Alain YVER

Alain YVER

THOMAS WOLFE

Thomas Wolfe




son site
http://library.uncwil.edu/wolfe/wolfe.html

société de ThomasWolf
http://www.thomaswolfe.org/

mémorial
http://www.wolfememorial.com/

Collection des œuvres de Thomas Wolfe à l'Université de North Carolina à Chapel Hill
http://www.lib.unc.edu/ncc/ref/tw/tw.html




Ses citations


«Le temps est au début et à la fin de chaque vie humaine, et chaque homme a son temps, son temps différent.»
[ Thomas Wolfe ]

«La pitié, plus que toute autre sentiment, est une émotion cultivée ; c'est un enfant qui en aura le moins.»
[ Thomas Wolfe ] - La toile et le roc

«Qu'elle est admirable la jeunesse de l'homme ! Elle est toute d'angoisse et de féeries, et il n'arrive jamais à la connaître sous son vrai jour, que lorsqu'elle l'a quitté pour toujours.»
[ Thomas Wolfe ] - Au Fil du temps








Thomas Clayton Wolfe, un écrivain américain, né le 3 octobre 1900, mort le 15 septembre 1938.

Eléments biographiques

Thomas Wolfe a reçu le diplôme de l’écriture pour le théâtre (Master in Playwriting) à l’Université de Harvard, mais sans pouvoir vendre ses pièces, il a décidé de travailler sur d’autres formes littéraires. Il est devenu un enseignant d’anglais en 1924 à l’Université de New York, où il a travaillé, par intermittence, jusqu’au 1930, en écrivant et en voyageant beaucoup dans les Amériques et en Europe. En 1925, pendant un voyage vers New York, il a rencontré Mme Alice Bernstein, qui est devenue sa compagne pendant les cinq années suivantes, était mariée et relativement plus âgée que Wolfe. Elle a persuadé son nouveau compagnon de se consacrer plutôt à l’écriture et d’abandonner l’enseignement. En lui donnant un soutien financier, elle lui a permis de terminer son premier roman, Look Homeward, Angel. Rejeté par de nombreux éditeurs, il a vu le jour dans les Éditions Scribner en 1929. Le livre commença par un scandale : son motif autobiographique a été mis en avant, et la communauté d’Asheville fut scandalisée par la traîtrise d’un de ses membres qui en dévoile les secrets.

En 1931, Wolfe s’installe à Brooklyn, où il vit entouré de meubles sinistrés et très modestes. Il travaille beaucoup, d’une façon peu méthodique et en révisant sans cesse ses textes. Of Time and the River, publié en 1935, a été un succès. Le succès a été poursuivi par de nombreux problèmes, quelques poursuites judiciaires, des lettres de chantage et une dispute importante avec les Éditions Scribner. Les quatre derniers chapitres de You Can’t Go Home Again ont provoqué une querelle idéologique : l’éditeur a protesté quand Wolfe voulait remplacer sa prose par les arguments politiques et éthiques. Il a finalement changé d’éditeur, pour publier chez Harper's.

En juin 1938, Wolfe fit un voyage en Colombie britannique et y contracta la pneumonie, qui entraîna sa tuberculose. Il est mort à l’hôpital de Baltimore.

Thomas Wolfe a marqué toute une génération d'écrivains. Il a directement inspiré, entre autres, Jack Kerouac et Jerzy Kosi®Ωski. Le philosophe Gilles Deleuze a plusieurs fois exprimé une vive admiration pour ses nouvelles et regretté leur méconnaissance par le public français.
Bibliographie sélective

Romans

    * 1929 : Look Homeward, Angel, A Story of the Buried Life (Ange exilé, une histoire de la vie ensevelie
    * 1935 : Of Time and the River; a Legend of Man's Hunger in His Youth (Le temps et le fleuve,
    * 1940 : The web and the rock (La toile et le roc, traduction française, éditions l'Age d'Homme, 1990)
    * 1940 : You can't go home again (Ange banni)

Recueils

    * 1935 : From Death to Morning (De la mort au matin)
    * 1936 : The Story of a Novel
    * 1939 : The Face of a Nation; Poetical Passages from the Writings of Thomas Wolfe
    * 1941 : The Hills Beyond
    * 1945 : A Stone, A Leaf, A Door; Poems by Thomas Wolfe, selected and arranged in verse by John S. Barns

L'Ange exilé - Une histoire de la vie ensevelie

Thomas Wolfe
Jean Michelet (Traducteur)
Broché
Paru le
25/09/2008
Editeur
L'Age d'Homme
Collection
au coeur du monde
ISBN
978-2-8251-3863-2
EAN
9782825138632
Nb. de pages 586
Poids
845 g
Dimensions
15,5cm x 22,5cm x 4,2cm


Roman du déchirement et de la nostalgie, de la solitude et du nombre, de la sensualité et de l'imagination, L'Ange exilé (Look homeward, Ange!) fut l'une des sensations de la vie littéraire américaine en 1929.
A l'heure de la banqueroute nationale, il annonce la naissance d'un barde du nouveau monde. Il raconte la vie secrète du jeune Eugène Gant, en conflit permanent avec une famille tumultueuse, une bourgade étriquée, un univers changeant et problématique. Cette chronique d'apprentissage et d'initiation si apparemment autobiographique et parfois si vengeresse fit scandale dans le pays de l'auteur. Mais L'Ange exilé est autre chose qu'un règlement de comptes.
C'est une tentative passionnée de restitution totale d'une réalité perdue; c'est une fantastique galerie de portraits vivants; c'est une exploration exhaustive des profondeurs "ensevelies" d'une conscience. C'est un hymne rhapsodique à la nature et aux saisons. C'est une quête angoissée du sens de l'existence. Roman des sources et roman-source, L'Ange exilé a la sombre densité de l'âme sudiste, la richesse inventive de la grande littérature.
Estimé aux Etats-Unis, en Allemagne, en Scandinavie, dans les pays slaves, Wolfe n'est pas exactement un génie méconnu. Mais son passage a été trop fulgurant, sa symphonie trop inachevée. L'Ange exilé, classique américain, est comme l'entrée triomphale d'un monument original dont les contemporains du romancier ont admiré la grandeur et qui a impressionné la mémoire des plus grands écrivains de son pays et du XXe siècle.
William Faulkner ne s'y est pas trompé lorsqu'il déclarait: "J'ai classé mes contemporains et moi-même non selon ce que nous avons accompli, mais selon la splendeur de notre échec, et j'ai classé Thomas Wolfe en tête, non en raison de ce qu'il a accompli, mais parce que c'est lui qui a osé le plus."






L'Ange Exilé - Thomas C. Wolfe.

Par woland le mardi, août 14 2007, 14:24 - Littérature made in USA. - Lien permanent

Après le traditionnel voyage en Europe qu'il arrache à la bourse de sa mère en 1924, Wolfe rentre au bercail avec tous les textes qu'il a écrits. Il n'a pas pour rien obtenu sa maîtrise en études théâtrales à Harvard et c'est tout naturellement que, en août 1925, il tombe amoureux d'Aline Bernstein, une créatrice de costumes pour le théatre qui a le vent en poupe à New-York et qui est - comme toutes les amours de Wolfe de toutes façons - bien plus âgée que lui (20 ans de plus, très précisément.) Jusqu'à sa mort, il l'appellera "ma Juive" mais leur liaison sera aussi tourmentée que l'exigeait un personnage aussi talentueux mais aussi, il faut le dire parce que c'est vrai, aussi paranoïaque et aussi arrogant que l'était Wolfe.

C'est grâce à l'appui financier et moral de Mrs Bernstein qu'il parvient à rédiger "L'Ange exilé," roman autobiographique qui, après nombre de refus auprès des éditeurs, sera enfin publié par Scribners, à New-York, en octobre 1929. ("L'Ange exilé" est d'ailleurs dédié à Aline.) Le succès est fulgurant. Le scandale dans le Sud paisible, aussi.

Look homeward, Angel Traduction : Jean Michelet

__Il faut dire que Wolfe y mélange allègrement tendresse et férocité, indulgence et sévérité, évoquant tour à tour, avec la même rage, son amour pour son clan et pour son pays natal mais aussi la haine qu'ils lui inspirent parce que, toujours, il s'est senti "différent" d'eux tous et, par là même, rejeté par eux :__

    "... ... Finalement, il s'avisa que ces gens-là ne lui avaient jamais fait aucun cadeau. (...), qu'il ne leur devait rien, et il résolut de le leur dire, et de retourner l'injure contre l'insolence. Ce qu'il fit. ... ..."

Plus tard, dans "L'Ange banni", Monk, autre double de l'auteur, tournera en ridicule les réactions furieuses suscitées à Asheville par le texte de "L'Ange exilé" :

    "... ... Mon Dieu, comment peux-tu avoir ce crime sur la conscience ? Je viens de quitter ta pauvre et chère vieille tante Maggie, elle est alitée, elle est blanche comme un linge et elle ne se relèvera plus du lit où l'a envoyée ta plume criminelle ... Tu as assassiné et déshonoré tes amis ne reviens jamais ici c'est comme si tu étais mort pour nous tous nous ne voulons plus te voir ... ..."

Dans un souci d'impartialité, il faut bien reconnaître que, sous le talent incontestable de l'écrivain, ce roman qui pleure le Temps à jamais perdu de l'innocence, celui où le petit Eugène pouvait encore croire en un monde qui l'accepterait et le comprendrait, constitue aussi un réglement de comptes musclé et incisif avec l'idée non peut-être de la Famille mais du Clan. Le tour de force de Wolfe est de nous faire admettre l'ambivalence des sentiments qui le brûlent, malgré le recul apporté par l'écriture. Toutes celles et tous ceux qui ont eu maille à partir avec des parents et/ou des frères et soeurs à la fois aimés et haïs entreront de plein pied dans l'histoire mais quant aux autres, tout cela risque de paraître outrancier.

Et pourtant, après avoir lu "L'Ange exilé" - qui se lit en outre lentement en raison du style à la fois poétique, méditatif et parfois exaspérant parce que trop théâtral de son auteur - on comprend mieux pourquoi et comment Thomas C. Wolfe a eu tant d'emprise sur Jack Kérouac et sa génération. Faulkner lui-même déclara, dit-on, un jour, que Thomas Wolfe était l'un des auteurs américains les plus importants du XXème siècle et il ne fait aucun doute qu'il l'admirait.







A propos du chapitre XXII de L'ange exilé de Thomas Wolfe

Je profite d'une note sur le blog de Jean-Louis Kuffer, pour citer ce passage du chapitre XXII qui constitue à mon sens le point culminant du roman. Eugène, le héros, en révolte ouverte contre sa famille - et quelle famille ! - dit à sa mère, Eliza, qui le traite de monstre et lui prédit d’être puni par Dieu s’il y en a un dans le ciel :

« - Oh, il y en a un ! Je suis sûr qu’il y en a un ! s’écria Eugène. Parce que j’ai déjà été puni. Bon Dieu, je vais passer le reste de ma vie à me détacher de vous, à cicatriser et à oublier les blessures que vous m’avez infligées quand j’étais enfant. Mon premier mouvement, une fois sorti du berceau, a été de ramper vers la porte et tout ce que j’ai fait depuis a eu pour but l’évasion. Maintenant, je suis libre, même si vous avez encore des droits sur moi pendant quelques années. Et si je ne suis pas libre, je suis du moins enfermé dans la prison que je me suis faite, mais dans la jungle de ma vie je mettrai de la beauté, je mettrai de l’ordre : je trouverai ma voie, même si cela me prend encore vingt ans, et je la trouverai seul.

- Seul ? dit Eliza, toujours soupçonneuse. Où veux-tu donc aller ?

- Ah, dit-il, tu ne t’en es pas aperçue, hein ? Je suis déjà parti. »


Thomas Wolfe fait apparaître avec une finesse extraordinaire les mécanismes pervers de la manipulation familiale subie par Eugène. Il met en scène les fondements qui sous-tendent leurs échanges, les pièges verbaux et affectifs dont il est la victime.

Par exemple : en finançant une partie de ses études universitaires, la famille d’Eugène estime le tenir et peut ainsi l’humilier tout en gardant bonne conscience. Et comme ils payent, ils ne manquent de lui rappeler ce qu’il leur doit. Sur l’échiquier familial, chaque membre est toujours en position de devoir quelque chose à l’autre. « Tout ce qu’on t’a offert ». L’argument comptable témoigne de l’incapacité des uns et des autres à faire preuve d’empathie. Manière de dire qu’au vu de ce qui a été donné, l’autre doit une reconnaissance et une soumission illimitée à la loi du clan.

Eugène est un monstre au sein de sa famille (le monstre étant ce qui constitue une énigme, une différence incompréhensible). Sa différence les agresse. Les siens sont incapables de le comprendre. Ce qu’il est devenu les offensent. Il est indéchiffrable et constitue par là même une menace contre laquelle ils vont réagir violemment. Ce que ne manque pas de faire Luke, le frère d’Eugène, en l’agressant physiquement. Incompréhension, incapacité à verbaliser, donc à échanger. Les interactions chez les Gant sont pulsionnelles. Oui, Eugène paie cher le prix de sa différence, son devenir d’adulte, la solitude qui résulte de ce qu’il a compris (solitude qui est en même temps sa liberté).


Eugène va faire exploser le vice d’une morale qui sert de vernis et de bonne conscience à cette famille fort peu attachante, si ce n’est le père, sculpteur d’anges et Titan écroulé. (On trouve aux chapitre XXIII une description lapidaire de chaque membre).

Eugène, figure d’adolescent en rébellion, va s’extraire du bourbier familial en parvenant à nommer, à verbaliser, à comprendre la perversion du lien qui les unit – fonction libératrice du langage -, tandis qu’eux grouillent aveuglément dans la méchanceté. Eugène qui se donne rien de moins que la beauté comme issue salvatrice : «… mais dans la jungle de ma vie, je mettrai de la beauté, je mettrai de l’ordre ».

Oui, en parvenant à s’exprimer, il parvient à se réapproprier son destin, à devenir acteur de sa vie. En prenant conscience des liens obscurs qui le lient à sa famille, il entame le nécessaire affranchissement qui est celui que vient à connaître, sous une forme ou sous une autre tout adolescent. Une rupture plus ou moins heureuse, toujours empreinte d’une certaine brutalité, comme lors de toute mue ou toute séparation avec une partie de soi dont il faut se détacher pour poursuivre son chemin. La compréhension acquise par Eugène, cette clarté nouvelle, lui permet de poser une limite sur laquelle s’appuyer pour entamer ce long périple vers soi-même.

Eugène, ange exilé au sein de la famille Gant en quête de soi sur terre. « Ô perdu »… Deux mots qui résument à eux seuls le parcours d’Eugène Gant.

____________________________________
Note sur le blog de Jean-Louis Kuffer: Les anges exilés de Thomas Wolfe.
La citation est tirée du chapitre XX de l’Ange exilé, Editions l’Age d’Homme.




15/11/2009
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