Alain YVER

Alain YVER

TATOO LIVRES

TATOO LIVRES



 

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http://www.tattoos.fr/

De nombreux ouvrages informatifs, illustratifs ou historiques sont parus sur le tatouage, disponibles en Français. À destination des professionnels, des amateurs éclairés ou des nouveaux venus, ces livres de tatouages présentent un courant, une époque, ou proposent une réflexion à plus long terme sur l’évolution de l’art corporel et sa place dans la société.
 
Différencier livre sur le tatouage et livres de tatouages
Au moment de vous présenter quelques-uns des livres sur le tatouage qui nous semblent les plus intéressants, il convient toutefois de faire une distinction importante entre les livres génériques et les books, publiés parfois par certains tatoueurs.  Les livres sur le tatouage sont le plus souvent réalisés par des journalistes, des chercheurs, ou des tatoueurs qui ont accompagné l’éclosion et la généralisation d’un courant ou d’un style. Richement illustrés, les livres sur le tatouage sont une plongée thématique dans l’art corporel mais n’ont pas seule vocation à inspirer les candidats au tatouage.
Les books, quant à eux, sont avant tout des livres d’art. On y présente le travail d’un ou de plusieurs artistes qui présentent des traits communs dans une démarche purement esthétique et / ou de décryptage d’un travail. Plus micros, ils ne s’inscrivent pas nécessairement dans une réflexion à grande échelle.
 
S’y retrouver dans la multitude de livres sur le tatouage
Tattoos.fr a sélectionné pour vous quelques livres sur le tatouage qui méritent d’être parcourus pour la finesse de leur analyse et la beauté de leurs illustrations.  Les noms des auteurs vous seront sans doute connus : Frédéric Claquin et Chris Coppola, Henk Schiffmacher, Dimitri HK, Patrick Chaudesaigues, ou encore Marisa Kaloulas. Tous sont amoureux de l’art corporel et cherchent à nous faire partager leur passion. Nous les avons classés par genres : les génériques, les essais et les livres spécialisés sur un style de tatouage.

http://www.tattoos.fr/tatouage/tatouage-inclassable/les-livres-generiques-sur-le-tatouage


http://www.tattoos.fr/tatouage/tatouage-inclassable/des-livres-thematiques-sur-le-tatouage


http://www.tattoos.fr/tatouage/tatouage-inclassable/les-essais-sur-le-tatouage

 

 

 

 

 

 

 

 

Guide du futur tatoué


Ce guide du tatouage vous explique pas à pas comment préparer au mieux l’avant et l’après tatouage.
Avant de vous faire tatouer, réfléchissez bien
Se faire tatouer n’est pas un acte anodin. Nous ne le répèterons jamais assez : un tatouage est une modification corporelle quasi-définitive. Avant de vous faire tatouer, posez-vous donc les questions suivantes :
- mon tatouage risque-t-il de me porter préjudice dans ma vie professionnelle ?
- ma décision est-elle prise ? Ne s’agit-il pas d’un simple caprice que je pourrais regretter ?
- puis-je expliquer précisément pourquoi je veux me faire tatouer ?
Si vous n’êtes pas sûr de pouvoir répondre positivement à l’une de ces questions, continuez à mûrir votre projet. Sinon, il est temps de décider du tatouage qui vous correspond le mieux.
Choisir le tatouage qui vous correspond
Un tatouage se définit par quatre paramètres principaux : son motif, son emplacement, sa taille et sa gamme de couleurs (ou de valeurs pour le noir et gris). Pour appréhender ces paramètres, le mieux est de parcourir les magazines dédiés au tatouage et de vous rendre sur les sites Internet spécialisés. Les conventions de tatouage sont également des rendez-vous privilégiés pour découvrir le travail des artistes-tatoueurs et développer de nouvelles idées de tatouage éventuel. En attendant, nous vous présentons déjà, dans ce guide, quelques pistes de réflexion à usage des futurs tatoués.
Quel est le motif qui me correspond ?
L’évolution des encres a rendu possible la réalisation de presque tous les motifs, courants ou non, que vous imaginerez. Mais les classiques continuent à avoir la cote. Ce petit guide vous en dresse un tour d’horizon :
- les motifs tribaux et maoris, souvent masculins, qui, s’ils ont perdu leur symbolique guerrière, restent incontournables.
- les motifs végétaux (fleurs, entrelacs végétaux), réputés féminins mais qui transposent à leurs porteurs la symbolique incarnée par la fleur choisie.
- le tatouage papillon, initialement masculin, aujourd’hui très féminin, qui caractérise la transition, le changement, le départ pour une nouvelle vie.
- les tatouages légendaires (dragons, aigles, fées, etc.). Connotés Heroic-Fantasy, ils vous permettront d’exprimer la fantaisie d’un monde imaginaire intériorisé.
- les portraits de personnes proches ou célèbres peuvent se réaliser aujourd’hui avec beaucoup de détails. Mais pour cela il faudra prévoir un tatouage de la taille minimum d'une paume.
Où se faire tatouer ? De l’importance de l’emplacement
L’emplacement de votre tatouage est aussi important que le motif que vous choisirez. D’abord parce que certains motifs se prêtent davantage à certains emplacements : les grandes zones planes permettent de réaliser des tatouages de grande taille, certaines zones plus discrètes (la nuque, la cheville) accueillent plus facilement des petits motifs, moins démonstratifs. Quel que soit votre rapport à l’art corporel, nous vous donnons quelques conseils avant de sauter le pas :
- le bras ne sera peut-être pas compatible avec votre environnement professionnel. Réfléchissez bien.
- le bas du dos a une forte connotation sexy.
- la nuque (pour les chevelu(e)s), la cheville ou le pied comptent parmi les zones les plus discrètes.
- plus une zone est exposée, plus son entretien sera exigeant : le soleil est l’ennemi numéro du tatouage.
Un tatouage en couleurs ou en noir et gris ?
Cette question n’est pas anecdotique. Aujourd’hui, les pigments permettent d’obtenir une très grande gamme de couleurs. Il n'y a donc pas de règle, le choix dépendra avant tout de votre ressenti.
Le mieux est encore de vous renseigner auprès de votre tatoueur pour prendre la décision la plus adaptée à vos attentes.
Le tatoueur, votre interlocuteur privilégié
Pour bien choisir votre tatoueur, commencez par faire le tour des boutiques et par rencontrer les artistes. En comparant les boutiques et les personnes qui vous reçoivent, en jetant un œil aux différents books, vous vous ferez une meilleure idée du tatouage qui vous correspond et de celui ou celle qui le réalisera pour vous. Soyez attentif à plusieurs critères :
- la disponibilité, l'accueil et l’amabilité du tatoueur qui vous prendra en charge. La réussite du tatouage tiendra à la bonne qualité de votre relation et à la confiance que vous placez en l’artiste. Si vous avez un doute, passez votre chemin !
- la spécialisation du tatoueur. Pour la réalisation d’un portrait, par exemple, mieux vaut vous adresser à un tatoueur spécialisé dans le domaine.
- l’hygiène de la boutique. Celle-ci doit être divisée en 5 zones dont une réservée exclusivement au tatouage lui-même. Les outils utilisés par le tatoueur doivent être stériles et/ou jetables.
- le prix. Attention aux prix qui cassent le marché, mais n'allez pas forcément croire qu'un prix plus bas signifie une qualité moindre. Après tout, vous connaissez déjà le travail de votre tatoueur si vous l'avez choisi.  
 
Entretien d’un tatouage
Pendant la phase de cicatrisation du tatouage, procédez à une hydratation intense. Puis, tout au long de la vie, hydratez-le régulièrement et protégez-le du soleil avec un écran total. Tous les tatouages craignent le soleil, mais les tatouages exposés (sur le bras par exemple) sont en première ligne.



http://www.tattoos.fr/tatouage/guide-du-tatouage/guide-du-futur-tatoue



Le grand guide du tatouage

 

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Description de l'ouvrage


Le grand guide du tatouage : Bien préparer son tatouage, Conseils de pros, Les motifs les plus tendance, Choisir le bon tatoueur, Entretenir son tatouage, Témoignages d'accros
Date de publication: 7 février 2013

Le Grand Guide du tatouage vous explique tout ce qu'il faut savoir sur l'univers du tatouage. De la réflexion concernant le motif aux conditions d'hygiène et de sécurité, du choix d'un tatoueur aux motifs les plus tendance, tous les sujets sont traités en détail pour que votre tatouage soit réalisé en toute connaissance de cause et dans les meilleures conditions. Vous y trouverez aussi les conseils avisés des meilleurs professionnels ainsi que des témoignages de fans de tatouages qui vous indiqueront les choses à faire ou pas. Un guide indispensable qui répondra à toutes vos questions.

Détails sur le produit
    •    Relié: 160 pages
    •    Editeur : Edigo Multimédia Editions (7 février 2013)
    •    Langue : Français
    •    ISBN-10: 235933168X
    •    ISBN-13: 978-2359331684
    •    Dimensions du produit: 21,2 x 15,2 x 2 cm

 

 

 

TATOO WORLD

 

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Description de l'ouvrage
Date de publication: 13 octobre 2011 | Série: HORS COLL


Considéré encore récemment comme une pratique marginale, le tatouage suscite ces dernières années un engouement croissant. En France une personne sur dix est aujourd'hui taouée. Des revues spécialisées, des salons, des blogs, des boutiques de tatouage se développent partout. Il faut dire que le monde du tatouage vibre aujourd'hui d'une grande frénésie créatrice. Cet album de près de 400 pages décline les réalisations des 125 plus grands artistes-tatoueurs du monde, classés par styles (asiatique, tribal, americana, hyperréaliste). Des ateliers des grands maîtres japonais aux salons californiens, Tattoo World présente ainsi plus de 1000 créations étonnantes et de nombreux chefs-d'œuvre.








TATOO IN JAPAN

 

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Détails sur le produit
    •    Relié: 320 pages
    •    Editeur : Reuss (1 janvier 2008)
    •    Langue : Anglais
    •    ISBN-10: 393402064X
    •    ISBN-13: 978-3934020641
    •    Dimensions du produit: 25,4 x 31,8 cm






WABORI

TRADITIONAL  JAPANESE TATOO

 

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Détails sur le produit
    •    Relié: 258 pages
    •    Editeur : Victionary (24 avril 2014)
    •    Langue : Anglais
    •    ISBN-10: 9881250749
    •    ISBN-13: 978-9881250742
    •    Dimensions du produit: 29,7 x 21,1 x 2 cm

 

 

 

 

Horikazu 

le tatouage traditionnel japonais
Posted by  5 décembre 2012

Les fans de tatouage japonais devraient se réjouir. Un nouveau livre sur le tatouage traditionnel japonais et consacré au mythique tatoueur Horikazu vient tout juste de sortir.
Disponible sur Amazon, l’ouvrage met en scène quelques unes des plus belles pièces du maître parmi près de 460 photos réalisées par le photographe Martin Hladik.
Un beau livre indispensable pour tous les fans de tatouage.


Horikazu : tatouage traditionnel au Japon

 

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A propos du tatoueur Horikazu


Le maître Horikazu est un tatoueur traditionnel japonais basé à Asakusa. Il est célèbre pour la qualité de ses bodysuits et pour les détails minutieux que lui et son fils Horikazuwaka parviennent à intégrer dans leurs tatouages. Bien que la pratique du tatouage soit encore relativement controversée au Japon, les tatoueurs traditionnels tels que Horikazu ou Horiyoshi iii voient leur influence diminuée peu à peu face à l’émergence de nombreux tatoueurs au style moderne.
C’est justement ce respect du style traditionnel japonais que les amateurs viennent chercher auprès de cette famille mythique du tatouage.


Horikazu sensei is a Japanese traditional tattoo master, based in Asakusa. He is known among local people for a great balance of his bodysuits and incredible details of tattoos done by him or by his son Horikazuwaka. Number of traditional tattoo masters is decreasing with a wave of modern tattoo shops in Japan, however this family doesn’t follow any modern trend what is still appreciated by many clients.


http://www.enmodefashion.com/horikazu-tatouage-traditionnel-japonais






Tattooisme Tome 1

 

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    •    Chris Coppola (Auteur)
    •    Type : Livre
    •    Editeur : Herscher
    •    Date de sortie : 06/10/2011
    •    Note des internautes : pas de note 


    •    Description TATTOOISME
    •    
    •    Ce mot peut définir tout ce qui touche au tatouage et en faire un courant, une tendance et une définition. Ce qui était vu comme la marque de l'infamie, le rejet social, l'appartenance à un groupe, un milieu ou à une identité revendiquée, est considéré aujourd'hui comme un art entier et vivant. Mais le tatouage évolue, progresse et subit une mutation, disons artistique, ainsi que sociale. Mieux accepté, devenu aussi le frisson à la mode avec ses dérapages et son élite qui prend le train en marche, le tatouage n'en déborde pas moins d'imagination et brise son enclave. Cet art de la peau influence d'autres courants, étendant ainsi son image, son attitude et son style de vie indélébile sur un vaste horizon visible au quotidien, sur des personnes vivantes bien sûr, dans les médias encore et depuis un certain temps dans les galeries d'art, remplissant les collections privées. Le tatouage s'offre une fugue, sort des sentiers battus et découvre un terrain vierge qui est à la fois la base et la continuité logique : peinture, illustration, graphisme, customisation d'objets, design, dessin, collage, sculpture, etc... Cette évolution ne s'est pas faite sans la participation et la dévotion de certaines personnalités, artistes, tatoueurs revendiqués ou non, que vous trouverez dans les pages de Tattooisme. Offrez-vous le plaisir de découvrir ce qui anime le tatouage d'aujourd'hui. 192 pages et plus de 400 photos dans un artbook tout simplement essentiel !






Tattooisme - Tome 2

 

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Chris Coppola, Frédéric Claquin, Kitiza
    •    Herscher
    •    Relié
    •    Paru le : 01/02/2013
    •    
Après le succès de Tattooisme, premier du nom, les auteurs sont de retour avec une nouvelle sélection, plus internationale, plus percutante, incluant de véritables artistes de premier plan. L'ouvrage est visuellement graphique, exhaustif en termes de thématiques couvertes (influences et style de tatouage). Ces 30 artistes n'ont rien à envier à leurs collègues ayant faits les beaux jours du premier ouvrage car, dans cette sélection, on compte aussi bien des légendes comme Filip Leu, Grime, Jondix et beaucoup d'autres pointures internationales.
Les artistes : Alix Ge (France), Amanda Toy (Italie), BBR (France), Blaise (France-Allemagne), Veenom & Jaykill (France), Filip Leu (Suisse), Gerhard Wiesbeck (Allemagne), Grime (Usa), Henrik (France), Jack Ribeiro (France), Joey Ortega (Usa), Jondix (Espagne), Luke Atkinson (Uk-Allemagne), Mike ATS (France), Mike Davis (Usa), Mister P (Belgique), Mistericol (France), Naoki TNS (Japon), Olivier Glamort (France-Canada), Sadhu (France), Sailor Kea (France), Steph D (France), Stephane Chaudesaigues (France), Ty McEwen (Usa), Volko & Simone (Allemagne), Jürg (Belgique), Guy le Tattooer (France), Pooch (Usa), Pol (Canada), Brian Morris (Usa).







SKIN GRAFF

 

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Détails sur le produit
    •    Relié: 240 pages
    •    Editeur : Prestel (5 mars 2013)
    •    Langue : Anglais
    •    ISBN-10: 3791346636
    •    ISBN-13: 978-3791346632
    •    Dimensions du produit: 28,7 x 24,6 x 2,5 cm





TATOOS

 

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Détails sur le produit
    •    Broché: 290 pages
    •    Editeur : Rizzoli International publication (28 septembre 2011)
    •    Langue : Français
    •    ISBN-10: 0847837327
    •    ISBN-13: 978-0847837328
    •    Dimensions du produit: 21 x 20,8 x 2,6 cm


Résumé
Cette présentation des réalisations des vingt plus grands artistes actuels du tatouage à travers le monde permet de découvrir les tendances graphiques actuelles. Le travail sur le corps humain est mis en parallèle avec les réalisations sur la toile ou le papier. L'introduction éclaire la portée de ce phénomène actuel.


Payot-L'Hebdo
«Alive Tattoo Portraits» et «Tattoos» rappellent que tout n’est que vanité. Derrière la naïveté se cache une certaine gravité. Aucun hasard si l’un des artistes s’appelle «Bosch».
Deux livres mettent le tatouage à l’honneur: l’un en se centrant sur les oeuvres, l’autre sur la personnalité des tatoués. Le premier, Tattoos (250 illustrations), anthologie sélective du tatouage contemporain, permet au lecteur de découvrir le travail de vingt-deux artistes à travers le monde. C’est le style «old school» qui est privilégié: rétro et ludique, il ravive l’esprit délicieusement suranné des tatouages des années 30... Pour mieux le pervertir. Jeu de tarot. Du regard, le lecteur effleure des peaux ornées de mystérieux symboles cabalistiques. Ici et là, des animaux s’ébattent sur des avant-bras (chouette, agneau, hirondelle, chat portant monocle et chapeau...), et font penser aux premiers dessins animés. Ajoutez à cela des paysages (une tour Eiffel), et des guirlandes de roses rouge sang. A lui seul, l’art de Steve Byrne résume bien le «old school». Bohémienne, coeur ardent, oeil de la Providence... ces symboles fétiches évoquent des fêtes foraines fermées depuis longtemps, ou des jeux de tarot. A l’origine de cette anthologie, Joseph Ari Aloi, alias JK5, ancien tatoueur new-yorkais passé à l’ennemi (c’est-à-dire devenu développeur de projets marketing incluant émissions de télévision et prêt-à-porter). S’il ne tatoue plus, JK5 n’en demeure pas moins un guide de choix pour nous faire visiter l’archipel du «old school».
Car chacun décline le genre à sa façon. Sur la peau, de multiples influences se mêlent: les films hippies du Californien Kenneth Anger, le tatouage japonais, le tag, les BD cauchemardesques d’un Charles Burnes ou l’art abstrait... Et chaque artiste a développé son ton propre. Ainsi, les aiguilles de la New- Yorkaise Amanda Wachob deviennent pinceau, et ses oeuvres s’apparentent à de délicates touches d’aquarelle. Aux côtés des travaux d’aiguille de chacun, on découvre aussi des créations sur d’autres supports (croquis, dessins ou peintures). Façon de rappeler qu’avant d’être des artisans, ce sont avant tout des artistes. Purs et durs. Ces images touchent par leur fantaisie, lointains rappels des tatouages des marins, premiers à avoir diffusé cet art à travers le monde, au gré de leurs escales. Si cette pratique est restée longtemps liée à la classe ouvrière et mal perçue socialement, elle s’est largement démocratisée aujourd’hui. Surtout, les femmes s’y sont mises! Faire graver sa peau est, de surcroît, devenu tendance. Las! Le marché s’en est emparé (le maître «old school» américain Ed Hardy a vendu son art à l’industrie du prêt-à-porter). Mais dans Tattoos, rassurez-vous, on revient aux fondamentaux, aux images qui troublent, dérangent parfois, malgré leur chromatisme enjoué. Des monstres ont également investi les épidermes. Est-ce un hasard si l’un des tatoueurs s’appelle «Bosch»? Sa spécialité: boucs sataniques, oiseaux anthropomorphes et Vikings revenant de l’au-delà... Derrière la naïveté se cache une certaine gravité. Sur ces fragments de corps devenus canevas, se multiplient les symboles du passage du temps: des horloges et des sabliers, la Mort personnifiée armée de sa faux, des crânes avec leur lot d’asticots... Le tout dans des teintes chatoyantes et avec la profusion joyeuse de l’art mortuaire mexicain. Comme si ces dessins, liés à la peau et donc éphémères, étaient tous des «vanités». Comme si ces marques permanentes voulaient avant tout nous rappeler notre finitude. Gueules cassées. Après avoir ausculté des mètres carrés de peau, on éprouve l’envie de contempler des visages. C’est l’objet d’un deuxième livre, Alive Tattoo Portraits, signé par le photographe de mode parisien Julien Lachaussée, collaborateur de la revue de référence suisse Sang Bleu. Sous son objectif, ses amis bodybuilders, bikers, stripteaseuses, skinheads ou videurs de club posent fièrement in situ. Cela donne 156 clichés drôles et sexy, qui reprennent les canons de la photo de mode en les pervertissant par une once bienvenue de mauvais goût. On y verra notamment le tatoueur parisien Tin- Tin posant sur un cheval, fier comme Artaban. Ces «gueules cassées» et ces mauvais garçons pour de faux arborent fièrement leurs tatouages devant l’objectif et nous font croire que la vie peut être encore «sex, drugs and rock’n’roll», même en 2011.
Julien Burri, Journaliste, L'Hebdo


https://www.payot.ch/Dynamics/Detail?ean=9780847837328

 

 

 

 

 

JK5  Joseph Ari Aloi livre

Joseph Ari Aloi AKA JK5: An Archive of Sketches, Tattoos, Drawings, Paintings, and Objects [Anglais] [Broché]

 

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    Détails sur le produit
    •    Broché: 208 pages
    •    Editeur : Universe (4 mars 2014)
    •    Langue : Anglais
    •    ISBN-10: 0789327236
    •    ISBN-13: 978-0789327239


Description de l' ouvrage
Date de publication: 4 mars 2014


La première monographie de célébrer le travail diversifié et éclectique de l'un des visionnaires du monde de l'art contemporain . Joseph Ari Aloi - aka JK5 - compulsif est un artiste pour qui chaque moment libre est une occasion de créer . Rassemblant son travail en tant qu'artiste bien avec les instincts et les références que la couleur de ses passions de tatouage et de l'art du graffiti , JK5 a une langue vernaculaire visuel large , texturé, et très individuelle . Que ce soit comme un peintre , illustrateur , calligraphe , ou concepteur, JK5 est préoccupé par la collision de thèmes personnels et révélatrices d'une profonde iconographie pop - culturelle , résultant dans un style puissant et facilement identifiables .

Cette monographie créativement conçu comporte un travail qui s'étend de la peinture sur toile à jouets en vinyle en plastique , de storyboards pour des films d'animation à des collages et des cartes à gratter , et de contours pour les travaux de tatouage à une vaste collection de carnets de croquis - chacun terminé avec une telle régularité qu'ils servent une sorte de journal artiste , enregistrer ses préoccupations changeantes et variables intérêts visuels . Edité par l'artiste - avec des contributions de collègues artistes Mike Giant et Kenzo Minami- et conçu pour refléter le livre d'artiste varie et la nature tactile de l'œuvre , c'est qui existera comme un objet unique et de collection à part entière autant que un record de la production remarquable de l'une des voix les plus prolifiques de l'art contemporain .






1000 TATOOOS

 

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L’art à fleur de peau


Exploration des tatouages d’hier et d’aujourd’hui
"Un livre à la fois fascinant et déconcertant dans lequel le corps humain est à chaque page offert au feu de l’imagination de chacun d’entre nous..." - Connexion, France

Que vous songiez à vous faire tatouer ou que vous soyez juste curieux de savoir jusqu’où les autres sont allés, voici le livre qu’il vous faut. Cette édition spéciale 25e anniversaire de Tattoos explore l’histoire de cet art dans le monde entier grâce à de nombreux motifs et photographies, des gravures du XIXe siècle au "body art tribal", des femmes de cirque aux motifs préférés des motards du XXe siècle et vous offre un aperçu fascinant de l’art du tatouage.
À propos des éditeurs:
L’historien d’art Burkhard Riemschneider dirige une galerie d’art à Berlin et a publié plusieurs monographies sur des artistes contemporains.

Henk Schiffmacher est considéré depuis des années comme l’une des stars du monde du tatouage et son atelier d’Amsterdam attire un nombre incalculable de pèlerins du tatouage. Il dirige également le Musée du Tatouage d’Amsterdam qui expose une partie de son impressionnante collection personnelle de pièces historiques et contemporaines.

http://www.taschen.com/pages/fr/catalogue/popculture/all/01876/facts.1000_tattoos.htm




 

 

 

 




Le copain de Doisneau


Robert Giraud (1921-1997), poète et chroniqueur de la rue parisienne, était le frère nocturne de Robert Doisneau et le copain de comptoir de Jacques Prévert. Après la publication de Monsieur Bob (Stock, 2009), la biographie qu’Olivier Bailly a consacré à ce prince de la nuit, ce blog continue d’explorer Bob Giraud et ses environs.

Tatoueur qui êtes-vous ? Rencontre avec Bruno, le plus ancien tatoueur de Paris
Publié le 25 octobre 2010

Il s'appelle Bruno. C'est facile à retenir. Bruno comment ? Bruno tout court. Les amateurs de tatouages le connaissent bien. Il s'est fait un nom avec son prénom. Bruno a ouvert sa boutique de tatouage il y a cinquante ans. C'est le plus ancien tatoueur de Paris.
Tatoueur patenté, on va dire, car bien sûr le tatouage n'a pas attendu Bruno pour exister. Mais dans sa boutique de la rue Germain-Pilon, à Montmartre, c'est un personnage qui a vu défiler des mètres carrés de peau d'hommes et de femmes, de toutes couleurs et de tous horizons, célèbres ou inconnues. Mais Bruno est un professionnel, n'attendez pas de lui des révélations sur sa clientèle.
Il y a bien longtemps que je voulais le rencontrer. Car Bruno a connu Bob Giraud, bien sûr, dont le livre Les Tatouages du milieu fait encore référence aujourd'hui.

 

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Ce qu'on sait moins c'est que le tatoueur a aussi écrit un bouquin mastard sur la question - Tatoués qui êtes-vous ? - épuisé depuis longtemps.
Un jour, passant du côté des Abbesses, je me suis décidé à descendre la rue Germain-Pilon. Bruno n'était pas là. C'est sa femme qui m'a répondu. Je lui ai expliqué que j'avais écrit un bouquin sur Robert Giraud, que Bruno l'avait connu et que j'aimerais le rencontrer. Elle m'a gentiment demandé de le rappeler dans la journée.
Il ne tatoue plus, malgré une main qui ne tremble pas, mais tient un magasin d'articles pour tatoueurs . Au téléphone, il était un peu bougon. Je connais ça. C'est comme un jeu. Il faut bien se faire désirer. Bruno, c'est quand même le roi des tatoueurs.
Un personnage historique. Et puis il m'a dit venez aujourd'hui, vers 16 heures. Combien de temps ça va durer, il m'avait demandé. Une demie-heure, mais ça dépendra de vos réponses. D'accord, une demie-heure, pas plus, j'ai du travail. C'était le 6 octobre, cinquante ans jour pour jour après l'ouverture de sa boutique.
Pour mieux le savourer, lire cet entretien avec l'accent montmartrois

Olivier Bailly : Vous avez ouvert votre boutique il y a cinquante ans...
Bruno : le 6 octobre !
OB : Jour pour jour ?
B : Pile ! Yes. Pour la saint Bruno
OB : Bruno, ce n'est pas votre nom
B : C'est mon nom commercial. Parce que j'ai toujours fait le distinguo entre la vie privée et la vie commerciale. Pour un tatoueur, il y a évidemment une certaine complicité et moi, d'abord par nature, et ensuite parce que je l'ai appris, j'ai compris qu'il fallait toujours garder les distances pour ne pas être compromis. Et donc j'ai toujours fait ce distinguo, voyez. Il y a la maison, il y a le boulot. Les choses sont bien sériées.
OB : Que voulez-vous dire par « compromis » ? C'est un métier plus risqué qu'un autre ?
B : Je crois qu'on risque dans tous les métiers si on a une nature à se laisser faire.
OB : Ce qui n'est pas votre cas, apparemment
B : Apparemment non. Je pense qu'il faut avoir les roubignolles pour tenir la route ! Evidemment il y a beaucoup de gens que je connais qui sont tombés, peut-être pas dans le stupre ni dans la fornication, comme aurait dit Brassens...[le téléphone sonne]. Oui, donc les tatoueurs... Vous recevez une clientèle très éclectique, variée, très ceci, très cela et donc vous devenez facilement complice si vous ne tenez pas les distances. Parce qu'il y en a qui vous diront « tiens j'ai pas de ronds, tu me fais un petit tatouage je te laisse ma montre ». Mais la montre a peut-être été piquée. Y' a eu toute cette époque où il y a eu de la drogue. Voyez il y a tout un tas de choses comme ça.
OB : Vous avez donc ouvert la première boutique de tatouage à Paris, et peut-être en France...


B : J'ai commencé en 1960, mais en fait j'ai ouvert le premier magasin, qui est au-dessus, dans la rue Germain Pilon, l'année d'après. J'ai commencé en Hollande pour faire ma formation avec un tatoueur en renom - Peter, à Amsterdam...
OB : Encore un prénom !
B : Toujours ! Ben oui, c'était la tradition des compagnons d'autrefois. Le compagnonnage du tatouage existait. Maintenant il y a des noms, il y en a toute une variété, mais autrefois vous aviez Warlich ou Herbert à Hambourg, Peter à Amsterdam... C'était toujours des prénoms. Et puis c'est bien passé comme ça. Mais rappelez-vous. Combien il y a d'artistes, César et tous ces gens-là...

OB : Donc Bruno fait son apprentissage chez Peter et ensuite ?
B : Ensuite il part en Allemagne avec Peter dans un camion que j'avais aménagé. On allaient dans les camps canadiens et américains. Et puis on a eu la police au cul tout le temps parce que les accords de Schengen n'existaient pas encore ! On n'avaient pas de laisser-passer. Donc c'était la course à l'échalote en permanence si bien que j'en ai eu marre. J'ai dis « moi ça m'emmerde, si je veux travailler c'est travailler dans la régularité et pas comme un malfrat. Alors on a retravaillé à Amsterdam avec Peter et de là je suis rentré sur Le Havre où j'ai rien foutu.
Je pensais que Le Havre c'était quand même un grand port, mais que les cargos ne stationnaient pas longtemps parce que les taxes de stationnement sont tellement chères en France qu'ils montent plus facilement sur Anvers où ça coûte le tiers ou le quart. Alors les marins ne descendent même pas à quai. Donc pas de boulot. Parce que les compagnies préfèrent donner une prime aux matelots qui donnent un coup de main au déchargement.
Alors ça c'est en 1960. Et c'est comme ça que je suis venu un jour sur le boulevard [de Clichy] avec mon camion et qu'à partir de là j'ai bien travaillé. Ça a bien marché. Et puis après j'ai ouvert une petite boutique parce que les flics sont montés dans le camion et m'ont dit « mais vous avez une licence ? ». Non, seulement un permis de conduire. « Non c'est pas ça, il faut une patente ».
OB : Mais le métier n'existait pas
B : Ah non, non, ça n'existait pas ! Alors je leur ai dit « écoutez moi je veux bien avoir tout ce que vous voulez, mais encore faut-il que je sache que ce que vous voulez. » Du coup comme ils ne savaient pas non plus, les flics, je suis allé boulevard du Palais et là on m'a interrogé. On m'a dit « mais qu'est-ce que vous faites ? ». Alors je leur disais « je fais du tatouage comme ci, comme ça ». Mais il faut que vous ayez une autorisation ! Parce que ça leur paraissait extrêmement curieux qu'un gars fasse du tatouage, sans casier judiciaire, avec l'irrégularité toute bête toute simple du citoyen lambda que j'étais et que je suis resté.
OB : Il faut préciser qu'en 1960 le tatouage ce n'était pas comme aujourd'hui
B : Ah c'était mal vu ! Je vous garantis que j'en ai vu rentrer dans la boutique pour me dire « c'est une abomination ce que vous faites. » Je vois pas en quoi c'est une abomination. Chacun étant libre de faire ce qu'il veut de son corps. Si j'avais un client qui voulait que je lui décore la partie la plus charnue de son individu je me demande bien ce que ça pouvait lui foutre !
 
OB : Qui venait se faire tatouer chez vous à cette époque-là ? Les marins, les taulards ?
B : Oui, ils venaient ! C'est que ça été long avant que ça démarre. J'ai passé des semaines sans voir un client. Et puis à deux heures du matin vous aviez un mec en goguette qui s'amenait pour se faire faire un tatouage et je faisais ma journée.
OB : Alors, qui venait ?
B : Des gars comme vous et moi. Vous savez j'ai jamais été analyste.
OB : Oui, mais enfin, vous avez bien une petite idée.
B : Non ! Pour être un mec heureux, vous occupez pas des oignons des autres. Chacun sa merde. Et à partir du moment où on se respect réciproquement tout ira toujours bien. Alors que vous soyez un malfrat, que vous soyez un matelot, que vous soyez qui que vous voulez, qu'importe. Tant qu'on se respecte c'est bon.
OB : Votre production est plus populaire que le livre de poche. Elle existe depuis cinquante ans, elle se promène partout dans le monde... Combien de gens avez-vous tatoué jusqu'à présent ?
B : J'en sais rien et puis j'ai jamais compté.

OB : A vue de nez ?
B : Je vous dirais assurément des bêtises. Parce que je pense que c'est pas un métier que l'on fait pour faire du chiffre ou du quantitatif. Il faut faire des choses qui vous plaisent. C'est en cela que peut-être des gens ont dit que j'étais artiste. Parce que je prends le temps d'aimer. Et être artiste c'est aimer faire ce que l'on fait. Et aimer les gens pour qui on le fait. Et puis respecter ceux pour qui on le fait.

OB : La question que j'aurais du vous poser dès le début c'est qu'est-ce qui vous a donné envie de pratiquer ce métier ?
B : Vous savez comme moi que les choses vous arrivent et que par le hasard d'une rencontre en Hollande j'ai rencontré, justement, le tatouage et que j'ai découvert-là un univers étonnant que je ne comprenais pas. Et j'ai voulu comprendre.
Alors je suis rentré, c'est comme ça que j'ai vu Peter, c'est comme ça que j'ai vu tout un tas de gens qui étaient comme moi, qui n'avaient pas la mine patibulaire à laquelle on s'attend. Parce que comme tout le monde j'avais des idées reçues.
Et finalement c'était des gens qui voulaient un tatouage. Mais nous avions à l'époque des mentalités différentes de celles d'aujourd'hui. A savoir que, qui que vous soyez, dans la mesure où vous me respectez, je vous respecte. Vous voyez. Vous étiez en panne quelque part on vous aurait dépanné tout de suite. Il y avait cette solidarité. Et la solidarité ça commence par le respect. Mais comme de nos jours les gens vivent tellement isolés les uns des autres et qu'ils ne se respectent plus et qu'ils n'en ont rien à foutre des autres... Aujourd'hui on ne se comprend plus !
A l'époque c'était différent. D'ailleurs à l'époque nous nous rencontrions, les tatoueurs. J'allais par exemple à Copenhague, en Suède, aux Etats-Unis, en Australie, au Japon, nous allions chez le confrère qui était le maître de la profession parce que c'était comme ça. Et puis il y avait le respect de « un par ville ».
OB : Ça a bien changé ! Combien y a t-il de tatoueurs aujourd'hui à Paris ?
B : J'en sais rien. J'en ai formé trois ou quatre cents, alors vous savez...C'est comme tout. Quand on a la chance d'exister par quelque chose ou pour quelque chose ça donne un sens à la vie. Et moi j'ai eu la chance de tomber sur ce créneau qui m'a fait exister.
OB : Qu'est-ce qu'on tatouait dans les années 60 ?
B : On tatouait des choses qui étaient bien en rapport avec les mouvements de l'âme. C'étaient d'authentiques tatouages et au sens étymologique tatouage ça veut dire « dessin spirituel ». Ça vient de ta atua qui en tahitien signifie dessin (ta) et divinité (atua). Alors la spiritualité est comprise là au sens le plus large. Pour certains le tatouage c'était l'engagement de légion. Il y avait une valeur, quelque chose de l'idée du rapprochement, de la famille. C'était presqu'incantatoire pour certains. On se faisait beaucoup de Christ à l'époque, ou beaucoup de figures religieuses, maintenant c'est terminé.
OB : Maintenant c'est quoi ?
B : Maintenant c'est de la merde ! Il y a de très beaux travaux qui sont faits. Je trouve que les jeunes font un excellent boulot.
OB : Sont-ils davantage aidés par leur matériel, plus sophistiqué que celui que vous aviez à l'époque ?
B : Non parce que c'est une autre forme de dessin. A l'époque nous c'était du symbole. C'était de l'art compartimenté. On remplissait, un peu comme dans le vitrail. C'est une évolution artistique. Maintenant c'est fini. Les gens partent dans des dégradés, dans des trucs qui sont au demeurant très jolis, mais d'une facture différente.
Il y a aussi, maintenant, et je ne sais pas si ça va tenir, le tribal. Que moi j'appelle le « troud'bal » parce que, si vous regardez bien ce sont des formes un peu simples, qui sont assez jolies, mais... Si un jour un gamin dit à son grand-père « dis papi, qu'est-ce que ça veut dire ton truc, là ? » il restera comme un con, ne saura pas dire quoique ce soit. Il dira c'est une bêtise de jeunesse, ça c'est l'éponge qui éponge tout, voyez. Mais en fait c'est pas vrai. On se fait pas un tatouage comme ça...Ou bien c'est par mimétisme ou bien c'est de l'embrigadement ou bien c'est de la connerie, mais on ne se fait pas un tatouage comme ça.

OB : Mais aujourd'hui se fait-on tatouer pour des raisons différentes que dans le passé ?
B : Absolument ! Il n'y a pas de définition maintenant. Combien vous avez de gens qui se sont fait tatouer parce que Johnny Hallyday s'est fait tatouer un aigle
OB : Vous l'avez déjà tatoué, Johnny ?
B : Ah...Je reste toujours assez discret. Renaud par exemple avait un poulbot sur le bras, j'ai fait ensuite une chiée de poulbots ! C'est la contamination.
OB : C'est une attitude très différente de celle des anciens tatoués ?
B : Les marins avaient un signe de ralliement, comme le compagnonnage. Dans les légions romaines, les hommes étaient tatoués. Les galons étaient tatoués, pour la plupart. Faut lire les livres sur le sujet.
Moi j'ai écrit un bouquin là-dessus : Tatoués qui êtes-vous ? Je lui ai filé une danse à l'éditeur. Parce qu'il m'avait piqué mon livre et il avait pas mis le nom de l'auteur. On a fait un cocktail. Je lui ai demandé pourquoi il n'y avait pas mon nom. Ah non, je ne vous connais pas, je ne veux pas vous connaître, il me répond. Ah, tu me connais pas ? Eh bien tu vas me connaître. Paf ! Je lui ai mis un marron, mais sucré ! Et devant la télé et tout hein !
Pour en revenir au livre, je pense qu'il était nécessaire, puisque j'avais une approche privilégiée des postulants au tatouage, de montrer et de dire que ce n'était pas forcément les mauvais garçons dont on parlait. Car les mauvais garçons étaient déjà soucieux à l'époque d'avoir des peaux de premières communiantes.
L'époque de Robert Giraud c'était les voyous qui étaient au chtar et qui eux affichaient directement soit une passion, soit une vengeance, soit une chose dont la matérialité était dans le pictogramme. On le voyait. C'était presque une carte d'identité. Tandis que moi, les tatouages que j'ai eu pratiqué, et les gens qui m'ont fait confiance là-dessus, c'était des gens qui ne le montraient pas. C'était leur vie, leur fond.

OB : Il y avait plus d'hommes que de femmes ?
B : Ah oui.
OB : Et ça a évolué ?
B : Maintenant il y a plus de femmes que de mecs. Il y avait 2% de femmes à l'époque. Maintenant c'est je pense au moins l'équivalent.
OB : Vous venez d'évoquer Bob Giraud. Vous vous souvenez de la première rencontre ?
B : Oui, je me rappelle qu'il est venu plusieurs fois. Il est venu une fois d'ailleurs avec le photographe, comment il s'appelle ce photographe...
OB : Doisneau ?
B : Doisneau ! Il m'a fait des photos, je ne sais pas ce que j'en ai foutues, il y en avait toute une série.
OB : Va falloir que je revienne vous voir pour que vous me les montriez !
B : Ah non ça m'emmerde, faut les chercher... Donc il était venu avec Doisneau. Un petit bonhomme gentil, Doisneau. Remarquez Giraud c'était pareil. C'était des mecs qui faisaient à peu près 1,65m.
Robert Giraud lui c'était un gars... On s'entendait bien. Je me suis bi

en entendu avec tout le monde. Quand ça allait pas on avait vite fait de se filer un marron et puis roulez jeunesse. Et donc Robert Giraud il avait déjà des idées préconçues sur le tatouage. Donc il ne venait pas au tatouage comme vous y venez. Là vous y venez avec la volonté d'entendre. Après vous en ferez ce que vous voudrez.
Robert Giraud, lui, il avait déjà des idées et disons que... On voyaient différemment. C'est pas pour autant qu'on ne s'estimaient pas. Mais pour lui c'était vraiment encore la marque d'appartenance à un milieu douteux. Il avait travaillé avec Jacques Delarue, le flic, là.
Donc ils avaient une optique bien précise et puis ils étaient partis sur les traces d'Edmond Locard, un grand bonhomme, de Lombroso, le criminaliste. Moi je trouve que Lombroso allait un peu vite dans sa manière de cataloguer. Et ce n'est pas parce que vous avez un tatouage que vous êtes forcément un criminel. D'ailleurs il parle de l'uomo criminale.
OB : Robert Giraud, dans les Tatouages du milieu, parlait d'un monde qui se terminait. Vous vous étiez dans un monde...
B : Qui commençait ! Absolument. Comme quand j'ai arrêté de tatouer il y a une dizaine d'années. Parce que j'ai eu un accident à l'œil à la suite d'une paralysie faciale. Et donc ça me gène un peu. Et quand je casse la croûte, je pleure. Alors les gens ne m'invitent plus ! Vous savez il y a des périodes.
Autrefois une génération c'était trente ans. Et tout est conditionné dans la vie par le 3 et par le 7. Donc j'ai fait mes trente ans. J'ai même fait du rab et maintenant je me suis lancé dans le matériel, à tort finalement parce que je suis plus emmerdé dans le matériel que je ne l'étais dans le tatouage. C'est devenu compliqué ce monde avec l'informatique et puis avec l'emmerdement de tous ces gens qui sont devenus des pouilleux, voyez. C'est vrai !
Vous voyez des petits mecs qui s'amènent, ils veulent faire du tatouage. Quand vous faites du tatouage il faut y aller, il faut mettre ce qu'il faut dans la sauce. C'est comme un cuistot qui... faut pas y aller à l'économie. Alors si vous n'avez pas de moyen, vous dites j'ai pas une thune ceci, cela et c'est mon rôle de vous aider. Mais si vous voyez un trou du cul qui vient ici et qui vous emmerde pendant des heures « moi je veux ceci, moi je veux cela », Oui, et tu fais du tatouage depuis combien de temps ? « Ben y'a six mois... » Tu me fais chier ! Ecoute un peu et si t'es pas mal je vais te donner un coup de main.
OB : Vous aviez quel âge quand vous avez ouvert votre boutique ?
B : J'avais vingt-deux ans. Non, vingt-trois : Et là j'en ai 73. Cinquante ans après, c'est pas compliqué. Si on a l'honnêteté de ne jamais admettre qu'on n'a jamais totalement raison on a des chances de ne pas avoir tort ! C'est une lapalissade. Confucius n'aurait pas dit mieux, je crois. Si, parce qu'il était pas con, celui-là. Quand je vois les jeunes qui font du tatouage, il y en a qui en font très bien, d'autres qui travaillent comme des salauds. Parce qu'ils vous parlent d'hygiène mais avec des machines à tricoter qui sont dégueulasses. Et ils viennent en me disant « vous pouvez pas me réparer ça ?» Je leur dis « attends, tu travailles avec ça ? »
OB : « Machines à tricoter » c'est de l'argot ?
B : Non, c'est moi ça. J'ai mon langage. C'est pour ça qu'on s'entendait bien avec Giraud parce qu'il s'y entendait au jars aussi. Vous comprenez un mec comme moi il va pas se mettre à prendre des allures de gazelle, hein ! Bon, j'ai la gueule que j'ai, j'ai fait ce boulot là, c'est un métier où j'ai eu la chance de rencontrer des gens de toutes conditions qui m'ont appris énormément. D'abord parce qu'ils étaient à poil. Il n'y avait plus ce paravent de vertu, de snobisme, de mensonge que souvent on a dans les relations modernes.
OB : C'est un peu comme chez le médecin ?
B : Et encore. Chez le médecin les mecs ils veulent toujours se mettre derrière un paravent. Tandis que là t'es à poil mon pote et puis tu me demandes de te faire ça. Et puis comme t'as les jetons t'es pas mal non plus. Voyez il y en a qui se ramènent, qui ont les bras comme mes cuisses et puis... ça amène des conditions relationnelles pures. J'ai eu la chance de rencontrer des gens dont certains étaient des souverains. C'étaient des rois. Des gens de la politique, du show business... Mais tout ce monde, plus ou moins pipeau à l'entrée, devenaient tout simple à poil. Imaginez De Gaulle aux chiottes vous allez voir, ça change tout !

OB : Le roi est nu
B : Exactement. Et il faut avoir l'honnêteté de vous dire que ce gars-là est un mec comme vous. Bon, son parcours est différent parce que la vie est ainsi et puis bon tant mieux ou tant pis pour lui.
OB : Fort de cette expérience est-ce que vous savez aujourd'hui pourquoi les gens viennent se faire tatouer ?
B : Toujours pas. Je vais vous dire pourquoi. D'abord j'ai pas voulu le savoir. Les éléments qui constituent votre vie c'est votre truc. Le fait d'essayer de gratter pour comprendre ça va te permettre de comprendre quoi, finalement ? Evidemment, quand on sait c'est mieux. Celui qui sait est libre. Mais en l'occurrence il est libre de quoi ? Autant je suis curieux pour la recherche, pour essayer de comprendre le fonctionnement de quelque chose, mais pour le reste je m'en fous. Et voyez, ça a un avantage, c'est qu'on passe partout. Si vous commencez à vous occupez de l'un de l'autre, etc., on se dit « tiens voilà l'abbé Pierre qui s'amène » !
OB : Passer partout c'est une condition pour durer ?
B : Absolument ! Et vouvoyer toujours. J'ai toujours vouvoyé. Et ça permet d'être étanche.
OB : Avec Bob Giraud vous vous vouvoyiez ?
B : Absolument.
OB : Et vous vous voyiez souvent ?
B : Ah, c'était la Butte Montmartre ! Tu passais tu t'asseyais, tu restais un quart d'heure, on disait deux, trois conneries et puis salut. C'était la vie. Montmartre c'était un village où les gens étaient moins cons que maintenant. Il y avait des gonzesses plein la rue. C'était marrant parce qu'elles avaient leur mode de vie. On se respectaient. Elles faisaient leur boulot. Elles avaient leur machine à laver, moi j'avais la mienne, chacun sa merde !
OB : Il y a un fanion de la légion dans votre boutique. C'est le votre ?
B : Non c'est un cadeau. Ah oui c'est un cadeau et il m'est cher. Parce que là j'ai rencontré des mecs, au sens noble du terme. Sans ambage. Qui étaient tous pour un. C'était du Dumas appliqué. Les légionnaires sont des gens qui finalement recherchent toujours l'affection de la camaraderie. La légion étrangère c'est vraiment la mal nommée.
Les légionnaires c'est quoi ? ce sont des cas qui sont venus de tous les horizons, qui font partie de toutes les conditions pour aller dans un endroit où ils avaient besoin de trouver la chaleur humaine. Mais ils avaient besoin aussi de sentir la sueur. De sentir la difficulté. Parce qu'ils existent à travers le champ d'honneur. Ils sont très valeureux et ils sont très proches les uns des autres. Et je dois dire que c'est quelque chose qui manque énormément à l'heure actuelle. Sur les porte-avions ou sur les bateaux, il n'y a plus cette solidarité qu'il y avait autrefois ou qu'il y a peut-être encore chez les sous-mariniers. Non...
Maintenant ce sont tous des sous-officiers, ils sortent des grandes écoles. On ne peut plus avoir des sous-mariniers et des hommes de troupe. Les armes sont devenues trop sophistiquées maintenant pour qu'on les confie à n'importe quel peigne-cul. C'est un métier. Comme dans les blindés, les cercueils roulants. Moi j'ai servi dans la cavalerie, mais j'aime beaucoup les chars d'assaut. C'est un peu con mon histoire d'aimer les chars d'assaut parce que je sais que finalement c'est très fragile un char. La moindre charge creuse il vous le fout en l'air. La légion c'est plus un souvenir de solidarité humaine qu'autre chose. Toujours l'idée du compagnonnage, voyez.
OB : On discute depuis 29 minutes et 56 secondes...
B : Ben on arrête !


http://robertgiraud.blog.lemonde.fr/2010/10/25/rencontre-bruno-ancien-tatoueur-paris-olivier-bailly/





Black Tattoo Art (Illustrated)
Marisa Kakoulas

 

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Ce livre étonnant est un voyage photographique à travers le monde de Bornéo à la Belgique, l'Argentine à Athènes, de New York à la Nouvelle-Zélande et au-delà à la recherche de l'art du tatouage d'avant-garde qui rend hommage aux racines anciennes de tatouage dans leurs interprétations contemporaines. Aucune autre publication a été commissaire de l'œuvre de tant de tatoueurs internationaux estimés de travail à l'encre noire et les rassemble en un seul volume glo-bale. Le voyage commence par un regard sur l'histoire du tatouage avant avec des portefeuilles de tatouage noir répartis dans les chapitres suivants: Neotribal, Dotwork, Art Brut, traditionnelle et néo-Thaï / bouddhistes. Textes en anglais et en allemand.

Product Details
    •    Hardcover: 536 pages
    •    Publisher: Editions Reuss (September 21, 2009)
    •    Language: English
    •    ISBN-10: 3934020712
    •    ISBN-13: 978-3934020719
    •    Product Dimensions: 12.5 x 10.1 x 1.7 inches

 

 

 

 

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24/01/2014
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