Alain YVER

Alain YVER

STEPHEN SHORE

STEPHEN SHORE





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Rencontre avec Stephen Shore
Le vendredi 03 août 2012 15:13:22

Stephen Shore, bonjour et merci à vous d'avoir accepté cet entretien  pour Actuphoto.com. Photographe depuis votre plus jeune âge, votre parcours est remarquable. Vous avez rencontré Edward Steichen, travaillé avec Andy Warhol, exposé au MOMA à 23 ans, vous avez entrepris par la suite plusieurs voyages à travers les USA dont deux séries ont  fait suite : « Uncommon Places » et «  American Surfaces ». Vous êtes présent à la librairie Artazart ce vendredi 28 Mai 2010 à l'occasion d'une rencontre-signature dans le cadre du Corner Phaidon. Cet événement est l'occasion de découvrir la collection de livres des éditions Phaidon jusqu'au 17 Juin 2010.%u2028%u2028%u2028Aujourd'hui vous êtes un des pionniers de la photographie couleur, quel a été l'élément déclencheur qui vous a permis de faire la transition du noir et blanc à  la couleur.%u2028%u2028Je suis venu à la couleur avec 3 projets que je réalisais alors en 1971 : « All the meat you can eat », la série « Postcards », une collection de cartes postales du Texas et les photos « Mick-o-Matic » prises avec un appareil instantané. Je me souviens aussi d'un type, pendant une soirée. Je lui ai montré quelques une de mes photos et il a été choqué. Il s'attendait en fait à voir des photographies en couleur. Sa réaction m'a marqué. En parallèle, Paul Strand, galeriste, a essayé de me dissuader de travailler en couleur, il pensait que les émotions ne pouvaient s'y exprimer.%u2028%u2028%u2028A travers vos images, on sent que vous êtes un grand technicien de l'image par vos compositions. Qui vous a enseigné ou inspiré la composition ?%u2028%u2028Walkers Evans surtout, quand nous étions dans son atelier. Mais j'ai aussi trouvé cette inspiration dans les peintures, les images et les livres que je regardais. La musique de Bach m'a aussi profondément inspiré.%u2028%u2028%u2028Vous avez voyagé à travers les Etats-Unis dans les années 1970, ce qui a donné lieu à 2 séries : American Surfaces and Uncommon Places,  quelle région avez-vous préféré ?%u2028%u2028Le Sud Ouest des États-Unis.%u2028%u2028%u2028En regardant la photo "Beverly and La Brea", j'ai eu un sentiment de vide. Pouvez-vous nous parler un peu plus de cet endroit ? A quel moment de la journée avez-vous pris la photo ? %u2028%u2028Cette photo a été prise à Los Angeles. Je ne me rappelle pas exactement du moment. Vous pouvez seulement voir des voitures, personne à LA ne se promène à pieds. Je connais quelqu'un une fois qui se baladait dans LA, il a été interpellé par les policiers, qui se demandaient ce qu'il faisait à pieds !
Sur certaines de vos images, on comprend que vous êtes un photographe intimiste. Pouvez-vous nous expliquer votre manière d'appréhender ces scènes ? Vous a-t-on reproché le fait de photographier leur intimité ?%u2028(…)%u2028Comme cette photo, où un homme est étendu sur un canapé, avec une fille allongée sur lui.%u2028%u2028C'était  mes deux meilleurs amis alors ça a été.%u2028%u2028%u2028Vous enseignez au Bard College, est-ce que votre enseignement affecte votre propre travail ?%u2028%u2028Ça fait 20 ans que j'enseigne. J'ai en tout 16 étudiants. Je dois donc penser comme 16 personnes. Je les guide sur leur propre voie, je vois à travers leurs yeux. Forcément, ça modifie mes idées, ça me donne des inspirations différentes.%u2028%u2028%u2028Pour finir, travaillez-vous sur un projet en ce moment ?%u2028%u2028Oui, je travaille sur un projet à long terme avec 9 autres photographes, sur la photographie dans son réel.


 Claire Pesqueux


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Stephen Shore et l'école Becher
ARTE journal - 21 septembre 2010


Des images de hauts fourneaux et de chateaux d'eau en noir et blanc, ce sont les sujets de prédilection du couple de photographes allemands Bernd et Hilla Becher.

L'américain Stephen Shore s'inscrit dans la lignée de ces explorateurs du quotidien. Il a une prédilection pour ces petites villes ordinaires, les routes nationales, et les scènes du quotidien de la middle-class américaine. Il fut aussi un précurseur de l'utilisation de la couleur hors d'un studio dans les années 70.
L'exposition de Düsseldorf s'intéresse pour la première fois aux liens entre le photographe Américain et la célèbre école de Düsseldorf, plus connue sous le nom d'"école des Becher".

Werner Räune l'a découverte pour nous

//www.arte.tv/fr/stephen-shore-et-l-ecole-becher/3444528,CmC=3437774.html







Stephen Shore
Le 4 mars 2012


Stephen Shore est un photographe américain né en 1947, il fut un des premiers à utiliser la couleur en photographie de manière artistique à une époque ou seul le noir et blanc était considéré.%u2028Il est connu pour ses photographies de road trips pendant lesquels il photographie aussi bien les paysages et les gens qu’il rencontre que les repas qui lui sont servis et ses chambres d’hôtels.%u2028En 1971, à 24 ans, il est le deuxième photographe à être exposé au MoMA de son vivant.%u2028Il n’a pas de site mais vous pouvez voir plus de photos sur le site de la 303 Gallery.


//www.laboiteverte.fr/stephen-shore/








Stephen Shore, sans titre, tiré de la série de photographies du livre "The Velvet years, 1965-67, Warhol’s Factory".
03 juin 2012


    À New York, en 1965, un jeune photographe nommé Stephen Shore, alors inconnu, commence une série d’images sur l’artiste Andy Warhol, déjà une star quant à lui, figure emblématique du Pop Art. Durant deux ans, Shore va suivre Warhol et ses acolytes dans leur quotidien peu banal et témoigner de l’effervescence régnant à cette époque au sein de la célèbre Factory. Un livre de photographies, intitulé The Velvet Years, 1965-67, sera publié trente ans plus tard aux éditions Thunder’s Mouth Press. Voici la reproduction de la page n°166 de cet ouvrage.
   Une reprographie en noir et blanc, format rectangulaire allongé, accompagnée d’une citation du photographe en guise de légende. La scène se déroule dans une galerie d’art new-yorkaise. Au premier plan, sur la gauche du cliché, cadré au niveau du bassin, Andy Warhol, debout, vêtu d’une veste en cuir, se retourne vers l’objectif de Stephen Shore. Il « nous » regarde donc mais à travers les verres obscurs d’une paire de lunettes de soleil. Fronçant les sourcils, on peut lire une expression bizarre sur son visage. « Andy me regarde, faisant une drôle de tête (…). Je ne sais pas ce que signifie cette expression », explique Shore en émettant néanmoins quelques suppositions : « Peut-être est-ce lié au fait de se trouver dans un quartier chic. Peut-être cela a-t-il quelque chose à voir avec le fait de photographier Duchamp. » Car Warhol est pris sur le vif en train de filmer deux personnages situés un peu plus loin dans la profondeur du champ. Au second plan, sur la droite de l’image, assis côte à côte sur un meuble blanc, visiblement décontractés, les pieds ballants, un verre en main, en pleine discussion, le marchand d’art Sam Green et, légèrement tronqué par la limite latérale du cadre, le vénérable Marcel Duchamp. Deux autres individus sont également dans la pièce, le corps en grande partie recouvert par celui de Warhol, laissant imaginer qu’il pourrait bien y avoir du monde et de l’animation hors-champ. Au pied de Green et Duchamp, une chaise vide est tournée vers nous, de trois-quarts.
   Cette photographie n’a sans doute rien d’une mise en scène préméditée, et ce même si tous les éléments qu’elle présente –lieu d’exposition, caméra, artistes, etc. – révèlent un principe fondamental de mise en scène et que toute photographie, quelle qu’elle soit, relève toujours dans une certaine mesure, fut-ce à travers la question du cadrage, d’une mise en scène de la réalité. On dirait bien un snapshot, un de ces « instantanés » capté rapidement, spontanément, peut-être subrepticement, par le photographe américain à la manière d’un reportage de type « street photo ». Nous ne sommes pas dans la rue mais le caractère direct et authentique d’un tel cliché monochrome s’inscrit dans cette veine photographique, relativement âpre et brutale, principalement non esthétisante par opposition à l’esthétique « straight » et aux sophistications canoniques de la pose et du studio en termes de composition formelle et lumineuse. Photographie « de rue » qui voit le jour avec les progrès techniques de la fin du 19ème siècle, permettant de diminuer considérablement le temps de pose (moins d’une seconde) et dont l’âge d’or aux Etats-Unis se situerait vers 1950, sur fond de Beat Génération, grande époque des Frank (Les Américains, 1953-55), Klein (Life is Good and Good for you in New York : Trance Witness Revels, 1954), Weegee (Naked city, 1944)…

   Or, Stephen Shore, justement né dans ces eaux-là, en 1947 à New York, produira lui-même quelques années plus tard, en 1972, une œuvre majeure quant à ce type d’approche photographique, intitulée American Surfaces. « Surfaces américaines » retraçant le périple du photographe à travers le territoire américain, depuis le Sud profond des Etats-Unis en suivant la route 66, de Flagstaff à Chicago, avant de revenir dans sa ville natale pour y poursuivre ce véritable « journal visuel », remarquablement banal et coloré –Stephen Shore ayant été l’un des premiers photographes à employer la couleur avec Meyerowitz et Eggleston (ci-contre : Memphis, 1969-71). Tout, sans exception, peut désormais prétendre à faire l’objet d’une prise de vue, des êtres humains volontairement flashés et mal cadrés, les restes d’un repas sur la table, les choses les plus anodines, cabines téléphoniques, bibelots en tout genre, toilettes souillées… On est loin des représentations idylliques du réel dont tant d’opérateurs ont fait commerce depuis l’invention du médium. Comme quoi un grand photographe peut très bien prendre pour référence formelle les stéréotypes de la carte postale et l’aspect « sans qualités » de l’amateurisme.
   Cependant, si la photographie d’Andy Warhol n’est manifestement pas « posée », elle n’en n’est pas moins structurée, même si cette structure procède d’une construction « reflexe », instinctive… Les masses sombres et lumineuses s’équilibrent parfaitement entre Warhol d’un côté et le couple Green-Duchamp de l’autre. Le premier se détache sur un pan de rideau gris, rectangulaire, qui occupe exactement le quart supérieur gauche du visuel et dont les plis verticaux dynamisent l’arrière plan tout en impliquant par obstruction l’existence d’un hors-champ. Les corps juxtaposés des deux personnages assis à droite, au second plan, contrastent fortement avec le fond d’un blanc presque immaculé sur lequel leurs silhouettes se découpent. On peut dire que l’image est séparée en deux parties quasi égales par une médiatrice imaginaire coïncidant avec le bord droit du rideau dans le prolongement duquel se trouve le pied arrière gauche de la chaise vide. Quelques lignes de fuites se dirigent vers cet axe central, lequel coïncide grosso modo avec l’angle de la pièce, pointé par le sommet du triangle formé par le sol gris clair dont la base n’est autre que la limite inférieure du cadre de notre cliché.
   Chose remarquable, la mise au point est faite sur la caméra tenue par Warhol, lequel apparaît légèrement moins net –sa main gauche en mouvement devient même fantomatique par le rendu du bougé– tandis que Green et Duchamp sont plongés dans le flou plus prononcé de la profondeur de champ. Le point de netteté du visuel situé sur l’appareil de prise de vue ? Focalisation sur la reproduction photographique de la machine de reproductibilité cinématographique ? Un choix technique pour le moins révélateur. L’objet est symbolique, un vrai signe au sens sémiologique du terme, à savoir un signifiant chargé de signifiés… Plein de sens en l’occurrence, au regard du contexte iconique dans lequel cet élément s’inscrit. Ici au contact du sujet principal de la photographie, la star du Pop Art, qui tient de sa main droite la manette directionnelle de l’instrument mécanique. Illustre protagoniste dont l’image elle-même s’avère aujourd’hui fortement connotée, pour ne pas dire mythique.


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Stephen Shore : le toujours trop entouré !
par Henri Peyre


Un parcours météoritique...%u2028qui débouche sur l'achat d'une chambre 20x25
La carrière photographique de Stephen Shore a commencé tôt.
Edward Steichen achète à ce photographe de douze ans des photographies pour la collection du Museum of Modern Art.
A 17 ans, Shore fait la connaissance de Warhol dont il devient un familier au point de devenir membre de la Factory : il se trouve plongé durant un an dans la scène du Pop Art et sa rébellion personnelle se trouve noyée dans la révolution culturelle plus vaste et organisée de la bande à Warhol.
En 1971, il a 24 ans lorsque le Metropolitan Museum of Art lui offre une exposition personnelle qui est aussi la première d’un photographe vivant.
L’ambition de Shore, qui était de se faire un nom dans l’histoire de la photographie ne se réalisera toutefois que plus tard lorsqu’à partir de 1972 il entreprend de passer à la photographie couleur, que le public considérait jusque-là comme non artistique et plutôt publicitaire1. Nous sommes à l’époque du Pop Art et du réalisme photographique dans les Beaux-Arts si bien que sa photographie se tourne naturellement vers l’énonciation d’une banalité américaine alors négligée : banlieues anonymes, magasins, parkings, carrefours sans intérêt, ustensiles de la vie ordinaire. %u2028Il quitte New York avec un ami pour Amarillo, au Texas, vers l'Ouest... Fasciné par les paysages qu'il voit défiler, il décide de continuer l'aventure en solitaire et part découvrir le pays équipé d'un Rollei 35.
%u2028A partir de ce moment, il photographiera absolument tous les éléments de son quotidien : chambres de motels crasseuses, toilettes infâmes, petits-déjeuners peu ragoûtants saisis en très gros plan (comme le reprendra Martin Parr) et gueules locales, bébés et petits chiens capturés façon photos de famille (comme le reprendra Nan Goldin). Dans un entretien datant de 2004, Stephen Shore dit à propos de ce voyage : "J'enregistrais ma vie. C'était le journal visuel d'un voyage à travers le pays. Quand j'ai commencé ce périple, j'avais beaucoup d'idées sur ce que j'allais faire. Je ne voulais pas faire d'instants décisifs. Cartier-Bresson avait forgé cette expression pour désigner certaines rencontres visuelles exceptionnelles, mais j'étais plus intéressé par la banalité. Je voulais rester visuellement conscient au fur et à mesure que la journée avançait.".
%u2028En 1973, il a 26 ans, Stephen Shore, toujours dans l’état d’esprit de Kerouac et toujours dans le rituel du voyage qu’il recommence désormais chaque année, abandonne le Rollei 35mm pour une chambre photographique 4 x 5’' bientôt remplacée elle-même par une chambre photographique 8 x 10. Le livre Uncommon places, édité pour la première fois en 1982 présente les photographies réalisées au cours de ces voyages. A la façon de Atget ou de Walker Evans, les vues de Stephen Shore présentent l’ordinaire, les coins de rue, les parkings, des maisons sans charme, une vitrine presque vide, des stations service, des chambres d’hôtel. Stephen Shore a collecté ainsi des images de tous les coins du pays : Floride, Californie, Texas, Montana, Ohio, Arizona... et même Canada. Le travail vise l'émotion, principalement au travers de la couleur et de la construction.
Opposer la culture ancienne au milieu contemporain%u2028comme affirmation de soi
Partir au loin avec une chambre rappelle furieusement le temps des pionniers de la photographie de la fin du XIXème.
Evidemment, la Grande Nature des pionniers, vierge et à conquérir, a laissé la place à des vues d’un espace colonisé où l’accumulation de l’activité humaine grignote inexorablement le paysage… mais ce glissement du regard n’est pas grand chose dans un temps qui célèbre désormais la photographie conceptuelle, le banal et le vernaculaire. Shore aurait pu ne compter pour rien s’il ne s’était pas en fait autant intéressé à la qualité de la couleur et à la construction de la composition dans sa photographie.
Mais les grands voyages peuvent aussi être lus autrement, comme des tentatives de sortir enfin des influences d’Andy Warhol, du mouvement du Pop Art, des écrits de Jack Kerouac et des films de la Beat Generation (Easy Rider), des conceptuels et des documentaristes travaillant par séries, comme Bernd et Hilla Becher, des travaux topologiques de Lewis Baltz, de Robert Adams. (C’est avec ces photographes qu'il expose en 1975 dans "New Topographics"), de toute cette culture dans laquelle il était tombé trop tôt et trop petit. Fuir le milieu culturel qui vous a mangé demande de bien grands voyages.
En opposant dès lors la médiocrité du sujet à la pertinence de la couleur et de la composition, Shore prenait cette fois une voie intéressante, introduisant une tension proprement artistique dans sa photographie : à sujet banal traitement exagérément raffiné2…
Ainsi les grands voyages peuvent-ils probablement être lus comme une tentative pour se trouver enfin soi-même en revenant, en opposition au diktat de l’époque, au fond traditionnel de l'art, à l'esprit de la peinture, dans un effort probable d’opposer par tous les moyens une culture personnelle à la culture d’un milieu trop envahissant et depuis trop longtemps.
Certaines photographies de Shore indiquent ainsi très manifestement que la construction du sujet prime sur le sujet lui-même, quel qu’il puisse être.
%u2028Stephen Shore - Coronado Street, Los Angeles, California, June 21, 1975
Très souvent, comme ici, des ombres sont utilisées comme pièces fortes de la composition au détriment des objets eux-mêmes. Shore, ici, semble n'avoir aucune intention particulière que le « vernaculaire » nous saute au visage.
L'engrenage : construction classique contre sujet
Une fois sur ce chemin que s’est-il passé ?
Dès lors qu’un photographe avance sur une voie pareille il est amené à reconnaître  que la réalité pour lui est plus dans la sensation de construction créée à l'intérieur de la photographie, que dans le sujet présenté. Avec le temps et l’affinement du regard, autant qu’avec la capacité (accrue par l’entraînement) de l’œil à imaginer dans l’image les chemins de construction possible, le photographe découvre dans l’étape suivante que la réalité s’offre toujours autant dans la photographie réalisée (par la construction faite image)… lors même que le réel décrit objectivement se liquéfie et diminue sans cesse, c'est à dire à mesure qu'on s'empare de sujets de moins en moins construits par eux-mêmes. Les compositions de Shore vont donc se faire de plus en plus minces et difficiles à suivre (pour le spectateur), de moins en moins appuyées sur des objets réels à mesure que le temps passe.
%u2028Stephen Shore - County of sutherland, scotland, 1990
Finalement on verra même apparaître des images dans lesquelles la multiplicité des objets est seule présentée : en fait c’est qu’elle offre déjà à l’œil de l’auteur une grande construction possible, un ensemble de points d’appuis suffisants pour entrer dans l’image comme on essaie de traverser un ruisseau, en calculant le chemin d’une pierre à l’autre.
Voilà finalement ce que nous avons tenté de dire de la qualité de la photographie de Shore : elle tient à l’ardeur du combat qu’un homme trop vite et trop tôt intégré à un milieu cultivé a tenté pour redevenir lui-même et comme il s’y est perdu. Sa grande période a probablement été celle où il convoque le meilleur de la peinture (et probablement l’influence de Hopper) pour combattre le milieu qui l’a trop vite embrassé : le soin à la couleur, à la lumière, le paroxysme du raffinement dans la description, tout le maniérisme de la forme démentent le moindre intérêt pour le fait que cette banlieue soit cette banlieue.
Enfin seul !
Shore gagne dans ce combat d’être enfin un bref instant un homme seul. Son combat qui utilise le registre classique des couleurs et de la construction auquel est tant opposé ce milieu du pop art qui l'a si bien accueilli, est celui d’un enfant trop tôt, trop vite et trop continûment entouré.
Et c’est par ce mot qu’on voudrait terminer… dans l’œuvre de Shore, on a toujours l'impression que les personnages sont toujours trop entourés et qu'ils ne parviennent pas à s'échapper ! Et même ses paysages tardifs les plus vides entourent encore le spectateur, emprisonné dans le point de vue du photographe, en lui masquant l’horizon. Il n’y a pas de fuite possible. Le monde sera toujours trop plein ! C’est de ce toujours trop, de cette description de l’enfermement dans un excès de richesse qui empêche d’être soi-même que naît l’intéressante étrangeté de l’œuvre de Shore. Et c’est là probablement son message profond !
 Notes
1 Dans les années soixante-dix, le mot de Walker Evans, célèbre photographe américain des années vingt et trente, selon lequel "la photographie couleur est vulgaire" est encore un dogme. Par ailleurs la photographie couleur était chère, les tirages instables à la lumière, et la photographie couleur réservée à la publicité et au journalisme.
2 Les tirages de Stephen Shore sont effectués par contact. Leur dimension est donc de 20x25 cm et la qualité du détail fascinante...


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Leçon de photographie
Stephen Shore (Auteur) - Beau livre (broché). Paru en 11/2010
Le Mot de l'éditeur : Leçon de photographie


Avec Leçon de photographie, Stephen Shore explore les différentes manières de regarder et de comprendre la photographie sous toutes ses formes : images emblématiques ou photographies trouvées, négatifs ou fichiers numériques. Fondé sur ses nombreuses années d’enseignement de la photographie à Bard College, dans l’État de New York, ce livre est un outil indispensable pour les étudiants et les enseignants, mais aussi pour tous ceux qui souhaitent réaliser de meilleures photographies ou apprendre à mieux les regarder. Outre un choix des propres photographies de l’auteur, Leçon de photographie est illustré d’images de toutes les époques de l’histoire de la photographie, des oeuvres des maîtres fondateurs tels Alfred Stieglitz et Walker Evans à celles d’artistes contemporains comme Collier Schorr et Thomas Struth. Tous les genres y sont abordés : photographie de rue, photographie d’art et photographie documentaire, ainsi qu’images de photographes anonymes. À travers un texte clair, intelligent et accessible, Stephen Shore se réfère à ces images pour nous montrer de quelle manière le monde face à l’objectif se mue en photographie.
Né à New York en 1947, Stephen Shore fréquente assidûment la Factory d’Andy Warhol dès l’âge de 17 ans, photographiant l’artiste et son entourage. À l’âge de 23 ans, il devient le premier photographe à être honoré, de son vivant, d’une exposition personnelle au Metropolitan Museum of Art, à New York. Depuis, ses photographies ont été présentées dans de très nombreux musées à travers le monde. Pionnier dans son domaine, Stephen Shore a influencé des générations de photographes. En 1982, il est nommé directeur du programme d’étude de la photographie à Bard College, Annandale-on-Hudson, dans l’État de New York.







Livre : Stephen Shore, Leçon de photographie


Derrière ce titre un peu présomptueux se cache en fait un très beau recueil d’images.
En voulant le présenter, je me suis redemandé pourquoi j’avais acheté ce livre. Et je me suis souvenu qu’après l’exposition (fantastique) sur Richard Avedon au Musée du Jeu de Paume, un ami (qui est un grand fan) m’avait fait suivre  une vidéo de présentation de Stephen Shore, qu’il aime aussi particulièrement :
Pour situer Stephen Shore : C’était un des grands photographes américains qui ont contribué à donner à la photographie couleur une certaine noblesse à l’époque où tout le monde ne jurait que par le noir & blanc. Assez précoce, il a commencé sérieusement la photo à l’âge de 10 ans, a vendu ses premières photos à 14 ans, et a passé 3 années à photographier la factory de Andy Warhol.
A la première vision du reportage, je m’étais demandé si Stephen Shore ne se prenait pas un peu trop au sérieux. Mais après un deuxième visionnage, j’ai beaucoup mieux compris sa démarche et je me suis rendu compte que le documentaire comportait déjà pas mal d’éléments et de concepts permettant de réfléchir à “comment évaluer une image”.
En effet, la force de certaines images admirables ne repose que sur de simples détails comme leur cadrage, leur mise au point, l’instant pendant lequel elles ont été prises…
Je commençais déjà à me poser pas mal de questions en photo, les pourquoi, les comment, les significations et messages qui font qu’une image sort du commun. Mais arriver à comprendre comment faire en sorte que ses propres images soient aussi puissantes que celles des “grands maîtres” était assez mystérieux.
Certaines questions sont récurrentes sur Lense.fr et dans les communautés photo en particulier : qu’est-ce qu’un bon cadrage ? Qu’est-ce qu’une bonne exposition ? Comment noter une image ?%u2028Et on en vient rapidement à se rendre compte que toutes les “règles” (règle des tiers, règle des points forts, règle des fuyantes, règle des proportions, … ) en photos ne doivent pas être prises au pied de la lettre, elles sont plutôt des guides qu’il ne faut pas hésiter à oublier quand la scène s’y prête.
Dans le livre “leçon de photographie” Stephen Shore ne révèle pas le secret d’une photo réussie, mais il donne tout de même une méthode pour analyser et comprendre les traits de caractère qui forment une image puissante.%u2028Il aborde la nature des photographies et ses différents niveaux en illustrant chaque point d’une image représentative.
Ce livre m’a pas mal ouvert les yeux sur la signification des images et les moyens de faire passer un message ou une émotion. Appliquer ces “concepts” à sa propre pratique de la photographie n’est pas évident, et bien que plutôt académique, ce livre constitue une bonne piste pour s’améliorer en photo.


//www.lense.fr/2009/08/28/livre-stephen-shore-lecon-de-photographie/












Surfaces américaines

 

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dimanche 20 novembre 2005, par Didier Gualeni
Confrontés à une production grandissante de livres de photo, les éditeurs rivalisent d’ingéniosité pour que le client repère leurs livres en un clin d’œil sur les tables et les rayons des libraires. Avec Surfaces américaines, Phaïdon a réussi une belle opération de packaging. Cette touche d’originalité, inédite à ce jour dans le monde des livres de photo, donne une envie jubilatoire d’offrir cet ouvrage à ses amis.

%u2028En 1972, Stephen Shore parcourt une partie des Etats Unis en voiture, il note son quotidien dans un carnet de bord et réalise des photographies des lieux où il passe, des chambres de motel où il dort, des plats qu’il mange, des gens qu’il rencontre, des toilettes qu’il découvre ici ou là... De retour chez lui, il donne à développer ses films, au marchand de pellicules du coin de la rue, comme le fait n’importe quel photographe du dimanche.
Il exposera ensuite ces tirages à la Light Gallery sous le titre American surfaces. Les éditions Phaïdon ont reproduit une pochette Kodak d’époque dans laquelle se trouvaient les tirages. Cette enveloppe noire, jaune et blanche sert d’emballage au livre et fait référence à la démarche iconoclaste du jeune photographe qui a utilisé le circuit de monsieur tout le monde pour faire développer ses photos. On peut y lire, écrit à la main de l’employé de la boutique, le nom de Stephen Shore, la date de dépôt ; le 26 juin 1972, et voir deux étiquettes qui nous indiquent le prix du développement $ 1.90 et des 33 tirages $ 9.90.%u2028Passé cet effet paquet cadeau, en déchirant le collant noir qui scelle l’enveloppe, on découvre un ouvrage à la couverture noire, aux pages de garde jaunes qui reprennent les couleurs Kodak de la pochette. Tel un album photo, les tirages 10 x 15 sont ordonnés sur les 229 pages blanches. L’originalité de ce livre tient également dans le fait que seuls 77 clichés de cette série avaient été publiés en 1999 sans mention de lieux et de date, alors que cette édition révèle 310 clichés, accompagnés du lieu, du mois et de l’année de prise de vue.
En France, avant sa première exposition en 2002 à la galerie Kamel Mennour, pratiquement personne ne connaissait ce surdoué de la photo. En effet, il commence à prendre ses premières images à 6 ans, à faire du labo à 10 ans. Alors qu’il a à peine 14 ans, il vend trois tirages au Musée d’Art Moderne de New York ! Sa rencontre avec Andy Warhol à 17 ans va lui permettre de faire de nombreuses images au sein de la Factory (l’usine d’artistes de Warhol). Le Metropolitan Museum en montrant son travail, exposera pour la première fois un photographe de son vivant : il n’a alors que 24 ans. En France, il n’a été révélé au grand public que cette année par une exposition organisée par le Jeu de paume à l’Hôtel de Sully (du 14 janvier au 20 mars 2005). Comme Martin Parr il est devenu la coqueluche des collectionneurs.
A l’époque de l’explosion des blogs où la publication régulière d’images de sa vie quotidienne est chose fréquente, on est frappé par la démarche originale de Stephen Shore menée il y a 33 ans ! Bob Nickas qui signe l’introduction de ce livre nous apprend que cette démarche documentaire exposée en 1972 à la Light Gallery avait déconcerté la critique. En effet il s’agit d’images banales qui représentent des façades de maisons, des enseignes de boutiques, des décorations d’intérieur de mauvais goût, des intérieurs de réfrigérateurs, des repas et reliefs de repas, des écrans de télé allumés dans des chambres de motels, des cuvettes de WC, des animaux domestiques. Dans les photos de portrait où il utilise parfois le flash, apparaît une grosse ombre sombre au tour du modèle, il arrive aussi que l’éclair se reflète sur un verre de lunette.... Cette série annonces des photos plus travaillées et réalisées à la chambre que l’on retrouvera dans l’ouvrage Uncommun Places.


Il faut reconnaître que William Eggleston et Stephen Shore ont sorti la photographie américaine du noir et blanc. La couleur qui jusque là était réservée aux photos de famille et aux reportages dans les magazines est entrée dans les galeries d’art. A la manière d’un Walker Evans et d’un Robert Franck, il sillonnera régulièrement et pendant plusieurs années les Etats Unis, donnant un portait photographique partial du pays. Il se refuse à monter les grands espaces et préfère une vision personnelle où la joie de vivre n’est pas mise en avant, on sent un côté déprimé, une sorte d’introspection. Dans un entretien avec Lynne Tillman en 2004, Stephen Shore déclarait : "J’enregistrais ma vie.".%u2028Sa démarche est bien différente d’un homme comme Atget dont la préoccupation était de photographier sa ville en mutation, la vie dans les rues de Paris et de répondre également à des commandes. Stephen Shore a influencé de nombreux photographes dans les années 1980 et 1990. Il a été nommé directeur du Photography programm au Bard College dans l’état de New York et ses photos sont présentes dans les plus grandes collections et fonds internationaux.


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Phaïdon (Editeur) %u2028Bob nickas (Auteur) %u2028Stephen shore (Photographe) %u2028Parution : 1er novembre 2005%u2028Format : 23 x 4 x 34 , relié, 231 pages%u2028ISBN : 0714894613


//www.gualeni.com/Surfaces-americaines.html





 

 

Stephen Shore : Surfaces américaine
juin 2008
Un recueil d’œuvres capitales, pour la plupart inédites, par un photographe qui contribua à faire de la photographie couleur un moyen d’expression artistique à part entière. Une séquence chronologique de photographies de la vie quotidienne aux États-Unis prises au début des années 1970, largement présentées et étudiées en Europe et aux Etats-Unis. Un journal en photographies de la traversée de l’Amérique par Stephen Shore, véritable rapprochement entre la tradition du road trip de Walker Evans ou de Robert Frank et la fascination pour l’ordinaire de Bernd et Hilla Becher ou de Martin Parr. Un ouvrage incontournable pour tous ceux qui s’intéressent à l’histoire de la photographie au xxe siècle.

//www.livresdart.fr/stephen-shore-surfaces-americaines-1.html









Stephen Shore
The Biographical Landscape, photographies, 1968-1993
du 14 janvier au 20 mars 2005

Cette exposition est la première à présenter, à Paris, le travail de Stephen Shore, artiste américain influencé dès les années 1960 par les œuvres de Andy Warhol, le mouvement du Pop Art, les écrits de Jack Kerouac et les films de la Beat Generation (Easy Rider), mais aussi par les artistes conceptuels et les documentaristes travaillant par séries, comme Bernd et Hilla Becher.

Shore photographie les villes et des paysages, dans une approche formelle de la réalité visible, introduisant des éléments biographiques dans son œuvre depuis les années 1970.
Les images en grand format réalisées dans les décennies 1970-1980 ont exercé une influence certaine sur d'autres photographes contemporains, américains et européens, parmi lesquels on peut citer Thomas Struth, Andreas Gursky ou Candida Höfer.

//www.jeudepaume.org/index.php?page=article&idArt=30





Stephen Shore
Paysage biographique. Photographies 1968-1993
14 janv.-30 mars 2005
Paris 8e. Jeu de paume
Une soixantaine de photographies produites entre 1973 et 1993 par Stephen Shore, inspirée par une fascination toute warholienne pour la culture populaire, enregistre sur le mode documentaire les rues et les décors vides de présence humaine qui suintent la désolation et la solitude.





 
Par Muriel Denet

Uncommon Places est la pièce maîtresse de l'œuvre de Stephen Shore. De cet ensemble de photographies produites entre 1973 et 1993, une soixantaine d'entre elles constituent le cœur de l'exposition. Si au début des années 1970, le photographe s'est essayé à des expérimentations conceptuelles — en collectionnant des images trouvées, en s'auto-instituant photographe officiel d'Amarillo, Texas, ou en explorant les rapports sériels de la photographie à l'espace (Circle) —, c'est la fascination toute warholienne pour la culture populaire, et l'usage vernaculaire qu'elle fait de la photographie, qui vont décider de l'œuvre. %u2028%u2028Dès 1972, « American Surfaces » rassemble des séries de petits clichés, dont la spontanéité évoque la photographie amateur. Ils recueillent pêle-mêle les lieux, les choses, et les gens, croisés au hasard des errances estivales du photographe. %u2028Puis, délaissant son appareil 35 mm pour une chambre 8 x 10 inches, Stephen Shore va s'attacher à saisir, avec une rigueur et une acuité implacables, tout ce qui s'étend entre ciel et horizon, dans la lumière impitoyable des grands espaces américains. Routes, carrefours, autos, stations essence, drive-in, cafétérias, boutiques, enseignes, publicités, poteaux et fils électriques, fourmillent à profusion, dans un chaos horizontal précaire. %u2028%u2028La vi(ll)e américaine n'est que surface. Derrière laquelle il n'y a décidément rien. Que des choses, interchangeables, monnayables, identiques du Michigan à la Californie. Et la part auto-biographique de cette traversée des apparences n'y change rien, avec ses chambres de motels anonymes, ses hamburgers entamés, et les portraits, indifférents et inexpressifs. %u2028%u2028Enregistrés sur le mode documentaire qui actualise en couleur — celle de la publicité et de la mode —, le style cher à Walker Evans, les rues et les décors vides de présence humaine suintent la désolation et la solitude, sous couvert d'un tape-à-l'œil futile. On pense à Edward Hopper, mais la surface elle-même s'est glacée, impénétrable, dans une sorte de contre-pied de la tradition paysagère américaine. %u2028%u2028Stephen Shore travaille la couleur, comme Ansel Adams le noir et blanc, avec la même précision, et le même souci d'en exprimer les moindres subtilités. Une savonnette orange dans le monochrome blanc d'une salle de bain, un panneau jaune canari sur lequel Yul Brynner vante un whisky dans un désert gris de parkings miteux, des carrosseries pastel qui reflètent le monde comme pour mieux l'absorber : l'image transcendante d'une Amérique vierge à conquérir s'est muée en un constat prosaïque, et saturé, d'accumulation débridée et de contamination inexorable de l'espace. %u2028%u2028La force du travail photographique de Stephen Shore, qui a contribué à révéler la trivialité du décor et de l'imaginaire américains, se mesure dans la métamorphose de ces lieux communs en emblèmes d'un paysage dont notre imaginaire s‘est abondamment nourri. C'est avec un certain plaisir que l'on vérifie cette reconnaissance dans la traversée de ces Uncommon Places.


//www.paris-art.com/galerie-photo/paysage-biographique-photographies-1968-1993/shore-stephen/4542.html

















































26/11/2013
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