Alain YVER

Alain YVER

SARAH MOON

SARAH MOON





http://fr.wikipedia.org/wiki/Sarah_Moon

Sarah Moon - éléments de style par Henri Peyre
http://www.galerie-photo.com/sarah-moon.html




Sarah Moon est une photographe française née en 1941 d'une famille juive qui doit quitter la France occupée. Elle rejoint l'Angleterre et y étudie le dessin. Sarah Moon exerce la profession de mannequin de 1960 à 1966, et se tourne vers la photographie à partir de 1970. Elle est célèbre pour sa campagne de publicité pour Cacharel.

Biographie

Sarah Moon est une photographe française née en 1941 d'une famille juive contrainte à quitter la France occupée. Elle rejoint l'Angleterre et y étudie le dessin. Sarah Moon exerce alors la profession de mannequin de 1960 à 1966, et se tourne vers la photographie à partir de 1970. Elle devient célèbre pour sa campagne de publicité pour Cacharel. Dans son travail pour la mode, elle a su montrer les femmes sous un angle particulier du fait de sa relation avec les modèles dont elle a partagé l’univers pendant sa jeunesse. Les regards et les attitudes qu’elle a su capturer laissent apparaître dans ses clichés une certaine complicité qui l’a distinguée des hommes dans la photographie de mode.

Après 15 ans de travail dans la mode, répondant aux commandes de nombreuses marques telles que Vogue, Chanel, ou Dior, la carrière de Sarah Moon prend un tournant lorsque l’artiste décide de se consacrer davantage à une photographie plus personnelle encore, plus introspective et cette fois, purement artistique. Elle « sort » alors des studios de ses mises en scènes pour la mode, et fait de Paris son terrain de jeux, par goût dit-elle, et par « commodité »[1], même si la ville n’est jamais réellement le sujet de ses photographies mais bien plus un décor méconnaissable. Ce sera d’ailleurs à cette époque qu’elle adoptera le Polaroïd noir et blanc avec négatif comme support de son expression.

Jusqu’alors, elle a été accompagnée par Patrick Toussaint qui effectue pour elle le travail de laboratoire.

Sources d'inspiration

Pour ce qui est de la photographie, Sarah Moon cite l’œuvre de Guy Bourdin comme étant l’excellence qui lui a le plus donné l’envie de se diriger vers la mode. Cependant, dans ses œuvres postérieures à l'époque de son travail dans la mode, on peut aisément reconnaître son goût pour le cinéma des années trente, notamment le cinéma expressionniste Allemand. Le grain, l’esthétique générale des photographies de Sarah Moon forment une référence constante aux origines du medium (on peut noter, entre autres, un nu datant 1977, « Nu », rappelant fortement - tant par son cadre que par son rapprochement esthétique vers la peinture et la sculpture – les séries de nus réalisées vers 1854 par Eugène Durieu pour Eugène Delacroix).

Thèmes et motifs

Parmi les thèmes récurrents qui se dégagent de l’œuvre de Sarah Moon, on peut citer le souvenir, la mort, l’enfance, la féminité, la solitude.

Ses photographies mettent souvent en scène des animaux ou des hommes déguisés en animaux ; des enfants (bien davantage de filles que de garçons) ; des environnements industriels délabrés ; des fêtes foraines ; ou encore la route fendant un paysage.

Analyse de l'œuvre
Une esthétique de la fiction

Ce qui est avant tout marquant dans l’œuvre de Sarah Moon, c’est son rapport à la fiction. Depuis ses premiers clichés, les photographies de Sarah Moon n’ont eu de cesse d’illustrer un certain désir de détachement de la réalité. À ses débuts, son choix de se lancer dans la photographie de mode ne pouvait aller que dans ce sens puisqu’il n’y est question que d’illusion, de séduction, de rêve et jamais de représentation fidèle du réel. En accord avec ce désir de fiction, ses photographies sont, pour la plupart, mises en scène. Il y a, chez Sarah Moon, une vraie volonté de brouiller les pistes, autant par ses choix de mises en scènes irréelles que par le traitement particulier de ses images qui est devenu sa signature. Robert Delpire entre autres a dit de sa photographie qu’elle tend à « déréaliser » tout ce qu’elle prend[2].

Le processus de développement (effectué par Patrick Toussaint tout au long de sa carrière) joue un rôle capital dans l’œuvre de Sarah Moon. Une grande partie de ses tirages sont marqués par des dégradations. Ces procédés de dégradation de l’image évoquent le temps, la décomposition, l’avancée inexorable vers la destruction et, dissimulant parfois une partie de la scène représentée (souvent les bords du cadre), ces accidents provoqués lors du développement se font représentations de l’absence du passé dans le présent, de la perte de l’impression vécue, du manque, de la fragilité du souvenir.

De plus, l’apparition des tâches, et d’« accidents » minutieux sur le négatif ou lors du tirage de ses épreuves forme comme des strates représentant elles-mêmes la photographie et ses procédés techniques. Dans une grande partie de ses œuvres, cette mise en abîme en filigrane de la photographie dans la photographie reflète sa vision de son outil et de son art comme un « mensonge », comme une illusion. Cette esthétique des tirages de Sarah Moon éloigne les scènes représentées de la réalité et de l’anecdotique pour les ancrer dans la fiction – hors du réel et hors du temps.

Outre les dégradations, des flous interviennent dans une grande partie de ses photographies. Deux types de flous sont récurrents : des flous dus au mouvement du sujet et à un long temps de pose ; et des flous orchestrés par des expositions répétées d’une même image légèrement décalée à chaque fois, dédoublant ainsi les contours sur le papier photographique et annihilant toute prétendue vérité.

La couleur

Au cours de sa carrière dans la mode Sarah Moon a travaillé en couleur en fonction des commandes. Dans la seconde phase de sa carrière de photographe, elle a d’abord préféré le noir et blanc évocateur de la solitude, de l’irréel, d’un moment hors du temps, mais se tourna ensuite occasionnellement vers la couleur. Sa démarche en couleur est bien différente de sa photographie en noir et blanc. Sarah Moon prend la couleur comme un sujet en soi et ne montre pas seulement une scène en couleur mais semble bien plus en extraire chaque teinte comme un pigment qu’elle étale ensuite à son gré sur le papier photographique. Les contours flous de ses photographies couleurs les éloignent de la précision propre à la photographie et les rapprochent de la peinture. C’est cette approche de la couleur qui a fait son intérêt pour les fleurs et les oiseaux dans un certain nombre de ses photographies.

La présence du conte

Sarah Moon a souvent pris le conte pour sujet, prolongeant ainsi ses autres thèmes de prédilection que sont l’enfance et l’imaginaire. Ainsi a-t-elle réalisé en 1985, une série d’illustrations photographiques du conte du Petit Chaperon rouge. Cette série fut publiée dans un livre, accompagnée du texte de Charles Perrault. Son film La Sirène d’Auderville (2007) révèle également son intérêt pour les contes d’Andersen.

Alain Fleischer (Les Films de Sarah Moon ou l’invention d’un genre) a rapproché les films de Sarah Moon du registre du conte, mais il en va de même pour ses photographies. Au-delà des thèmes du conte et de l'imaginaire enfantin, la présence de la photographe en tant que narratrice se fait sentir dans bon nombre de ses clichés. Cette présence se dégage notamment de ses portraits aux regards intenses et directs, où transparaît clairement le contact entre le photographe et le sujet. Dans ces photographies se construit un tissu de relations entre sujet, photographe et spectateur s'apparentant aux relations entre spectateur, conteur et conte.

   1. Å™ MOON, Sarah, 1.2.3.4.5. Éditions Delpire. Paris: 2008.
   2. Å™ 1.2.3.4.5., Delpire (Paris: 2008)
   3. Å™ MOON, Sarah, 1.2.3.4.5. Editions Delpire. Paris: 2008.
   4. Å™ MOON, Sarah, 1.2.3.4.5. Éditions Delpire. Paris: 2008.












Sarah Moon, Coïncidences

Créatrice d’un univers onirique et mystérieux, Sarah Moon s’est imposée ces quarante dernières années comme une figure féminine incontournable de la photographie. Véritable artisan de l’image, elle constitue, tout en finesse et en perfection, des scènes travaillées confondant le réel et la fiction.

 Révélée dans les années 1970 par ses campagnes pour Cacharel, dont certaines sont devenues légendaires, Sarah Moon impose un style inclassable et hors du temps dans le domaine de la photographie de mode. Sa production fait l’objet de nombreux prix et de publications dans les magazines du genre les plus prestigieux, tels que Vogue ou Stern pour ne citer que ceux-ci. Au milieu des années 1980, la carrière de l’artiste prend un véritable tournant lorsqu’elle décide d’abandonner le « travail appliqué » des commandes publicitaires pour des projets plus personnels et purement artistiques.

Privilégiant les thèmes de l’enfance et de la mémoire, Sarah Moon n’hésite pas à travailler à même les négatifs en les grattant ou en les salissant, de manière à inscrire dans le support la marque du temps qui passe. Ses mises en scène étudiées évoquent des contrées lointaines et des époques révolues. On y trouve des personnages semblant  tout droit sortis de contes, des animaux venus d’ailleurs ou encore des paysages désertés. L’atmosphère irréelle qui se dégage de ses photographies, renforcée par son usage du flou et des demi-teintes, tient du rêve ou parfois du cauchemar. C’est avec une indéniable violence, certes pleine de grâce et d’élégance, que les cadrages de Sarah Moon découpent et déréalisent ses sujets.

 L’exposition réunit une grande partie des travaux de cette artiste complète, photographe et cinéaste. Les œuvres présentées ont fait l’objet d’une sélection très personnelle et minutieuse de l’artiste parmi ses tirages et ses films réalisés après 1985 ainsi que parmi ses photographies de mode plus anciennes. L’exposition Sarah Moon, coïncidencesse tiendra au Botanique du 8 juin au 14 août 2011.








Sarah Moon
Par Eric Janvier

"C'est la photo qui vous prend"

Pour beaucoup, les photographies de Sarah Moon évoquent des tableaux impressionnistes mettant en scène des femmes sensuelles, délicates et fragiles.
 
Leurs portraits fleuris et enrubannés ainsi que la série de spots pour une célèbre marque de parfums ont largement contribué au mythe. Pourtant, animaux, passants et paysages, saisis dans leur fugacité font aussi partie de son univers visuel.

mt_expandAprès une enfance heureuse, "une enfance dont je ne me souviens pas", Sarah suit des cours de dessin dans une école d'art. Elle devient mannequin professionnel dans les années soixante et pénètre ainsi les coulisses de la mode.

Sa renommée internationale débute en 1967, année de sa collaboration avec Cacharel. Des photos qu'elle compose alors émane une douceur pastel, faite de grain et de demi-teintes, qui sera sa marque de fabrique. En 1968, les books qu'elle réalise pour ses amies modèles retiennent l'attention de Robert Delpire, déjà éditeur de Robert Frank et de Henri Cartier-Bresson, qui deviendra son compagnon. Dès lors sa production photographique fera l'objet de parutions dans de nombreux magazines : Marie-Claire, Harper's Bazaar, Nova, Vogue, Elle, Stern et bien d'autres titres aussi prestigieux.
Ses images prises dans des lieux incertains à une époque incertaine lui valent éloges et récompenses à Paris comme à Londres, New-York ou Tokyo. Tout en exposant à travers le monde, elle réalise des campagnes publicitaires pour Biba, L'Oréal, Patou et bien-sûr Cacharel sous le pseudonyme de Loulou. En 1972, elle collabore au calendrier Pirelli et participe à de nombreux ouvrages collectifs sur la photo de mode.

mt_expandSarah Moon signe plus de 150 clips et courts-métrages. Pour les enfants elle revisite et illustre "Le Petit Chaperon Rouge", suite de photos en noir et blanc, qui associent clair-obscur et ombres chinoises. Mais la fin de l'histoire diffère quelque peu de celle imaginée par Charles Perrault….
En 1985, la mort de Mike Yavel, l'ami et assistant avec qui Sarah Moon a travaillé pendant quinze ans, est un grand choc. Ce sera aussi un tournant dans sa carrière puisqu'elle ne photographiera plus que pour elle-même : des photos sans commande, pour rien.
En 1990 "Mississipi One" marque son intérêt grandissant pour le septième art. C'est cette fois-ci un long-métrage qu'elle qualifie elle-même de "conte de fées empoisonné".
"J'ai l'impression d'avoir toujours voulu faire du cinéma. Pour moi la photo n'est qu'une image arrêtée d'un film."
En 1994, elle présente un documentaire sur Cartier-Bresson aux Rencontres Internationales de la Photographie d'Arles.
Sarah Moon vient de sortir "La petite Fille aux allumettes", vidéo et série de polaroïds réalisés dans des rues nappées de neige artificielle. Elle a fini par casser sa réputation de romantisme qui plaît tant aux japonais. Ses derniers travaux sont la traduction de ses obsessions d'aujourd'hui.mt_expand

Comme le souligne l'actrice Anouk Grinberg : " La vie se porte bien quand c'est elle qui la regarde ". Sarah vit à Paris depuis 1984 et est représentée par Corporart, Paris.


http://www.photophiles.com/index.php/les-articles-archives/biographies/35-sarah-moon.html








Sarah Moon


La troisième édition de ce petit livre présente une centaine de photos de Sarah Moon. Elle signe le préambule et Robert Delpire directeur de la collection, la postface. On ne trouve presque aucun élément biographique, deux pages en fin d’ouvrage récapitulent tous les travaux et expositions de la photographe. Née en 1941 en France, sa famille fuit pendant l’occupation et va vivre en Angleterre. Ancien mannequin, en 1970, elle passe de l’autre coté de l’objectif et signe des campagnes de publicité notamment pour Cacharel.

Elle prend conscience, un jour, qu’elle peut créer sans être sous la contrainte d’une commande. Elle sort de la spirale "une femme, une robe", elle déclare dans un entretien que l’on retrouvera sur le DVD de la collection contact "Je fais toujours la même photo". Quand elle prend ses photos, "elle veut être touchée en même temps qu’elle vise", elle est constamment à la recherche de ce rayon de lumière, de cette expression qui sera déterminant pour donner une âme à ses créations. Au fil des pages, on remarque que reviennent le plus souvent des images de femme, d’animaux et d’arbres.

Ses photos sont floues, le négatif semble parfois rayé, on les croit issues d’une autre époque, les tirages ressemblent à ceux des pictoralistes comme Alvin Langdon Coburn. On pense aussi à ce que ce dernier déclarait en 1882 « Pensez à la joie de faire quelque chose qui serait impossible à classer, dont on ne pourrait dire ce qu’est le haut et le bas. Réveillez-vous ! Faites quelque chose d’atrocement mauvais si vous voulez, mais ayez un regard neuf. ». Les photos de Sarah Moon sont inclassables, sa vision sur ce qui l’entoure est unique, elle a créé un univers de quiétude et de mélancolie facilement reconnaissable. Ses images semblent sorties d’un rêve fantasmagorique où des chiens primitifs courent sur la plage, où un paon fait le beau dans un parc et où les gens n’ont pas de regard. De temps à autre une touche de couleur rouge ou verte vient éblouir nos yeux.




10/07/2011
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