orange, telle une mer de feu ? La peinture ne semble pas en effet figée. On peut noter une impression de mouvement, d'animation donnée par la forme irrégulière des taches et par le fait que nulle part sur la toile la couleur ne soit égale en tons et en teintes : le jaune, l'orange vibrent sur la toile donnant l'impression d'un feu intérieur, de cellules de chaos organisé, molécules de couleur semblables à des molécules de chair vues au microscope.

Ses influences

Comme la plupart des peintres des années 50-60, Sam Francis peut être « rangé » dans divers mouvements : abstraction lyrique, expressionnisme abstrait, tachisme, Action Painting, color field painting, autant d'influences que l'on retrouve chez Sam Francis mais aucune ne peut lui être appliquée seule.

On peut, dans un premier temps, noter une influence notable de Matisse : ses innovations en matière de couleur et de bidimensionnalité contribuèrent à l'épuration de la forme et surtout du geste. Au delà des considérations purement techniques, Sam Francis se sentait très proche de celui-ci car, comme lui, il avait eut à subir un alitement forcé qui le poussa vers la peinture, et car il éprouvait des sensations très semblables à celles de Matisse (ce dernier parlait notamment d'une sensation d'évasion lorsqu'il peignait, de passer du « petit espace » (la toile) à un espace « cosmique » « dans lequel on ne sentait pas les murs »).

Par rapport à la démarche même de Sam Francis, les artistes les plus proches de lui sont Jackson Pollock, Clyfford Still et Mark Rothko.
Pollock parce qu'il fut le premier à expérimenter la technique du dripping, manifestation de l'acte créateur à l'état pur, la toile devenant le témoignage et l'enregistrement du mouvement de l'artiste excluant la réflexion du processus.
Still parce qu'il fut le seul de tous les artistes que Sam Francis découvre à San Francisco à s'attaquer au fond en soi, sans passer par la figure. Il tend ainsi à simplifier ses plans et fournit un gros travail sur la couleur adoptant même le noir, considéré comme « non-couleur ».
Et Rothko car c'est lui qui poussera le plus la démarche de décomposition de la figure en initiant la technique de la dissolution, même s'il conservera le noyau des formes (un rectangle ou une bande orthogonale) alors que Sam Francis poursuivra le processus jusqu'à leur complète dissolution. On pourrait bien évidemment ajouter encore bien d'autres artistes à ceux cités précédemment, mais ceux-ci constituent les influences principales dont Francis s'est inspiré.










Sam Francis et Berne

060313_PK_Sam_FrancisL'exposition montre la relation de Sam Francis à Berne et son influence sur les artistes de la région. L'accent est mis sur des œuvres du milieu des années 50 au début des années 60. Le travail créateur de Sam Francis est mis en relation avec les œuvres réalisées entre 1956 et 1963 par quatre artistes bernois -  Samuel Buri, Franz Fedier, Rolf Iseli et Peter Stein - et révèle la recherche fructueuse de nouveaux moyens d'expression et défis en art. L'exposition dit aussi quelque chose de la diffusion de l'art américain sur le continent européen.
 
En décembre 1954, Arnold Rüdlinger, à l'époque directeur de la Kunsthalle de Berne, a rendu visite, avec Eberhard W. Kornfeld, à Sam Francis dans son atelier parisien. Les amitiés qui s'ensuivirent furent à l'origine d'une relation intense de Sam Francis avec Berne. L'œuvre de Sam Francis, apportée à Berne par Rüdlinger, fut présentée pour la première fois en 1955 à la Kunsthalle par l'exposition Tendances actuelles 3, qui fit sensation. Les peintures à l'huile de grands formats, colorées monochromes, suscitèrent la controverse dans le paysage artistique de la région. Les visiteurs se virent confrontés à une nouvelle manière de peindre, mais aussi à la dimension incroyable des toiles. L'œuvre de  Francis était marquée par la recherche de nouveaux moyens d'expression ; dans une première phase de sa création, jusqu'en 1956, l'artiste explora la dynamique de la couleur et l'expérience de l'espace, ce qui fit clairement apparaître dans ses œuvres une nouvelle forme de peinture : abstraite et expressive, plus brute et directe que la peinture gestique. Francis entretint de nombreux contacts avec des artistes bernois dont l'œuvre fut d'une part fortement marquée par les expositions de Francis et sa présence à Berne. Rüdlinger incita d'autre part des artistes bernois à se rendre à Paris et à y visiter les ateliers d'artistes progressistes, les tachistes.

L'amitié avec Eberhard W. Kornfeld fut aussi d'une grande importance. Ce dernier mit à disposition de Francis des ateliers en différents lieux lors des séjours de l'artiste à Berne. A partir de 1957, Eberhard W. Kornfeld a exposé régulièrement l'œuvre de Francis à l'actuelle Galerie Kornfeld et l'a incité trois ans plus tard à créer des œuvres graphiques.

Les travaux de Sam Francis ont influencé différemment les œuvres de Buri, Fedier, Iseli et Stein, lesquelles ont servi d'exemple aussi à d'autres peintres bernois de ce temps. Les œuvres exposées proviennent de différentes collections privées suisses.
Commissaires de l'exposition:
Matthias Frehner, Betty Stocker, Simon Oberholzer











Sam Francis & Walasse Ting; Amis : Ouverture le samedi 9 décembre 2006, Galerie Delaive
AMSTERDAM, Pays-Bas, December 7 /PRNewswire/
- 9 décembre - 30 janvier 2007

Sam Francis & Walasse Ting

L'idée du livre << 1cent life >> a germé à Manhattan, au début du mois de décembre 1962, dans le milieu de l'art excitant de l'époque. Un petit cercle d'amis se réunissait presque chaque soir au studio de Sam Francis. Walasse Ting, un réfugié de Chine continentale a ajouté une touche spéciale à une de ces soirées. Il avait appris l'anglais comme marin entre la Chine et l'Europe. Il écrivait des poèmes et peignait dans trois styles différents: figuratif, abstrait et de superbes images chinoises classiques. Ting voulait publier le livre illustré le plus international possible pour illustrer son texte, réunissant le tachisme, le néo-dadaïsme, le pop art, et tous les autres mouvements artistiques. Le projet a été complété en juin 1964; autour des poèmes de Ting étaient groupés 28 peintres américains et quelques peintres européens très différents. Les << pop artists >> formaient le noyau du groupe. Parmi eux figuraient Warhol, Lichtenstein, Oldenburg, Rosenquist, Indiana, Wesselmann et Dine. Le groupe comportait également des << expressionnistes abstraits >> tels que Sam Francis et Saura et des membres de Cobra tels que Pierre Alechinsky, Asger Jorn, et Karel Appel. D'autres grands artistes parmi lesquels Rauschenburg, Joan Mitchell, Bram van Velde et Riopelle participèrent également au projet. Le livre est devenu très rapidement le manifeste d'une nouvelle génération de peintres et l'expression de la nouvelle recherche picturale dans laquelle ils étaient engagés. Sam Francis était l'éditeur de 1Cent life. Ting et Francis se sont rencontrés au début des années cinquante à Paris où ils ont tous deux vécu et travaillé. Ting et Francis se sont croisés plusieurs fois par la suite au niveau artistique. En 1972 le Musée d'Art de Pittsburgh, en Pennsylvanie, a exposé ensemble des peintures de Sam Francis, Joan Mitchell et Walasse Ting lors d'une exposition intitulée Fresh Air School. L'amitié de Sam Francis et de Walasse Ting était tres speciale et ils sont restés en contact au fil des années. Leur dernière rencontre a eu lieu en 1993, six mois avant la mort de Sam Francis. Walasse Ting a souffert une hémorragie cérébrale en 2002 et est désormais incapable de communiquer ou de vivre comme il l'aurait voulu.

Information et photos
Pour en savoir plus et obtenir des photos, veuillez consulter:

//www.delaive.com/press.htm











SAM FRANÇIS


En marge de l'expressionnisme abstrait, Sam Francis développe un oeuvre dont l'originalité résulte d'un double héritage. Américain d'origine, il n'ignore pas les recherches poursuivies par la première génération américaine et cherche au contraire à en exploiter les possibilités esthétiques et subjectives.
L'engagement physique de l'artiste dans son oeuvre, l'échelle de ses tableaux ainsi que l'espace créé, libre et ouvert, inhérent à la technique du all over apparaissent comme autant d'éléments qui renvoient aux caractéristiques de la peinture américaine de l'après Seconde Guerre mondiale. A la suite de Jackson Pollock, Sam Francis adopte en effet une abstraction lyrique et gestuelle, sans toutefois accorder autant la primauté au dynamisme du geste. Ses toiles sont plus aérées et son espace, traversé par la couleur, devient lui-même couleur : "L'espace est couleur? La couleur, écrit l'artiste, est pour moi la vraie substance, le point de départ que ne sont ni le dessin, ni la ligne." Sa pratique de la peinture travaillée avec un sens hédoniste de la couleur révèle une profonde influence de Matisse. Cet attachement à une "tradition" européenne n'est sans doute pas étranger à son séjour en France, son pays d'adoption pendant près de sept ans, de 1950 à 1957. L'oeuvre de Sam Francis, essentiellement fondé sur la couleur et les rapports qu'elle entretient avec le blanc du support, suit une évolution caractérisée par une succession de périodes au cours desquelles le rôle du blanc, véritable fil conducteur, devient de plus en plus déterminant.
From a Coral Cauldron illustre la solution extrême de cette recherche qui entraîne un renouvellement de la composition. Dans cette oeuvre, l'artiste exclut toute trace colorée du blanc central d'une ampleur inégalée jusqu'alors. La couleur blanche introduit dans l'oeuvre une forme qui envahit toute la surface du tableau et structure dans le même temps la composition, repoussant la zone colorée de teintes vives et franches sur les bords du tableau. L'emploi d'une peinture acrylique permet à l'artiste des coulures, des éclaboussures, mais surtout elle rend possible les jeux de transparence qui confèrent à l'oeuvre toute sa luminosité. Dès lors les taches de couleurs apparaissent comme autant de morceaux de vitraux qui seraient traversés par la lumière et révèlent une des préoccupations majeures de l'artiste moins sensible au "jeu de la lumière (qu'à) la substance dont elle est faite". Rejetées à la périphérie de la toile, ces bandes de couleurs prennent l'aspect d'un cadre et interrogent les limites de la surface virtuellement reniée par la pratique même du all over. Elles constituent également autant d'indices, de signes qui permettent de circonscrire le blanc, expression de toutes les couleurs. Sam Francis a expliqué lui-même qu'il considérait "cette grande zone centrale non comme un espace vide mais comme une forme monumentale, définie par des lambeaux de couleur étroits et déchiquetés sur ses bords." Ainsi, loin de jouer le rôle passif de fond, il apparaît comme le sujet même de la peinture. Garante de l'ordre et de la discipline de la composition, l'étendue blanche, ni vide, ni stérile, est un lieu de tensions et de dynamisme qui fascine le spectateur.










Sam Francis
L'œuvre gravé
21 février - 18 mai 2003
 

    Après des études d'art et d'histoire de l'art, l'artiste américain Sam Francis poursuit son parcours artistique en France, au Mexique, en Suisse et au Japon ; dès 1962, il s'installe à Santa Monica (Californie).

L'exposition du Musée est consacrée à Sam  Francis qui débute en force dès les années 60 par une série de lithographies dont The White Line, affiche et carton d'invitation de notre exposition.

Marqué par la couleur, son langage pictural se définit à travers une énergie créatrice, révélée par des taches modulant l'espace et la surface.

Le MAHF montre un choix représentatif de plus de 80 œuvres témoignant des débuts de l'artiste dans le domaine de la gravure et allant jusqu'aux années 90. Dès ses débuts artistiques, Sam Francis se lance dans l'abstraction qu'il décline dans les moyens d'expressions les plus divers : peinture, gravure, dessin ou encore, illustration de livres.

L'exposition du MAHF éclaire le volet graphique de l'artiste qu'il est nécessaire de considérer en dialogue étroit et constant avec son évolution picturale. A l'instar de ses peintures, les gravures de Francis témoignent, en effet, d'une démarche avant tout intuitive et immédiate. L'artiste s'exprime souvent par séries alliant de subtils changements chromatiques avec une constance formelle. Au-delà de cette vision sérielle de sa production, chacune des œuvres peut également être considérée isolément, fonctionnant parfaitement pour et par elle-même.

Les premiers essais graphiques de Sam Francis se réalisent à la fin des années 50 mais le pas décisif intervient sur le conseil de son ami et éditeur Eberhard W. Kornfeld (Berne) qui l'introduit véritablement dans le monde de la gravure et le motive, en 1960, à réaliser sa première série de lithographies dans l'atelier d'Emil Matthieu à Zurich.

Les deux techniques représentées dans l'exposition sont la lithographie et l'aquatinte, techniques que l'artiste pratiquait en étroite collaboration avec des imprimeurs professionnels de haut niveau, désireux de trouver la fidélité maximale entre les peintures et les gravures de l'artiste. Dès 1967, il installa son atelier de gravure, le Litho Shop, dans la ville californienne de Santa Monica.

Au-delà de la couleur, les œuvres frappent également par le jeu subtil autour des notions de marges du tableau, d'ajustement formel ou encore de focalisation. L'artiste ne cesse de nous étonner par les compositions choisies ainsi que le cadrage ou le point de vue adopté. Il dérange bien souvent notre perception traditionnelle de la forme et de son agencement.

L'exposition montre également la cohérence picturale et créatrice extraordinaires des œuvres graphiques, au-delà des décennies. En parcourant plus de trente ans de production artistique, on constate qu'il n'y a pas d'évolution clairement discernable. Sam Francis invente, certes, de nouveaux formats, découvre des couleurs ou des formes jusque là inédites. Pourtant, il ne remplace pas son vocabulaire ancien par ses nouvelles recherches, il se contente tout simplement de les ajouter à son langage artistique existant.

Sam Francis fut toujours un artiste attiré par la pensée philosophique et spirituelle. Dès ses débuts, son intérêt le porte vers l'art, bien sûr, mais aussi vers l'écrit, l'histoire et la psychologie. Cet intérêt n'était pas uniquement celui d'un lecteur assidu mais aussi celui d'un artiste qui aimait s'exprimer et créer ainsi des liens entre les mots et ses œuvres. Dans cet esprit, l'exposition insère quelques-unes des pensées de Sam Francis, en dialogue étroit avec les œuvres exposées, souhaitant, par là, enrichir et différencier notre perception de son art.

Programme pendant l'exposition
Visites commentées les jeudis 13 mars, 27 mars, 10 avril, 24 avril, 8 mai 2003, à 18h15

Ateliers pour les enfants les dimanches 30 mars et 4 mai 2003, à 14h30

Sam Francis - Repères biographiques
25 juin 1923 Naissance de Samuel Lewis Francis à San Mateo, au sud de San Francisco. Il est l'aîné de deux garçons. Sa mère meurt lorsqu'il a douze ans.

1942 - 1943 Après avoir obtenu son diplôme à la San Mateo High School, il s'inscrit à l'Université de Californie, à Berkeley. Il choisit la médecine et la psychologie.

1943 - 1944 L'artiste interrompt ses études et devient pilote de chasse dans l'armée de l'air américaine. Ces heures de vols constituent une expérience essentielle dans sa vie. En 1944, il est victime d'un accident et, suite à la découverte d'une tuberculose, restera immobilisé pendant un an. C'est à ce moment qu'il découvre la peinture.

1946 - 1947 Il se rend en convalescence dans une communauté d'artistes puis chez son père. Premier mariage avec Vera Miller, une amie d'enfance.

1948 - 1950 Guéri, il reprend ses études à Berkeley mais choisit de faire un Master of Arts, suivant des cours de peinture et d'histoire de l'art. Il divorce de Vera Miller et part pour Paris avec Muriel Goodwin qui partagera désormais sa vie. A Paris, il est impressionné par Monet et par Bonnard.

1951 - 1952 Il expose au VIIe Salon de Mai  à Paris et se lie d'amitié avec Jean-Paul Riopelle. En février 1952, a lieu sa 1ère exposition individuelle à la Galerie du Dragon à Paris.

1955 Mariage avec Muriel Goodwin et inauguration de l'exposition Tendances actuelles de l'Ecole de Paris III à la Kunsthalle de Berne.

1956 Différentes œuvres de Francis intègrent des collections américaines publiques et privées. Il poursuit ses expositions individuelles à Paris.

1957 - 1958 Période de voyages autour du monde qui le mèneront, entre autres, aux Etats-Unis, au Mexique et au Japon. De septembre à novembre 1957 a lieu sa première exposition à la Galerie Klipstein & Kornfeld de Berne. A New- York de la même année, il fait la connaissance de Teruko Yokoi, peintre, qui deviendra sa troisième épouse. Naissance de sa fille Kayo Andrea.

1960 Rétrospective de son œuvre à la Kunsthalle de Berne. E.W. Kornfeld encourage Sam Francis à travailler la lithographie et lui propose de devenir son éditeur. Il réalise une première série de 16 lithographies dont The White Line, l'une de ses œuvres-clés sur papier.

1961 Récidive de la tuberculose. Francis est soigné au Tiefenau Spital à Berne.

1962 L'artiste s'installe à Santa Monica (Californie)

1964 - 1967 Sam Francis séjourne avant tout au Japon où il se marie avec la réalisatrice Mako Idemitsu. Naissance de son fils Osamu en 1966.

1969 - 1970 Naissance de son fils Shingo. Création du Litho Shop à Santa Monica qui gèrera l'édition de ses lithographies, ses archives et les différentes expositions de l'artiste.

1975 Réalisation de ses premiers monotypes

1977 - 1980 Différentes expositions aux Etats-Unis et créations de Murals (peintures murales)

1984 Il rencontre l'artiste anglaise Margaret Smith qu'il épousera deux ans plus tard. Création de The Lapis Press consacrée à des tirages limités au sein du Litho Shop.

1986 Naissance de son fils Augustus

1987 Fondation du Sam Francis Medical Research Center finançant les études sur les maladies infectieuses.

1988 -1993 Diverses grandes rétrospectives au Japon (Museum of Modern Art, Toyama 1988), en Suisse (Galerie Kornfeld, Berne 1991), en Allemagne (Kunst und Ausstellungshalle der Bundesrepublik Deutschland, Bonn 1993)

1994 Sam Francis meurt le 4 novembre.










À la mémoire de Sam Francis (1923-1994)


AMSTERDAM, November 3 /PRNewswire/ -- Il y a dix ans déjà que Sam Francis nous a quitté pour un monde meilleur. Le musée Jan van der Togt met sur pied, en collaboration avec la Galerie Delaive, une exposition consacrée à ce grand artiste américain. Un catalogue couleur de l'exposition est disponible à compter du ler novembre 2004. Cette exposition, qui regroupe plus de 70 oeuvres de l'artiste, est un événement unique aux Pays-Bas.

Sam Francis était un citoyen du monde qui ne vivait que pour son art. Américain de naissance, il a longtemps vécu en Europe (Paris et Berne), à Tokyo et à New York. Certaines de ses peintures ont été créées à Paris, réalisées à New York et achevées à Tokyo. C'est dans cette culture cosmopolite qu'a évolué le style artistique unique de Sam Francis.

Sam Francis abhorrait tous les courants. Il les ignorait délibérément et opiniâtrement pour ne suivre que sa propre voie. Sa créativité et la passion intarissable qu'il nourrissait envers pour son travail ont laissé un patrimoine d'expression très diversifié de peintures, de dessins et d'oeuvres graphiques. Ses << Big Orange >>, << Round the World >> et autres créations artistiques sont de véritables icônes de notre temps. Martha Jackson, marchande d'art new-yorkaise de l'époque, a écrit en 1954 dans une lettre à Sam Francis : << Ce que je pense de vous? Vous êtes l'un des plus grands peintres de notre époque. >> En 1956, Time Magazine consacrait Sam Francis comme le << peintre américain le plus actuel de Paris >>. Au début des années 50, différentes expositions ont été organisées dans de célèbres salles d'Europe comme le fameux Rive Droite à Paris(France). C'est grâce au soutien et au dévouement de Martha Jackson à la carrière artistique de Sam Francis que l'exposition Twelve Americans a pu avoir lieu au Musée d'art moderne de New York et, plus tard, au New American Painting où 17 artistes, dont Pollock et Mark Rothko, ont fait la preuve de la liberté artistique de ces artistes expressifs.

Rencontre avec la presse le jeudi 4 novembre de 16 h à 18 h au Musée Jan vd Togt Vous pouvez télécharger les images ou obtenir plus d'informations en visitant le site :

//www.delaive.com/press.htm

ou en envoyant un courriel à gallery.delaive@wxs.nl





20/08/2007
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