Alain YVER

Alain YVER

THE GUN CLUB

THE GUN CLUB




Jeffrey Lee Pierce with Tony Chmelik and Simon Fish. Photo credit: Kayoko Hosaka.




http://www.youtube.com/watch?v=elgXiZ3w_wg

http://www.youtube.com/watch?v=hvvGM3QhtOg

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeffrey_Lee_Pierce

http://www.myspace.com/thegunclub


Jeffrey Lee Pierce est un musicien américain né le 27 juin 1958 et mort le 31 mars 1996. Il est surtout connu pour avoir été la figure principale du Gun Club. Il fut un des membres fondateurs des Red Lights avant de former le Gun Club, et réalisa plusieurs albums en solo.



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L'espoir fait vivre, et nous amène même trois rééditions des plus fougueux albums du groupe mythique THE GUN CLUB. Miami (1982), Death Party (1983) et The Las Vegas Story (1984). Blues grinçant, guitares qui dérapent, riffs garage explosifs et voix perçante. Impossible d'être passé à côté. Toujours aussi dévastatrice, leur musique est passée à travers les âges, excitante, acérée et foudroyante. Probablement l'un des meilleurs groupe de rock au monde !






Créé autour du charismatique chanteur Jeffrey Lee Pierce, en 1980 à Los Angeles, le Gun Club se situe quelque part entre le blues de Robert Johnson et le rockabilly déjanté des Cramps. Le Gun Club se sépare en 1985. Après plusieurs reformations, le groupe cessera définitivement d'être après la mort de Pierce en mars 1996.

Le Gun Club a compté parmi ses membres: Kid Congo Powers également membre des Cramps et des Bad Seeds de Nick Cave, et Patricia Morrison qui ira rejoindre Les Sisters of Mercy.








The Gun Club
http://fr.wikipedia.org/wiki/The_Gun_Club
The Gun Club est un groupe de punk blues américain mené par Jeffrey Lee Pierce.

 
Jeffrey Lee Pierce (né le 27 juin 1958, à Montebello, Californie et décédé le 31 mars 1996) vécut les premières années de sa vie entre El Monte et Reseda. Adolescent, il devint rapidement une célébrité locale, hantant les clubs de Hollywood ou signant des articles (critiques de disques et chroniques de concert) dans les fanzines d'alors comme SLASH magazine. Grand fan du groupe Blondie, Jeffrey Lee Pierce devint à l'époque le président de leur fan-club, ce qui explique peut-être les influences et l'orientation progressive de ses looks et apparences.

Musicalement marqué par le blues et des groupes comme X, Television, ou The Cramps, Jeffrey rencontre Kid « Congo » Powers, le pousse à s'initier à la guitare et avec lui forme le groupe The Creeping Ritual en 1979... Selon les conseils avisés d'un ami de longue date (Keith Morris des Circle Jerks), nos deux complices décident de changer de nom et se rebaptisent The Gun Club. Le groupe se met à jouer régulièrement dans les clubs de Los Angeles (Cathay De Grande, Madame Wongs, Starwood, Whisky etc.), se forgeant une solide réputation et élaborant pas à pas le répertoire d'un tout premier album, Fire Of Love, qui verra le jour en 1981. Fire of Love sort initialement sur le label Slash Records né des cendres du magazine éponyme.

À cette époque, la principale influence de Gun Club reste le blues traditionnel et notamment Robert Johnson dont il recrée le Preachin' the Blues. Ils ajoutent d'autres standards à leur répertoire comme le Cool Drink of Water de Tommy Johnson ou le Fire of Love de Jody Reynolds. Ajoutant çà et là quelques touches punk, pop, rockabilly, country ou swampy soul, le groupe crée un son inédit qui rapidement inspire un nombre important de groupes de rock. En France, Noir Désir enregistre une chanson en hommage à Jeffrey Lee Pierce, peu après sa mort, intitulée Song for JLP sur l'album 666.667 Club. Le chanteur de Noir Désir, Bertrand Cantat, a aussi participé à un album hommage pour Jeffrey Lee Pierce, The Journey Is long, deuxième volet du Jeffrey Lee Pierce Sessions Project sur lequel on retrouve aussi Nick Cave et Cypress Grove.
   
1. Å™ http://musique.blogs.sudouest.fr/archive/2012/02/14/nick-cave-debbie-harry-bertrand-cantat-l-hommage-a-jeffrey-l.html [archive]







Le groupe est fondé à Los Angeles par Jeffrey Lee Pierce en 1979. D'abord baptisé The Creeping Ritual par Jeffrey et Kid Congo Powers, le Gun Club, au moment du premier album en 1981, est alors composé de Jeffrey, Ward Dotson, Rob Ritter, Terry Graham et partagera l'étroite scène psychobilly avec le groupe de Kid Congo, The Cramps. En 1983, le bassiste Ritter se voit remplacer par Patricia Morrison, le line-up subissant par la suite de nombreux changements qui trouvent essentiellement leurs causes dans l'addiction excessive de Jeffrey à l'alcool et aux drogues. Le chanteur s'avère être une figure hors-norme et hanté par le blues qu'il veut réhabiliter de façon punk et singulière. Il composera sept albums (et un EP, Death Party, 1983) dont les imparables Fire Of Love (1981), Miami (sorti sur le label de Blondie en 1982 et qualifié d' « hymne funèbre » par son auteur) et The Las Vegas Story (1984), retraçant l'Amérique selon Jeffrey, ainsi que deux albums solo, Wildweed (1985) et Ramblin' Jeffrey Lee And Cyprus Grove With Willie Love (1992). Observant le Salvador, la Jamaïque ainsi que la diversité lugubre des Etats-Unis avec autant de fascination que de répulsion, Jeffrey avoue être plus attiré par l'Europe, continent où le Gun Club est le plus apprécié et par l'Asie (il vivra par ailleurs à Londres et au Japon). Il s'inspire alors de ses expériences vagabondes et lourdes en substances destructrices, pour écrire des chansons visionnaires, profondément possédées, marquées par la tristesse qu'il cherche à exorciser au travers d'allégories vaudou et diaboliques. Petit à petit la musique du Gun Club ira vers une pop mélancolique. Le dernier album paraît en 1994 et s'intitule Lucky Jim, avant que Jeffrey Lee Pierce ne meurt chez son père en 1996, d'une hémorragie cérébrale (alors atteint de plusieurs hépatites).







Kid Congo Powers
Interview

http://www.inside-rock.fr/+-The-Gun-Club-+

par Oh ! Deborah le 23 janvier 2012

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Il a été le guitariste de Gun Club, des Cramps, de Nick Cave and the Bad Seeds, de The Divine Horsemen. Il a collaboré avec foule d'artistes, pour la plupart New yorkais et alternatifs, au sein de projets temporaires ou non (Die Haut, le supergroup Knoxville Girls ou encore The Angel of Night, fondé par l'ancien leader de Swans). Il a fondé ses propres groupes, Congo Norvell et aujourd'hui, The Pink Monkey Birds. Derrière cette carrière compliquée et passionnante effectuée dans l'ombre, Kid Congo a toujours choisi précisément ses partenaires de route, souvent possédés par quelques fantômes de blues men oubliés. Il a voulu évoluer aux cotés de ceux qui naturellement incarnent les entrailles du rock, de même que ses extrémités, à force de l'ensorceler et de le démanteler. C'est bien sûr un privilège et un plaisir simple de le rencontrer, pour une interview un peu biographique dans les loges de la Boule Noire à Paris, en décembre dernier.

IR : Tu as un style très identifiable à la guitare. Quelles sont tes influences et guitaristes préférés ?

KC : Quand j'étais enfant j'étais fan de Jimi Hendrix donc il est très important sur ma liste, aux cotés de John Lee Hooker ! Quand j'ai commencé, au tout début, j'apprenais beaucoup des albums de Bo Diddley, je pouvais jouer un accord et le répéter indéfiniment. Ainsi, je pouvais apprendre la guitare rythmique, et j'ai toujours gardé cette façon de jouer. C'est Jeffrey Lee Pierce (chanteur de Gun Club) qui m'a appris à jouer de la guitare, il m'a fait reprendre les morceaux de Gunfighter Ballads and Trail Song de Bo Diddley et des chansons de Marty Robbins. Dans le même temps, j'étais très influencé par New York. J'écoutais beaucoup de no wave comme Lydia Lunch ou le guitariste Pat Place des Contorsions. Ils utilisaient la slide et jouaient avec plus d'expressivité que dans le registre rock classique. Parfois, je ne savais pas comment ils procédaient mais je comprenais parfaitement ce qu'ils exprimaient, ça me parlait énormément et j'ai donc utilisé leurs modèles comme base de travail.


IR : Quel est ton premier concert ?

KC : C'était en 1973, j'avais 14 ans et je suis allé voir Frank Zappa and the Mothers of Invention à Hollywood. Ensuite j'ai vu les Doors, sans Jim Morrison, alors tout le monde les détestaient ! Puis je suis allé voir des groupes glam, New York Dolls, les Sparks dont j'étais très fan. C'était l'époque où j'étais le rock critic du journal de mon lycée ! J'écrivais sur Patti Smith, j'essayais de tourner les gens vers les musiques émergentes, je ne suis pas sûr qu'ils les écoutaient mais c'est pas grave (rires). Dès lors qu'il y eut une nouvelle scène à New York, j'y suis allé avec des amis de Los Angeles car nous ne voulions surtout pas rater ça. On a mis trois jours en bus juste pour voir des nouveaux groupes et c'était génial ! Mais déjà avant ça, dès l'âge de 14 ans, j'adorais tout ce qui venait de New York, Andy Warhol, le cinéma, et je voulais vivre là-bas.

IR : Tu as d'ailleurs été un des premiers fans des Ramones alors qu'ils n'étaient pas connus, ainsi que le président de leur fan club...

KC : Ils n'étaient pas connus mais leur premier album n'était pas passé inaperçu ! J'en avais entendu parler dans le magazine Rock Scene, ils parlaient beaucoup des Ramones et couvraient principalement des news sur les groupes underground de New York. C'est le seul mag qui faisait ça. J'ai vu des photos des Ramones et c'était incroyable à voir à l'époque. Leurs concerts étaient souvent complets mais il y avait toujours une vingtaine de personnes qui les suivaient partout, dans différentes villes, toujours les mêmes personnes... Comme il n'y avait pas Internet, je me suis dis que j'allais faire un fan club pour qu'on garde contact et qu'on se communique l'actualité des Ramones. Je pense que les fans ont été leur meilleure publicité à l'époque et ça plaisait bien à leur label ! Cette scène, avec Patti Smith, Blondie, les Ramones, était différente d'avant, on pouvait tous se rencontrer. Avant ça, les groupes restaient dans les backstages qui étaient limitées à quelques fans. Là, les artistes venaient dans le public, on pouvait échanger, se conseiller des magasins de disques, c'était alors complètement normal de pas être une rockstar. Cette période était vraiment excitante, et les fans tenaient beaucoup à maintenir le contact car c'était le seul moyen pour eux d'apprendre tout ce qui se passait et de vivre les mêmes choses.. Et oui, c'était mon fan club et ma communauté !C'était une très bonne chose à faire car beaucoup d'entre eux sont restés mes amis.

IR : Tu as travaillé avec beaucoup d'artistes importants ces trente dernières années...

KC : Et je suis fatigué (rires)

IR : Y'a-t-il encore des personnes avec qui tu souhaites collaborer ?

KC : Oui, y'a encore plein de gens bizarres avec qui j'aimerais travailler ! Notamment avec Jason Pierce de Spiritualized, c'est un ami et j'adore ce qu'il fait. On se dit souvent qu'on devrait travailler ensemble et j'adorerais mais.. On est tous les deux trop défoncés ou trop occupés pour le faire (rires). Mais je pense qu'on pourrait faire quelque chose de bon car nous avons des styles différents tout en ayant le même esprit concernant la musique. Sinon, j'aimerais bien collaborer avec David Lynch un jour. Je ne sais pas si j'aime son dernier album mais je l'aime lui. J'ai travaillé quelques fois avec Julee Cruise (qui a participé à la BO de la série Twin Peaks), et j'ai rencontré une fois David Lynch à un concert de Julee, il était très sympa. J'aime les musiques inhabituelles. Là, comme ça, je ne vois pas avec qui d'autres je pourrais jouer mais je suis sûr qu'on viendra à moi ! (rires)

IR : Peux-tu parler de ton amitié avec Jeffrey Lee Pierce ?

KC : Je l'ai connu très jeune, il faisait le fan club de Blondie et moi des Ramones, nous étions adolescents. Nous avons grandi dans le même coin, en banlieue Est de Los Angeles et avons tous les deux des grands parents Méxicains, pas mal d'interêts communs, notamment pour les voyages... Quand je l'ai rencontré, il avait déjà beaucoup voyagé, il a écrit très tôt sur le reggae pour des magazines locaux, il était allé en Jamaïque, à New York, etc. J'étais allé à Paris et Londres en 1977, donc on aimait échanger sur nos expériences et on savait qu'on voulait continuer à voyager, ce qui a contribué à fonder un groupe. Ça, et le fait qu'on pourrait avoir des consommations gratuites ! C'était de très bonnes idées pour nous (rires). On aimait sortir, parler de musique, rencontrer des filles, on était assez désespérés, sexuellement désespérés (rires). On n'était pas vraiment de mignons garçons. On a vu beaucoup de groupes autres que ceux de Los Angeles, des groupes qui ne savaient pas qu'on formait le notre, donc c'était marrant pour eux de se dire, « tiens les mecs des fans clubs fondent un groupe ». On n'était pas très bons quand on a commencé, on savait pas jouer et les autres membres apprenaient aussi. Mais il y avait une bonne vision. Je sais que les gens ont été très surpris du premier album. Et il a suscité de vives réactions, surtout en Europe.

IR : Comment expliques-tu le manque de succès de Gun Club, étant donné les mélodies et l'énergie évidentes de la plupart des chansons ?

KC : Déjà, on nous sortait « Ah, vous êtes branchés country et rockabilly, bon... » ce qui, à ce moment là, ne passait pas vraiment, alors que nous essayions de faire autre chose et avions déjà une certaine vision... Ensuite, même si nous aurions voulu un succès plus grand, je sais pas... je crois que nous n'étions pas dans un groupe qu'on a envie de chouchouter (rires). C'était plutôt comme si les gens avaient un peu peur de Gun Club, il y avait quelque chose d'étrange mais aussi de très enivrant, mais pas nécessairement pour les masses. Le Gun Club n'était pas un jouet ni l'adoration d'un large public, c'était quelque chose de mystérieux. Il y avait aussi beaucoup d'auto-destruction dans tout ça, beaucoup de révolte incompatible avec le business... Les gens avaient un peu peur de cette honnêteté dans Gun Club et du fait qu'on ne se conforme pas ou je ne sais quoi. Mais nous avons eu notre succès quand même et je suis heureux à l'heure actuelle qu'on m'en parle en interview. Je sais que des jeunes personnes s'intéressent plus au Gun Club ces derniers temps. Les gens reconnaissent qu'il y avait quelque chose de spécial. Gun Club est tout à fait le genre de musique que je préfère.

IR : Quels souvenirs gardes-tu des Cramps, notamment en concert ?

KC : Avec Jeffrey et nos amis, nous adorions les Cramps, leurs premiers concerts, c'était... waw, tu pouvais même pas croire ce que tu avais vu et entendu ! Bien sûr, ce ne sont que trois accords, bam-bam-bam, mais il y avait quelque chose qui dépassait ça. Quand j'ai quitté les Cramps, pendant pas mal d'années je ne les ai pas vus, il n'y avait d'ailleurs pas de raisons particulières, j'ai déménagé à New York et eux à L.A. Quand ils venaient à New York, j'étais en tournée ou absent, nous avons simplement perdu le contact. Mais lors de leur dernière tournée, en 2006, ils ont joué à NY, et mon batteur de l'époque m'a dit « tu devrais venir voir les Cramps, ils seraient contents de te voir ». J'y suis allé et ça m'a fait la même chose qu'avant ! C'était incroyable... Les mêmes accords, la même chose, mais j'ai réalisé qu'il y avait une magie. Tout dépend de cette putain de magie. Ça m'a totalement inspiré et je me suis dis « attends une minute, j'ai fais partie de ce groupe là et je reconnais cette magie là ! Alors maintenant, tout ce que j'ai à faire c'est être moi même à nouveau ». Parce que les Cramps, tout ce qu'ils ont fait depuis leurs débuts, c'est rester eux même, laissant leur fantaisie arriver d'elle même, sans jamais se soucier de ce que les autres allaient en penser, sans jamais se forcer à faire autre chose que ce qu'ils aimaient... Ils laissaient entièrement aller leur envies et c'est une grande leçon pour moi. Après le concert, on s'est revus, c'était merveilleux, on est redevenus amis et je revois toujours Poison Ivy quand je vais à L.A aujourd'hui. Quant aux souvenirs que j'ai sur scène avec eux, il y en a plein, certains très drôles. Je me rappelle d'une fois à L.A, on avait toujours des bougies posées sur les amplis, et moi j'avais de longs cheveux... (rires) mais je ne m'étais pas rendu compte que ma tignasse s'enflammait. Tout à coup, le batteur s'est mis à m'envoyer de la bière sur la tête et moi à jouer très mal, je voyais alors les gens tirer une tête bizarre (rires). Toute la salle sentait le cheveux cramé, c'était horrible ! Toutes les filles se sont mises à hurler, c'était très drôle.

IR : Tu as toujours joué avec des artistes, aussi différents soient-ils, qui avaient quelque chose à voir avec le blues, le mysticisme voire le vaudou, ainsi que différentes influences gothiques. On retrouve cela dans ta carrière solo. Tu sembles avoir une idée précise de la musique que tu veux jouer.

KC : Oui, je veux rendre la musique magique et j'adore le mystère. Je n'aime pas les choses trop explicites ou trop explicables. Je veux aussi que le public soit pris dans un ce mystère, qu'ils ressentent quelque chose sans trop savoir ce qui se passe, que cette chose insaisissable devienne séduisante et attrayante. Toute la magie repose dans ce sentiment ambigu. Tous les groupes dans lesquels j'ai joué avaient une vision très claire de ce qu'ils voulaient faire et personne ne pouvait leur dire quoi que ce soit. Je pense qu'ils sont tous sexy, sensuels, qu'il y a quelque chose de dangereux à leur sujet, qu'il y a aussi beaucoup d'humour et qu'on ne voit pas très bien où sont les frontières entre tout ça. Ces groupes ont conjugué différents styles : blues, rockabilly, punk, rock'n'roll, jazz ou autre, pour en faire une musique très originale. Très tôt, les Cramps, c'était inimaginable de voir un groupe qui mélangeait de la musique psychédélique avec du rockab, idem pour Suicide dans leur propre style. Ils conjugaient différents styles de musique pour en faire quelque chose d'à la fois unique et sexy.

IR : Avec les Pink Monkey Birds actuellement, tu fais aussi quelque chose de très original, tu réussis à rendre une musique répétitive très moderne, avec un son étonnant et impressionnant, qui repose beaucoup sur la basse et la batterie. Tu n'as jamais arrêté de jouer depuis tes débuts. Comment fait-on pour redonner un éclat à des musiques plusieurs fois exploitées, après trente ans de carrière ?

KC : Merci. Mes inspirations viennent justement du bassiste et du batteur (rires). Ils sont plus jeunes que moi et je crois qu'on se retrouve quelque part, à travers les générations. Ils apportent une couleur très moderne tout en aimant les groupes du passé. C'était une démarche volontaire de ma part d'obtenir un son particulier, de ne pas juste faire ce que j'ai fait par le passé, ce que beaucoup de groupes font encore. Je tenais à conserver une certaine folie, une musique toxique tout en utilisant de nouveaux sons électroniques. On a enregistré dans la maison du batteur car sa petite amie a acheté une gigantesque école dans le Kansas, au milieu des fermes avec rien ni personne autour. C'est un endroit superbe pour travailler, avec une atmosphère très étrange et je crois qu'il y a beaucoup de fantômes là-bas puisque c'était une école depuis les années 40 ! A présent c'est une maison, mais avec un théâtre, un gymnase et une cafétaria. Je ne pourrais pas te dire ce qui fait notre son vraiment, mais je sais qu'il y a une très bonne alchimie entre nous qui permet là encore à la magie d'opérer. À chaque fois que j'enregistre un album, je crois que c'est le dernier, et puis mon public semble toujours aimer, alors je continue et je maintiens une certaine simplicité.






Jeffrey Lee Pierce, mort d'un loser. Il avait eu son heure de gloire au début des années 80 avec Gun Club.

 sur la scène rock avec Fire Of Love, signalé le 27 septembre

1981 dans ces colonnes, plus ou moins établi peu après avec le manifeste au palmier pourri Miami, Jeffrey Lee Pierce, sorte de Brando en phase Missouri Breaks, fut d'abord le chanteur leader du groupe d'époque Gun Club, initiateur d'un certain blues rock voodoo punk qui devait faire vaguement école, à l'enseigne d'Animal, label de Chris Stein, l'homme de l'ombre derrière Blondie Harry.

Ensuite, de new wave alien en country dégénérée, d'albums et prestations suicidairement éthyliques au sein de son inqualifiable combo Gun Club («Son litigieux, panade de décibels, hurlements d'égarés, poses grotesques...» in Libération) en recyclages solo, «fatigué de cette histoire de pseudo-vaudou», de reprise de Creedence Clearwater (Run Through The Jungle) en reprise de Billie Holiday (Strange Fruit) en passant par Hank Williams, l'image du gars, plus ou moins assortie à travers les âges de l'ombre portée de l'alter-ego Kid Congo, aussi musicien des Cramps et Bad Seeds, se stabilisait en apothéose du white thrash bouffi d'alcool et de schnouffe, tignasse échevelée et délire chronique.

Vers 1984, déjà bedonnant, le gars songeait à enregistrer «une symphonie avec des Africains» et en tenait pour le «free jazz» sous influence Festin nu à deux guitares sur scène. En 1985, il notait dans son journal amsterdamois: «Je vomis encore dans l'évier, j'écrase un cancrelat, tire un coup, mal, je reste un héros en quête d'héroïne»; posant avec un fusil de «freeman» taré à chapeau plat, il sortait un album présentable, Wildweed, et «reprenait» plutôt Bill Evans.

Après cela, la trace se brouille sérieusement, dans le dédale de l'addiction et du «loserat» professionnel, ressurgissant vers 1987 avec une reformation aussi spectaculaire qu'éphémère du Gun Club perdu, produit par Robin Guthrie de Cocteau Twins, qui fait désormais «dans le Mötörhead». Puis, après nouvelle éclipse, nouveaux come-back et plouf en 1990.

Toujours stoppé à la case départ (le swamp, le Sud profond, etc.), l'homme, de plus en plus déglingué, bien que supposé «clean», pouvait voir sa descendance douteuse (Pixies, Dinosaur Jr) ramasser le blé en herbe de son ivraie dispersée, tout en tachant de décrocher un éternel contrat de rattrapage, ou de décrocher tout court. Du coup, retiré à Londres, il en était à songer, en désespoir de cause, le foie rongé, à «reprendre ses études», pour en finir peut-être avec sa compulsion à écrire des morceaux inutiles, histoire de tromper l'ennui. Il portait ce regard désabusé sur son «oeuvre»: «Des faiblesses partout», et sur son émule «l'écrivain» Nick Cave: «J'ai lu son livre, c'est rien du tout, totalement incohérent, il faut être concentré.» Définitivement déconcentré, Jeffrey Lee Pierce est mort la semaine dernière, à Los Angeles, d'une hémorragie cérébrale .

http://www.liberation.fr/culture/0101178862-jeffrey-lee-pierce-mort-d-un-loser-il-avait-eu-son-heure-de-gloire-au-debut-des-annees-80-avec-gun-club






31 mars 2011
1996 - Jeffrey Lee Pierce
(Parenthèse d'introduction: je me rappelle de nombre de discussions sur le theme "le Gun Club est-il encore trop méconnu?", et je vous le dis, j'ai la réponse : c'est oui. Impossible de trouver une bio complète de JLP sur le Net, c'est à cela que vous devrez la médiocrité de l'article à venir.)

Jeffrey Lee Pierce est né en 1958 à Montebello en Californie. Une fois ado, il traîne pas mal dans les clubs de Los Angeles et sa région, écrivant pour des fanzines au sujet de groupes qu'il apprécie et de leurs concerts (X, Television, Cramps, et même Blondie dont il deviendra président du fan club). Rencontrant Kid Congo Powers, il décide de la motiver à se mettre à la guitare et ils montent tous deux un groupe tout d'abord appelé The Creeping Ritual. Non qui sera bien vite remplacé par « The Gun Club »,sous lequel ils écument les salles californiennes. Cette tournée aboutit à la sortie du premier album du groupe, Fire of Love, en 1981, après lequel Kid Congo Powers quitte le groupe pour rejoindre les Cramps (mais il reviendra en 1984. Avant de repartir. Enfin…) Groupe au line-up changeant, le Gun Club enchaîne les albums au rythme d'un par an. Miami, en 1982 (sur lequel apparaît, en guest, sous le pseudo « D.H. Lawrence »… Debbie Harry. Death Party EP, 1983. Las Vegas Story, 1984. Le groupe se taille une sacrée réputation du fait de la performance dont est capable Jeffrey Lee sur scène, criant, gesticulant, haletant…

A partir de 1984, après que le groupe ait, entre autres, ouvert pour Siouxsie aux US, JLP décide de s'installer à Londres, et de faire un petit tour du monde, via l'Asie et plus particulièrement le Japon. Le groupe est… pas vraiment dissous, mais en panne.

C'est le moment que choisit Pierce pour enregistrer et publier son premier album solo, « Wildweed », en 1985, avec, cette fois – ci, sa copine à la guitare.

De retour en Angleterre, Jeffrey rencontre Robin Guthrie des Cocteau Twins dans un pub. Tous deux admirateurs du travail de l'autre, il décident de travailler en semble, ce qui aboutira au reboot du Gun Club, avec l'album Mother Juno en 1987. A partir de ce moment, Jeffrey Lee mènera de front trois carrières, par épisodes : Le Gun Club, ses disques de spoken word, et ses albums solo (le second, un album de blues, « Ramblin' Jeffrey Lee » sortira en 1992). Toujours autant passionné par le Japon, Jeffrey décide d'aider certains groupes japonais à accéder à la célébrité, tournant avec eux (entre autres, on retrouve parmi ces groupes, les 5678s pour les plus connus.) Il se réinstalle à Los Angeles à ce moment là, afin de faciliter ses allers-retours.
 
Il commence également à écrire son autobiographie, et monte un nouveau line-up du Gun Club (qui sera le dernier sous le nom « Gun Club ») avec Romi Mori (sa copine, donc), Kid Powers, la section rythmique de Wayne Kramer… Un seul concert sera donné sous cette forme, certes, mais un concert acclamé.

J'a&i jusqu'à présent passé sous silence les problèmes de santé dont était victime Jeffrey Lee, en particulier son alcoolisme, dans lequel il avait rechuté peu début 1996. En visite chez son père, dans l'Utah, Jeffrey Lee tombe dans le coma, à cause d' un caillot de sang dans le cerveau. Les opérations et autres tentatives médicales seront vaines, et il en décèdera le 31 Mars 1996, à 37 ans.

(Je voulais conclure sur ma chanson préférée de toutes celles que je connais de lui… mais impossible de la trouver sur Youtube. Donc ce sera le classique des classiques, mais je vous conseille tout de même fortement d'aller écouter cette chanson ci aussi.)

http://mortenrock.blogspot.fr/2011/03/1996-jeffrey-lee-pierce.html







The GUN CLUB – Preachin' the Blues
octobre 25, 2007 par jean-pascal


De 1980 à 1996, Jeffrey Lee Pierce fut le pilote du Gun Club, vaisseau fantôme, dévalant à tombeaux ouverts des autoroutes désertiques et calcinées. Habités de sortilèges vaudous, infestés de coyotes hurlant à la lune, et parfois en proie à quelques mirages sophistiqués, le périple du groupe, plus de dix ans après, est toujours aussi incandescent…

En 1980, Jeffrey Lee Pierce rencontre Brian Tristan, mieux connu aujourd'hui sous le nom de Kid Congo Powers, et le persuade de se mettre à la guitare. De cette rencontre naît un groupe intitulé The Creeping Ritual, qui deviendra plus tard le Gun Club.

Le punk rock fulgurant du Gun Club prend sa source dans le blues traditionnel de Robert Johnson ou de Howlin' Wolf. Une musique rapide et acérée, que la voix de Jeffrey Lee Pierce traverse à la manière d'éclairs sur un ciel d'orage. Cette voix rageuse et huhulante, faite tant de hurlements glaçants que de chuchotements déchirés, sera jusqu'à la fin la marque de fabrique du groupe.

En 1981 paraît un premier album : « Fire of Love ».
Le personnel sur cet album réuni autour de Jeffrey Lee Pierce (chant, slide guitar ), Ward Dotson (guitare), Rob Ritter (basse) et Terry Graham (batterie). Kid Congo qui a largement participé à son écriture s'eclipse toutefois avant sa sortie pour aller rejoindre les Cramps.
« Fire of Love » est suivi de « Miami ».
Les deux albums sont très bien accueillis par la presse. Le premier est d'ailleurs encore considéré à ce jour comme un classique par de nombreux rock critiques.
A cette époque le Gun Club, à l'instar des Cramps ou de X, donne le ton de la scène rock de Los Angeles, se produisant régulièrement dans des clubs comme le Madame Wong's cafe, le Whisky, ou le Starwood etc.

Rob Ritter quitte le groupe et est remplacé par Patricia Morrison, qui plus tard rejoindra les Sisters of Mercy, puis les Damned.

Le groupe connaît un succès grandissant, principalement en Europe, et tourne constamment. Il accompagnera notamment Siouxsie and the Banshees lors de la tournée américaine de « Hyaena ».

La confection de l'album « The Las vegas Story » (1984) signe le retour définitif de Kid Congo Powers dans le groupe. Ce qui ne l'empêchera pas d'initier en parallèle une fructueuse collaboration avec Nick Cave and the Bad Seeds.

Jeffrey Lee Pierce quitte alors Los Angeles pour Londres, voyage beaucoup, notament en Asie et au Japon, pays où il retournera à de nombreuses reprises…

Le Gun Club est en veilleuse, et la rencontre avec la bassiste et guitariste japonaise Romi Mori donne lieu à l'écriture d'un magnifique album solo : « Wildweed ».

En 1987, une autre rencontre est à l'origine du disque suivant.
Jeffrey Lee Pierce fait la connaissance de Robin Guthrie de Cocteau Twins. Ils conviennent de travailler ensemble, et Robin produira « Mother Juno ».
Ce disque est une création du Gun Club, même si une fois encore le personnel change : Romi Mori remplace Patricia Morrison à la basse, Nick Sanderson se substitue à Terry Graham à la batterie, et Blixa Bargeld de Einsturzende Neubauten apparaît sur un morceau.
Album luxuriant, « Mother Juno » combine de furieuses saillies électriques à des ballades contemplatives et lumineuses. Les tourments intérieurs de Jeffrey Lee Pierce, comme toujours, affleurent à la surface de chaque son donnant à l'ensemble un caractère d'extrême urgence.
Depuis longtemps, le chanteur du Gun Club s'enlise dans l'héroïne et l'abus d'alcool…

Retour aux USA en 1988 ; écriture de « The Pastoral Hide & Seek » en 1990 qui confirme la veine à la fois tendue, électrique et délicate inititée sur « Mother Juno ».

Entouré de Cypress Grove à la guitare et de Willie Love à la batterie, Jeffrey Lee Pierce enregistre en 1992 un nouvel album solo « Ramblin' Jeffrey Lee ». Constitué de reprises de blues traditionnels (« Moanin' in the Moolight » de Howlin' Wolf, « Hardtime Killing Floor Blues » de Skip James, « Long Long Gone » de Frankie Lee Sims …) et de quelques compositions originales.
L'album rend hommage aux sources fondatrices de la musique du Gun Club.

1993 est consacré à la réalisation d'un nouvel album « Lucky Jim ».

Le groupe tourne internationalement.
Jeffrey Lee s'intéresse de plus en plus à la scène underground japonaise découvrant à l'occasion de ses nombreux voyages dans l'archipel, des groupes commes les 5, 6, 7, 8Åås (mieux connues depuis leur performance dans le « Kill Bill I » de Quentin Tarantino), les Supersnazz, Guitar Wolf et les extrêmistes bruitistes de Boredoms…
Il commence aussi à travailler sur un livre pour la maison d'édition de Henry Rollins : collection de photographies, paroles de chansons, épisodes biographiques ….

Malheureusement, alors qu'il rendait visite à son père dans l'Utah, un caillot de sang au cerveau plonge Jeffrey Lee Pierce dans un profond coma. Seule la mort viendra l'en délivrer le 31 mars 1996. Il n'a que 38 ans.

Il est inhumé en avril 1996 au West Los Angeles Buddhist Temple.

Repose en paix Jeffrey Lee…

http://mondeflottant.wordpress.com/2007/10/25/the-gun-club-preachin-the-blues/








Jeffrey Lee Pierce ?
Si vous m'aviez parlé de ce type il y a quelques années, j'aurais tout simplement répondu "Pardon, c'est qui ?". Et puis on se rend compte qu'il a toujours vécu en nous, que dans le chant émouvant et les guitares écorchées de nos idoles il y avait toujours une touche de JLP, un électron-libre de la musique et de la vie.

J'ai découvert le rock très tôt, captivé par l'homme des étoiles Ziggy Stardust et fasciné par l'écorché vif Elliott Smith, j'avais de quoi nourrir mes oreilles de bonnes mélodies venues d'ailleurs, du cœur ou des tripes certainement.

Et puis un beau jour, on découvre le rock français, les Noir Désir et ce fameux album 666.667 Club qui se finit en beauté sur Song For JLP. Résonnèrent ensuite ces paroles si intriguantes "What I feel, Tear is in my heart, You're looking in the eye of a devil's well … What I hear, Tear is in my mind, Looking in the eye of a devil's well…". De qui, de quoi parle-t'on ?

Tout s'explique ! Certaines intonations NoirDésiriennes viennent directement de là… De ce chant enflammé et intense, cet artiste qui faisait revivre le blues dans son essence : Jeffrey Lee Pierce.

Et pour la petite histoire, Bertrand Cantat a écrit cette chanson en hommage à JLP, dix minutes après avoir appris sa mort.

Les premières années, 70Åås

Jeffrey commença tout jeune la guitare, à l'age de 10 ans. Son talent artistique se développa quand sa famille déménagea à Granada Hills en 1973. Étudiant brillant et créatif, mais très excentrique et original, il fait ses premières armes avec son camarade de classe Steven Tash, où ils commencèrent à fréquenter le Lee Strasberg Theatre and Film Institute à Hollywood. C'est un adolescent solitaire, dévoreur de livres, mélomane et amoureux de disques. Pierce écoute et lit beaucoup (c'est un inconditionnel de William Burroughs). Un amour pour le théâtre et la musique prend racine en Jeffrey lui permettant ainsi de révéler son talent artistique au petit monde qui l'entoure.

A partir de 1976, son amour de la musique s'intensifie et tend fortement vers le glam et le rock progressif, aimant en particulier des groupes tels que Sparks, Genesis, ou Roxy Music.

Et puis en assistant à un concert de Bob Marley lors de sa tournée Rastaman Vibration Tour (artiste pour lequel Pierce a été fasciné autant par la présence chamanique que par sa musique), Jeffrey est devenu profondément accro au reggae le poussant même à voyager jusqu'en Jamaïque pour étudier la musique. Il commence à écrire. Il devient le chroniqueur reggae du très influent fanzine Slash. Puis, admirateur de Blondie, dont il est le président du fan-club en Californie, il se teint les cheveux en blond en hommage à Deborah Harry. Comme une évidence, l'obsession de Jeffrey pour le reggae emmena ce dernier à interviewer Marley à la maison de sa mère sur Overland Avenue, dans l'ouest de Los Angeles. Quand le sensible rencontre le merveilleux …

Possédant un amour musical pour le blues ou le rock progressif sans oublier les sons reggae et roots, Jeffrey Pierce forme son premier groupe de power pop surnommé The Red Lights avec Anna Statman comme bassiste du groupe. Une démo du groupe s'ensuivit, permettant au groupe de jouer une poignée de spectacles avant de se dissiper.


The Gun Club Story

Un soir, l'alcool aidant, Pierce propose à Kid Congo de monter un groupe pour "faire chier le peuple" et "se faire payer des coups par les journalistes". Le groupe est fondé à Los Angeles en 1979 sous le nom de The Creeping Ritual et est composé par son ami Kid Congo Powers (guitare), Don Snowden (basse), et Brad Dunning (batterie). Keith Morris suggère "Gun Club" à Jeffrey Pierce en tant que nom 'original' pour sa nouvelle formation. Il est emballé et ainsi The Creeping Ritual deviennent Gun Club.
Au courant de l'année 1980, le batteur Brad Dunning ainsi que le bassiste Snowden quittent le Gun-Club et furent remplacés par Terry Graham à la batterie et Rob Ritter à la basse.

En 1981 paraît un premier album : Fire of Love, considéré à ce jour comme un classique par de nombreuses critiques rock. Kid Congo qui a largement participé à son écriture s'éclipse avant sa sortie pour aller rejoindre les Cramps.

En 1982, le groupe déménage à New York pour enregistrer leur deuxième Miami. Cet album comporte non seulement Chris Stein en tant que producteur, mais aussi Debbie Harry. Miami a reçu de bonnes critiques mais a été largement critiqué pour la production de Stein. Rob Ritter quitte le groupe et est remplacé par Patricia Morrison, qui plus tard rejoindra les Sisters of Mercy, puis les Damned.
Le groupe connaît un succès grandissant, principalement en Europe, et tourne constamment, se permettant ainsi des tournées internationales.

Entre temps, sort The Las Vegas Story le troisième album studio du groupe et qui voit le retour du membre fondateur et guitariste Kid Congo Powers. A cause de quelques tensions entre certains membres du groupe, Jeffrey, Kid Congo Powers, et Patricia Morrison décident de dissoudre le groupe.

Il suffit ensuite d'une rencontre pour que The Gun Club nous offre son quatrième album studio.
En 1987, Jeffrey Lee Pierce fait la connaissance de Robin Guthrie de Cocteau Twins. Ils conviennent de travailler ensemble, et Robin produira Mother Juno. Un Mother Juno ou le comeback d'un groupe oublié en cette fin des années 80. Malgré les problèmes d'alcool de Jeffrey et le diagnostic récent d'une cirrhose du foie à 29 ans à peine, les fans croient au bon retour du groupe.

On oublie le blues et le punk, avec ce quatrième album Jeffrey et ses acolytes sonnent rock, voir hard-rock. De furieux cocktails électriques à des ballades lumineuses, un chant toujours à la limite de la justesse et dont la mélodie ne suit pas toujours les accords de guitare. Rageur et accrocheur, JLP nous livre ces tourments intérieurs et sa personnalité assez torturée sous forme d'un album synonyme de renaissance.

Retour à la maison en 1988, et la sortie du cinquième album tant attendu The Pastoral Hide & Seek en 1990 confirmant le comeback réussi du Gun Club.
Même s'il est enregistré dans des circonstances tendues en raison notamment d'une dépression et une santé déclinante de Jeffrey, les chef-d'œuvres ne manquent pas sur cet opus: Emily's Changed, St John's Divine, The Great Divide, Another Country's Young, Temptation And I… Au moins la moitié de l'album, rien que ça, et une voix toujours aussi exceptionnelle.

Entre temps, l'état de santé de JLP s'aggrave et il assiste à de brèves réunions des alcooliques anonymes.

Nick Sanderson retourne au Gun-Club à temps pour enregistrer le dernier album du groupe, Lucky Jim. Les séances d'enregistrement sont hélas un désastre. Pierce est à son plus bas niveau et sa relation à long terme avec Romi Mori tire à sa fin.
Enregistré en Hollande, Jeffrey a un accès facile à de grandes quantités de drogues. Et bien que dans un état lamentable mentalement et physiquement, Jeffrey arrive avec prouesse à sortir un jeu de guitare phénoménal.

Lucky Jim dans les bacs, nous assistons à la fin tragique d'un génie à la voix phénoménale. Jeffrey est devenu complètement dépendant à la drogue et l'abus d'alcool, après le départ de sa copine Romi Mori, 1994, fut une année désastreuse pour Pierce.

Jeffrey Lee Pierce en solo

Jeffrey Lee Pierce quitte alors son Los Angeles pour Londres, puis voyagea beaucoup, notamment au Japon, pays où il retournera à de nombreuses reprises.

Mais on n'arrête pas un artiste bourré de talent. La rencontre avec la bassiste et guitariste japonaise Romi Mori (qui fut l'amour de sa vie et le quitta pour son batteur Nick Sanderson) donne lieu à l'écriture d'un magnifique album solo Wildweed en 1985, où ses cauchemars et ses rêves brillent comme une étoile filante.

On retrouve Jeffrey quelques années plus tard pour un deuxième album solo. Février 1992, JLP enregistre un album de blues Ramblin Jeffrey Lee histoire d'exorciser certains de ces vieux démons blues ! Pour cette nouvelle pépite, il fut rejoint par Cypress Grove à la guitare, et Willie Love à la batterie, ainsi que Carl La Fong à la basse acoustique et Kimberley S. au bluesharp.

Jeffrey Lee Pierce veut faire un album de blues, un vrai… Alors le grand homme pose sa couleur personnelle sur chacune des 9 reprises. Des reprises de bluesman connus par tous : Lightnin' Hopkins (Good Times), Howlin Wolf (Moanin' in the moonlight), Skip James (Hardtime Killin' Floor Blues), Don Nix (Goin' Down), Lightnin' Slim (Bad Luck And Trouble). Sans oublier la country blues de Robert Wilkins (Alabama Blues).

1994-1996, les dernières années

En 1995, Keith Morris et Mike Martt ont tenté de convaincre Jeffrey de suivre une cure de désintoxication à hôpital Marina Del Ray, mais en vain.

Début 1996, JLP s'envole vers l'Utah pour vivre avec son père, Robert Pierce, dans un effort visant à remettre sa vie sur les bons rails. Il assiste ainsi aux réunions des AA et travaille sur son autobiographie.

Le 31 mars 1996, il décède des suites d'une hémorragie cérébrale, rejoignant ainsi, à 37 ans seulement, le paradis des losers exceptionnels.

Une influence majeure

La voix de Jeffrey Lee Pierce traverse nos cœurs à la manière des éclairs, une musique rapide teintée d'un punk-rock fulgurant qui prend sa source dans le blues traditionnel de Robert Johnson.

Il fut avec Gun Club l'un des groupes les plus importants de la scène punk américaine, influençant par la suite nombre d'artistes ou de groupes comme The White Stripes, Nick Cave, Lydia Lunch, Henry Rollins, Sixteen Horsepower ou Noir Désir en France qui, tous, sont partis du Gun Club, pour vite se retrouver ailleurs. La musique de Jeffrey et les Gun Club, se révélera être l'une des plus intéressantes mixtures musicales du début des années 80.
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http://www.desinvolt.fr/2009/09/16/93-ceux-qui-me-manquent-jeffrey-lee-pierce/






par  Luc Vino
The Gun Club, cartouche de punk, cartouche de blues

On sait qu'un groupe est intemporel parce que personne n'avait vraiment réussi cette délicate alchimie musicale avant, que beaucoup s'en sont inspirés par la suite mais que jamais personne n'a vraiment réussi à la recréer dans toute sa splendeur. On le sait parce que leur musique devient progressivement un marqueur, leurs vibrations traversant les modes et résonnant encore chez des groupes incomparablement plus populaires, des décennies plus tard.

Au centre du Gun Club, Jeffrey Lee Pierce, costume de "leader incontesté" et flamboyance de celui qui sait où il va et quel prix il va devoir payer pour y arriver. Dans le Los Angeles du début des années 1980, la première vague de punk se laisse encore surfer et Pierce s'entoure de gamins de son âge pour, what else, monter un groupe et "tout détruire". Quand tant d'autres montaient sur scène sans savoir jouer, pour singer les idoles & se défouler, The Gun Club montait sur scène sans savoir jouer, mais avec des cartouches de très vieux blues, de rockabilly énervé & assez de poésie mystique et sexy pour décontenancer une audience qui s'attendait juste à sortir son HB Strut et casser quelques dents.

C'est la beauté de The Gun Club. Dès que je les écoute, j'essaie toujours d'imaginer la claque qu'ont pu prendre les gens à l'époque, la fascination ou le rejet pur et simple qu'a inspiré ce groupe dans un scène dont les codes (musicaux, vestimentaires, moraux) étaient déjà presque consolidés. Et en même temps The Gun Club faisaient totalement partie de cette scène. Jeffrey Lee était le fondateur du fan club de Blondie à LA et leur premier guitariste Kid Congo Powers (membre des Cramps par la suite) celui des Ramones. Ils ont commencé en ouvrant pour X et Jeff était le coloc de Keith Morris, chanteur des plus hardcore Black Flag et Circle Jerks, qui leur a soufflé le nom The Gun Club en échange de quoi Jeffrey a écrit la chanson titre de leur premier disque, Group Sex. Tout était lié.

Peut-on en faire un groupe à un seul album ? Leur deuxième et troisième ( Miami (1982) et The Las Vegas Story (1984) sont solides , ancrés dans l'époque, mais l'ensemble de leur carrière, guerre d'egos et passages à vides inévitables, m'a moins marqué que le seul Fire Of Love (1981), plus qu'un disque incontournable, une nécessité absolue dont on ressort transformé. Peu importe quelle idée tu te faisais du "rock" avant, ce ne sera plus tout à fait la même après. Mark Lanegan ( Screaming Trees & mille autres trucs) est du même avis : "Jeffrey Lee Pierce est un dieu et ma plus grande influence". Jack White et ses Stripes reprenaient de temps en temps Jack On Fire en concert. Le pâle Jack n'a pas de mots assez élogieux pour The Gun Club, dont les chansons "devraient être enseignées dans les écoles". Après la récréation de 11 h 30, ton prof qui dessine les progressions effrénées de Preaching The Blues, la slide guitar de Ghost on the Highway, qui se roule par terre en répétant "She's like heroin to me/ She's like heroin to me / She feels like heroin to me/ She cannot...miss a vein".

http://music.blog.lemonde.fr/category/the-gun-club/






The Gun Club

Ne nous arrêtons pas en si bon chemin : puisque les labels ont choisi la surproduction en guise de réponse (pathétique) à la montée du téléchargement et du peer to peer, puisque les rééditions "deluxe, special anniversaire" ou "total collector" font les choux gras des producteurs -le dernier et triste exemple en date concerne les ressorties des premiers albums de Motörhead avec CD bonus et la parution d'une compilation de raretés alors que tout le matériel proposé sur ces disques a déjà maintes fois été publié sous de multiples formes- puisque d'un autre côté les bacs des disquaires sont envahis de groupes revivalistes souvent ennuyeux et maladroits, rarement sincères ou tout simplement malins, pour toutes ces bonnes raisons et d'autres encore (celles du cœur) intéressons-nous au travail du label Sympathy For The Record Industry qui continue de ressusciter les fantômes du Jeffrey Lee Pierce et du Gun Club en rééditant -une année après Miami, Death Party et The Las Vegas Story- le très bon Wildweed (premier album solo de Pierce en 1985) ainsi que Mother Juno, (Sympathy For The Record Industry) dernier grand album du Gun Club marquant le énième retour à la maison d'un Kid Congo Powers inspiré et tout fraîchement engagé au sein des Bad Seeds de Nick Cave.
Certes Mother Juno -fort curieusement produit par Robin Guthrie des Cocteau Twins dans un studio berlinois fin 86 / début 87- n'est pas le meilleur album du Gun Club (et d'ailleurs à cette fastidieuse mais éternelle question chacun a sa propre réponse) mais il reste largement dans le peloton de tête, marquant un net ancrage dans l'imagerie musicale de cette Amérique nourricière et haïe -histoires de booze, de cul et de mort encore une fois. Si Kid Congo Powers se montre de temps à autres un peu trop bavard sur ses interventions solo, ses riffs eux restent imparables de simplicité et sont parfaitement servis par une section rythmique résolument efficace, un certain Nick Sanderson (ex Clock DVA !) à la batterie et à la basse la dénommée Romi Mori alors copine officielle de Jeffrey Lee Pierce, peut-être moins remarquable qu'une Patricia Morrison mais bien meilleure musicienne. Dommage finalement que ce Mother Juno marque le début de la déchéance musicale d'un groupe parmi les plus importants du rock'n'roll des 80's, années déchirées par les efforts conjoints de la mauvaise variété new wave et du heavy metal permanenté et laissant alors peu de place à une réelle inspiration musicale -je ne me hasarderais pas à parler de génie, les fantômes n'ayant pas grand-chose à faire des décorations décernées à titre posthume, même lorsque celles-ci sont parfaitement justifiées.

Guillaume





Les dernières balles du Gun Club


http://blogs.mediapart.fr/edition/silence/article/270109/les-dernieres-balles-du-gun-club
    
27 janvier 2009 Par Nicolas Chapelle


Plusieurs sorties importantes ont eu lieu en 2008 pour le Gun Club. Passant un peu inaperçues. Last Call publie un disque live restituant toute la puissance indomptée dégagée par le gang de Jeffrey Lee Pierce. Et Choses Vues édite le DVD d'un film, ni portrait, ni documentaire, sorte de bloc-notes des dernières années de JLP, réalisé par Henri-Jean Debon.

[Pour bénéficier d'un confort de lecture optimal avec notamment, tous les liens hypertextes, et une mise en page maitrisée, vous pouvez consulter cet article sur NoiseNews.net, son support d'origine. ]

Pour notre plus grand plaisir, l'année 2008 fut Clash, avec la parution quasi simultanée du live, du DVD, et du superbe livre aux éditions du Diable Vauvert. C'était bon de les retrouver ainsi. Le seul inconvénient, c'est que cela nous a fait passer à coté d'une actualité riche pour un autre pilier du temple : The Gun Club.

Oui, le gang de JLP a bénéficié cette année de la réédition vinyle avec sa pochète d'origine de Fires of Love, l'incroyable premier album, mais aussi de la sortie du disque Larger Than Live ! et de deux DVD, Ghost On The Highway et Jeffrey Lee Pierce : Hardtimes Killin' Floor Blues.

Hardtimes_packaging.jpg

Le premier documentaire, Ghost On The Highway n'étant disponible qu'en VO et en import, je ne l'ai pas encore visionné. Mais il est présenté comme « Un portrait de Jeffrey Lee Pierce et du Gun Club », par des personnes importantes, comme Kid Congo Powers [1] et d'autre musiciens du groupe, ou encore John Doe de X, Lemmy de Motorhead (qu'est qu'il fout là lui ?) et Henry Rollins de Black Flag entre autres.

Hardtimes Killin' Floor Blues est moins tape à l'œil. Réalisé par Henri-Jean Debon, connu pour ses clips et ses films sur Noir Desir ou Les Thugs, il présente un JLP dans ces dernières années. Il était l'idole, et l'ami de Debon. Celui-ci lui rendait fréquemment visite entre 1992 et 1996 pour un projet de long-métrage qu'ils avaient en commun. Il filmait ces entrevues en super-8, comme on tient un journal. En tant qu'ami, on comprendra qu'il ai mis plus de 10 ans pour monter cette vidéo.

JLP va plutôt mal. Il souffre de l'exil à Londres, il souffre de la solitude, il boit beaucoup trop, et de ce fait, souffre du foi. Et puis il souffre du cœur. L'amour de sa vie et bassiste Romi Mori est partie avec son batteur, Nick Sanderson [2]. Il pourrait passer pour une sorte de vieux clochard pathétique si le film s'en tenait à le présenter lors de ses libations effrénées au pub, ou lors de ses discours abscons sur le sexe, les armes blanches, sa mère… Mais ces images ne sont là que pour éclairer les passages ou il est avec sa guitare, et le plus souvent avec le guitariste Cypress Grove. Il est alors le blues. Non pas un bluesman, mais le blues tout entier. Dans son expression la plus rustique, la plus crue, la plus souffrante, la plus sensible. Venu du fin fond d'un Mississippi où personne n'aurait voulu croire que JLP fût blanc de Californie. Un pur white trash.

Ces prises alors impromptues, fugaces, sont heureusement gravées sur un disque, pas évident a dégoter, mais existant : Ramblin' Jeffrey Lee Pierce & Cypress Grove with Willie Love.

Quelques mois seulement séparent les images de cet homme dévasté du son d'un Gun Club plus que vivant qui émane de Larger Than Live ! que vient de publier Last Call. Quelques mois et le point de rupture : Romi Mori et Nick Sanderson tiennent encore la rythmique du combo et le Kid assiste le prêcheur à la guitare. Le Gun Club était alors une arme de destruction sonore massive, le creuset de toute l'énergie diabolique du rock'n'roll, la fournaise de l'enfer ou boivent l'apéro en se moquant de nous Jimi Hendrix, Robert Johnson, Arthur Lee, Buddy Holly et Iggy Pop (je sais qu'il n'est pas mort, mais on sait tous que l'Iguane peut traverser les portes de l'enfer dans les deux sens quand bon lui semble).

Les titres joués sont issus en proportions relativement partiales des cinq albums studio enregistrés par le groupe. On remarquera l'absence de Sex Beat. Le morceau était vraisemblablement sur la fin exécré par Jeffrey, qui détestait voir son œuvre réduite à ce morceau punk (remarquable par ailleurs…).

Plus que le blues, le lien entre le coté rock explosif du Gun Club sur ce disque live parfait, et le minimalisme de Pierce sur le DVD est la guitare. JLP était un guitariste incroyable, ayant digéré des milliards d'influences et capables de se les approprier, de les faire se confronter, s'affronter. En outre, Les bonus du DVD le montrant reprendre Jimi Hendrix seul à la stratocaster sont saisissant sur la compréhension du jeu (et notamment de l'utilisation de l'espace des notes non-jouées) du Voodoo Chile.

Mais que faire de tant de talents au milieu d'un monde dont on est absent ? Au cœur d'un corps dont on se sent soi-même étranger ? Beaucoup de journalistes l'ayant affronter font état d'un personnage assez abject, une plaie en interview. Sans doute. Jeffrey était la souffrance. Il était le blues. Comment exprimer ça dans une interview ? Et surtout, pourquoi le faire alors que toute l'œuvre parle d'elle-même ?

HJ Debon - Jeffrey Lee Pierce : Hardtimes Killin' Floor Blues (Choses Vues) & The Gun Club - Larger Than Live (Last Call)


04/10/2012
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