Alain YVER

Alain YVER

SPACE INVADER (partie 2)

SPACE INVADER






28 avril 2011
Space Invader arrêté à Los Angeles pour vandalisme
Par CLÉMENT GHYS
 
Le street artist aurait été interpellé après avoir été surpris en train d'installer l'un de ses célèbres personnages.

Selon le Los Angeles Times, l'artiste français Space Invader aurait été interpellé par la police de Los Angeles vendredi 22 avril. Connu pour ses mosaïques aux motifs de jeux vidéos installées dans le monde entier, le street artist, qui est toujours resté anonyme, aurait été arrêté pour «vandalisme», en train d'installer une œuvre avec du ciment et quelques carreaux dans le quartier de Little Tokyo, près du Musée d'Art contemporain de Los Angeles, le MOCA. Il était accompagné d'un autre Français. Ils ont été relâchés et la police continue son enquête, le Los Angeles Times estimant que d'autres «invasions» de l'artiste ayant été repérées dans la ville.

Ironiquement, le même Space Invader est actuellement exposé au MOCA, dans le cadre de l'exposition Art in the Streets, qui fait événement aux Etats-Unis, s'agissant de la première entrée du street-art dans un musée prestigieux. A cette occasion, Space Invader a créé une œuvre Map of the Blue Invasion, un plan du musée californien avec l'emplacement de ses mosaïques. Le terme «Blue» fait très probablement référence à un autre street-artist, Blu, qui avait créé une peinture murale face au musée dénonçant la guerre et qui avait été effacée quelques semaines avant l'ouverture de Art in the Streets.

Space Invader est né en 1969. Depuis plus de 10 ans, il aurait posé entre 2000 et 3000 de ses mosaïques qui rappellent l'esthétique des jeux vidéo des années soixante-dix et quatre-vingt. Du 7 juin au 2 juillet 2011, à la Générale à Paris, une exposition sera organisée pour célébrer la pose du millième personnage pixelisé à Paris.










Expo d'Invaders,
l'artiste à l'origine des Space Invaders qui décorent nos rues.


http://ungarsordinaire.com/2011/06/expo-dinvaders-lartiste-a-lorigine-des-space-invaders-qui-decorent-nos-rues/

Vous avez forcément déjà croisé une de ces oeuvres dans la rue, à un croisement et à 3 mètres de hauteur. Invaders est l'artiste à l'origine des Spaces Invaders qui décorent nos rues depuis maintenant près de 15 ans. A l'occasion de son 1000 SI (Space Invaders) posé à Paris, vous avez actuellement et jusqu'au 2 Juillet 2011 la possibilité de voir une de ses expos à la Générale dans le XI arrondissement de Paris. Une expo plus que bienvenue car bon nombre des nouvelles oeuvres de l'artiste n'avait pas encore foulé le sol français.Voici donc sa nouvelle collection, nommée Rubikcubisme. Comme son nom le laisse deviner, ces oeuvres ne sont plus en carreaux de mosaïque mais en Rubikcubes (Oui oui). Les photos sont dans la suite !

Quelques points interessants: tout d'abord, il agit seul et toujours dans l'anonymat. On peut bien évidemment imaginer que parmi ses nombreux fans, des SI « non authentiques » aient été posés mais le concept en lui-même reste propre à cet artiste. L'origine est bien entendu relié au jeux-vidéo Space Invaders, sorti en 1978 au Japon. Son projet se nomme « Invasion » en rapport avec la propagation de ses oeuvres dans le monde.








Space Invaders in Paris
25 juillet 2010 |  by Aurélien MICHAUD  |  Art urbain

http://www.urbamedia.com/space-invaders-in-paris

Tokyo – 1978 – Taito réalise le jeu Space Invaders qui met en scène des créatures de l'espace qu'il faut empêcher d'atterrir. Sa musique binaire et son rendu pixelisé lui feront connaître un succès sans précédent qui entrainera même une rupture de pièces de 100 yens. L'invasion des écrans du monde entier commence.

Vingt ans plus tard, en 1998, un artiste français qui se fait tout simplement appeler « Invader » décide de propager le virus à l'échelle de nos villes. Aujourd'hui, elles sont 27 au total a avoir été envahie par l'artiste, Paris étant la première de toutes avec ses 800 mosaïques fièrement installées aux angles des rues de la capitale française.

La démarche de l'artiste est à la fois simple et gigantesque : Produire des mosaïques plus ou moins grandes, différentes à chaque fois et uniquement inspirée de jeux vidéos classiques (Space Invaders, Doom, Mario, Puzzle bubble, Donkey Kong…). Pré-assemblées dans son atelier au moyen de carreaux de faïence ou morceaux de carrelage multicolores, les oeuvres sont ensuite définitivement mises en place à proximité de lieux stratégiques largement fréquentés. Les critère déterminants sont d'ordre photogénique (l'artiste immortalise chaque mosaïque par deux clichés : Une vue générale et un gros plan), architectural, symbolique et topographique.

Chaque ville envahie est cartographiée au fur et à mesure grâce à des relevés précis : Numérotation, adresse, date, position, nombre de points attribués. Un guide richement illustré sur l'invasion de Paris a par ailleurs été publié en 2003 et réédité en 2009 par l'Unité Centrale. Il recense 504 mosaïques, réparties à travers les 20 arrondissements parisiens.







03.10.2011
Space Invader,
artiste contemporain français le plus populaire sur le Net en 2011


self-portrait_2006-space-invader.jpgLa 1ère édition du Grand Prix de l'eRéputation 2011 a consacré Space Invader, artiste contemporain français le plus présent sur la Toile en France et dans le monde. Avec près de 5 000 mosaïques installés dans les rues des villes qu'il envahit depuis plus de 10 ans, le leader du street art, 42 ans, s'est fait connaître dans le monde entier. En juin, cet ancien étudiant des Beaux-Arts de Paris a posé son 1000e space invader dans Paris. Rubikcubisme, Speed Ball machine, installations et stickers… l'artiste, toujours masqué et insaisissable, a de nombreuses autres facettes à son art.

Alexia Guggémos : Les internautes manifestent une vraie Invadermania en photographiant vos oeuvres partout dans le monde. Qu'est-ce que cela vous inspire ?

Invader : C'est plutôt encourageant ! D'autant que je n'ai jamais imaginé que cela pourrait arriver un jour car, lorsque j'ai débuté ce projet de 1989, les appareils numériques et les sites de partage de photos n'existaient pas. La technologie a accéléré ce processus : les grandes villes sont devenues le théâtre de nouveaux safaris photos pour qui sait être un peu observateur. Je trouve cela formidable ! Grâce aux internautes, je peux suivre l'évolution de mes pièces aux quatre coins du monde.

Les internautes cherchent-ils à entrer en contact avec vous, via votre site ou un réseau social comme Facebook par exemple ? Et cherchez-vous à communiquer avec eux ?

Cela arrive assez fréquemment. Pendant longtemps, j'ai tenu à répondre personnellement à chaque e-mail reçu. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Je n'ai hélas plus assez de temps pour le faire et je le regrette. J'aime ce contact avec ceux qui manifestent de l'intérêt pour mon travail.

Comment expliquez-vous être classé premier artiste français et 27e mondial, et seulement 11 624e selon le site Artfacts.net qui répertorie le nombre d'expositions par artiste chaque année dans le monde ?

Je le reconnais, ce n'est pas génial ! C'est même très peu pour un artiste aussi prolifique que moi. Disons que ce classement ne correspond pas au type de travail que je réalise. Je n'entre pas en contact avec le public par des expositions, mais je vais directement à sa rencontre, au coin des rues. Mes œuvres sont vues par des millions de gens, le plus souvent par hasard, mais beaucoup désormais les recherchent. C'est devenu une sorte de jeu. Alors, effectivement, je ne suis pas un artiste de galerie ou de musée.

Cette approche pour juger de la cote de l'artiste vous semble-t-elle obsolète ?

Bien entendu, ce n'est pas au nombre d'expositions qu'il faut juger un artiste ! Seul 10% de mon travail termine en galerie, et 90% sont destinées à la rue. Comme dans la vie courante, Internet va prendre une place de plus en plus importante et incontournable dans la vie des artistes. Et les classements devront s'y adapter.








000 Space Invaders in Paris

Du 7 juin au 2 juillet 2011, Invader, street artist français, fait l'objet d'une grande exposition à la Générale, galerie du XIe arrondissement parisien.

L'exposition intitulée 1000 fait référence au nombre de mosaïques installées par cet artiste dans la capitale française. La 1000e œuvre sera d'ailleurs posée le 6 juin sur un mur de la Générale. Cela fait plus de 10 ans que cet artiste, qui souhaite garder l'anonymat, colore Paris de ces mini-mosaïques représentant les Space invaders, personnages pixelisés du jeu vidéo de la fin des années 70.
A vous de les trouver dans Paris :)

A vous de trouver les autres Invaders dans Paris

Si Paris est le terrain de jeu favori d'Invader, plus de 70 villes dans le monde affichent ses compositions de petits carreaux. Londres, New York, Tokyo mais aussi Mombasa et Katmandou, l'artiste est un grand voyageur mais aussi un joueur dans l'âme. Ainsi, pour chaque Alien coloré posé dans une métropole, il s'accorde un score allant de 10 à 50 points selon la taille et l'emplacement de la mosaïque. Méthodique, pour chaque Space invader placé, il réalise un alias en amont dans son atelier et n'oublie pas de photographier sous toutes les coutures l'objet de son forfait.

Ludique, l'exposition vous fait entrer littéralement dans l'univers d'Invader et les différents aspects de son travail (Rubikcubisme, Speedball Machine, Stickers). Et pour ceux qui aiment les balades, partez à la découverte des 999 Space invaders parisiens. L'artiste est sympa, il a prévu un plan de Paris annoté.

http://zeilloc.fr/blog/2011/06/1000-space-invaders-paris/







Space Invader (Art urbain)
09 juil. 2004
Space Invader a envahi Paris avec ses petites mosaï;ques. En général stratège, il a transformé les murs de nos cités en véritable écran vidéo; en bon tacticien-cartographe, il a transformé ses champs de bataille en cadastre. Ses pixels en mosaï;que font le lien entre l'Antiquité et notre monde virtuel.

Par Pierre-Évariste Douaire

Interview
Par Pierre-Évariste Douaire

paris-art.com ouvre ses colonnes à une longue série d'interviews consacrée aux artistes urbains. La succession des portraits permettra de découvrir les visages et les pratiques de ces artistes qui transforment la ville en galerie à ciel ouvert.

Space Invader propose un art urbain calqué sur celui des traités militaires. Soldat solitaire d'une armée dont il est l'unique fantassin, c'est en franc-tireur qu'il intervient dans nos villes. Son art de la guerre s'apparente à de la guérilla urbaine. Ses attaques sont pourtant pacifistes, elles se résument à coller des mosaï;ques sur les murs de nos cités. Les Space Invaders sont les aliens des premières consoles de jeux vidéo que l'on peut croiser un peu partout dans nos promenades.
Les grands boulevards de Paris ou les artères de Los Angeles deviennent alors les circuits imprimés d'un jeu de rôle qui prend des dimensions planétaires. L'invasion est un mode d'action artistique autant qu'un mode de vie. Après la publication de cartes d'état major, Invasion de Paris est le premier livre édité par Space Invader, il revient sur ses premières invasions de la capitale.

Pierre-Évariste Douaire. Tu as commencé ton invasion de Paris avec des mosaï;ques en 1998, six ans plus tard cela donne ton livre Invasion de Paris, ta mission est accomplie ?
Space Invader. Non, ce livre serait plutôt un compte rendu de l'invasion parisienne. Il est sous-titré « La Genèse » et chronique les 500 premiers Space Invaders réalisés dans la capitale. Il apporte également pour la première fois une vision globale du projet. Un Space Invader que l'on croise n'est pas une simple mosaï;que placée là mais l'élément d'un réseau.

Comment s'est passée la publication de ce livre, tu es allé jusqu'en Thaï;lande pour le faire imprimer, est-ce que ça a été une aventure ?
Non pas en Thaï;lande mais au Bangladesh, je crois qu'il s'agit du premier livre qui a été imprimé là-bas (sur des machines allemandes des années 1960 !). Ça a été une vraie croisade en effet, mais je suis satisfait du résultat. Il s'agit d'un pur livre d'artiste, dans le sens où je l'ai réalisé de A à Z, ça se ressent car il est très brut. En fait il s'agit du premier titre d'une collection, le suivant porte sur l'invasion de Los Angeles. L'idée est de détourner les guides traditionnels, chaque titre racontant l'invasion d'une ville. Ils présentent des archives jusque-là tenues secrètes...

Les Space Invaders ont été créés en 1978 au Japon, ce sont des petits aliens, des étrangers qu'il faut combattre, ils apparaissent dans la fin de la guerre froide traversée par la peur du danger nucléaire. Comment intègres-tu cette dimension dans ton travail aujourd'hui ? Es-tu en guerre ?
Non je ne suis pas en guerre. Je suis dans une logique épidémique planétaire. Ces « petits aliens » ont été créés pendant la guerre froide c'est vrai mais aussi avec les premiers ordinateurs, j'aime cette rudimentarité technologique. Cela fait ressortir l'élément fondateur de toute image numérique : le pixel.

D'autres artistes ont pris la ville comme champs de bataille, je pense aux pochoirs de petits soldats de The Art of Urban Warfare, sont-ils dans ta lignée ou dans ta ligne de mire ?
Ces petits soldats sont apparus il n'y a pas si longtemps. J'aime l'idée que mon projet puisse être une source d'inspiration pour de futures générations. Debord disait « les arts du futur seront des bouleversements de situations ». Cela fait déjà longtemps que je songe à amener ce projet vers une dimension collective, je vous en reparlerai au moment venu ...

Ton invasion est ludique, mais c'est aussi une violation de territoire ?
Oui il y a cette idée, mais je la qualifierais plutôt d'infiltration de territoire. C'est aussi un coté ambigu que je cultive. Les Space Invaders sont marginaux et ludiques, ils prolifèrent de manière pacifiste.

Tu aimes te définir comme un « envahisseur d'espace », ton appropriation peut être physique, topographique, géographique, cartographique, médiatique, je trouve que tu es à la croisée entre l'art contemporain et la scène graffiti, ce sont deux modèles que tu revendiques ? Quels sont tes rapports avec ces deux courants ?
Ma vie est étroitement liée à l'art, je ne la conçois pas autrement et c'est ce qui m'a mené aux Space Invaders. Les Space Invaders m'ont ensuite amené à découvrir la scène et la culture graffiti. Il y a des choses très intéressantes dans cette culture. J'aime l'idée d'engagement total que suppose le graffiti, c'est quelque chose de très intense que ...

je ressens également à mon niveau, c'est une mission que l'on vit de manière solitaire et totale. Ce projet demandait un investissement total et je lui ai donné, je lui donne toujours car il n'est pas arrivé à son terme.

Les artistes du Land Art et les artistes conceptuels sont très importants pour moi, car ils décontextualisent et dématérialisent l'œuvre d'art, es-tu dans ce prolongement avec tes mosaï;ques ?
Oui bien sûr, je m'inscris dans une continuité et ces deux mouvements sont importants. En même temps je ne m'en suis pas directement inspirés. Bizarrement les Land artistes ont peu travaillé en milieu urbain (à quelques exceptions près comme Gordon Matta Clarck ou Christo).

Dan Graham, Yves Klein, Daniel Buren, Fred Forest, ont utilisé le journal comme matériau et comme support, est-ce que ton invasion passe par l'édition ?
L'édition m'intéresse autant comme support potentiel d'invasion que comme médium. J'aime les artistes qui ont édité leurs propres livres ou qui y ont apporté un soin particulier. Tu aurais d'ailleurs pu citer Warhol, Sophie Calle, Claude Closky ou Damien Hirst également !

Si on change le terme belliqueux « invasion », par le terme médical d'épidémie, on passe du virus informatique au V.I.H., ton personnage de console vidéo est-il aussi biologique ?
Non pas réellement. Mon champ d'investigation serait plus technologique que biologique.

Je n'associe pas ton personnage au sida, mais il y a cette idée de propagation, il y a cette attaque du corps de la ville. Le Space Invader ressemble à une cellule, mais est-elle contaminée ou contaminante ?
Contaminante, plutôt à la manière d'un virus informatique, qui utilise un système réseau pour se propager. À une époque j'enregistrais des images subliminales de Space Invaders sur les cassettes vidéo que je louais au vidéoclub de mon quartier.

Independance Day est un film intéressant, car il correspond à un moment où les États-Unis n'avaient plus d'ennemis, l'ennemi il fallait le chercher dans l'espace, est-ce que ton invasion d'Hollywood est à prendre au deuxième degré, comme Mars Attack de Tim Burton ?
Lors de ma première invasion de Los Angeles, je me suis dit qu'il me fallait tenter une opération sur le signe Hollywood. Je m'y suis donc rendu le 31/12/1999 pour y poser « le bug de l'an 2000 », un Space Invader sur la lettre « D ». Depuis ce jour c'est devenu un rituel, à chaque nouveau voyage à L.A. j'envahis une ou plusieurs lettres. Ce qui est fantastique c'est que le site est protégé et interdit d'accès, ce qui a pour conséquence que les Space Invaders tiennent. Je suis en train de réunir ces images pour le prochain guide d'invasion : L'Invasion Los Angeles, l'histoire d'Hollywood.

La mosaï;que est proche des murs, il y a un côté rupestre dans ton travail, es-tu d'accord ?
Oui c'est vrai que le mur est le support idéal pour l'emploi de mosaï;que. Et puis il y a cet effet de fossilisation par lequel la mosaï;que devient une partie du mur et de son histoire.

A l'inverse de la bombe aérosol, qui maintient à distance, et de l'affiche qui pose un voile sur le mur, tes mosaï;ques ont à voir avec la fresque. Cette peinture à même le mur est considérée comme de la sculpture pour certains, car l'erreur n'est pas permise, les pigments rentrent directement dans la pierre, on ne peut effacer ce que l'on peint, veux-tu réagir sur cette comparaison ?
Ce qui est sûr, c'est que contrairement à l'affiche ou à la peinture, la mosaï;que a ce côté inaltérable. Au XVe siècle, dans les églises, beaucoup de peintures religieuses étaient remplacées par des céramiques pour mieux résister aux diverses intempéries.

J'associe ton travail à la grotte préhistorique, aux graffitis de Brassaï;, aux jeux vidéo évidemment, mais j'aime particulièrement ton travail de cartographe, je le trouve très important, peux-tu nous parler du besoin de faire appel à la carte ?
Les cartes me permettent de faire le lien entre un infiniment petit (le pixel, le Space Invader) et un infiniment grand (les villes, la planète). Elles représentent aussi une idée d'errance. J'utilise personnellement des cartes pour mieux quadriller les villes que j'envahis, c'est un aller-retour permanent du terrain à sa représentation. Cela donne également un forme à chaque invasion avec la ville comme terrain et les Space Invaders comme constellation. Je travaille actuellement sur la 13e carte, elle s'intitule : United Invasion of Manchester. Chaque carte que je réalise possède son propre style, et ses propres codes. Chaque carte raconte une histoire, elle a sa propre esthétique, elle donne à lire beaucoup de choses...

Dans les peintures de Vermeer et ...d'Holbein on peut voir des cartes, mais c'est véritablement avec le Land Art qu'elles ont pris toute leur dimension, vas-tu poursuivre dans cette direction ?
Bien sûr, ces cartes sont indissociables du projet. Je n'en ai édité que 12 mais j'en possède personnellement 28 : une carte pour chaque ville que j'ai envahie, avec le positionnement de chaque intervention.

En 2003 la galerie Magda Danysz te consacrait une expo personnelle, comment se passe le passage de la rue à la galerie ? Te sens-tu obligé de faire autre chose ?
Cela suppose une certaine adaptation bien sûr, mais je pense qu'un bon artiste in situ est un bon artiste tout court. (et vice-versa !)

La vraie place de tes personnages ce n'est pas la rue ?
???

Tes tableaux en mosaï;que, comme Pac Man ou Pong, font la jonction entre ton travail en extérieur et tes préoccupations picturales ? Oui, ces jeux correspondent à une époque où les jeux vidéo étaient très intéressants car les machines n'étaient pas assez performantes pour créer des rendus hyperréalistes (voire même réalistes!). Cela générait donc une esthétique minimale et conceptuelle comme le labyrinthe et les créatures de Pac Man, les lignes colorées du casse brique, les bloc de pixels d'Asteroï;d, ou encore les rangées de Space Invaders.... J'aime cette esthétique, et du fait de leur basse résolution je peux les réaliser en carrelage.
La galerie me permet dans ce cas de réaliser des "tableaux-pixel" beaucoup plus complexes que les mosaï;ques posées dans les rues. Cette série sur le thème des premiers jeux vidéo m'est apparue comme incontournable, il fallait que je la fasse.

Ces tableaux sont la synthèse des écrans vidéo, les jeux préhistoriques de notre enfance, de la carte et du labyrinthe ?
La carte et le labyrinthe, oui, précisément. Ce sont deux thèmes qui me sont chers, la ville comme labyrinthe et la carte pour s'y repérer.

Je sais que tu demandes à un photographe de te suivre, quel est ton rapport à la photographie ? Ce sont des documents ?
La photographie est très présente dans mon travail car c'est le moyen le plus sûr de garder la trace d'interventions illégales. J'ai fait appel à un photographe pour photographier chaque Space Invader réalisé. Un gros plan et un plan large. J'en ai fait beaucoup moi-même, mais cela me ralentissait. Ceci dit je suis assez photophage, depuis des années j'ai constamment un appareil en poche. Ces photos sont à mes yeux autant des œuvres que des documents.

Pourrais-tu envisager une exposition de photographies ?
Absolument, oui.

Les jeux vidéo sont des contes initiatiques, il faut passer des niveaux, ce sont également des labyrinthes dont il faut sortir, fais-tu la même lecture de la ville, est-elle ce dédale ?
L'Invasion d'une nouvelle ville est une expérience qui suppose de la parcourir, de s'y perdre, de comprendre son fonctionnement. C'est une sorte de dérive situationniste. Et puis il y a cette idée de laisser la trace de son errance : j'étais là et j'ai fait ça.








L'artiste urbain français surnommé Invader et son projet artistique.
mercredi 26 octobre 2011 par 3B L. Ninon

L'artiste français resté secret, surnommé Invader, est connu depuis la fin des années 90 pour sa pratique du Street Art (littéralement : art de rue [1]) en posant ses mosaïques représentant des personnages du jeu vidéo Space Invaders partout dans le monde.
Navigation rapide


Tout d'abord, qu'est-ce que le Street Art ?

Le Street Art c'est un art de la rue qui regroupe diverses techniques : le graffiti, la tag, le pochoir, la mosaïque... Le Street Art s'est développé à la fin des années 70 à New York grâce au hip-hop.
Beaucoup de personnes souhaitant se faire connaître dans ce milieu là se mettent à signer leur nom sur les murs avec une calligraphie inhabituelle, le tag, pour se faire remarquer. Cette technique se propage en Europe et ce nouveau style d'écriture donne naissance à de nouvelles idées, techniques, de nouveaux principes, un nouvel art.

L'artiste Invader reste toujours secret lors de ses apparitions, il apparaît le visage masqué ou pixelisé, afin de pouvoir coller ses mosaïques en toute clandestinité. En effet l'artiste a placé des Space Invaders un peu partout dans le monde, principalement dans des sites très fréquentés comme les capitales ou des lieux connus, mais aussi dans des lieux plus reculés.
Il n'a pas forcément l'autorisation des propriétaires et s'aventure sur des sites interdits, comme sur les lettres de « Hollywood » à Los Angeles, ce qui lui vaut parfois des nuits dans des postes de police.
Ces mosaïques sont issues du jeu vidéo Space Invaders devenu célèbre en 1980. Comme la technologie de cette époque n'était pas aussi performante que maintenant les images étaient très pixelisées donc faciles à reproduire en mosaïque.

L'artiste a eu l'idée de poser des mosaïques dans les villes du monde entier. Le principe de son projet est « d'envahir le monde », tel un jeu, de ses créations : chaque Space Invader posé rapporte des points à la ville envahie en fonction de sa taille, son poids, son emplacement etc.
Son premier Space Invader a été posé au milieu des années 1990 dans une ruelle près de la Bastille, le second un peu plus tard en 1998 c'est à partir de ce moment qu'a vraiment commencé « l'invasion », ou « la prolifération » comme se plaît à dire l'artiste.
En juin 2011 il estime qu'au moins 77 villes ont été touchées soit 2692 Space Invaders et déclare : « Certains prétendent que je suis un pollueur d'autres que je suis un artiste. Personnellement je me considère comme un envahisseur ! ».

Chaque Space Invader est enregistré dans une base de données où apparaissent : la date de sa pose, son emplacement et le nombre de points attribués. Ces informations sont réunies dans une collection de livres dont chaque tome retrace l'histoire de l'invasion d'une ville (Paris et Los Angeles sont les premiers volumes). Mais des cartes d'invasions ont aussi été éditées. Il participe aussi à des expositions depuis 2000, comme celle de la Galerie Madga Danysz à Paris en 2003 mais aussi dans beaucoup d'autres pays.
Un Space Invader représente un personnage du jeu très connu du même nom, en mosaïque. Les Space Invaders ont des tailles, des formes, des couleurs et des emplacements différents, l'artiste a décliné les modèles originaux en de multiples façons.

L'artiste a réussi à pratiquer son Street Art partout dans le monde : 77 villes touchées, 2692 Space Invaders posés, 19 cartes d'invasions éditées, 6 tours du monde et 22 nuits au poste de police. Son score est de : 82623 mais il continue car son but est d'atteindre un score maximum.
L'aventure continue car l'artiste a développé son style, il continue l'invasion mais a commencé un nouveau projet en 2005 : Le Rubik's Cube où il utilise des rubik's cubes pour représenter des peintures et des sculptures.

Personnellement j'aime beaucoup ce projet même si j'estime que l'artiste ne doit pas détériorer les monuments historiques, ce qu'il n'a pas fait. En effet ce projet est intéressant car on découvre chaque semaine une nouvelle mosaïque et même lorsqu'on voyage on peut tomber sur une création de cet artiste, c'est comme ça que je l'ai découvert. De plus la fantaisie de son projet et le mystère qu'il entretient autour de son identité nous poussent à suivre encore plus ses faits et gestes afin d'en savoir d'avantage à son sujet.







Présentation:

Space Invader sévit dans le plus grand anonymat « au tout début par sécurité puis par jeu » depuis les années 1990 en commençant par sa ville natale Paris. Pour reprendre les mots de l'artiste, il s'agit alors en « éclaireur », telle une « sentinelle ». Ce n'est qu'en 1998 qu' Invader a « actionne le programme », commence réellement « l'invasion », la « prolifération ». A partir de 1998 il envahit les villes du monde entier avec ses mosaïques, inspirées de Space Invaders et autres jeux vidéo de l'époque fin 1970 pré-1980. Invader sème ses mosaïques dans les villes du monde entier, incognito, car l'artiste français ne souhaite pas se démasquer... Londres, Los Angeles, Tokyo, New York, Bangkok, etc. « Tout a commencé le jour où j'ai posé un premier space invader dans une ruelle parisienne. C'était une sentinelle car il est resté seul quelques années. C'est véritablement en 1998 que l'invasion a commencé, que j'ai actionné le programme. Space Invader ... J'ai gardé le nom du jeu comme pseudonyme car c'est là une parfaite définition de mon travail. Je suis un envahisseur d'espace. C'est très binaire. ». Le lien de Space Invader avec la culture du street art n'est a priori pas évident. Il découvre la scène graffiti après avoir commencé ses activités. Comme il le dit « j'y ai trouvé un grande énergie et vivacité, une famille aussi. Il y a déjà toute une histoire avec divers mouvements et écoles. J'en conserve quelques amis et quelques références intéressantes. » Du fait de son originalité il est cependant finalement accueillit par la scène du graffiti et intègre la culture du street art.
L'œuvre proliférante de Space Invader est un processus qui s'est mis en place au fur et à mesure. Ainsi les villes qu'il a envahit vont d'Aix-en-Provence, Amsterdam, Antibes, Anvers, Avignon, Bangkok, Barcelone, Bastia, Berlin, Berne, Bilbao, Bordeaux, Cannes, Clermont-Ferrand, Dhâkâ, Genève, Grenoble, Hong Kong, Istanbul, Katmandou, Lausanne, Le Lavandou, Lille, Ljubljana, Londres, Los Angeles, Lyon, Manchester, Marseille, Melbourne, Mombasa, Monaco, Montauban, Montpellier, Nantes, New York, Newcastle, Nice, Nîmes, Paris, Pau, Perth, Rennes, Rotterdam, Saint-Jean-Cap-Ferrat, Tokyo, Vannes, Varanasi, à Vienne… Mais c'est à travers le monde des galeries qui le découvre en 1999 qu'il intègre le marché de l'art. Ainsi en 1999 le couturier Jean Charles de Castelbajac, collectionneur de la première heure de street art, lui donne sa première chance. L'année suivante il envahit la FIAC, le salon d'art contemporain français, puis l'Armory Show, le salon de New York, pour la galerie Almine Rech. Dès lors il enchaîne les expositions dans son pays d'origine mais aussi très rapidement à travers le monde.
Du fait de sa reconnaissance au sien du milieu de l'art naissante, Space Invader expose très rapidement au Japon, à Hong Kong, en Suède, en Hollande, en Australie, aux Etats Unis, en Turquie, en Angleterre, son travail se répandant comme ses invasions, de façon virales. Son parcours le mène à participer à l'exposition institutionnelle dédié à la culture street en 2007 du Baltic Art Center en Angleterre.
© Galerie Magda Danysz


















31/05/2012
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