Alain YVER

Alain YVER

TOMI UNGERER

TOMI UNGERER






SON SITE
http://www.tomiungerer.com/

http://www.ecoledesloisirs.fr/php-edl/auteurs/fiche-auteur-nvo.php?codeauteur=281

http://www.caricaturesetcaricature.com/article-11542191.html

http://www.lexpress.fr/culture/cinema/video-tomi-ungerer-j-ai-eu-la-chance-de-perdre-mon-pere-a-3-ans-et-demi_1201397.html

http://videos.arte.tv/fr/videos/square-42-tomi-ungerer--7136450.html

http://www.youtube.com/watch?v=55ugHpsG4d8


http://www.franceinter.fr/emission-le-grand-entretien-tomi-ungerer-sur-grand-ecran





BIOGRAPHIE
Tomi Ungerer, artiste universel et humaniste satirique

Attendez-vous à l'inattendu - Tomi Ungerer semble toujours être là où on ne l'attend pas. On pourrait dire que Ungerer est d'abord connu comme un grand illustrateur, parfois comme un écrivain et un sculpteur, plus rarement comme humaniste engagé. Mais Ungerer se passionne pour la vie, celle de son prochain, celle du monde également ; et il revendique, pour la paix tout d'abord, la fraternité entre les peuples ou les enfants malades ensuite. Tomi Ungerer, en grand passionné, a plus d'une corde à son arc. Au grès du temps, des pays ou des saisons, des rencontres aussi, il peut devenir botaniste, minéralogiste, charpentier, fermier, dessinateur, graphiste ou collectionneur attentif. Comme lui, son père exerçait plusieurs métiers, fabricant d'horloges astronomiques pour l'Etat-civil, mais aussi ingénieur, artiste et historien. Et Tomi Ungerer sait que le présent est là, si vivace et si lointain, si réaliste qu'il nous rempli de colère mais si beau également qu'à coup sûr on ne peut que le partager. Avec Tomi Ungerer, homme fragile, dessinateur angoissé, personnage passionné, on frôle de près tous les sentiments de la vie, on partage l'enfer du passé et l'on se prend à rêver d'un possible futur.

Il est vrai que la parcours de Jean Thomas, dit Tomi, Ungerer, semble écrit par un romancier aventurier. Né le 28 novembre 1931 à Strasbourg, dans une famille d'horlogers, son enfance est soudain bouleversée par la mort de son père, en 1935. Les difficultés matérielles qu'entraîne ce décès obligent la famille à quitter Strasbourg pour un petit village, Logelbach, situé à proximité de Colmar. Les environs de Colmar, et ses paysages paisibles et calmes, seront un des éléments de base d'une partie importante de l'oeuvre d'Ungerer.

L'autre événement marquant de son enfance est celui de l'occupation de l'Alsace par les Allemands. Il en fera toujours référence, comme pour mieux pointer les dégâts que peuvent entraîner les conflits, mais surtout pour en dénoncer l'absurdité des hommes. En 1940, la maison et l'usine familiale sont réquisitionnées par l'armée. Pendant la guerre, Tomi Ungerer, à l'Oberschule Mathias Grünewald de Colmar, est soumis à la germanisation de l'enseignement. De cet endoctrinement nazi, Tomi Ungerer en gardera un souvenir impérissable. Ungerer, tant dans ses livres pour enfants que dans les ouvrages à destination des adultes évoquera sans cesse cette période de sa vie, entre insouciance de la jeunesse et douleur de la guerre. Pendant l'hiver 1944-45, Tomi vit l'épisode dramatique de la "Poche de Colmar". Ses dessins de l'époque témoignent de cette période de guerre. Mais sa mère, qui le couve énormément, tente de lui éviter toute confrontation.

Tomi Ungerer redevient français en 1945, mais il est bien difficile de se réadapter en cours d'études à une discipline différente, et surtout à une autre langue officielle après quatre années de domination allemande. Constamment puni pour avoir parlé Alsacien, il est qualifié de "pervers et subversif" par son proviseur. Il se fera renvoyer de l'école avant de passer son baccalauréat. De toute cette période, Ungerer a gardé un sens aigu contre toute les intolérances.
Au sortir de la guerre, débute pour Ungerer une série d'années à la fois insouciantes et difficiles Tomi décide, après son échec à la deuxième partie du baccalauréat, de partir en stop au Cap-Nord, en Laponie.
Il relatera ses expériences de voyages dans ses Carnets qu'il fait le plus souvent à vélo.

En 1952, pour échapper de nouveau à la guerre, il s'engage dans le corps des Méharistes en Algérie. Supportant mal la discipline militaire, il tombe gravement malade et est démobilisé l'année suivante (Ungerer évoque cette période souvent avec humour et tristesse ; il raconte que pour que les appelés marchent au pas, il chantait en plein désert des chants nazis...).
De retour à Strasbourg, il s'inscrit aux Arts Décoratifs d'où il est renvoyé, quelques temps après pour indiscipline. Sans bacho, il travaille un temps comme étalagiste puis comme dessinateur publicitaire pour des entreprises locales.
C'est durant cette période qu'il est attiré par la vie culturelle et artistique américaine, découvrant par exemple le dessinateur Saul Steinberg. Il effectue durant la même période de nombreux voyages à travers l'Europe, puis décide en 1956 de partir pour les Etats-Unis, avec 60 dollars (et une "cantine de dessins et de manuscrits")
L'arrivée à New-York se passe mal. A peine débarqué, il tombe de nouveau malade et les infirmiers de l'hôpital l'engagent à retourner en Europe. Désenchanté, Ungerer ne retrouve pas ce pays d'accueil dont il rêvait tant. Mais Tomi Ungerer persiste et signe et c'est à New-York qu'il fait deux essentielles pour la suite de vie ; celle tout d'abord de Nancy White, qu'il épouse en septembre 1956 et celle d'Ursula Nordström, éditeur chez Harper et Row, qui lui donnera sa première chance de publication : il conçoit alors la maquette de ses premiers livres pour enfants tout en travaillant pour la presse et la publicité. En 1957, son premier livre pour enfants, The Mellops go flying, paraît chez "Harper and Row" et raconte l'histoire d'une famille de petits cochons. Dès sa parution, l'ouvrage connaît le succès et obtient le célèbre prix du "Spring Book Festival". Parallèlement, Ungerer réalise sa première campagne publicitaire pour les machines Burroughs, dessine également pour les revues Esquire, Life, Holiday, Harpers, The New York Times ainsi que pour la télévision.

De 1958 à1962, il poursuit son travail d'illustrateur jeunesse, complète la série des Mellops et réalise d'autres aventures enfantines, comme Crictor, Adélaïde, Emile, les Trois Brigands, Rufus, ainsi que des livres satiriques comme Horrible et The Underground Sketchbook. Ses livres pour adultes lui assurent également la réputation d'un des plus importants dessinateurs satirique et humoristique de notre temps. En Europe, il entame une collaboration avec une maison d'édition suisse Diogenes Verlag, qui éditera la majorité de ses livres pour la jeunesse, mais également ses ouvrages pour adultes, satires de la société, comme dans Fornicon (où il critique la sexualité mécanisée), Babylon (sur la mort, préfacé par Friedrich Durenmatt), Schwarbuch (le livre noir, sur la guerre) ou The Party (paru en 1966, dans lequel il exprime sa haine de la société new-yorkaise). L'Allemagne reconnaît le talent de Ungerger, en 1962, l'année de la naissance de sa fille Phoebé, une première grande exposition est organisée à Berlin. Simultanément, il dessine des affiches contre la guerre du Vietnam et contre la ségrégation raciale. Rapidement, il sera mis à l'index, fiché comme "communiste" (il sera d'ailleurs toujours suivi de près par les autorités américaines). Ses livres seront d'ailleurs interdits dans les bibliothèques subventionnées, les dessins de Ungerer étant jugés hautement politiques par l'administration américaine.
En 1970, Tomi Ungerer rompt avec New York, et part avec sa femme, Yvonne Wright, en Nouvelle Ecosse (Canada) où ils vivent dans une ferme isolée. Durant les années canadiennes (environ cinq ans), Ungerer renoue avec ses racines alsaciennes ; il publie Das Grosse Liederbuch, livre de chansons populaires allemandes, qui obtient un grand succès. Loin de la ville, Tomi veut "exorciser les démons de sa vie citadine" (leurs expériences sont décrites dans Heute hier, morgen fort (1983)).. Plusieurs expositions en France (en 1975, Ungerer fait une importante donation de son oeuvre et de sa collection de jouets aux Musées de Strasbourg qui lui consacrent une exposition rétrospective) et en Allemagne lui sont également consacrées. Mais Ungerer ne range pourtant pas son crayon et publie America, un album charge contre les Etats-Unis

Depuis 1976, les Ungerer s'installent en Irlande, où naîtront trois enfants (Aria, Lukas et Pascal). En 1981, une rétrospective très importante est organisée au Musée des arts décoratifs de Strasbourg, et en 1983, Tomi Ungerer obtient le titre de "Moraliste impitoyable" par le biais du prix Burckhart, décerné par la fondation Goethe de Bâle. En 1984, il est nommée commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres.
A partir de 1985, Ungerer participe activement à la vie culturelle alsacienne : il sera chargé de mission à la commission interministérielle France-RFA. Mais Tomi Ungerer n'en oublie pas ses racines européennes et sa vision d'une société plus juste ; en 1986, après de fréquents séjours à Hambourg, il relate et dessine un reportage sur le milieu des prostituées dans Schutzen gel der Hölle. 
En 1990, il reçoit la Légion d'Honneur et crée, en 1991, la Culture Bank, à Strasbourg, pour favorisier les échanges culturels de toutes sortes.

Pour Tomi Ungerer, 1992 a été une année sombre : il perd sa soeur dans l'accident aérien du mont Sainte-Odile. Mais il n'en reste pas moins inactif : il participe à de nombreuses opérations humanitaires, en faveur de la Croix Rouge Française, contre le sida. 

En 1994, paraissent un livre sur l'ensemble de son oeuvre publicitaires, Affiches, et un recueil d'esquisses érotiques, Das Liederliches Liderbuch. En 1995, il publie un recueil de textes et de dessins sur les chats, Das Grosse Katzbuch, mais n'en n'oublie pas pour autant les enfants, avec plusieurs publications.
En 1997, paraît Flix, (son premier livre pour enfants depuis 1974) chez Diogenes Verlag à Zurich et à l’Ecole des Loisirs à Paris, puis Mon Alsace, aux Editions de la Nuée Bleue à Strasbourg, et Cats chez Roberts Rinehart Publishers aux Etats-Unis. Le Prix Hans Christian Adersen lui est décerné l'année suivante, puis le Prix Européen de la Culture en 1999, tandis que paraît Otto, autobiographie d'un ours en peluche.
Tomi Ungerer vit toujours en Irlande, tout en gardant des contacts très étroits avec l'Alsace et ses souvenirs d'enfance, celle égayée par Max et Moritz, Samivel et Benjamin Rabier. Celle aussi illuminée par le retable de Grünewald devant lequel le jeune Ungerer restait des heures durant à rêver. 
Car au goût le l'absurde et de la provocation, jusqu'à la cruauté, répond dans toute l'œuvre de Ungerer, la pudeur, la tendresse et le ravissement devant l'enfance.
Avec talent et générosité, Tomi Ungerer a jusqu'à ce jour publié plus de 130 ouvrages, près de 500 affiches, des milliers de dessins où transparaît sa verve contre la société de consommation, fustigeant les trop-nantis ou les imbéciles repus, émerveillé devant la naïveté du monde...Un talent multiforme qui désarme, mais qui rassure aussi les lecteurs que nous sommes...

http://www.ricochet-jeunes.org/auteurs/refid/1118






Tomi Ungerer

Tomi Ungerer, né Jean-Thomas Ungerer, le 28 novembre 1931 à Strasbourg en Alsace, est un dessinateur et auteur français. Considéré comme l'un des plus brillants dessinateurs de sa génération, il mène depuis 1957 une carrière internationale dans de nombreux domaines de l'art graphique. Ses livres pour enfants Les Trois Brigands et Jean de la Lune ont fait le tour du monde, son affiche contre la ségrégation raciale Black Power/White Power est devenue une icône. L'artiste est avant tout un fin observateur de la société de son temps et en a livré une satire virulente dans l'esprit de Daumier et de Grosz. Créateur multiforme, il s'est également intéressé à la sculpture et a écrit de nombreux textes, dont certains sont autobiographiques1.
Biographie
Tomi Ungerer est le fils de Théodore Ungerer et d’Alice Essler.
Son arrière-grand-père Auguste Théodore, son grand-père Alfred (1861-1933) et son père Théodore travaillent dans l’horlogerie et l’entreprise d’horlogerie Ungerer a été active de 1858 à 1989.
Son père décède alors que Tomi est âgé de moins de quatre ans. Ce dernier était ingénieur, fabricant d’horloges astronomiques, artiste et historien ; Tomi lui rend hommage dans De père en fils (2002) : « J’ai eu le sentiment qu'il m'avait transmis tous ses talents en mourant »2. La famille part s’installer à Wintzenheim, quartier Logelbach au 12 rue Haussmann – une plaque signalant le lieu où il habitait a été posée le 19 février 2005 –, dont les paysages calmes et romantiques inspireront l’auteur. C’est en Alsace que son œuvre puise ses racines, malgré son tempérament de globe-trotter.
Durant la Seconde Guerre mondiale, l’Alsace est annexée par l’Allemagne. La maison et l’usine familiale sont réquisitionnées par les Allemands et comme tous les alsaciens, Tomi Ungerer subit un endoctrinement nazi via l’école qu’il fréquente et qui est soumise à la germanisation.
À la fin de la guerre, Tomi est à nouveau français mais il aura beaucoup de mal à s’adapter à cette nouvelle situation et se fait renvoyer de l’école, où on lui interdit de parler alsacien.
En 1946, il explore la France à vélo.
En 1951, après son échec au baccalauréat, il voyage par des moyens de fortune jusqu’en Laponie et au Cap Nord.
En 1952, Tomi Ungerer s’engage dans le corps des méharistes en Algérie. Il est réformé en 1953. Il s’inscrit alors aux Arts décoratifs mais est renvoyé pour indiscipline. Il travaille alors comme étalagiste et publicitaire pour des petites entreprises.
Entre 1954 et 1955, il effectue de nombreux voyages dans toute l’Europe, toujours par des moyens de fortune (en auto-stop ou en s’engageant comme marin sur des cargos), notamment en Islande, en Norvège, en Grèce et en Yougoslavie.
Tomi Ungerer part pour New York en 1956. Il débarque avec un carton de dessins et 60 $ en poche, et c’est le succès immédiat : il travaille pour les journaux et magazines les plus prestigieux (New-York Times, Life etc)2. Sa rencontre avec Ursula Nordström des éditions Harper & Row lui permet de publier quatre-vingt livres pour enfants en dix ans. Ce sont ses activités de publicitaire et notamment d’affichiste qui lui apportent la notoriété : ses affiches contre la guerre du Viêt Nam sont très connues. Il est également connu comme un important satiriste et dessinateur humoristique (pour adultes).
Il s’installe en 1971 en Nouvelle-Écosse, au Canada.
En 1975, il fait une première donation de son œuvre et de sa collection de jouets à la ville de Strasbourg qui sera suivie de plusieurs autres.
Depuis les années 1980, il s’investit énormément pour l’amélioration des relations franco-allemandes et dans la préservation de l’identité, du particularisme et du bilinguisme en Alsace.
En 1988, pour le bimillénaire de Strasbourg, il dessine les plans d’un monument, « l’Aqueduc de Janus » situé à l’arrière de l’Opéra national du Rhin.
Tomi Ungerer est membre du comité de patronage du think tank strasbourgeois Forum Carolus3 créé et dirigé par Henri de Grossouvre, car pour lui, comme il aime à le répéter, « pour la première fois depuis des siècles, Strasbourg et l’Alsace sont au bon endroit au bon moment ».
Il obtient en 1998 le Prix Hans Christian Andersen, mention illustrateur, la plus haute distinction pour un auteur de livres d'enfants.
Les principaux thèmes qu’il a abordés dans sa carrière sont la littérature d'enfance et de jeunesse, la publicité, les alsatiques et l’érotisme.
Son œuvre est riche de 30 000 à 40 000 dessins.
Le Musée Tomi Ungerer

Le musée Tomi Ungerer–Centre international de l'Illustration est situé à la Villa Greiner, avenue de la Marseillaise à Strasbourg.
Ce musée conserve la collection Tomi Ungerer, qui provient de plusieurs donations effectuées par l’artiste à sa ville natale depuis 1975 et qui comprend onze mille dessins originaux, des estampes, un fonds documentaire, une bibliothèque. Six mille cinq cents jouets et jeux provenant de la collection personnelle de Tomi Ungerer font également partie de la collection du Musée.
Il a ouvert ses portes en novembre 2007 et présente le fonds au rythme de trois accrochages par an.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Tomi_Ungerer





Le Musée Tomi Ungerer


Situé à la Villa Greiner, on y trouve un fonds important de 11000 dessins donnés à sa ville natale par Tomi Ungerer, dessinateur et illustrateur né en 1931 à Strasbourg. L’ensemble est présenté par roulements dans un parcours thématique d’environ 300 œuvres originales comportant des dessins de livres pour enfants, des dessins satiriques et publicitaires ainsi que des œuvres érotiques. Une sélection de l’œuvre graphique de l’artiste, mise en contexte avec le dessin d’illustration des XXe et XXIe siècles, est également à découvrir.

http://www.musees.strasbourg.eu/index.php?page=musee-tomi-ungerer







Consulter la collection Musée Tomi Ungerer-Centre international de l'Illustration

 
 La Collection du Musée Tomi Ungerer résulte de plusieurs donations effectuées depuis 1975 par Tomi Ungerer. Elle comporte huit mille dessins originaux et estampes et un fonds documentaire important non seulement sur l'artiste mais aussi sur le thème de l'illustration, ainsi que six mille jouets provenant de la collection personnelle de l'artiste. La présentation actuelle constitue un ensemble représentatif des collections du musée qui tend à être développé afin de constituer à terme une base exhaustive. Les jouets n’y sont pas encore représentés.
Les reproductions en ligne des œuvres des collections sont destinées uniquement à la consultation dans un cadre personnel. Leur utilisation professionnelle est soumise à la réglementation en vigueur et au respect des droits d'auteur et des droits d'exploitation des images. Toute demande de reproduction est à adresser au service photo des Musées de la Ville de Strasbourg.
Avertissement : certaines œuvres sont de nature à heurter la sensibilité, en particulier du jeune public.

http://www.musees-strasbourg.org/collection/tu.html





Tomi Ungerer l'indocile
le magazine du Monde  14.12.2012 Par Emilie Grangeray

Six heures avec Tomi Ungerer – un rêve. Six heures passées chez son éditeur suisse, Diogenes Verlag, qui a publié la quasi-intégralité de son œuvre. Un mot que ce "modeste arrogant" (comme il aime à se définir) refuse, lui préférant celui de "productions". Un comble pour l'un des rarissimes artistes vivants à avoir son propre musée, ouvert en 2007 à Strasbourg et dont Thérèse Willer est la conservatrice.

Auteur de plus de 140 ouvrages, beaucoup pour adultes – même si en France il est surtout connu comme lauréat du prix Andersen (1998), le Nobel de la littérature enfantine. Des livres dont il préférerait ne pas parler – car son travail, explique-t-il, a tellement évolué depuis. Ses brigands au cœur tendre et ogres assagis, devenus des classiques, ont pourtant révolutionné le genre... Il faut dire que, des tabous et des verrous, Tomi Ungerer en a fait sauter plus d'un.
Né le 28 novembre 1931 à Strasbourg dans une famille rigoureusement protestante, le petit Tomi est doublement marqué : à trois ans et demi, par la mort de son père, ingénieur, fabricant d'horloges astronomiques, artiste et historien, auquel il rend hommage dans De père en fils (éd. La Nuée bleue/DNA, 2002) : "J'ai eu le sentiment qu'il m'avait transmis tous ses talents en mourant." Puis à 8 ans, quand la guerre éclate. Si, plus tard, le roi du calembour s'amusera à répéter à l'envi : "L'Alsace, c'est comme les toilettes : toujours occupée", il ne se remettra jamais du lavage de cerveau que les nazis leur ont fait subir (A la guerre comme à la guerre, éd. L'Ecole des loisirs, 2002).
"STIMULER UN IMAGINAIRE"
Après son échec au baccalauréat, il voyage beaucoup et, fasciné par l'Amérique, débarque à New York en 1956 avec un carton de dessins et 60 dollars en poche. Le succès est quasi immédiat : alors qu'il multiplie les collaborations avec les journaux et magazines les plus prestigieux (Esquire, Life, Harper's Bazaar, The New York Times), ses livres pour enfants séduisent.
Mais chez Ungerer, pas de "ces livres à nounours", comme il les appelle, qui lui donnent la nausée (Pas de baiser pour Maman, éd. L'Ecole des loisirs, 1976). Ni de vocabulaire édulcoré. Ainsi, dans Les Trois Brigands, préfère-t-il utiliser le terme de "tromblon" à celui d'"arme à feu" : "Il n'existe rien de mieux qu'un nouveau mot pour stimuler un imaginaire." Pour lui, l'essentiel est d'enseigner la curiosité : "Une fois que les enfants sont curieux, ils deviennent collectionneurs – de connaissances, d'expériences. Alors, ils peuvent comparer. Et, lorsque l'on compare, les idées surgissent."
Des idées, Tomi Ungerer en a parfois tant que, pris à la gorge par de répétitifs cauchemars, il crayonne sans relâche ou écrit. Ainsi ce mot qu'il nous fera parvenir par La Poste, peu de temps après notre entretien : "Soyez bêtes, soyez méchants, analphabètes et dégoûtants/ Etre évité et détesté, c'est une forme de liberté."
"LIGNE D'HORIZON"
Mettre les normes à l'envers, Tomi Ungerer sait faire et il n'attendra pas longtemps avant de s'en prendre à la face B de l'Amérique, dénonçant, à coups d'affiches coup de poing, la ségrégation puis la guerre du Vietnam. Il touche juste – toujours –, même si la férocité de son trait n'est pas du goût de tous. Mais c'est la publication de ses dessins érotiques (Fornicon, 1969 ; éd. Jean-Claude Simoën, 1978) qui va signer son arrêt de mort. L'Amérique puritaine est choquée. Un critique du New York Times s'insurge : comment ose-t-il publier tout à la fois "ça" (ses nus, donc) et des ouvrages pour enfants ? "Il faut pourtant bien baiser pour en faire", renchérira Ungerer.
Trop, c'est trop. En 1971, il quitte donc le pays où tout est vraiment possible pour le Canada, puis l'Irlande, où il vit toujours. Entouré de moutons, cochons et autres canards, il devient fermier et boucher. Surtout, il découvre la mer : "Elle m'a offert la ligne d'horizon. Une ligne sans tranchée, une surface sans église, sans usine."
C'est aussi, pour lui, un retour à l'Europe qu'il a toujours aimée puisque, parmi ses nombreux engagements – il s'est battu pour la sensibilisation des enfants aux horreurs de la guerre, la défense de l'identité alsacienne, du yiddish, etc. –, Tomi Ungerer a fait partie, avec André Bord, de la Commission interministérielle de coopération créée pour le rapprochement franco-allemand.
Depuis, l'enfant terrible se réjouit que ses livres, jadis mis à l'index, soient désormais en vente au MoMA. Facétieux, l'homme devient très sérieux lorsqu'il s'agit, pour paraphraser Philip Roth qu'il a bien connu, de parler travail. Après avoir produit quelque 40 000 dessins, et écrit pamphlets et aphorismes, il travaille actuellement à des nouvelles, et sur l'application pour smartphone que finalise Diogenes Verlag autour des Trois Brigands – "Que pensez-vous du début de la berceuse que j'ai griffonnée ce matin : "A l'école, à domicile, soyez toujours indociles..." ?"
ENFANT HYPERSENSIBLE
Indocile, Ungerer ? Espiègle, certainement. Farceur, sans aucun doute. Mais surtout inclassable. Bricoleur polymorphe, curieux insatiable, il a brisé tous les codes. Lui, le fils d'une dynastie d'horlogers, dessine pour conjurer le temps. Mais, justement, on entend L'Horloge de Baudelaire, "dieu sinistre, effrayant, impassible".
Et voilà. Cela fait six heures qu'il choisit des dessins pour ce parcours visuel. Six heures passées à raconter des histoires. A tenter - en vain - de soudoyer l'attachée de presse pour qu'elle nous apporte une bouteille de vin alors qu'on nous servait à déjeuner dans le bureau. A s'émouvoir aux larmes quand l'injustice pointe le bout de son nez. Alors, et alors seulement, son visage s'assombrit, ses yeux d'ordinaire si malicieux se mouillent, sa voix se fracasse, et voilà que revient l'enfant hypersensible qu'il fut. Qu'il est.
Six heures à rire aussi, beaucoup. Il sera à Paris pour la sortie conjointe de L'Esprit frappeur, l'excellent documentaire qui lui est consacré, et de Jean de la Lune, film d'animation adapté de son conte éponyme. "Jean de la Lune, c'est moi. C'est l'éternelle histoire de celui qui est différent des autres. Par ailleurs, je suis très sensible à l'influence de la Lune, laquelle, quand elle est pleine, me met dans des états de grand désespoir ou de grande inspiration." Nous sommes un jour de pleine lune.






«Toute ma vie, je suis tombé de la Lune»
Par Olivier Delcroix
    
LE CLAP - C'est doublement Noël pour l'illustrateur et satiriste alsacien. Un documentaire et un film d'animation inspiré de son œuvre sortent en même temps sur les écrans.

Non seulement une magnifique adaptation animée de son livre Jean de la Lune sort sur les écrans, mais le même jour est également diffusé Tomi Ungerer: l'esprit frappeur, un formidable documentaire américain signé Brad Bernstein.
À le voir, toujours aussi vif et blagueur, on se rend compte que l'âge n'a en rien atténué la vivacité et l'acuité intellectuelle du bonhomme. À 81 printemps, cet artiste multicarte reconnaît avec le sourire que Jean de la Lune est un récit «vraiment autobiographique. Je me souviens que, lorsque j'ai atterri à New York, je tombais de la Lune. Quand je suis arrivé en Irlande, je suis tombé de la Lune… Toute ma vie, j'ai passé mon temps à tomber de la Lune!».
Son petit héros à la tête ronde et au sourire lunaire lui ressemble donc beaucoup. Dans le livre comme dans le film d'animation signé Stephan Schesch, ce petit Jean s'ennuie tout seul sur son astre blanc. Une nuit, il décide de s'accrocher à la queue d'une comète et atterrit sur la Terre. Le Président du Monde, dictateur tout-puissant, persuadé qu'il s'agit d'un envahisseur, le pourchasse. Pour lui échapper, Jean de la Lune devra compter sur les enfants et ses amis… et un certain professeur Éclats des ombres, inventeur de toute chose, qui ne se déplace qu'avec un «yo-yo trottinette» du plus bel effet.
«Cette invention rigolote n'est pas dans l'ouvrage original, confie Ungerer. Mais le réalisateur souhaitait absolument ajouter une grande mobilité au personnage. Alors, j'ai pensé à ça…» En regardant la canne de Tomi Ungerer, on remarque alors qu'elle porte une sonnette de bicyclette et l'on comprend que le dessinateur est coutumier de ce genre de facéties. «J'ai perdu un œil, se justifie-t-il. Comme je n'ai plus aucune profondeur de champ, dans la rue, quand les gens s'avancent vers moi, j'ai l'impression qu'ils vont me rentrer dedans. Du coup, j'actionne la sonnette. C'est mon arme anticollision !» (rires).
Conte poétique
Le film d'animation Jean de la Lune est à l'image d'Ungerer, tendre et cruel. Tomi Ungerer y a totalement revisité son conte poétique, y ajoutant de-ci de-là quelques coups de cymbales créatives dont il a le secret. On fait ainsi la connaissance d'une petite fille, de son chien, et de son père qui circulent dans une grande voiture décapotable blanche. Au début du film, ils assistent à une séance de cinéma dans un drive-in américain. La petite fille aperçoit Jean de la Lune, tandis que son père a perdu cette capacité d'émerveillement et ne distingue qu'un astre blanc qui brille dans la nuit.
Récit poétique, Jean de la Lune met en scène un petit héros qui va devoir apprendre à communiquer avec les gens pour s'en sortir, malgré sa différence. On retrouve les thématiques chères à l'œuvre d'Ungerer: la liberté d'un individu jugé différent face à l'ignorance d'une société, trop vite enclin à l'exclusion et au racisme. Bien sûr, on pense au Petit Prince de Saint-Exupéry qui, une fois tombé de sa petite planète, ne pense qu'à une chose: y revenir. Mais Jean de la Lune ayant été imaginé en 1966, trois ans avant que l'homme n'y pose le pied, il est tout à fait logique que notre «Pierrot lunaire» retourne chez lui à l'aide d'une belle fusée!






Tomi Ungerer dans tous ses éclats

Par Olivier Delcroix

Rencontre avec le dessinateur, qui excelle aussi bien dans les livres pour enfants que le portrait ou la publicité… À Strasbourg, une exposition passe en revue les maîtres qui l'ont influencé.

En novembre, il a fêté en grande pompe ses 80 printemps. ­L'illustrateur et satiriste Tomi Ungerer, qui était de retour à Strasbourg sa ville natale pour l'occasion, ne manque pas de préciser aussitôt qu'il ne s'agissait pas de «grandes pompes, mais plutôt de grosses bottes», car il pleuvait à verse en Alsace. D'emblée, cet échange d'amabilités humoristiques en forme de jeux de mots (croisés) esquisse un personnage truculent, un peu ogre de prime abord mais qui reste, au fond, un grand gamin. Outre l'exposition «Tomi Ungerer et ses maîtres» qui lui est consacrée à Strasbourg dans le musée qui porte son nom, deux nouveaux ouvrages permettent d'approcher l'œuvre immense de ce dessinateur ­virtuose: portraitiste, satiriste, auteur pour enfants, notamment d'un classique, Les Trois Brigands.
Un talent éclaté? Lui-même le reconnaît volontiers. «J'ai explosé comme une grenade, dit-il. Je suis parti en éclats, vers le dessin pour enfants, vers la publicité, vers l'érotisme, vers la politique comme on a pu le constater avec mes affiches anti-guerre du Vietnam.» Et d'ajouter comme s'il prenait soudain du recul par rapport à sa carrière: «Toute ma vie, finalement, aura été une succession d'éclats et d'éclaboussures. Durant l'enfance, il y a eu les éclats d'obus de la guerre, il y a eu ce voisin que j'ai vu ­mourir sous mes yeux d'un éclat dans la gorge. Les éclats, ça me connaît. Les éclats de colère aussi. Je suis un homme en colère contre l'absurdité du monde. Ma colère vient de là. Et mon exutoire, c'est le dessin. Je perce les abcès de mes humeurs avec ma plume. Vous voyez, je pense par images.»
Complexe d'infériorité
L'âge n'a en rien atténué la vivacité et l'acuité intellectuelle du bonhomme. Quand on lui parle de dessin, il se cabre. «Avec mon complexe d'infériorité, dit-il, chaque dessin est pour moi une sorte d'avortement. J'ai horreur de revoir mes anciens dessins. J'ai toujours envie de tout refaire.» Son influence la plus marquante? Sans hésiter, Ungerer cite le retable d'Issenheim. «Un choc immense, durant la guerre. La station d'autobus que je prenais chaque jour pour rentrer de l'école était située en face. À 9  ans, j'ai d'abord été fasciné par les monstres, puis par ces lumières psychédéliques. C'était aussi moderne à l'époque qu'aujourd'hui. Un vrai trip !»
Le mot ramène à sa mémoire sa période américaine, ses années beatniks à l'ombre de la statue de la Liberté. «J'ai débarqué en 1956 à New York d'un cargo norvégien, avec ma cantine militaire. J'avais 60 dollars en poche. L'Amérique est, comme ils disent, “terre d'opportunité”. C'est aussi un pays terrible… Je dis ça parce que j'ai failli mourir là-bas d'une sale rechute pulmonaire. À l'hôpital où je m'étais fait admettre, une infirmière, voyant que je n'avais pas de quoi payer, m'a dit:“Sortez de ce lit et retournez d'où vous venez!”»
Le lendemain, heureusement, Ungerer avait rendez-vous avec l'éditrice de Harper & Row, Ursula Nordström. Titubant, il parvient tout de même à apporter son carton à dessins. Impressionnée, elle lui commande un livre sur «la famille cochon» tout en lui accordant une avance de 600 dollars. Sauvé! Ungerer peut se faire soigner. Il est sauvé. «Après je suis parti en fusée, se souvient-il. C'est là-bas que j'ai composé le conte de Noël Jean de la Lune, qui va bientôt être adapté en film d'animation comme Les Trois Brigands.»
Tomi Ungerer aime-t-il toujours dessiner à son âge? «Le dessin est une discipline instinctive qui demande de l'innocence. Et je ne peux pas retomber en enfance car… j'y suis resté. Chez moi le dessin coule plus facilement que les mots. J'ai une facilité plus grande à dire le monde en dessin que par écrit. Quoique, depuis quelque temps, je sens en moi tous ces mots qui attendent de sortir…» Son dernier livre, Un point c'est tout, en est la preuve…






Tomi Ungerer entre 
en son propre musée

par Yolande Baldeweck
    
Ouverture aujourd’hui à Strasbourg du seul musée français consacré à un artiste de son vivant.

«Cela me dépasse. Il y a toute ma vie. Le fantôme a trouvé son ­opéra», a relevé, toujours caustique, l’illustrateur Tomi Ungerer, presque 76 ans, de sa voix traînante, visiblement ému de découvrir ce musée qu’il attendait depuis ­des années. Il y a plus de trente ans, cet artiste ­prolifique qui vit en Irlande – il est plus connu dans le monde anglo-saxon qu’à Paris – avait fait don à sa ville natale de ses dessins originaux : illustrations de livres pour enfants, dessins satiriques et engagés de ses années new-yorkaises, affiches publicitaires, dessins érotiques de livres pour adultes…
Dans les années 1980, un ­Centre Tomi Ungerer avait été créé. Il est géré depuis quinze ans par ­Thérèse Willer, une historienne d’art qui a répertorié les 8 000 œuvres – il y a aussi des sculptures et des assemblages – entre deux expositions. Un premier projet de musée a fait long feu. En 2004, sous l’impulsion du maire délégué ­chargé de la culture, Robert ­Grossmann, la décision a été prise de transformer la villa Greiner, une demeure bourgeoise du XIXe siècle située au bord de l’Ill, en un lieu dédié à l’artiste. L’exposition «Tomi Ungerer et New York», qui avait drainé plus de 50 000 ­per­sonnes au Musée d’art moderne ­et contemporain en 2002, avait ­achevé de convaincre les édiles ­strasbourgeois.
La villa a été entièrement ­restructurée. L’architecte parisien Emmanuel Combarel a imaginé une rampe qui serpente à travers le jardin, allusion à «l’esprit sinueux» de l’artiste. Passé l’entrée, le visiteur est plongé dans l’univers de Tomi Ungerer, quelques sculp­tures et jouets de ce collectionneur invétéré complétant cette sélection de 300 dessins – connus ou inédits – qui sera renouvelée trois fois par an. Toujours selon le même ­schéma, un thème par étage. Le muséographe d’origine suisse Roberto Ostinelli a voulu des murs et des cadres tout blancs «pour ­faire ­parler les ­dessins».
 Tolérance et respect des autres
Au rez-de-chaussée, un film retrace la vie foisonnante de ­l’ar­tiste, en face de ses premiers dessins datant des années d’Occupation alors que, jeune garçon, il caricaturait l’envahisseur nazi sur le mode de Hansi.
Mais on y trouve surtout les ­salles dédiées aux dessins des livres pour enfants, les plus connus en France, depuis les Mellops publiés en 1957 à New York jusqu’au dernier ouvrage, Amis, amies (L’École des loisirs), sorti en 2007, en passant par Le Grand Livre des ­chansons (1975) tiré à 900 000 exem­plaires, véritable best-seller en Allemagne, ou encore Les Trois ­Brigands (1961) qui ont inspiré un récent film d’animation. L’auteur s’est emparé de sujets graves, appelant les enfants à plus de ­tolérance et au respect des autres.
On change de style au ­deu­xième étage avec les publicités pour le New York Times et l’agence Pütz de Cologne ou les affiches engagées contre la ségrégation raciale et la guerre au Vietnam, dont certaines ont été refusées par leur commanditaire. Mais surtout avec les ­dessins satiriques publiés dans toute la presse de New York, ou ­qui ont fait l’objet d’ouvrages. Le ­trait est féroce. «La période ­new-yorkaise est fabuleuse. Tomi, à ­travers ses cartoons, est avant tout un dessinateur satirique», s’enthousiasme Thérèse Willer, la conservatrice du musée, auteur d’un ­ouvrage sur son œuvre, qui a gardé pour le rez-de-jardin les dessins érotiques et le thème de la mort.
Une petite salle est réservée aux trois dessinateurs qui ont ­­parti­culièrement influencé Tomi ­Ungerer, les Américains Saul ­Steinberg et Ronald Searle et le Français André François, qui feront l’objet d’une exposition future. Car au-delà d’Ungerer, qui a exploré tous les genres de l’art graphique, le centre veut développer les recherches autour du dessin d’illustration qui n’est que très peu présent dans les collections mais qui s’inscrit dans la tradition rhénane. «C’était même l’avorton des musées ; ici ­ce sera le centre de réhabilitation ­­­­de l’illustration», a lancé Tomi ­Ungerer, jamais en panne de jeux de mots, qui a cependant été déçu que le ministre de la Culture ne se déplace pas pour l’inauguration.







Tomi Ungerer 
l’esprit frappeur

Une adaptation et un documentaire autour du grand dessinateur alsacien, auteur d’œuvres pour enfants, et d’autres pour adultes.
Jean de la Lune est un dessin animé adapté d’un conte d’Ungerer. S’ennuyant sur la Lune, un enfant décide de venir visiter la Terre pour s’y faire des copains.
En guise de bienvenue, il est pourchassé par les armées de l’autoproclamé président du monde. À la façon d’une fable voltairienne, la visite est prétexte à brosser un tableau critique de l’humanité, particulièrement
du désir de puissance et de pouvoir, de la peur de l’étranger.
Si le trait du réalisateur Stephan Schesch est plus arrondi et enfantin que celui d’Ungerer, on retrouve dans ce film tout l’esprit de l’Alsacien :
le regard adulte sur l’enfance, le mélange de tendresse et de causticité, la fibre subversive, l’aspiration humaniste.
L’esprit frappeur d’Ungerer, c’est justement le sujet du documentaire que lui consacre Brad Bernstein. Sous son regard attentif, Ungerer retrace son incroyable bio, depuis son enfance en Alsace occupée par les nazis jusqu’à son présent entre l’Irlande et Strasbourg, en passant par la longue période new-yorkaise au cœur des sixties et seventies de la contre-culture.
S’y déploient toutes les facettes ungeriennes : les livres pour enfants qui ne prennent pas les gosses pour des demeurés, les dessins politiques subversifs, la veine érotique… Une des originalités d’Ungerer, qui lui a valu ennuis et censure aux États-Unis, c’est précisément d’avoir fait des dessins enfantins ET des dessins érotiques.
À ceux qui furent (ou sont) choqués de la coexistence de ces deux veines chez un même artiste, ce dernier répond avec humour et pertinence que sexe et enfance sont liés puisque c’est en faisant l’amour qu’on fait des enfants.
Brad Bernstein nous fait prendre conscience de l’ampleur d’une œuvre tout en nous présentant un homme désormais âgé mais toujours alerte, vif, aiguisé, éminemment sympathique, qui consacre ses dernières années à promouvoir l’identité alsacienne (qui n’est ni française ni allemande).
Bien que ses livres soient des best-sellers mondiaux, Tomi Ungerer ne semble pas si connu que ça en France. Ces deux films remettent la lumière sur un très grand monsieur.

http://www.lesinrocks.com/cinema/films-a-l-affiche/tomi-ungerer-lesprit-frappeur/







« Tomi Ungerer, l’esprit frappeur », un portrait fidèle
Brad Bernstein dresse le portrait du dessinateur alsacien par une série d’entretiens mis en scène avec intelligence.
De Brad Bernstein. Documentaire américain, 1 h 38
Si l’œuvre de Tomi Ungerer est aujourd’hui largement connue et reconnue en France, peu savent l’histoire de sa vie, qui est pourtant digne d’un roman (on ne pourra, à ce sujet, que conseiller l’excellente autobiographie parue aux éditions Bayard en 2011, Un point c’est tout).
La naissance d’un artiste
Brad Bernstein a voulu en savoir plus, et s’il n’est pas le premier à rencontrer et à filmer Ungerer, il est le seul, à ce jour, à avoir réalisé un film qui ressemble véritablement à ce grand auteur. Aussi drôle qu’émouvant, pétri de contradictions, passionné, brillant et provocateur, vibrant et bien vivant.
Ce que Bernstein cherche à comprendre, c’est la raison pour laquelle Ungerer, arrivé aux États-Unis totalement inconnu avec 60 dollars en poche, puis devenu en quelques années un auteur pour enfants primé et adulé, a pu se retrouver, du jour au lendemain, boycotté et obligé de quitter le pays qui lui avait permis de naître en tant qu’artiste.
Pour cela, il se penche sur son histoire, depuis sa naissance en Alsace, le traumatisme de la mort de son père alors qu’il n’a pas 4 ans, et la violence de l’Occupation allemande, jusqu’à sa vie aujourd’hui, à cheval entre l’Irlande, son pays de cœur, et la France.
Il aura ainsi évoqué son amour du dessin, sa vénération pour son père et son admiration pour sa mère, son goût de la provocation, à travers des affiches anti-guerre du Vietnam ou des dessins érotiques – qui réservent ce film à un public adulte. Ses peurs enfantines, ses angoisses présentes, son humour incessant.
Un film complet et surprenant
Outre le plaisir d’entendre et de voir Tomi Ungerer – et quiconque a déjà eu l’occasion de le rencontrer ne pourra qu’être frappé par le fait de le retrouver vraiment –, le documentaire offre aussi le témoignage de grands auteurs tels Maurice Sendak (auteur du célèbre Max et les Maximonstres, décédé le 8 mai 2012) ou Jules Feiffer (dessinateur de presse américain ayant beaucoup publié pour le New Yorker).
Le film permet de découvrir des documents rares, peintures et dessins de Théodore Ungerer, le père de Tomi, et de vieux films familiaux. Il est, enfin, une véritable œuvre cinématographique : écrit, mis en scène avec intelligence, plein de trouvailles réjouissantes comme la mise en mouvements, telle une création en direct, de dessins d’Ungerer.
YAËL ECKERT

http://www.la-croix.com/Culture/Cinema/Tomi-Ungerer-l-esprit-frappeur-un-portrait-fidele-_NG_-2012-12-18-889263
















12/02/2013
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