Alain YVER

Alain YVER

TATOUAGE JAPONAIS

TATOUAGE JAPONAIS

 

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http://www.keithtattoo.com/tatouage_japonais.php


http://tatouage-japonais.blogspot.fr/

 

http://tatouagedoc.net/forum/phpBB2/viewtopic.php?t=1202

http://www.lejapon.org/forum/threads/7167-tatoueur-japonais-%C3%A0-paris

 

A Lyon
http://www.keithtattoo.com/

 

 

 

Gotch - Kyoto
Je voulais vous faire part de l'arrivée d'un tatoueur d'Osaka à Paris (ancien chopstick tattoo d'america mura). Il s'appelle Gotch et travaille à Tribal act, 161 rue Amelot, 75011.
Pour les amateurs du genre c'est plus économique que de se payer un aller-retour au Japon!
Vous pouvez aller voir ses books, ils sont impressionnant.




Gotch - Kyoto
par Dead Like Me » 15 Septembre 2013
Un petit post pour présenter Gotch, tatoueur japonais qui vient de Kyoto au Japon mais qui vient régulièrement en France chez Tribal Act à Paris, et La Tannerie à Toulouse. Il bosse avec Gakkin chez Harizamai, dans un petit studio très sympa, à visiter si vous allez à Kyoto, quoiqu'un peu difficile à trouver même s'il est situé dans le centre de la ville.

Il fait beaucoup de japonais (nooon... sans dec') mais à sa manière et retraite certains thèmes avec une touche très personnelle comme des gros traits faussement foirés et un remplissage des fond différent de ce qu'on voit d'habitude.
Fan de salamandres (il en a dans un aquarium à l'accueil de son shop) et de cul un peu crade, il essaye d'en placer au maximum dans ses compos. Il ne faut pas hésiter à le mailer, il parle anglais (un peu) et français (des bribes) mais est très ouvert et sympa.

Le site web: Harizanmai

Quelques images valant mieux qu'un long discours, place aux photos!

http://www.lejapon.org/forum/threads/7167-tatoueur-japonais-%C3%A0-paris

https://www.facebook.com/media/set/?set=a.161236192259.131081.33968872259&type=3

http://www.madeintokyo.fr/tag/gotch/



 

 

Très connoté au Japon, le tatouage est également une pratique fortement ritualisée dont les origines remontent à des milliers d'années avant notre ère...
Irezumi, horimono, bunshin... il existe actuellement au Japon un certain nombre de termes pour désigner la pratique du tatouage. Bien que souvent synonymes, ces expressions recoupent cependant quelques différences :
- Horimono (de « horu », 彫る "sculpture, ciselure") se rapporte à l'ensemble des tatouages ; à l'origine, il est employé dans le milieu des fabricants de sabres pour désigner la technique qui consiste à graver des motifs sur la lame.
- Irezumi désigne le tatouage traditionnel, celui qui recouvre une partie ou l'ensemble du corps. Ses kanjis (入墨 ) signifient "insérer de l'encre". A la différence de l'horimono, l'irezumi recoupe un sens plus péjoratif et discriminatoire.
- Bunshin est une prononciation alternative d'irezumi: écrit 紋身 , il se traduit par "motifs corporels". On lui prête un sens plus ésotérique qu'irezumi qui reste plus couramment employé.

Histoire du tatouage

Epoque Jômon (14 000-300 avant J-C)

Les tribus aïnous se sont particulièrement familiarisées avec la pratique du tatouage, et ce dès l'ère Jômon. La tatouages aïnous se faisaient sur l'ensemble du visage, mais également sur les mains, aussi bien pour des raisons esthétiques, claniques, que religieuses, mais également pour spécifier la maturité sexuelle ou pour indiquer le statut social de la personne. On avait ainsi coutume de croire que le tatouage possédait des vertus thérapeutiques et que les parties du corps tatouées étaient protégées contre la maladie.

Mais il était surtout très pratiqué chez les femmes de cette tribu qui se faisaient parfois tatouer dès l'âge de 6 ans. Les épouses étaient tatouées au visage, avec un symbole en forme de moustache juste au dessus des lèvres.

Tatouage d'épouse aïnou

D'une manière générale, le tatouage féminin était considéré comme une ceinture de chasteté par les tribus aïnous, en particulier pour préserver les femmes des rapts japonais qui intervinrent au fil des siècles suivants; conscients de la mauvaise réputation qu'avait gagné le tatouage auprès des Japonais, et en particulier de leur aversion prononcée pour les femmes tatouées, les Aïnous des îles Ryukyu pratiquaient le tatouage féminin de manière à protéger leurs femmes de ces rapts qui les faisaient atterrir dans les maisons closes japonaises.

Il s'est pratiqué durant longtemps jusqu'à nos jours, en dépit des interdictions successives.

Période Yamato (IIIe-VIIIe siècle)

S'il est fait mention de tatouages dès l'ère Jômon chez les tribus aïnous, c'est plus spécifiquement dans les tombeaux de l'ère Kofun (IIIe-VIe siècle) que l'on retrouve des statuettes en argile "tatouées", les haniwa,

Figurines Haniwa
qui avaient probablement pour fonction d'accompagner et de protéger le défunt dans l'au-delà.

Une des premières mentions précises du tatouage se trouve dans un livre d'histoire chinois du IIIe siècle, le Gishi Wajinden, dans un chapitre consacré à l'histoire du Japon (autrefois appelé Wa):

Les hommes de Wa tatouent leur visage et leur corps de symboles. Ils aiment la pêche sous-marine de poissons et de coquillages. Il y a longtemps, ils décoraient ainsi leur corps afin de se protéger des gros poissons. Par la suite, ces symboles devinrent décoratifs. Les peintures corporelles diffèrent d'une tribu à l'autre. La position et la taille du symbole dépend du rang des individus. Ils étalent du rose et du rouge sur leur corps tout comme nous autres Chinois utilisons de la poudre.

Dans le courant du VIe siècle, la diffusion du Bouddhisme et de la culture aristocratique chinoise au Japon apportèrent avec eux une vision négative du tatouage. Les élites chinoises considéraient en effet cette pratique comme barbare, dans la mesure où le tatouage était pratiqué pour isoler un membre du reste de la communauté en lui tatouant l'idéogramme de de sa faute sur le visage. La forte imprégnation de la culture chinoise qui prédomina à partir de là et pour plusieurs siècle parmi les élites japonaises fixa le lien établi entre tatouage et criminalité.

Epoque de Nara (710-794)

Le Kojiki (712) établit plus clairement les lois concernant le tatouage: il en existe ainsi deux types, le premier réservé aux hommes de haut rang, et le second aux criminels. Ce dernier, très souvent visible, se diffusa à grande échelle, et contribua à bien distinguer la population criminelle du reste des habitants. Les tatoués étaient qualifiés d'eta (villageois, puis par extension hors-la-loi), ou de hinin (non-humain)

Epoque Sengoku (mil. XVe-fin XVIe siècle)

Cette époque fortement marquée par les guerres entre daimyos vit se diffuser la pratique du tatouage chez les samouraïs comme moyen d'identification. Le motif du clan tatoué sur la peau permettait ainsi de reconnaître les guerriers morts au combat, dans la mesure où les vainqueurs coupaient souvent les têtes de leurs ennemis vaincus et où les armures étaient emportées comme butin, ou simplement volées.

Epoque d'Edo (1600-1868)

Cette époque fut centrale dans l'évolution et la considération du tatouage. Il se divisa en trois types distincts : le tatouage de corporation, le tatouage décoratif et le tatouage pénal.

Le tatouage corporatif se pratiquait depuis longtemps chez certains corps de métiers tels que les pompiers qui avaient pour coutume de se faire tatouer un dragon, divinité aquatique, pour les protéger des dangers du feu. Il était également répandu chez les tireurs de pousse-pousse, les jinrikisha.

Mais c'est plus particulièrement chez les yujos (prostituées légales)

Yujo en train de se faire tatouer (années 1930)
et les geishas que la pratique de ce type de tatouage devint très répandue. S'il existait déjà chez cette catégorie sociale, il fut institutionnalisé à l'époque d'Edo sous le nom d'irebokuro. Ce terme, qui signifie « insérer (ireru) un grain de beauté (hokuro/bokuro) », désignait pour les amants le fait de se faire tatouer à la base du pouce un point ou un symbole de manière à ce que, lorsque leurs mains étaient réunies, ces deux motifs n'en formaient plus qu'un. Cette pratique existait également dans les relations homosexuelles entre prêtres et jeunes hommes.

Une variante de l'irebokuro, le kishibori, consistait à se faire tatouer le nom de la personne aimée accolé à l'idéogramme de « vie », et était considéré comme la marque d'un amour éternel. Les yujos se faisaient ainsi tatouer le nom de leur amant, que ce soit pour flatter le client qui les ferait accéder à un grade supérieur, ou simplement pour manifester un amour privé et sincère. Ce tatouage était le plus souvent réalisé sur la partie intérieure du bras, près de l'aisselle.

Ces deux types de tatouage étaient considérés comme dégradants par les courtisanes et les geishas de luxe qui refusaient de le pratiquer ; elles y étaient néanmoins contraintes par certains de leurs riches clients qui désiraient voir tatouer leur nom sur elles. Cependant, la majorité d'entre elles étaient averties du procédé permettant d'effacer ces tatouages à l'aide de feu et d'une herbe séchée appelée moxa. Il était ainsi courant que ces femmes se fassent poser et retirer un tatouage à mesure que leurs clients se renouvelaient.

La pratique de ce type de tatouage « sentimental» fut interdit par le gouvernement Tokugawa, dans la mesure où il s'inscrivait dans un schéma de manifestations amoureuses (se faire tatouer, se couper les cheveux ou l'auriculaire, s'arracher un ongle...) qui culminait souvent avec la pratique du shinju, le suicide rituel des deux amants.

Le tatouage « décoratif » s'est construit en symbiose avec l'attrait pour les quartiers de plaisirs où coexistaient prostitution, théâtre Kabuki, poésie, littérature et art, notamment l'Ukyo-e, qui se développa dans les années 1650 avec l'impression sur blocs de bois. Mais ce n'est réellement que dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, avec la traduction du Suikoden

Héros du Suikoden
, que le tatouage décoratif prit son essor. Ce roman d'aventure chinois relatant les exploits de bandits de grands chemins fut une source majeur d'inspiration dans le renouveau du tatouage. Fascinés par leurs exploits, on se faisait tatouer leur figure héroïque, ainsi que des symboles récurrents dans l'oeuvre, tel que le dragon, le tigre... Les artistes de l'Ukyo-e qui illustrèrent cette œuvre contribuèrent à sa renommée auprès des individus et donnèrent au tatouage un style bien précis. Certains thèmes chers à ces estampes servirent également d'inspiration aux tatouages, et notamment des scènes issues des quartiers de plaisirs.

La tradition du tatouage intégral ou semi-intégral telle que nous la connaissons aujourd'hui s'est développée à la même époque avec les vestes de samouraïs appelées jimbaori (veste sans manches facile à passer sur une armure). Des héros ou des faites glorieux étaient représentés sur le dos de ce vêtement ; mais la rigidité hiérarchique qui touchait les catégories sociales s'appliquait aussi aux habits, et il était interdit aux gens du peuple de s'afficher avec un kimono ou avec ce type de veste, qui étaient l'apanage des castes de haut rang.

Pour pallier à cette interdiction, les gens du peuple adoptèrent le tatouage décoratif comme élément de mode. Il fut rapidement très en vogue, en particulier parmi les artisans qui travaillaient souvent dévêtus, et affichaient fièrement leurs tatouages pour se distinguer. Cet intérêt populaire contribua à l'explosion du métier de tatoueur au début du XIXe siècle. En dépit des interdictions successives du gouvernement, le tatouage décoratif se maintint dans les milieux artisans.

Le tatouage pénal est institutionnalisé en 1720, afin de remplacer les peines d'amputation qui frappaient les criminels. Reprenant les bases posées par le Kojiki, le tatouage punitif stigmatisa une partie des individus qui par la suite se regroupèrent autour des clans de yakuzas, d'autant plus naturellement que la marque de leur délit les prenait dans un cercle vicieux : ostracisés par la société et ayant perdu tout espoir d'y retrouver une place, les hors-la-loi s'enfonçaient d'autant plus dans le crime, de sorte qu'au final la population les redoutait encore davantage. A leur sortie de prison cependant, un certain nombre de criminels faisaient appel à des irezumishi pour camoufler leur tatouage pénal sous un autre motif (fleurs...). Les maîtres tatoueurs aussi bien que leurs clients étaient considérés comme des yakuzas ou des hors-la-loi.

Si la pratique du tatouage punitif fut abolie en 1870 sous le gouvernement Meiji, elle marqua durablement les représentations qui associent encore aujourd'hui tatouage, yakuza et criminalité.

Epoque Meiji (1868-1912)

Cette ère vint renforcer les interdictions qui touchaient la pratique du tatouage, en particulier avec l'ouverture du pays sur l'Ouest. Pour les contemporains, l'accès à la modernité se manifestait par l'adoption d'un style occidental, et le tatouage fut plus que jamais considéré comme une pratique régressive et barbare, incompatible avec ces idées nouvelles. Le tatouage, y compris pénal et aïnou, fut définitivement interdit en 1870.

Mais paradoxalement, tandis que du côté japonais le tatouage était frappé d'illégalité, du côté occidental il devint au contraire très à la mode, d'autant que l'interdiction de 1872 ne s'appliquait pas aux étrangers. Fascinés par cette pratique, nombreux furent les Européens qui décidèrent de se faire tatouer, en particulier parmi les élites : le duc d'York et le tsarévitch (les futurs George V et Nicolas II) se firent tatouer. Ce nouvel engouement occidental redonna du travail aux maîtres tatoueurs et leur permit en particulier d'exporter leur art en Europe et aux Etats-Unis par l'intermédiaire des marins, également tatoués.

Les Japonais et le tatouage de nos jours

L'interdiction du tatouage fut finalement levée en 1948 ; néanmoins, en raison de la longue conception négative dont a hérité cette pratique, il est encore considéré comme tabou aujourd'hui, de telle sorte que de nombreux lieux sont interdits aux personnes tatouées (l'exemple le plus fameux reste celui des bains publics)

Il l'est d'autant plus que les représentations actuelles l'associent aux groupes de yakuzas

Yakuzas tatoués
qui l'ont depuis longtemps adopté comme signe de reconnaissance. Un tatouage complet de yakuza est long, douloureux et très cher à réaliser. En cela, il est un symbole à la fois de virilité, d'endurance, de force et de courage, mais également de loyauté à la cause et de solidarité entre les membres. C'est la marque indiquant que l'individu a choisi d'endosser un rôle dans la société parallèle du crime.

Si dans les années 80 on donnait habituellement le chiffre de 73% pour indiquer le pourcentage de yakuzas tatoués, ce chiffre est en partie à remettre en cause de nos jours, dans la mesure où cette organisation criminelle elle-même commence à prohiber le tatouage. Cette impulsion vient notamment de la nouvelle génération yakuza qui n'est pas prête à mettre autant de temps, de souffrance et d'argent dans un tatouage, et qui préfère adopter un motif occidental simple, plus rapidement réalisé avec des moyens modernes (le « Tatuu », terme japonais pour distinguer le tatouage occidental de l'irezumi). Certains choisissent parfois même de ne pas être tatoués du tout.

Ces 20 dernières années les lois contre la criminalité ont été renforcées au Japon, de telle sorte que les gangs yakuzas ont perdu une large partie de leurs revenus et de leur influence. Certains d'entre eux ont notamment choisi de réintégrer la société, et ont de fait été amenés à se faire retirer leur tatouage qui tend à ne plus être considéré comme une marque de solidarité ou de courage. Il peut arriver que les boss de certains gangs interdisent purement et simplement à leurs membres de se faire tatouer.

S'il est en perte de vitesse chez les yakuzas, il reste en revanche très apprécié chez les companions qui exercent dans les Soaplands. Ces endroits, qui couplent bains turcs et maison de passe, ont vu le jour en 1957 lorsque la prostitution sur la voie publique est devenue illégale au Japon et que les bordels ont poliment été reconvertis en bains. Ces maisons de bains, qui ne sont en aucun cas à confondre avec les bains publics, tolèrent le tatouage chez leurs employées, les fameuses companions, qui lui prêtent un fort potentiel érotique.

En dehors de ces deux organisations que sont les yakuzas et les milieux de la prostitution, on constate plus récemment que le Tatuu a gagné en popularité, notamment chez les jeunes femmes. A la différence du tatouage intégral, ce type de tatouage occidental est beaucoup moins connoté et donc en général mieux accepté dans la mesure où il est davantage perçu comme un phénomène de mode.

Techniques et symboles

Techniques de tatouage

La réalisation d'un tatouage commence par une consultation auprès d'un maître tatoueur pour définir le motif. Après avoir dessiné les contours du tatouage au pinceau, on procède à la coloration et à l'ombrage : les contours sont fixés à l'aide de deux ou trois aiguilles, alors que certaines zones d'ombrage demandent d'employer jusqu'à 30 aiguilles. Autrefois, l'outil sur lequel elles étaient fixées pouvait être en bambou, en ivoire ou en bois ; mais depuis la modernisation des pratiques les tatoueurs ont recours à un manche en métal.

Cette technique traditionnelle consiste à se faire tatouer à la main (pratique dite du tebori)

Tebori, pratique du tatouage à la main
, et demande un haut degrés de connaissances de la part du maître tatoueur, qui doit tenir compte du rendu qu'aura l'encre une fois insérée. Néanmoins, cette pratique tend de plus en plus à disparaître avec l'emploi d'un outillage moderne.

Parce qu'il est très long à réaliser, très coûteux et surtout très douloureux, nombre de clients interrompent la réalisation de leur tatouage tebori avant la fin. Certains, au gré de leurs déplacements ou de leurs moyens financiers du moment, sont amenés à interrompre des séances de tatouages avec un maître pour la poursuivre avec un autre, donnant lieu à des tatouages hybrides effectués par plusieurs tatoueurs.

Il existe une relation quasi rituelle entre ces derniers et leurs clients, au point que ce sont davantage ces maîtres tatoueurs qui décident qui ils acceptent de tatouer. Un client peut ainsi tout à fait être refusé par un maître qui ne l'a pas jugé digne, afin de ne pas gaspiller son œuvre.

L'évolution des techniques de tatouages doit beaucoup à l'actuel maître Horiyoshi III qui a combiné des techniques japonaises et occidentales, de sorte que le tatouage reste fait à la main même s'il se réfère à des techniques occidentales, notamment pour tracer les grandes lignes au dermographe électrique. Si ce dernier élément présente un léger gain de temps pour l'artiste, la pratique traditionnelle de l'irezumi à la main demande près de 5 ans de travail pour un tatouage intégral.

C'est en particulier dans le domaine de la stérilisation que l'évolution a été la plus marquante, et coïncide aujourd'hui avec ce qui se fait dans les milieux hospitaliers : les aiguilles sont désormais amovibles et individuelles, alors qu'autrefois elles étaient fixées au manche et réutilisables.

Concernant les couleurs, on emploie une encre noire indienne appelées sumi pour les contours ; quand au remplissage, il s'effectue à l'encre rouge, jaune, bleu ou indigo, mais également à l'encre de Nara, très courante, qui donne un effet bleu-vert sous la peau.

Il existe existe également le mythe plus ou moins avéré d'une encre « négative » qu'on emploierait pour le kakushibori (le « tatouage caché »). Réalisé à la base de blanc de plomb ou de poudre de riz, ce tatouage est censé être invisible en temps normal, mais apparaître lorsque la température du corps monte (bains chauds, exercice physique, relations sexuelles, alcool...). On l'appelle également l'irozumi, né d'un jeu de mot entre irezumi et le suffixe « iro » qui se rapporte d'une part à la couleur, de l'autre à tout ce qui a trait à l'érotisme. Cela étant dit, son existence semble parfois anecdotique, et peu de tatoueurs avouent connaître ou reconnaître cette pratique.

L'insertion d'une aiguille sous la peau en suivant le procédé du tebori est parfois si douloureuse qu'il est dit que des extraits de cocaïne sont parfois mélangés à l'encre pour atténuer la douleur sur des emplacements tels que l'aine, le pénis ou les aisselles.

Symbolique

Les maîtres tatoueurs actuels privilégient largement les éléments mythiques et historiques du Japon pour faire perdurer le goût et le respect de cette tradition auprès des jeunes Japonais. De ce fait, peu d'entre eux mélangent des motifs occidentaux à ceux de l'irezumi traditionnel.

Les dessins sont issus d'estampes de l'Ukyo-e (geishas, samouraïs...), de figures de la littérature populaire (Suikoden), mais également de thèmes religieux et mythologiques (divinités shintô, démons, bouddhas...), ou encore de motifs animaliers ou végétaux.

Parmi les thèmes les plus représentés, on retrouve notamment :

La pivoine
C'est un emblème masculin, considérée comme étant « le Roi des Fleurs ». Elle symbolise la richesse, la santé et la prospérité. Mais elle dénote aussi un caractère assuré, audacieux et fier.

Le chrysanthème
C'est une fleur solaire qui est officiellement un emblème impérial. Au Japon, l'Ordre suprême du Chrysanthème est la plus haute distinction qu'un dignitaire puisse recevoir. Ses pétales sont comme les rayons du soleil au centre desquels se trouve l'empereur. Le règne long et prospère de ce dernier est à l'image de cette fleur qui fleurit durant une longue période, même en hiver.
Selon le Tao, le chrysanthème marque la perfection dans la simplicité. A la différence des fleurs de cerisiers qui évoquent la beauté de l'instant éphémère, le chrysanthème est à l'image d'une vie longue et heureuse.

Tatouage de fleurs de cerisier


Les fleurs de cerisiers
Sans doute le symbole le plus fameux du Japon. Elles évoquent la fragilité de l'existence, la beauté sublime et éphémère, le sens du sacrifice et la conscience du destin. Elles sont ainsi également liée à un idéal guerrier, celui du samouraï qui se dévoue à la cause et dont la vie peut être fauchée à chaque instant. Ces fleurs sont à l'image de la pureté de l'existence prônée par le Bouddhisme, du détachement des biens matériels et d'une mort idéale, sans regret. O-hanami, le festival qui les célèbre, se réfère à la tradition du mono no aware, la contemplation des choses belles et simples de la nature.

Le lotus
C'est le symbole de l'éveil, de la révélation bouddhique. Son caractère est essentiellement religieux. Le lotus, qui fleurit dans la boue, est à l'image du combat de la vie contre la mort.

Les feuilles d'érable
Autre symbole privilégié avec les pétales de cerisiers soulevés par le vent, les feuilles d'érable sont quant à elles liées au temps qui passe, à la paix et la sérénité du cycle qui se renouvelle.

La carpe Koi

La carpe Koi, emblème du Kodomo no Hi

C'est un emblème masculin particulièrement célébré aussi bien en Chine qu'au Japon. La carpe Koi est reconnue pour sa force et sa ténacité à remonter les courants. Une légende chinoise raconte que lorsque ce poisson remonte le Huang He jusqu'à la source appelée la "Porte du Dragon", il est transformé en dragon lui-même. En cela, il est associé à l'ambition, la détermination, et à la capacité à surmonter les obstacles. La carpe Koi est si liée aux vertus masculines positives qu'elle en est devenue l'emblème officiel du Kodomo no Hi (le Jour des Garçons, le 5 Mai).

Le dragon
La symbolique du dragon est bien différente en occident et en orient. Les dragons asiatiques sont des créatures qui évoluent aussi bien dans l'eau que dans l'air, et qui peuvent invoquer la pluie. Ce sont des créatures sages et puissantes qui utilisent les forces de l'univers au profit des gens. Il indique la réconciliation des éléments opposés, la symbiose du yin et du yang. S'en faire tatouer un indique un caractère à la fois réfléchi, bienveillant et fort.

Tatouage de dragon

Les écailles colorées des dragons indiquent leur maturité, les jeunes dragons ayant des écailles monochromes. Un dragon avec la gueule fermée ne veut pas laisser le mal pénétrer en lui ; celui avec la gueule ouverte veut laisser le mal en lui s'échapper. Il tient souvent entre ses griffes un globe qui contient la quintessence de l'univers, et montre son contrôle sur l'eau, le vent, le feu, et parfois même les planètes. Il est le gardien de ces essences spirituelles contre ceux qui désireraient s'en emparer à de mauvaises fins.

Le tigre
Très connu en Chine comme étant l'un des gardiens des quatre Orients (Le Tigre blanc de l'Ouest lié au métal, le Dragon d'Azur de l'Est assimilé au bois, la Tortue noire du Nord représentant l'élément aquatique, et l'Oiseau vermillon du Sud pour le feu), le tigre symbolise la force, la longévité et le courage. Par sa puissance il repousse la mauvaise fortune, la maladie et les démons. Il n'est pas rare de voir un tatouage de tigre en train de combattre un Oni. Il est lié à l'Automne et au vent.

Le lion
Assimilé au Lion de Bouddha, cet emblème pré-existe comme figure protectrice dans le Shintô. Il chasse les esprits démoniaques et apporte santé et richesse. A l'instar du tigre, il symbolise force et courage.

Chiens Fu, ou Lions
La plupart du temps, la représentation des lions fonctionne par paire, comme on en voit souvent à l'entrée de certains temples : le lion qui se trouve à droite est un symbole masculin ; sa gueule est ouverte pour laisser échapper le mal en lui, et sa patte repose sur un globe qui représente les cieux et les lois du Bouddhisme. Celui de gauche est un emblème féminin, sa gueule est fermée pour empêcher le mal d'entrer, et sa patte est posée sur un lionceau qui symbolise la terre. Il existe une certaine confusion entre le lion et le chien, de telle sorte que le lion de la tradition chinoise est également appelé « Chien Fu ».

Le serpent
A l'instar du dragon européen, en Asie c'est le serpent qui garde les trésors. Il est souvent associé aux commerçants, apportant richesse et prospérité tout en éloignant la maladie, les catastrophes et la mauvaise fortune. Souvent considéré comme l'incarnation des ancêtres sur terre, il était autrefois vu comme un signe de chance de trouver un serpent dans sa maison.

Le phénix
L'oiseau mythique par excellence, symbole d'immortalité et de résurrection. Il représente le renouveau de l'âme, la renaissance au sein même de la vie et le triomphe sur la mort. Tout comme le dragon, il représente l'union du yin et du yang, et c'est pourquoi il est traditionnellement associé en Chine au mariage.


Exemple d'une Namakubi
Namakubi
Cette tête décapitée symbolise le courage, l'honneur, la menace, et l'acceptation du destin. Elle veut inculquer à celui qui la voit le sens du respect, et montrer à ceux qui ne vivent pas droitement la punition qui les attend.

Le masque Hannya
La Hannya est à l'origine une créature du folklore japonais, le fantôme d'une femme vengeresse.

Tatouage Hannya
Par la suite, le masque Hannya a été utilisé dans le théâtre Nô : plus sa couleur était intense, plus les sentiments auxquels il se référait étaient dévorants. Se faire tatouer un masque Hannya indique la profondeur et la violence des sentiments, mais également le contrôle que l'on souhaite exercer sur eux.

 

LES IMAGES ICI
http://www.nautiljon.com/culture/coutumes+-+rituels-6/le+tatouage+japonais-108.html





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Tatouage japonais :

modèles et symboles du tatouage japonais


Culture Tatouage | 16 janvier 2012 |


Tatouage japonais : symbolique et histoire
Autre figure majeure du tatouage asiatique avec le tatouage chinois, le tatouage japonais est l’un des styles majeurs de cet art.
Aussi populaire en occident qu’il est craint au Japon, le tatouage japonais véhicule de nombreux fantasmes car il est principalement lié aux Yakuzas, la mafia japonaise.

Un historique du tatouage japonais
Au Japon, on parle de irezumi pour désigner ces tatouages traditionnels qui recouvrent de larges parties du corps.
Ces tatouages sont de véritables oeuvres d’art et prennent souvent plusieurs années à être terminés.
Bien que le tatouage japonais soit aujourd’hui un signe distinctif des Yakuzas, son histoire est bien plus ancienne et remonte au temps où les pêcheurs japonais se tatouaient le visage pour se protéger des esprits maléfiques.
Tatouage japonais et yakuza
Les Yakuza sont responsables en grande partie de cette image qu’à le tatouage japonais à l’heure actuelle.
On estime à 73% le nombre de yakuza qui serait tatoués. Cette étape était considérée comme un test d’endurance et de courage et les tatouages qu’ils se faisaient faire étaient très codifiés.
Aujourd’hui, les nouvelles générations de yakuza se font de plus en plus faire un tatouage de type occidental, plus rapide, moins douloureux et bien moins cher.
Au Japon, le tatouage reste un élément de discrimination au sein de la société.
Un véritable paradoxe quand on sait que certains Yakuza se font aujourd’hui retirer leurs tatouages, par souci de discrétion, alors que bon nombre d’occidentaux arborent désormais des tatouages de style japonais.
L’influence occidentale fait ainsi que cette discrimination des tatouages se fait moins importante.
Toutefois, vous trouverez encore dans de nombreux bains publics une affiche interdisant l’entrée à ceux qui portent un tatouage.
Le tatouage intégral

L’idée du tatouage intégral japonais vient du costume de samouraï appelé jimbaori, un manteau sans manche.
C’était une veste très facile à mettre par dessus une armure. Sur le dos du jimbaori était peint le motif préféré du samouraï. Ils avaient une nette préférence pour les héros, les dieux gardiens ou les dragons.
Les premiers tatouages japonais se firent donc sur le dos et ils s’étendirent progressivement aux épaules, aux bras, aux cuisses, pour finir par recouvrir le corps entier.
Le tatouage japonais est également très codifié et sa réglementation suit des règles strictes.
Kame-no-Koh ou turtle back recouvre l’ensemble du dos jusqu’à mi-cuisses.
Donburi Soushinbori représente le corps entièrement tatoué de la base du coup aux poignets et aux chevilles.
Hikae représente un tatouage recouvrant l’épaule et le pectoral.
Glossaire et symbolique du tatouage de style japonais
De façon générale, Irezumi désigne le tatouage traditionnel intégral japonais. Celui-ci peut s’étendre du cou, jusqu’au bas des fesses, sur la poitrine et sur les avant-bras. Il peut également complètement recouvrir le corps à l’exception du visage, des mains et des pieds.
Kakushibori : tatouer près des aisselles, l’intérieur des cuisses et autres parties « cachées » du corps.
Sujibori : désigne le contour du tatouage.
Hikae : tatouage englobant la poitrine
Nagasode : tatouage du bras jusqu’au poignet
Shichibu : tatouage couvrant 7/10e du bras jusqu’à l’avant-bras
A l’image du tatouage chinois, les images présentes dans les tatouages traditionnels japonais ont une signification particulière.
La pivoine: symbolise la richesse et la bonne fortune ;
Le chrysanthème: fermeté et détermination ;
La fleur de cerisier: symbolise le caractère éphémère de la vie ;


Quelques exemples de tatouage japonais
http://www.culture-tatouage.com/tatouage-japonais/





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Irezumi

Irezumi (入れ墨, 入墨, 紋身, 刺花, 剳青, 黥 ou 刺青 ?) désigne une forme particulière de tatouage traditionnel au Japon, qui couvre de larges parties du corps, voire son intégralité. Il peut s'étendre du cou jusqu'au bas des fesses, sur la poitrine et sur une partie des avant-bras2. On utilisera plutôt le terme horimono3 pour désigner l'ensemble des styles4. À l'heure actuelle, l'irezumi, et le tatouage en général, est considéré par une majorité de japonais de manière négative, comme étant une marque d'appartenance aux yakuzas, ou un symbole machiste des classes sociales les plus basses5.
Différentes dénominations
Le mot peut s'écrire de plusieurs manières différentes, qui ont toutes une connotation légèrement différente. Irezumi s'écrit le plus souvent avec les caractères chinois 入れ墨 ou 入墨, littéralement « insertion d'encre »6. Les caractères 紋身 (qui se prononcent aussi bunshin) suggèrent « décorer le corps ». 剳青 a une signification plus ésotérique, s'écrivant avec les caractères qui signifient « rester » ou « perdurer » et « bleu » ou « vert », et font probablement référence à la principale nuance d'encre sous la peau. 黥 (signifiant tatouer) est rarement utilisé, et les caractères 刺青 combinent les sens de « percer », « blesser » ou « piquer » et « bleu » ou « vert » se rapportant à la méthode traditionnelle japonaise de tatouage à la main.
Histoire des tatouages japonais
Tatouages Aïnous
Les archéologues auraient retrouvé des figurines en terre cuite dont le corps est orné de motifs peint ou gravés, datant de 5000 avant J.-C. Ces figurines étaient placées dans les tombeaux, en guise de protection religieuse ou/et magique7,4.
Les premiers témoignages humains sur l'utilisation du tatouage au Japon datent du IIIe et du IVe siècle, et proviennent d'observateurs chinois8. Il semblerait que le peuple Aïnou, les premiers habitants du Japon, utilisaient le tatouage dans un but décoratif et social, durant la période Jōmon (de -10000 à -300 avant J.-C.). Les hommes comme les femmes étaient tatoués:
    •    Les hommes étaient tatoués pour désigner leur appartenance à un clan ou un métier particulier8 (notamment les marins), et le tatouage était alors censé protéger des esprits9.
    •    Les femmes étaient marquées par un tatouage recouvrant les bords de la bouche et remontant légèrement sur les joues chez les femmes mariées4. Cette dernière tradition a perduré jusqu'à très récemment, malgré son interdiction dès 187110.
Ces tatouages étaient mal vus par les chroniqueurs chinois, car l'acte de tatouer était considéré comme barbare dans leur culture. Il n'y a pas de lien connu entre ces tatouages aïnous et le développement des irezumis.
Le bouddhisme se répandit peu à peu au Japon, et avec lui, la pensée chinoise. Au début de l'ère Kofun (300 – 600 après J.-C.), les motifs des tatouages commencèrent à avoir des connotations négatives. Au lieu d'être utilisés pour des rituels ou comme représentatifs d'un statut, on a commencé à tatouer les criminels en guise de punition11. (Cas similaire à celui de la Rome Antique, où l'on punissait les esclaves qui voulaient se rebeller en leur tatouant des phrases telles que « je suis un esclave qui a essayé d'échapper à son maître »). Cette punition remplace l'amputation du nez et des oreilles, en vigueur auparavant. Le criminel était marqué d'un cercle autour du bras pour chaque infraction, ou d'un caractère sur son front5.
La condamnation du tatouage à l'ère Edo


Japonais tatoués, cliché pris par Felice Beato en 1870
Durant la période Edo (1600 – 1868), le Kojiki introduit un début de codification du tatouage. Il distingue en effet le tatouage "prestigieux", réservé aux héros et aux grands, du tatouage "crapuleux" réservé, lui aux bandits et aux criminels4.
Ce changement d'image correspond à l'afflux de population dans les grandes villes comme Edo et Osaka, ce qui entraine l'augmentation de la délinquance. La police généralisa le tatouage comme punition, afin de dissuader les criminels potentiels. Mais en parallèle, d'autres utilisations apparaissent dans la population – des motifs se complétant lorsque les mains de deux amants se joignaient par exemple. C'est pendant l'ère Edo que le tatouage décoratif japonais commence à évoluer, pour devenir l'art très développé que l'on connait aujourd'hui.
L'essor le plus important de cet art eut lieu avec le développement de la technique de l'impression sur des blocs de bois, et la publication du roman chinois populaire Suikoden. Ce livre est un conte sur le courage rebelle et la bravoure virile abondamment illustré d'impressions sur blocs de bois montrant des hommes dans des scènes héroïques, leurs corps décorés avec des dragons et autres bêtes mythiques, des fleurs, des tigres féroces, des images religieuses. Le roman remporta un succès immédiat et la demande pour le type de tatouages vus dans ses illustrations fut simultanée.
Les artistes utilisant des blocs de bois commencèrent à réaliser des tatouages. Ils utilisaient, en grande majorité, les mêmes outils pour imprimer les motifs dans la chair humaine que ceux qu'ils utilisaient pour créer leurs impressions sur leurs blocs, incluant des ciseaux, des gouges et, le plus important, une encre unique connue sous le nom d'encre Nara ou noir Nara, la fameuse encre qui devient bleu-vert sous la peau.
Il existe un débat académique à propos de qui portait ces tatouages élaborés. Certains universitaires affirment que c'étaient les classes populaires qui portaient – et exhibaient – de tels attributs. D'autres prétendent que les riches marchands, empêchés par la loi de faire étalage de leur richesse, portaient des irezumi coûteux sous leurs vêtements. On est aujourd'hui certain que l'irezumi a été très populaire dans certains corps de métiers :
    •    Les prostituées (yujo) des quartiers du plaisir, ont utilisé les tatouages pour augmenter leur attrait pour les clients.
    •    Les pompiers étaient parfois tatoués. Le tatouage était alors considéré comme un moyen de protection spirituelle, face à un métier dangereux9 (et sans aucun doute, pour leur beauté également).
Une réhabilitation progressive dans le Japon moderne
Au début de l'ère Meiji, le gouvernement japonais, voulant protéger son image et faire bonne impression sur l'occident, déclarèrent les tatouages hors-la-loi et l'irezumi prit des connotations de criminalité. Néanmoins, des étrangers fascinés vinrent au Japon pour apprendre les techniques des artistes tatoueurs et la tradition du tatouage continua en secret.
Le tatouage a été légalisé en 1945 par les forces de l'occupation, mais a conservé son image en rapport avec la criminalité. Pendant plusieurs années, les tatouages traditionnels japonais ont été associés aux yakuzas, la fameuse mafia japonaise, et beaucoup d'entreprises au Japon (comme les bains publics, les clubs de fitness ainsi que les sources chaudes) refusaient encore les clients portant des tatouages.
Le tatouage et les autres formes de décoration et de changement du corps, comme dans de nombreux pays du monde occidental, gagne en popularité au Japon. Pourtant, les jeunes japonais qui décident de se faire tatouer choisissent le plus souvent des motifs « à point unique » - de petits motifs qui peuvent être finis en une séance – habituellement dans des styles américains ou tribaux. Plus récemment, pourtant, les tatouages utilisant l'écriture sanskrit Siddham sont de plus en plus à la mode.
L'irezumi traditionnel est toujours réalisé par des tatoueurs professionnels, mais est douloureux, prend du temps, et est onéreux. Un tatouage typique et traditionnel recouvrant tout le corps (les bras, le dos, le haut des jambes et la poitrine mais laissant un espace non tatoué sous le centre du corps) peut prendre un à cinq ans, à raison d'une visite hebdomadaire, et peut coûter jusqu'à 30 000 dollars.
La réalisation


Rajout de couleur sur un irezumi
Malgré certains changements dans le procédé, dont la stérilisation des outils, ou l'utilisation d'une machine à tatouer électrique pour compléter certaines des lignes de leurs tatouages, les rituels de base, les méthodes et les dessins de irezumi sont restés inchangés depuis des siècles. C'est un milieu très fermé, préservant la tradition et de la préservation de l'irezumi comme forme d'art, au même titre que l'ikebana (arrangement floral) ou le rituel du Chanoyu (cérémonie du thé)2. Pour pouvoir accéder à un tatouage irezumi, il faut passer par plusieurs étapes.
L'artisan tatoueur
La personne qui veut se faire tatouer doit d'abord trouver un artiste tatoueur traditionnel. Cette recherche peut s'avérer être une tâche décourageante (bien qu'elle ait été rendue plus simple avec l'avènement d'Internet). Ces artistes sont souvent étonnamment secrets et, fréquemment, les présentations se font uniquement par le bouche à oreille.
Un artiste tatoueur traditionnel se forme pendant plusieurs années auprès d'un maître. Il (car ce sont presque exclusivement des hommes) vivra parfois dans la maison de son maître. Il peut passer des années à nettoyer le studio, observer, pratiquer sur sa propre chair, fabriquant les aiguilles et autres instruments requis, mélangeant les encres et copiant méticuleusement les motifs faisant partie du book de son maître, avant qu'il ne soit autorisé à tatouer les clients. Il doit maitriser toutes les techniques complexes requises pour répondre aux demandes de ses futurs clients. Dans la plupart des cas, son maître lui donnera un nom de tatoueur, comprenant le plus souvent le mot « hori » (graver) et une syllabe dérivant du propre nom du maître ou un autre mot significatif. Dans quelques cas, l'apprenti prendra le nom du maître.
Définition du motif et des contours
Après une première consultation durant laquelle le client dira au tatoueur le motif qu'il souhaite (une fois encore, les clients sont principalement des hommes, bien que les femmes portent aussi des irezumi, elles sont très souvent les femmes ou petites amies des artistes tatoueurs) et le travail débute par le tatouage des contours. Habituellement, cela se fera sur une séance, souvent à main levée (sans recourir à un pochoir), ce qui peut demander plusieurs heures de travail avant d'être finalisé. Quand le contour est terminé, l'ombrage et la coloration sont réalisés au cours de séances hebdomadaires, dès que le client a de l'argent à y consacrer. Quand le tatouage est fini, l'artiste « signera » son œuvre.
Les tatoués gardent fréquemment leurs marques secrètes, les tatouages étant encore considérés comme un signe de criminalité au Japon, particulièrement par les seniors, et sur le lieu de travail. Ironiquement, beaucoup de yakuzas et de criminels eux-mêmes évitent de se faire tatouer pour cette raison.
Glossaire des termes japonais


Un japonais avec un Sujibori de carpe Koï
Irezumi (入れ墨, 入墨, 文身?), prononcé aussi bunshin (剳青, 黥 ou 刺青?)
tatouage/tatouer
Horimono (彫り物, 彫物?, littéralement graver, couper)
tatouage. C'est un autre mot pour les tatouages japonais traditionnels
Horishi (彫り師, 彫物師?)
un artiste tatoueur
Bokukei, bokkei (墨刑?)
punition par tatouage
Tebori (手彫り?, littéralement couper à la main)
décrit les techniques de tatouages à la main
Hanebori (羽彫り?, littéralement couper avec une plume)
une technique de tatouage à la main employant un mouvement de plume
Tsuki-bori (突き彫り?)
une technique de tatouage à la main avec un mouvement rapide
Kakushibori (隠し彫り?, littéralement coupure cachée)
tatouer près des aisselles, l'intérieur des cuisses et autres parties « cachées » du corps. Fait aussi référence au tatouage de mots cachés, par exemple parmi les pétales de fleurs
Kebori (毛彫り?)
le tatouage de fines lignes ou de poils sur les visages tatoués
Sujibori (筋彫り?)
tracer le contour, contour du tatouage
Shakki
le son que les aiguilles font lorsqu'elles piquent la peau
Irebokuro (入れ黒子?)
de ire ou ireru qui signifie insérer et bokuro ou hokuro, grain de beauté
Yobori
« yo » (européen) tatouage. Le terme japano-anglais venant de l'argot pour la technique de tatouage fait à la machine
Sumi (墨?)
l'encre utilisée pour tatouer, traditionnellement préparée par l'apprenti
Hikae
tatouage englobant la poitrine
Nagasode (長袖?)
tatouage du bras jusqu'au poignet
Shichibu (七分?)
tatouage couvrant 7/10e du bras jusqu'à l'avant-bras
Gobu (五分?)
tatouage couvrant 5/10e du bras jusqu'à l'épaule
Symbolisme
Des images sont présentes de manière récurrente dans les tatouages traditionnels japonais, et ont une signification particulière. Souvent, ils présentent des qualités ou des défauts, soit possédés, soit souhaités12. On peut faire un parallèle avec l'iconographie occidentale, où l'aigle, une figure de tatouage populaire, symbolise la bravoure ou la noblesse, ou encore le cœur, symbole de fidélité et d'honnêteté. Au Japon, les irezumi se contentent de représentations de faune ou de flore, de motifs religieux, de héros et de figures folkloriques.


Tatouage de style irezumi, composé de deux carpes koï
    •    Flore :12
    ◦    La pivoine: symbolise la richesse et la bonne fortune ;
    ◦    Le chrysanthème: fermeté et détermination ;
    ◦    La fleur de cerisier: symbolise le caractère éphémère de la vie ;
    ◦    Le lotus.
    •    Dessins animaliers :12
    ◦    Le lion (lion chinois) : symbolise la protection
    ◦    Le tigre : Un des héros de Suikoden avait un tigre tatoué sur son dos.
    ◦    La carpe (en général, une en train de nager en amont, et une en aval) : le courage
    ◦    Le serpent
    •    Bêtes mythologiques :13
    ◦    Dragons
    ◦    Qilin
    ◦    baku
    ◦    Hō-ō (鳳凰?, phoenix)
    •    Religion et littérature :
    ◦    Personnages du folklore et de la littérature traditionnels tel que Suikoden13
    ◦    Images inspirées par les estampes de l'Ukiyo-e : geisha, samurai
    ◦    Bouddhas et déités bouddhistes telles que Fudō Myō-ō et Kannon
    ◦    Shinto kami (déité) telle que Tengu
    •    Arrière-plans : nuages, vagues, symbolique du vent
Notes et références
    1.    ↑ (en) Descriptif [archive] sur le site du British Museum
    2.    ↑ a et b (en) Article de Helena Burton, de l'Université d'Oxford [archive]
    3.    ↑ http://www.maxoe.com/kissa/le-tatouage-traditionnel-japonais/ [archive]
    4.    ↑ a, b, c et d Article sur l'irezumi [archive] sur le site d'AnimeLand
    5.    ↑ a et b www.artelino.com [archive]
    6.    ↑ http://www.webdico.com:8080/kanji/keykanj?dbname=kokuf&keyword=art [archive]
    7.    ↑ http://www.tattoo-passion.com/origine_asiatique.html [archive]
    8.    ↑ a et b Article sur le tatouage [archive] sur Escale-japon.com
    9.    ↑ a et b www.kustomtattoo.com [archive]
    10.    ↑ Blog de cours de l'Université de Laval [archive], avec explications et photos
    11.    ↑ Définition de l'Irezumi [archive] dans le Dictionnaire historique du Japon, Volume 1
    12.    ↑ a, b et c (en) www.dreadloki.com [archive], section "Iconography"
    13.    ↑ a et b (en) www.dreadloki.com [archive], section "Design"
Bibliographie


http://fr.wikipedia.org/wiki/Irezumi



29/11/2013
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