Alain YVER

Alain YVER

SEFYU

SEFYU




http://www.facebook.com/sefyu

http://www.myspace.com/sefyumolotov

http://www.rap2france.com/site-internet-officiel-sefyu-skyblog-myspace-sefyu.php

http://www.molotov4.com/sefyu-home/

http://sefyunccofficiel.skyrock.com/

http://www.youtube.com/watch?v=H_k3T08Cbzs

http://www.youtube.com/watch?v=qj2YSxqigxY

http://www.youtube.com/watch?v=WbUUP4018dw

http://www.youtube.com/watch?v=mcZQHPvcn5M

http://www.booska-p.com/sefyu-fiche.html

ENTREVUE
http://www.dailymotion.com/Sefyu-G8#video=xn4kmb

http://musique.jeuxactu.com/toutes-les-news-de-sefyu-751.htm

Sefyu : l'interview vidéo qui va avec
http://musique.ados.fr/Sefyu/interviews/5309-interview-video-sefyu.htmlhttp://musique.ados.fr/Sefyu/interviews/5309-interview-video-sefyu.html






La biographie de Sefyu

Avec ses textes sans concession et son flow heurté, Sefyu est une de ces « grosses voix » qui essaient de maintenir l'esprit hardcore du rap français. D'origine sénégalaise, il grandit à Aulnay-Sous-Bois. Sa jeunesse est marquée par un certain nombre d'hésitations : passionné de football, il est repéré par l'Arsenal et commence à s'entraîner en vue d'une carrière professionnelle. Une blessure l'oblige à arrêter l'entraînement et, retournant au lycée, il obtient son bac. D'un milieu trop défavorisé pour mener des études supérieures, il devient alors animateur social et y trouve son compte, attaché à la vie de quartier. Très tôt, il commence à rapper, privilégiant les collectifs engagés. Aux côtés du groupe NCC (Natural Court Circuit), puis du collectif G8, il apparaît ainsi sur les compilations « Sachons Dire Non II » (2001), « Pur Son Du Ghetto », « Talents Fâchés » ou « Street Lourd ». On le trouve en featuring aux côtés de Rohff, Zesso, Flya, Passi, Alibi Montana ou Sniper, et, avec Kommando Toxic, il remixe Oxmo Puccino, sur la compilation « Retour Vers Le Futur ». Déjà, il se montre sensible aux thèmes qui lui sont chers aujourd'hui : les injustices de toutes sortes qui règlent le monde et réduisent l'Afrique à la misère. Le jeune homme est donc loin d'être un inconnu lorsqu'il publie son premier album de rue, « Molotov 4 », en 2005. C'est toutefois avec « Qui-Suis-Je ? », publié sur son propre label, G-Huit, en 2006 qu'il commence à se faire connaître du grand public. Des titres comme « La Légende » ou « La Vie Qui Va Avec » imposent son style, agressif et ironique. Pour certains, ce fils du 93 serait un candidat possible pour l'héritage d'NTM. C'est à voir… En tout cas, il a déjà réussi à se mettre à dos un certain nombre de municipalités... et pas les plus à droite! Didier Paillard, le maire communiste de Saint-Denis et François Pupponi, celui de Sarcelles (PS) ont tous deux joué les shériffs, en l'interdisant de jouer sur leur territoire! Un comble pour cet artiste qui passe son temps à dénoncer le racisme, le communautarisme, la violence et la bêtise... Un signe pour qui veut comprendre la dérive du monde politique français vers la démagogie la plus grasse!

http://musique.ados.fr/Sefyu.html







BIOGRAPHIE

OSER POSER DES QUESTIONS. Un luxe dans le monde d'aujourd'hui. A l'heure de l'individualisme forcené dans nos sociétés, il n'était qu'un artiste pour oser freiner la marche de ce monde au cocktail molotov, pour se poser, et poser des questions. Sefyu, 26 ans, Aulnay Sous Bois, Cité Emmaüs. Celui qu'on appelle aussi le « Sénégalo-Ruskof » avait déjà demandé « Qui suis-je ? » sur un premier opus en 2006. On attendait fébrilement ce deuxième album, dans lequel Sefyu n'a pas raté l'occasion d'interroger de nouveau ... « Suis-je le gardien de mon frère ? ».
OSER L'HISTOIRE.
Respecté pour son flux, son flow, son fond, Sefyu est devenu un incontournable dans le milieu, l'invité le plus demandé du hip-hop français. Rappel : de « La vie qui va avec » à « La Légende », en passant par « En Noir et Blanc » qui invitait Lilian Thuram en images, autant de succès extraits de son premier long format qui ont amené Sefyu en première ligne et l'ont récompensé d'un disque d'or. Début 2008, les hautes rotations du single « Lettre du front », partagé avec la chanteuse Kenza Farah, sensibilise un nouveau public au « style Sefyu ». Sa signature ? Rapper technique, surprendre l'auditeur, imaginer des procédés stylistiques simples et efficaces, comme marteler les mêmes mots tout au long d'un morceau. Dynamiter la forme pour sublimer le fond. Ses tracks Molotov, il les balance contre les clichés et les tabous, au service « d'un message, celui du respect et de la mixité ». Même dans la casse, on adhère.
Avec « Suis-je le gardien de mon frère ? », son nouvel album, Sefyu a voulu bagarrer « dans la continuité ». Un titre lourd de sens : à la fois écho de « Qui suis-je ? », son premier album, mais aussi allusion à « New Jack City », film culte des cités, et référence à la lutte fratricide d'Abel et Caïn dans la Bible. Un choix qui ne doit rien au hasard.
OSER LES THEMES.
Au programme, 17 titres comme autant de cibles dans le viseur de Sefyu. Des titres qui ne prennent pas en traître. Objectif : prouver qu'avec le rap, on peut tout faire, et encore surprendre : sur « Molotov 4 », le rappeur d'Aulnay use de son débit technique à la perfection et enfonce d'un « Ze-ze-ze-ze Zefyu » un refrain rentre-dedans. Fidèle à son style, Sefyu s'amuse à prendre le contrepied des stéréotypes qu'on attribue aux auditeurs de rap (« Mon Public »), et esquisse au charbon le portrait d'une génération dont les modèles n'ont jamais été aussi proches. On reste également saisi avec « Ma Life », au texte doux-amer enrobé par un refrain de satin, susurré en anglais façon Erykah Badu.
Avec cet album, Sefyu parvient à prouver qu'avec le rap, on peut tout dire, tout dénoncer, tout expliquer, surtout aux plus jeunes. « Sac de bonbons » s'en prend « au crime qu'est la pédophilie, qui laisse des gens inertes, physiquement debout, mais avec des corps sans vie ». « Le journal » propulse notre rappeur rédacteur en chef de son propre quotidien, qui ne se prive pas de printer « les informations les plus réelles, celles du terrain, celles qu'on balance hors-antenne ». Un concept poussé jusqu'au bout : sur son site web, Sefyu permet aux internautes d'envoyer leurs propres reportages et de les relayer sur sa homepage. Un moyen d'offrir de l'exposition à de jeunes talents sous-médiatisés. Son implication sociale ne s'arrête pas là ; dans « 3ème guerre », qui constitue l'un des titres les plus marquants de l'album, Sefyu raconte les parcours en parallèle de deux générations d'immigrés, pour mieux condamner -une nouvelle fois- les communautarismes et plaider pour les mixités.
Encore des vérités que le lyriciste s'est attelé à exprimer à sa sauce, même si « quand on dit les choses et qu'on a une casquette sur la tête, ça passe moins bien que dire les mêmes choses avec un costard et une cravate ». Du plomb dans la tête. Un doigt sur la gâchette. Joeystarr, l'autre bonhomme du 93, parachève le message en venant rugir sur un « Seine Saint Denis Style Nouvelle Version » en forme de passage de flambeau. La boucle est bouclée.
OSER POUR LES PLUS JEUNES
Sefyu transpire la sincérité et l'authenticité. « Certains rappeurs ne sont pas là pour partager leurs bonnes ou leurs mauvaises expériences avec les plus jeunes, parce que leur vécu ne leur permet pas de parler de ça ». A sa place dans le milieu, il regrette cependant la glorification du « mauvais chemin » : « La plupart des jeunes qui sont là, ils n'ont pas envie de braquer... Ils ont envie de mettre leurs parents à l'abri, de vivre dans un milieu paisible ; personne n'a envie d'aller au casse pipe ». C'est aussi sans doute sa formation d'animateur social et son amour des autres qui lui dictent la piste à suivre, celle de la « responsabilité ».
Avant de se lancer dans l'enregistrement de « Suis-je le gardien de mon frère ? », Sefyu a parcouru le pays à la rencontre des petits frères et des petites soeurs, dans le cadre de forums, une quinzaine au total. Pour y entendre ce genre de témoignages : « Quand on se lève le matin, on écoute vos musiques. Quand on va à l'école, on écoute vos paroles. Quand on allume la télé, on regarde vos clips. Et quand on va sur le net, c'est pour trouver vos nouvelles vidéos. On vit avec vous, matin, midi et soir. Vous faîtes partie de nos vies ». Une lourde responsabilité « qu'il ne faut pas prendre à la légère ».
OSER L'UNION
« Dans nos cités, on squatte tous dans les mêmes lieux, on vit tous ensemble, on est tous le petit ou le grand frère des autres. On est tous plus ou moins responsable de l'autre. C'est notre forme de respect ». Depuis longtemps déjà, Sefyu évolue avec sa propre équipe. D'abord avec son groupe, NCC (Natural Court Circuit). Puis avec son label, G-Huit, qui concilie production musicale et actions humanitaires. Avec ses membres Therapy aka 2093 et Baba, il réalise entièrement cet album, sous la bannière de sa structure, Molotov 4. Ce sens inné du collectif, Sefyu le tire peut être de ses premières années de footballeur pro...
OSER POUR LES FRERES
Comme il l'annonce dans l'intro, Sefyu « n'est pas un fou de la cité ». Juste un jeune de sa génération. Avec sa part d'égotrip et de revendication citoyenne. Un « crouille » comme les autres, qui ne s'est toujours pas décidé à dévisser sa casquette pour vous montrer son visage ... Pour calciner les a priori, et rendre le message universel. Pour que vous vous posiez cette question : « Suis-je le gardien de mon frère ? » ...
« Suis-je le gardien de mon frère ? » Nouvel album le 12 Mai 2008

http://www.because.tv/artistes/sefyu.html







Sefyu
Posted by Surface On mai - 2 - 2009


Sacré révélation du public aux dernières Victoires de la musique, Sefyu n'est pas passé loin d'une carrière de footballeur professionnel. Et le rappeur au visage masqué ne cache pas quelques regrets à ce sujet.

TU ES SUPPORTER DE L'OLYMPIQUE DE MARSEILLE. POURQUOI?
J'ai de la famille à Marseille. Et puis, en 1991, j'ai vu un match au Vélodrome: OM-Montpellier avec des joueurs de légende comme Papin ou Mozer. Du grand classique, avec ces footballeurs qui ont fait l'histoire. J'ai aimé l'effervescence qui se dégage de ce stade. Le mélange est présent partout. Il y a des drapeaux de tous les pays, des gens qui viennent de plein d'endroits différents. Le Vélodrome, c'est vraiment une belle fête.
TU AS FAILLI DEVENIR FOOTBALLEUR. POURQUOI CA NE S'EST PAS FAIT?
Disons que j'ai manqué de persévérance. J'étais au centre de formation d'Arsenal et je me suis un peu blessé. On m'a quand même proposé un contrat d'un an non rémunéré. Après en avoir parlé avec mon père et mon agent, j'ai préféré rentrer en France. C'était la solution la plus saine et compréhensible.
TU LE REGRETTES ?
Oui. Si c'était à refaire, je persisterais juste pour voir si ça fonctionne. Aujourd'hui, je continue à dire que ma première passion, c'est le football . Mais je ne me plains pas. Beaucoup ne se relèvent pas de l'échec de leur carrière sportive.
TU TROUVES QUE C'EST UNE BONNE CHOSE DE PARTIR JEUNE A L'ÉTRANGER?
Aujourd'hui, les jeunes footballeurs partent de plus en tôt, contrairement à la génération de 98. Avant, on quittait l'Hexagone vers 23 ans. Zidane, il en avait 24 quand il est parti à la Juve, je crois. Vieira était à peu près la seule exception. Aujourd'hui, les footballeurs sont plus précoces et ca peut être un facteur de réussite. Même si sur le moment ça ne fonctionne pas, ça apporte beaucoup. Si Gourcuff marche aussi bien, c'est parce que son expérience au Milan AC lui a servi. Les moments de rédemption font du bien.
TU AIMES PARTICULIÈREMENT LE FOOT ANGLAIS…
Oui. Partir en Angleterre par exemple, c'est vraiment formateur: la discipline n'est pas la même, il y a un vrai amour du maillot. Et puis, la hiérarchie entre les anciens et les jeunes, on te la fait vite comprendre. Moi, je devais frotter les pompes de David Seaman. C'est une marque de respect, je trouve. Tu ne peux qu'avoir beaucoup d'humilité quand tu évolues dans ce système. Ça te rappelle que tu n'es pas encore arrivé.
QUEL TYPE DE JOUEURS APPRÉCIES-TU ?
J'aime les joueurs combatifs et hargneux qui conservent une certaine simplicité. Le foot, ça reste quelque chose de très simple. Un bon contrôle, ne pas garder le ballon pendant des mois et une passe dans le bon tempo. Des footballeurs comme Zidane et Kaka, ça n'est pas autre chose que ça. J'aime beaucoup Samir Nasri dans ce style-là aussi. Et en Ligue 1, Blaise Matuidi. Lui, c'est un futur très grand.

http://surfacemagazine.fr/?p=1015







Sefyu, de son vrai nom Youssef Soukouna, est un rappeur français d'origine sénégalaise né le 20 avril 1981 à Paris.

Résidant à Aulnay-sous-Bois (« cité des Emmaüs »), en Seine-Saint-Denis, Sefyu fait carrière dans le milieu du hip hop français au début des années 2000 après avoir tenté une carrière de footballeur.

Biographie
Sefyu a longtemps joué à haut niveau au poste d'ailier gauche[réf. nécessaire]. Il a ainsi foulé les pelouses du prestigieux centre de formation d'Arsenal (Londres). En 1998, il s'installe pendant deux mois à Londres pour effectuer des essais1. Il se blesse grièvement au genou et Arsenal le renvoie à Paris2.
Membre du groupe « NCC » (Natural Court Circuit) et du collectif « G-Huit », il s'est fait connaître en collaborant avec Rohff sur l'album La Fierté des nôtres, sorti en juin 2004.
Il collabore avec d'autres rappeurs français tels que Moystaff du bengale, Nemesis, Ritmo, ou La K-Bine (pour les albums) mais aussi Passi, Sniper ainsi que La Fouine et Daddy Lord C (pour les prestations scéniques). Sefyu a également participé aux Francofolies de La Rochelle en 2001.
En 2009, il sort un street CD intitulé Molotov 23 et mixé par Kore et Skalp.
Il cache une petite partie de son visage, son front et ses yeux, l'aidant à ne pas se faire reconnaître devant les médias. Cependant, bon nombre de photos et de vidéos le montre à visage complètement découvert, comme lorsqu'on enlève le cd de son album Qui suis-je ? par exemple.
En avril 2006, Sefyu sort son premier album Qui suis-je ? (disque d'or[réf. nécessaire]) avec 18 titres aux textes combatifs, dont La vie qui va avec. Le style particulier de Sefyu se caractérise par sa voix sombre mais surtout par ses expressions caractéristiques : « Crrr! », « Senegalo Ruskov (molotov) », « Crouille », « Ta gova », « Undercova (Undercover) » et « mister cric cric ». Sefyu laisse la parole à des chanteuses de R&B comme dans Un point c'est tout et composé avec l'aide de Zaho, Sana et Mina s'expriment tour à tour pour dénoncer le manque de respect de certains fils envers leur mère. Il multiplie ses apparitions. Humphrey sur le titre Pour mon peuple, et Krys sur Argent propre, argent sale. Il réalise aussi un featuring avec Medine intitulé « Syndrome de Stockholm » la même année.
Son titre Lettre du front,qui dénonce la guerre et la souffrance des familles, sur l'album de Kenza Farah fut produit en 2007. Le clip sorti début 2008 le révéla au public R'n'B de Kenza Farah. Sefyu réside actuellement a Aulnay-sous-Bois, ville dans laquelle il compose la plupart de ses morceaux. En parallèle à sa carrière musicale, Sefyu continue d'être employé à la Reynerie comme animateur social dans les quartiers défavorisés. Le 12 mai 2008 il sort son deuxième album Suis-je le gardien de mon frère ? qui entre numéro 1 des top albums en France dès la première semaine avec 13 362 exemplaires[réf. nécessaire]. Porté par le single Impressionnant Molotov 4. Plus tard l'album sera certifié disque d'or (112 000 exemplaires Vendu)[réf. nécessaire]
La nuit du samedi au dimanche 1er mars 2009, Sefyu remporte la victoire de la musique dans la catégorie Artiste ou groupe révélation du public.
Son troisième album studio, Oui, je le suis, est sorti le 17 octobre 2011.
Sefyu se distingue des autres rappeurs par des paroles pas toujours compréhensibles au premier abord, mais prononcées avec beaucoup d'énergie. Exemples de paroles tirées du titre Turbo : « J'suis drogué par l'aiguille d'une montre enfoncée dans le gr-a-a-as acide », « J'fais dans la livraison de gigots tes chicots sont pas précoces » ou encore « Si tu basket au camping Sefyu n'est pas un comique oh ».
Son
    •    (2011) Sefyu - L'insecurité
    •    (2011) Sefyu - Turbo
    •    (2011) Sefyu - 5 Minutes
    •    (2011) Sefyu - Mr Molotov
    •    
    •    SUITE ICI
    •    http://fr.wikipedia.org/wiki/Sefyu





Sefyu


"Avec le succès, y'a l'interview Hip-Hop Core qui va avec!" Une gimmick, un gros buzz et un phénomène ghetto qui terrorise le rap français. Sefyu est hardcore et bouffe les micros comme peu l'ont fait ces dernières années dans l'Hexagone. Résultat : un succès considérable en 2006 avec un album, "Qui Suis-Je?", violent comme un direct du droit dans l'estomac. A la manière du Booba époque Lunatic, Sefyu refuse 'strass et paillettes' et prône un retour à un rap direct et proche de la base. Entretien.
Hip-Hop Core: On sent que ton buzz de 2006 était bien préparé, avec une grosse campagne de stickers, des affiches, des concerts gratuits... Les retours ont été à la hauteur de tes espérances?

Seyfu: C'est vrai. Le buzz s'est fait grâce à toute la campagne de street-promo et le street-marketing dont s'est occupé le G8 (ndlr: le crew qui entoure Sefyu). Mais on ne se prépare jamais à ces choses-là. Aujourd'hui il faut avoir un peu d'humilité, bien resituer les choses, être entouré de personnes franches qui disent les bonnes choses en temps et en heure, comme ils le font actuellement. Et puis sinon, je gère ça en étant tout le temps avec la même équipe, en gardant la même ambition et, surtout, en gardant la même continuité. Je ne m'endors pas sur mes lauriers en me disant que c'est bon. L'album est sorti et a reçu un bon accueil, mais je ne m'en contente pas. Aujourd'hui, je me projette déjà dans le deuxième album, je suis en train d'écouter des instrus et d'y travailler. L'essentiel est d'être bien entouré, sinon on peut vite perdre la boule et se sentir dépassé.

HHC: Es-tu d'accord pour dire que ce premier album, « Qui Suis-Je? », est d'abord marquant par la violence qu'il dégage ?

S: La violence dans l'album c'est quoi? C'est la réalité. Quand j'écris un texte comme 'La Légende', qui décrit les clichés, forcement on dira que c'est violent. Pourquoi? Parce que c'est la réalité! Aujourd'hui, on a tellement tendance à se faire endormir quand il s'agit de musique avec des clips où les meufs sont en petites tenues, lingerie et strings... On nous endort, on essaie de nous faire avaler la pilule!

La réalité est violente, elle est dure, et quand on dit ces choses c'est jamais tendre. Si des gens ne veulent pas entendre ça, s'ils ne veulent pas entendre la réalité, c'est leur problème. Il y a des guerres territoriales, des gens qui meurent pour du pétrole ou pour leurs confessions religieuses, des gens qui sont au chômage par rapport à des contextes sociaux, notamment à cause de leur provenance ; s'ils viennent de telle ou telle cité, ils ne sont pas embauchés. Et c'est ça que l'on appelle 'violent'? Quand on dit clairement la vérité ?

HHC: Ton message oscille entre violence / tristesse d'un coté et union / solidarité / volonté de positiver de l'autre. C'est assez paradoxal non ?

S: L'homme est paradoxal. Certains matins, tu te lèves et t'as envie de buter tout le monde parce que tu es de mauvaise humeur. J'ai fait cet album à l'image des différentes humeurs que peut ressentir une personne. L'envie de buter tout le monde parfois et d'aimer tout le monde ou de sourire à d'autres moments. Quand on écoute un morceau comme 'En Live de la Cave', c'est vraiment ghetto, égotrip, je me lâche! Mais il y a des morceaux comme 'La Légende' où j'essaie d'être un peu plus fin, dans la réflexion. Et puis, il y a également des morceaux conceptuels comme 'La Vie Qui Va Avec'. Dans 'Noir & Blanc', je fais parler mes sentiments, comme quand tu es avec ta meuf, tu ne fais pas 'Grrrrrrr', tu es plus posé, plus tranquille. Il faut mettre chaque morceau dans son contexte en fait. J'ai fait un album humain.

HHC: As-tu conscience de l'impact que tu as sur les jeunes ados ?

S: Oui, bien sûr. J'en ai pris conscience en faisant le tour des villes de France. Je vois qu'à mes concerts il y a beaucoup de jeunes, des ados, mais aussi des gens de 25/30 ans. C'est vrai que l'influence auprès des jeunes existe, elle est visible. Je vais essayer d'en profiter pour me faire entendre.
    
HHC: C'est quand même une grosse responsabilité face à des jeunes qui sont parfois sans repères…

S: Ce n'est pas une responsabilité parce que je ne demande pas que l'on me suive. Je donne mon point de vue mais je suis sur un terrain d'échange, une confrontation d'opinion ; je suis pour le débat. Quand j'écris 'La Légende', je ne demande pas que l'on soit d'accord avec moi, mais je dénonce, je constate la réalité. Le fait qu'un noir ne puisse être qu'un rappeur ou un danseur, c'est ancré dans la tête de beaucoup de monde! Avec les jeunes, c'est vrai qu'il y a une part de responsabilité mais je me contente de donner mon point de vue et c'est ensuite à eux de cogiter. Je leur fais part de mon expérience et ensuite c'est à eux d'être curieux.

HHC: Et tu penses que des jeunes ados ont assez de recul par rapport à tout cela ? Dans tes concerts, certains pètent les plombs...

S: Après, ça dépend de leurs intentions... Si tu fais référence au concert de l'Elysée Montmartre où, à la fin, c'était assez chaud, et bien, ce n'est pas dû au public de manière générale mais plutôt à un détail. On aurait pu le continuer mais j'ai pris la décision de l'arrêter parce que j'ai vu une personne prise à partie juste pour une embrouille de vol de portable. En ayant vu ça, de manière instinctive et humaniste, et même si cela ne concernait pas tout le public, je me suis dit que je ne pouvais pas continuer le concert. Sinon 'La Vie Qui Va Avec', je ne vois pas qui ça peut exciter...

HHC: Les beats avec les bruits de flingues, c'est toi qui les as exigé ?
    
S: A la base, c'est un concept de Therapy, un concepteur / compositeurs du G8. C'est sa marque de fabrique, une manière de se démarquer. Ca veut également dire que Sefyu ne s'arrête pas, je charge et je décharge sans arrêt. C'est très métaphorique.

HHC: Tu parles des faits divers de la cité et d'une certaine façon du « code de la rue ». Tu cherches à faire passer quelle image des quartiers que tu fréquentes ?

S: J'essaie de dire qu'il n'y a pas que des casseurs. Il ne faut pas seulement garder en tête l'image des émeutes. Il y a aussi des jeunes de quartiers qui réussissent, mais on n'en parle pas assez...c'est ce que je dis dans 'Goulag' : « ne jette pas ton cartable pour abattre le fer ». C'est pour expliquer aux jeunes que l'école est une opportunité que leurs parents n'ont pas forcement eu. Il n'y a aucun intérêt à finir à l'usine, sauf si c'est une conviction personnelle. Si tu as eu l'opportunité d'aller plus loin et que tu ne l'as pas saisie, il faut te remettre en question.

HHC: Mais ce que tu dis là, ça ne ressort pas dans l'album...
    
S: Je ne l'ai pas dit sur l'album parce que c'est d'abord et surtout un album autocritique. J'ai été à la racine de l'Homme, dans ses hauts et ses bas. Dans le morceau 'Qui Suis-Je', je dis que l'Homme est à la fois l'agresseur et la victime. Chaque fois, on en apprend sur soi. Mais la réussite passe par l'école, c'est pour ça aussi que je m'adresse aux plus jeunes.

HHC: Tu dis que l'insécurité est le fond de commerce des politiques (dans le titre 'Intro'), mais ce n'est pas aussi en train de devenir le tien ?
    
S: (surpris) Par rapport à quoi ? Mon fond de commerce ? C'est le fond de commerce des politiques. Moi je dénonce, c'est tout ! Les émeutes ont surtout profité à Sarkozy, à son ministère, ça lui permet d'avoir un terrain d'expression. C'est bon pour eux, ça leur donne du boulot, des choses à dire. Ca leur permet d'effrayer un peu plus la France et ça alimente leur programme.
    
HHC: Mais cette insécurité alimente aussi tes textes, c'est donc aussi ton fond de commerce.

S: ...Oui, je parle aussi de l'insécurité. Je dénonce. Je dis que l'insécurité est un fond de commerce pour les politiques...

HHC: Ton album dégage une rage que l'on n'a plus entendu sur disque depuis des lustres, qu'est-ce qui l'a nourri ?
        
S: La réalité. Je n'invente rien. Je suis sincère. Que je sois dur ou plus sentimental comme sur 'Noir & Blanc', je dis vraiment ce que je pense. J'explique que j'ai grandi avec des blancs, des personnes d'autres couleurs que moi. Ca me semblait important de le dire. Des amis blancs avaient des parents qui ne m'appréciaient pas trop parce que j'étais d'une couleur différente et inversement. J'avais des oncles qui venaient du bled et qui ne comprenaient pas que j'ai des amis blancs. Mais nous, en tant que jeunes, on s'en battait les couilles! C'est pour ça que j'ai gratté le morceau 'Noir & Blanc'. Aujourd'hui, on est une génération qui sait qu'elle peut être de couleurs différentes mais être de la même nationalité. A l'image des States en fait. Ma rage dans l'album, elle explore les extrêmes, aussi bien des sentiments humains que des phénomènes de société.

HHC: Entre ton flow percutant et les instrus du même acabit, on a une vraie unité. Comment s'est construit le mélange ?

S: J'aime les atmosphères austères et intenses, avec des orgues par exemple. Je joue de ça. L'instru m'inspire beaucoup même si parfois j'ai déjà des thèmes en tête. Mais j'aime les sons qui ont une vraie intensité dramatique.

HHC: Il y a des sons sur lesquelles tu ne pourrais pas poser ?
    
S: Je peux poser sur tout ! J'ai posé sur du dancehall, sur tous types de riddim. Mais sur l'album j'étais vraiment sur le terrain que j'aime. Dans la vie il faut arriver avec une carte d'identité qui te représente clairement. Cet album, c'est 24 ans de réflexion, il fallait tout lâcher !

HHC: Aujourd'hui il y a une génération qui pousse fort avec un rap toujours plus 'ghetto'. C'est pour répondre à une demande ?
    
S: Je ne parle pas pour les autres. L'atmosphère que je dégage maintenant n'était pas du tout tendance à la base. Je suis arrivé dans un climat de rap 'bling-bling' avec mon délire très 'ghetto'. Ce genre de rap commence à revenir. Je ne sais pas si c'est moi qui l'ai ramené à la surface, c'est plus à vous de juger ce genre de truc. Quand tu taffes, t'es vraiment dans un cocon, dans ta bulle. Cet album, je l'ai fait sans trop regarder autour de moi, j'ai juste fait ce que je voulais faire. Les gens avaient besoin de sincérité, et moi, j'ai été sincère. Ca prouve que le public aime les artistes sincères, qui disent ce qu'ils pensent. 

Aujourd'hui si des artistes suivent, j'espère que ce n'est pas une tendance. Ce qui est tendance ne dure pas, il faut surtout être sincère dans sa démarche. Si on fait du Dirty South pour être tendance ça ne sert à rien. Il faut aimer le Dirty South, être Dirty South, vivre Dirty South. Lil'Wayne et les mecs qui font ça, ils vivent, ils mangent Dirty South ! Quand j'écris mes textes, je les vis complètement. Je n'ai rien anticipé. Si demain l'envie me prend d'écrire des poèmes, je le ferai !

HHC: Rassure nous, en ce moment, ce n'est pas la cas ?

S: Non, c'est pas le cas! J'ai encore beaucoup de choses à dire, et derrière tout ça, il y a beaucoup de réflexion, je réfléchis vraiment. Quand je réécoute, je me dis parfois que j'aurais dû aborder certains thèmes différemment… mais j'apprends.

HHC: Au top! Combien de disques vendus ?

S: (rire) Non, pas au top, mais à un niveau...

HHC: Disque de platine?...

S: (gêné) Je ne sais pas, peut-être...

HHC: J'ai entendu parler d'un projet avec le californien Subtitle et Rockin'Squat d'Assassin. Qu'en est-il exactement ?
        
S: Un featuring avec un américain ? C'est encore une légende. Je n'ai pas prévu de faire quelque chose avec un américain, ni avec Rockin'Squat même si c'est un artiste légendaire.
        
HHC: A la fin du morceau 'Biff', on peut entendre 'The Delta Blue' de Robert Johnson. Pourquoi avoir laissé ce titre tourner ?
    
S: C'est purement artistique. Sur tout le morceau, on entend la boucle, la voix. Du coup, j'ai laissé le sample tourner jusqu'à la fin. Le blues, c'est aussi une musique qui me parle. J'écoute aussi beaucoup Sam Cooke, un autre artiste blues, et aussi du jazz. De la musique à l'ancienne.

HHC: Et en rap US, t'écoutes quoi ?

S: J'aime beaucoup Keith Murray , Gangstarr, Shabazz The Disciple, Lords Of The Underground et les artistes de New-York, de Brooklyn de cette période. Le gros son quoi !
    
HHC: Tu t'exprimes parfois en Russe sur l'album, pourquoi ?
        
S: Ca vient du concept Sénégalo-Ruskov… Parce que j'ai un style Molotov, corrosif, tu vois ce que je veux dire ? C'est conceptuel. Sénégalo c'est parce que je suis Sénégalais d'origine. Je ne suis pas de nationalité Russe, du moins pas encore (sourire) et je ne suis pas, non plus, métissé Russe/Sénégalais comme certains ont pu le dire. C'est un délire, mais en même temps il y a des similitudes entre la Russie et l'Afrique, notamment le climat super chaud / super froid. Plus il fait froid, plus on est pauvre. Même chose avec la chaleur. Et plus le climat est doux, mieux on se porte. Donc voilà, c'est aussi pour ce genre de similitudes.

HHC: Si tu avais percé dans le foot (ndlr: Sefyu est passé par le centre de formation d'Arsenal), avec le salaire qui va avec, tu aurais quand même fait quelque chose dans le rap ?
       
S: J'aurais peut-être continué à écrire, mais le foot aurait pris trop de place. Donc je pense que je n'aurais pas pu continuer à rapper.
    
HHC: Pourquoi tu caches ton visage ?

S: C'est un choix, pas un concept. Je l'ai fait car, à mon avis, les médias n'en font pas assez pour les artistes peu connus du grand public. Il y a beaucoup de négligences, car si on n'est pas pote avec untel ou que l'on ne vient pas de la part d'un mec connu on ne te calcule même pas. Dans le rap français, on a beaucoup négligé le talent et les médias ont préféré se concentrer sur l'image. Moi, j'ai surtout voulu me concentrer sur la musique, faire parler ma musique avant l'image, ne pas mettre la charrue avant les bœufs.

HHC: Tu vas continuer à te cacher ?
        
S: Oui, toujours fidèle à ce choix.
    
HHC: Pourtant, à la télé notamment, tu apparais à visage découvert…

S: Oui, car lorsqu'il s'agit de sujets importants tels que les jeunes ou les élections c'est le citoyen qui parle. Après, être dans des magazines qui ne peuvent avoir de l'influence qu'en prônant la beauté de l'image et les 'm'as-tu vu', ça ne m'intéresse pas. Je suis juste là avec ma casquette New-York baissé et un beau polo.
    
HHC: On a vu ton engagement pour que les jeunes votent, tu soutiens un parti en particulier?

S: Je ne soutiens personne. La politique c'est du business. Je soutiens seulement les citoyens français, et je leur dis d'aller voter. C'est tout. Votez bien, faites votre devoir de citoyen.
    
HHC: Au début de l'entretien, tu parlais d'un deuxième album. Où en sont ces projets ?
    
S: Je suis dans une phase de réflexion pour le second album. J'écoute beaucoup d'instrus, j'ai commencé à rassembler des thèmes. Je vais bientôt rentrer en studio, je n'ai pas encore fixé de date mais ça arrivera vite. Les autres projets, c'est le street album de RR du G8, celui de mon groupe NCC, une tournée et d'autres surprises. Donc restez à l'écoute car il va y avoir une suite explosive... qui va avec!
    
HHC: En parlant de tournée, la plupart de tes concerts ont lieu dans des petites salles de banlieue alors que tu as les moyens de remplir des endroits bien plus grands...

S: C'est pour rencontrer le public de base, celui qui m'a toujours soutenu. Ceux qui te soutiennent, c'est ceux qui n'ont rien. Arrivé à un moment, on commence à s'embourgeoiser. Par exemple, faire des interviews dans un hôtel ici, alors qu'il y a deux ans tu serais venu à la cité pour la faire sur la table de ping-pong, en plein air! Et puis à un moment, il faut rendre au public ce qu'il t'a donné. C'est eux qui font ton buzz, qui parlent. Le vrai média, c'est eux, le public. Il y a le bouche-à-oreille, ceux qui vont conseiller à leur pote d'écouter l'album. C'est pour cela que je vais déjà à leur rencontre avant d'aller à la rencontre des autres. Leur donner l'opportunité de venir à mes concerts gratu

HHC: Tu vises qui dans le titre 'Tu n'valais pas mieux' ?

S: C'est une fiction. C'est pour les mecs qui oublient tout avec le succès, ceux qui commencent à péter les plombs. Les mecs qui oublient d'où ils viennent, leur quartier, leurs origines. Ce n'est pas une personne en particulier mais un ensemble de gens. C'est pour les personnes qui se sentent visées justement.

HHC: Sefyu, c'est quoi l'origine de ce pseudo ?
    
S: C'est pour Youssef, Sef-Yu.

HHC: Ah ouais, forcement... un dernier mot ?

S: Posez-vous la question: « Qui Suis-je ?»

Propos recueillis par MC23
Questions par MC23, Checkspire et Bachir
Février 2007

http://www.hiphopcore.net/interviews/109-sefyu.html















    


24/11/2012
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Ces blogs de Photo & Vidéo pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 2 autres membres