Alain YVER

Alain YVER

VENANTINO VENANTINI

VENANTINO VENANTINI




filmographie
http://fr.wikipedia.org/wiki/Venantino_Venantini

http://www.google.fr/search?q=venantino+venantini&start=10&hl=fr&safe=off&client=firefox-a&sa=N&rls=org.mozilla:fr:official&prmd=ivns&source=univ&tbs=vid:1&tbo=u&ei=5ydJTemKLcy08QPv9eCbDw&oi=video_result_group&ct=title&resnum=3&ved=0CB4QqwQwAjgK

http://autourdelouisdefunes.ifrance.com/venantino-venantini.htm






Venantino Venantini (né le 17 avril 1930 à Fabriano, dans les Marches, dans le centre de l'Italie) est un acteur italien.

Il est le père de l'acteur Luca Venantini.

Grand second rôle, cet acteur italien s'est très vite fait repérer par des réalisateurs français. Il tourne fréquemment avec Georges Lautner (Les tontons flingueurs, Flic ou voyou,...) ou bien encore Gérard Oury (Le corniaud, La folie des grandeurs,...). En Italie, il a souvent tourné pour Ettore Scola et Dino Risi.

En avril 2009, il est venu au festival du film policier de Beaune, rendre hommage à Georges Lautner, réalisateur avec qui il a tourné une dizaine de films.
















Venantino Venantini
est un charmant acteur Italien parlant très bien le Français.
Il a cotôyé Louis De Funès sur les tournages de quatre films : "Des Pissenlits par la racine" (Georges Lautner, 1963), "Le Corniaud" (Gérard Oury, 1965), "Le Grand Restaurant" (Jacques Besnard, 1967) et "La Folie Des Grandeurs" (Gérard Oury, 1971). Mais cet homme fort sympatique a aussi marqué les esprits dans "La Cage aux Folles" (Edouard Molinaro, 1978) aux côtés de Michel Galabru, et surtout en Italie. Dans cette interview, il sera bien entendu question de notre idole, mais aussi des autres monstres sacrés du cinéma français d'autrefois et de sa carrière, hélas bien trop méconnue en France... Merci à lui pour le temps qu'il nous a accordé et pour avoir répondu en Français...

Interview du 6 avril 2007 par Franck et Jérôme

 
- Le premier film vous réunissant avec Louis De Funès est "Des Pissenlits par la racine". Est-ce à cette occasion que vous l'avez rencontré ? Et quelle impression vous donna-t-il ?

- Oui, oui, c'est à cette occasion... Je le trouvai très bien, mais nous n'avions pas beaucoup de temps pour pouvoir parler entre nous...

 - Ce film fut réalisé par Georges Lautner, avec qui vous avez aussi travaillé dans "Les Tontons Flingueurs". Dans une interview télévisée, Georges Lautner déclara "je revois de temps en temps Venantino Venantini". Quelles furent vos relations pendant 40 ans ?

- Extraordinaires, exceptionnelles. Nous sommes devenus deux grands, grands, grands intimes amis : pour la vie ! A l'époque, nous nous rencontrions énormément, un peu moins maintenant à cause de l'âge...

 
- A quoi ressemble un tournage avec Georges Lautner ? Détendu ? Rigoureux ? Rigolard ?

- Cela ressemble à un tournage plus ou moins détendu, mais toujours sérieux. Et parfois aussi - Dieu Merci - rigolard !

 - On imagine le plaisir de réciter du Michel Audiard, qui est LE grand Monsieur pour les dialogues du cinéma français...

- Bien sûr. Je ne connaissais pas Michel, mais en tournant, j'ai découvert la différence de ses dialogues avec ceux des autres scénaristes...

- On vous retrouve dans le rôle de Mickey le bègue dans "Le Corniaud", chef d'oeuvre tourné fin 1964 par Gérard Oury. Avez vous des anecdotes concernant ce film ?

- C'était un grand film, j'aimais beaucoup Gérard, un grand seigneur du cinéma français comme on n'en trouve plus aujourd'hui malheureusement. Je me souviens lorsque je l'ai vu à Naples la première fois pour le casting. Il me disait que je lui plaisais mais que je devais bégayer dans le film. Je me suis mis à rigoler car dans la vie parfois je bégaie... imaginez ! Au tournage, je n'arrivai pas toujours à bégayer.

- Y a t-il eu une scène difficile à tourner ?

- Pour moi, c'était la scène de nuit sur la plage de Saint-Tropez avec Beba Loncar (à ce sujet, voir la page "Cap Dramont" (83) dans "les lieux de tournages"). C'était l'hiver et BRRRR !!!Put**n, quel froid ! Mais la fille était si belle que la froideur s'en allait. Mais tout de même, il faisait très froid !

 - A l'exception de Lando Buzzanca et de Michel Modo, tous les acteurs de ce film sont malheureusement aujourd'hui décédés (il reste néanmoins les actrices). Quel sentiment cela vous apporte ?

- De la nostalgie et de l'émotion. En plus, on sait que les femmes vivent plus longuement que les hommes. Alors, hommage aux femmes, tant pis pour les machos !

- La meilleure scène vous concernant est probablement celle où vous menacez Bourvil avec votre revolver pour vous emparer de la Cadillac. Pouvez-vous nous parler un peu de ce merveilleux acteur ?

- On parlait de tout avec lui. Un autre géant du cinéma français ! Pensez qu'à chaque tournage, le soir, sa femme venait me demander timidement : "Venantino, est-ce qu'il a bien tourné mon Bourvil ?" Et moi je lui répondais : "bien sûr !" (rires) En plus, Bourvil racontait toujours de petites histoires sur le plateau...

 - Pour en finir avec "Le Corniaud", c'est un film que vous revoyez régulièrement ?

- Oui, quelque fois de temps en temps...

 - Dans un précédent courrier, vous nous aviez dit que Louis De Funès et Bernard Blier faisaient partie des plus grands que vous aviez connus. Nous vous imaginons par conséquent heureux sur le tournage du "Grand Restaurant", non ? Pouvez-vous nous dire quelques mots sur Bernard Blier ?

- Blier est un autre géant du cinéma. Il aimait la bouffe, et il racontait sans arrêt de petites histoires très très drôles. Plus tard, dans la vie, il travailla moins en France. Heureusement, les Italiens l'ont fait travailler assez souvent en Italie, pays qu'il aimait tant...

- Dans ce film, on vous retrouve aux côtés d'Albert Dagnant, et surtout de Robert Dalban, que vous aviez déjà croisé dans "Les Tontons Flingueurs". Quel acteur était-il ? Parliez-vous des "Tontons Flingueurs" ?

- Tout le temps ! Robert Dalban, je l'ai beaucoup aimé. On allait le chercher tous les matins avec la voiture de la production chez lui, rue du Faubourg Saint-Honoré.

- Le dernier film que vous avez fait avec Louis De Funès est dirigé une fois encore par Gérard Oury, il s'agit de "La Folie des Grandeurs" en 1971. Yves Montand refusa tout d'abord de se rendre en Espagne franquiste pour le tournage, qu'en était-il pour vous ? Ce film reste-t-il un bon souvenir ?

- Encore un grand souvenir, en particulier de Louis et d'Alice Sapritch. D'Yves Montand, pas tellement : je l'estime grand chanteur, mais d'avantage un PERSONNAGE qu'un comédien...Nous sortions souvent le soir en Espagne, il m'appelait "fiston" et nous parlions italien. Il était émerveillé de constater que les Espagnols, malgré Franco, s'amusaient quand même. J'ai une anecdote concernant Montand. Aux alentours de Séville, il faisait 45 degrés à l'ombre et nous tournions une scène. Il s'agissait d'un duel de fleuret entre Yves et moi. A la quinzième prise, il jette son fleuret en l'air en gueulant et m'accusant de ne pas bien faire le duel. Il s'exclame alors à Gérard Oury : "faîtes le répéter !". Personnellement, j'étais sûr que c'était lui qui se trompait et non l'inverse. A ces mots, Oury se lève de sa chaise et, furieux, crie à Yves : "Monsieur Montand, vous êtes assez payé pour faire cette scène. Même si elle doit être faite 50 fois, vous la ferez, entendu ? En plus, c'est vous qui vous trompez, alors taisez vous et recommencez !" Formidable Gérard ! Il ne faut pas oublier que Oury avait aussi été comédien...

- Quels souvenirs gardez-vous aujourd'hui de Louis De Funès ? La plus belle image ?

- Touchante. Dans "Le Corniaud", le soir, sa femme aussi venait me demander, telle la Jeanne de Bourvil, "est-ce qu'il a bien tourné mon Louis ?" Un jour, je lui répondis : "pas tellement bien cet après-midi..." Vous auriez dû voir son visage ! Bien sûr, je lui ai expliqué ensuite que c'était une blague. Louis était très religieux et se rendait souvent à la messe en Italie pendant le tournage. Il me parlait de ses chevaux, nous nous entendions merveilleusement bien tous les deux. IRREMPLACABLE, UNIQUE, UN MONSTRE DU RIRE !!!

- Y a-t-il un ou plusieurs film(s) avec Louis De Funès dans le(s)quel(s) vous n'êtes pas mais auriez aimé tourner ?

- Quelle question ! Tous !

- Les Italiens sont-ils fans de cet acteur génial ?

- Bien sûr, et il était très bien doublé, car en Italie tous les films étrangers sont doublés.

- A présent, parlons un petit peu de vous. Vous êtes Italien, mais avez tourné dans un grand nombre de films français et en français. Est-ce une langue que vous parlez depuis toujours ou l'avez vous apprise tardivement ?

- Je l'ai apprise tardivement, en France. Je suis peintre, et j'ai gagné une bourse de peinture lorsque je fréquentais l'Ecole des Beaux Arts de Paris, dans les années 1955-1960.

- Comment en êtes-vous arrivé au cinéma ? Où avez fait vos classes ? En Italie ?

- Quand j'étais étudiant, je faisais de la figuration à Rome dans "Quo Vadis", "Cleopatra", "Ben Hur" etc... Et Bianca Lattuada (soeur du metteur en scène), qui dirigeait des castings, me suivait assez. Le jour où j'ai gagné une bourse pour Paris, elle me dit : "laisse moi des photos de toi, on ne sait jamais..." Et l'année suivante, arriva dans mon école le grand Pietro Germin, qui me dit : "je cherche un personnage comme vous pour mon film. Bianca Lattuada m'a donné des photos de vous". Je lui répondis : "Merci, mais je suis peintre et le cinéma ne m'intéresse pas." En 1960, Franco Rossi vint me voir à l'Ecole des Beaux Arts pour m'annoncer qu'il cherchait un personnage comme moi. Je lui refais la même scène qu'à Pietro Germin, lui affirmant que cela ne m'intéresse pas. Mais avant de partir, Rossi me précise que le tournage est prévu à Tahiti. Alors là, j'ai dit "Stop, OK, je viens !" Tu parles ! A Tahiti !!! Ensuite, je fis un bout d'essai à Joinville-le-Pont et fut engagé pour un merveilleux film de Franco Rossi qui s'appelait "L'odissea Nudi".

- Votre premier long-métrage date de 1953. Il s'agit de " Les gaietés de la correctionnelle " ("Un Giorno in pretura") de Steno, avec la charmante Sophia Loren. C'est un bon souvenir ?

- "Un Giorno in pretura" ? Il m'en reste de vagues souvenirs. Avec Sophia, j'ai tourné plus tard dans "La femme du prêtre" avec également Dino Risi.

- Le rôle qui vous colle aussi à la peau est indiscutablement celui de valet de Michel Galabru dans "La Cage aux folles". C'est un bon souvenir de tournage pour vous ? Vous aviez une grande estime pour le tandem Poiret-Serrault ?

- Bien sûr. Et je dis "merci " à ce petit mais important rôle que j'ai joué à New York pendant un an et demi dans une soap opéra intitulée "All my children" pour ABC, où je jouais le rôle d'un Français. Plus tard, j'ai interprété à Hollywood un grand rôle de Français. Vous vous rendez compte ? Je devais parler English avec un accent français ! Mais cela allait car je parlais bien l'anglais.

- Vous avez croisé plusieurs fois sur votre chemin la bande à Lautner, c'est à dire les merveilleux Lino Ventura, Michel Constantin, Jean Lefebvre, Jean Yanne etc...

- Inoubliable Lino ! Unique dans son genre, il me manque énormément. Michel Constantin était sympa mais trop radin. Quant à Jean Yanne, j'ai tourné avec lui son dernier film au Portugal, "Atouik-circus", des frères Poiret avec Vanessa Paradis. Il s'agit malheureusement d'un film nul, qui a fait un flop total. Mais avec Jean, nous étions en symbiose totale. On s'est embrassé pour la dernière fois sur les marches d'un hôtel. Nous avions une semaine de relâche. Je lui avais dit : "Reste ici, Jean, repose-toi" mais il m'avait répondu "je ne sais pas pourquoi mais j'ai hâte de rentrer en France". J'ai vu dans son visage comme si sa vie lui échappait. En m'embrassant il me dit : "Ciao, beau rital, sois sage". Vous connaissez la suite... Il sentait tout ça...

- Et il y avait aussi la charmante Mireille Darc... La voyez-vous encore ?

- Bien sûr, je revois encore Mireille...

- Vous êtes récemment apparu dans une toute nouvelle série télévisée, "Cobra", diffusée sur Canal +. Avec votre expérience, comment percevez vous les évolutions du cinéma ? A-t-il énormément changé d'après vous ? Comment s'est déroulé - par exemple - " Livraison à domicile " de Bruno Delahaye avec Bruno Solo ?

- Tout change, du moins dans les tournages actuels où l'on ne rigole plus comme avant. Tout le monde a comme une peur inexplicable... J'ai récemment tourné avec Samuel Benchefit un long métrage en noir et blanc qui s'intitule "J'ai Toujours Rêvé d'être gangster". Il y a Jean Rochefort, Roger Dumas, Laurent Tarzielt et Pierre Kalfon. L'histoire est très bonne, cinq anciens et âgés braqueurs de banque se réunissent encore une fois pour... vous le découvrirez ! C'est un film à épisodes.

- Vos enfants suivent aujourd'hui la même voie que vous. C'est bien évidemment une fierté, non ?

- Oui. Mon fils Luca est italiano-américain. il a 36 ans aujourd'hui, il est beau et gentil gosse. Bon comédien, il a joué des premiers rôles aux USA, en Nouvelle-Zélande et en Italie. Mais nous ne nous ressemblons pas, heureusement pour nous deux ! Ma fille a 33 ans aujourd'hui et elle est également très belle et gentille... Je les aime tellement que j'en souffre : avoir des enfants, c'est très beau, mais tu te dis dès le départ que tu les perdras un jour... c'est la vie !

- A votre sens, quel est le meilleur film du cinéma français ? Et pour quelles raisons ?

- "Quai du Point du Jour", mais j'aime aussi plusieurs Truffaut, des Melville et des films de Lucien Lacombe. Il y en a tellement, j'adore aussi les Jacques Tati, qui était un monument ! Bien entendu, dans un autre genre, il y a également "Les Tontons Flingueurs", "La Traversée de Paris" ou "Le Corniaud"...

- De tous les films auxquels vous avez participés, quel est votre préféré ?

- En France, ce sont "Les Tontons Flingueurs", "Le Corniaud" et le dernier que je viens de tourner. En Italie, j'aime deux films de Dino Risi et E. Scola. Mais il y en a tellement là aussi ! "La Nuit Américaine", quel beau film !

- Comment résumeriez-vous votre carrière ?

- Ma carrière (rires) ! J'ai perdu pas mal de films car souvent on ne me trouvait pas. On me cherchait, mais j'étais soit dans un grand désert, soit en Amazonie, soit à la recherche de paysages en Afghanistan, en Inde...Car il ne faut pas oublier que je suis peintre. Le cinéma m'a beaucoup donné, m'a facilité la vie, mais c'est surtout un travail d'équipe. Mais vive sempre il cinema, vive Chaplin, Buster Keaton, Sergio Leone, avec qui je devais tourner dans "La bataille de Stalingrad". Je devais avoir un très beau rôle, celui d'un officier allemand. Ils m'avaient déjà coupé les cheveux très courts et teint en blond ! Imaginez quel film il aurait fait, la Russie lui avait fourni des milliers de chars. Des dizaines d'hommes aussi, etc.. il aurait fait un chef d'oeuvre, j'en suis certain. Dommage, dommage...

- Avez vous des regrets ?

- Mais lesquels ?!!! Je n'en ai aucun. Je suis ravi d'avoir 77 ans, car j'ai presque tout connu : le fascisme, le nazisme, les Américains, la Monarchie, la République, la mafia, la camorra, Berlusconi... Et cet étrange pays qu'est l'Italie. Un pays qui est - d'après moi et après longue réflexion - l'anomalie de l'Europe. L'Italie n'a rien à faire avec l'Europe. Nous sommes l'extrémité Nord de l'Afrique, nous sommes Méditerranéens dans le bien et dans le mal. C'est le pays qui possède le plus de portables, de voitures, et pleins de dettes qui le poursuivent. Mais malgré tout, c'est un peuple non pas heureux mais joyeux. Vive le Cinéma !!!

Très bien, tout est parfait. Il nous reste à vous remercier chaleureusement pour le temps assez important que vous nous avez consacrés et à vous féliciter pour l'ensemble de votre carrière qui laisse rêveur....

Le Bègue du "Corniaud" de Gérard Oury revient sur les écrans. Il joue l'un des cinq papys flingueurs envisageant de reprendre du service pour une dernière fois. "J'ai toujours rêvé d'être un gangster" est un film composé de quatre histoires pas vraiment croisées, mais pas vraiment indépendantes non plus. Le sketch avec notamment Jean Rochefort, Roger Dumas (que l'on ne présente plus tant sa carrière sur les planches est connue. Est-il toutefois besoin de rappeler qu'il jouait Paul dans "Pouic-Pouic" ?) et Venantino Venantini est reconnu par la presse comme le meilleur du film. Un délicieux long-métrage réalisé en noir-et-blanc par Samuel Benchefit à voir actuellement dans les salles obscures !

 



03/02/2011
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