Alain YVER

Alain YVER

VICTOR LIBION (La Rotonde)

VICTOR LIBION (La Rotonde)






http://books.google.fr/books?id=wB0Wc8uyQ8AC&pg=PA40&lpg=PA40&dq=victor+libion&source=bl&ots=ujBDXhaDet&sig=l-uxuMxfE9HXVXhOZP4CgJYJv0I&hl=fr#v=onepage&q=victor%20libion&f=false

http://www.insecula.com/musee/M0076.html



Libion, premier prototype du Patron de Brasserie


Avant Cazes (Lipp) ou Boubal (Flore), l’Auvergnat Victor Libion, patron de la Rotonde, est le premier prototype du patron qui rend populaire son bistro par son talent à sympathiser avec les artistes et à en faire un endroit recherché pour son ambiance.
L’idée –valable plus que jamais aujourd’hui – étant qu’une brasserie qui marche bien tient aussi par son patron.
Un type qui ne fait pas que servir à boire et offre une tournée de temps en temps, mais plutôt un savant dosage d’intelligence et de psychologie du contact, un type sachant cadrer ses clients tout en leur donnant l’illusion de la liberté et de l’évasion. Un type aussi avec du goût et un esprit un peu mécène…même si c’est un mécénat qui peut rapporter beaucoup sur le long terme.
Ainsi était Victor Libion dont on rapporte qu’il était le seul à savoir calmer Modigliani,comme l'indique Sylvie Buisson dans son article consacré au Boulevard Montparnasse, dans Paris et ses cafés, action artistique de la Ville de Paris.
Un copain des artistes fauchés et cosmopolites, pas simplement focalisé sur le tiroir-caisse, un type capable de laisser l’artiste dormir sur les tables ou de prendre le temps de développer sa théorie du cubisme en terrasse sans lui réclamer de reprendre une consommation. Le succès de la Rotonde qui a vu défiler Picasso, Derain. Libion, paya cette liberté cher. En 1918, il dut vendre la Rotonde après des accusations de trafic de drogue.







La Rotonde, 105 boulevard du Montparnasse.

"Le taxi s’arrêta en face de la Rotonde. Quelque soit le café de Montparnasse où vous demandiez à un chauffeur de la rive droite de vous conduire, il vous conduira toujours à la Rotonde."
Le soleil se lève aussi. Ernest Hemingway.

La Rotonde, tout comme le Dôme voisin, sont lancés en 1913 par Apollinaire et les collaborateurs des Soirées de Paris, la revue qu’il dirige. Tout ce monde-là, artistes et poètes, se retrouve au Dôme et à la Rotonde (ouverte en 1910) après les réunions de la revue, chaleureusement accueillis par Victor Libion, patron du lieu jusqu’en 1918.

La Rotonde est également le repère de Cendrars et Modigliani. On y voit aussi Lénine et Trotski, Ehrenbourg.

La Rotonde a été rénovée en 1958 et n’a pas conservé son visage d’avant-guerre.







Les cafés, bars et bistrots, notamment ceux au carrefour Vavin depuis renommé place Pablo-Picasso, étaient des lieux de rencontre où les idées étaient proposées et triturées.
Les cafés Le Dôme, La Closerie des Lilas, La Rotonde, Le Select, et La Coupole -- qui sont toujours en affaire -- acceptaient que des artistes affamés puissent occuper une table pour toute la soirée pour un prix dérisoire. S'ils s'endormaient, les serveurs avaient comme instruction de ne pas les déranger. Les disputes étaient courantes, certaines alimentées par l'intellect, d'autres par l'alcool et lorsque l'affrontement était physique la police n'était pas appelée. S'ils ne pouvaient payer leur facture, le propriétaire de La Rotonde Victor Libion, acceptait souvent un croquis. Aussi les murs des cafés étaient placardés par une collection d'œuvres d'art, qui de nos jours rendraient les conservateurs des plus grands musées frétiller d'envie.







La Rotonde,
un des lieu mythique du quartier de Montparnasse.


L’histoire remonte à il y a presque 90 ans quand un certain Victor Libion reprend l’établissement qui n’était alors qu’un simple bistrot de quartier.

En 1910 les artistes délaissent Montmartre pour le quartier Montparnasse, très en vogue durant les années folles et qui devient le carrefour des intellectuels et des artistes : Picasso quitte son bateau-lavoir, suivi par Vlaminck, Braque, Léger… On peut aussi citer Modigliani, Cocteau, Appolinaire, Hemingway, André Breton… de grands noms de la musique comme Debussy, Satie, Stravinski, Gershwin, Georges Simenon…

Aujourd’hui la Rotonde est toujours bien fréquentée.

On y mange une cuisine Française traditionnelle.
Les classiques à toute heure comme la soupe à l’oignon à 9€, les escargots de Bourgogne à 14€,l’entrecôte de boeuf salers à 30€ et pour finir la tarte Tatin à 9€.

Formule Entrée-plat-dessert à 39€ sans les boissons; les plats à 24€ et les desserts à 8,50.

Chaque jour des arrivages de fruits de mers, compter entre 15€ et 19,50€ pour une assiette d’huître.

Pratique :
La Rotonde – 105, Boul. Montparnasse – 75006 PARIS – Tél : 01 43 26 48 26
Station Vavin (ligne 4) ou Montparnasse (lignes 4, 6, 12, 13)







Les cafés les plus célèbres de Montparnasse

           Jusqu'au début du XXème siècle, écrivains,journalistes,auteurs dramatiques se retrouvaient chaque jour dans les cafés des grands boulevards comme au Napolitain, au Cardinal et au grand U. Durant L'Age d'or des artistes venus du monde entier investissent Montparnasse apportant avec eux un état d'esprit différent.La Closerie des lilas,le Dôme,la Coupole,le Select, la Rotonde, sont les nouveaux rendez-vous cosmopolites du paris des arts et des lettres.
             




La Rotonde


  En 1911,Victor Libion achète la Rotonde,ce n'est alors q'un modeste café n'ayant pas encore forgé sa légende.
   La réputation de la Rotonde dépasse les frontières de Montparnasse pour s'étendre au monde entier. Les plus grands peintres et sculpteurs, écrivains et poètes l'ont fréquenté. Lénine et Trotski y jouaient aux échecs. Picasso,Braque,Derain,Kisling,Foujita en sont quelques exemples.Il y a eu aussi quelques peintres de l'Europe de l'Est et de Scandinavie,ainsi que les poètes Cendrars,Salmon,Fargue,Cocteau. Victor Libion est d'ailleurs consideré comme l'ange gardien des artistes les plus démunis. Lorsque Charlie Chaplin débarque à Paris en 1921,pour accomplir un tour des capitales européennes,sa première visite est pour La Rotonde,dont le tout -Hollywood lui a conté l'extravagance.








Critique publiée par Stéphane BRET le 22-07-2011


La nostalgie est parfois une piqûre de rappel nécessaire au maintien de notre moral quotidien et à la perpétuation d’une espérance, aussi ténue soit-elle.

L’ouvrage de Jean-Paul Caracalla « Montparnasse, l’âge d’or » nous remplit de nostalgie tout au long de sa lecture. Il nous rappelle ce que fut, dans la période comprise entre le début du vingtième siècle et le milieu des années trente, la vie artistique à Montparnasse, quartier ayant concentré alors tout ce que l’Europe et l’Amérique comptèrent d’écrivains, de sculpteurs, de poètes, d’éditeurs – et d’éditrices ! -, de peintres qui marqueront de leur empreinte l’histoire des arts, chacun dans sa sphère d’activité.

L’ouvrage décrit le rôle joué alors par les cafés de ce quartier. Il débute par la Closerie des Lilas, lieu de débats agités, animés notamment par Léon Bloy et Henry de Groux, peintre belge. Les conversations y revêtent un caractère théologique et spéculatif. Cet endroit est également le point de rassemblement des partisans d’un nationalisme affirmé ; ils fonderont plus tard L’Action Française, ils se nomment Vaugeois, Pujo, Mazet.
En 1903, Paul Fort organise à La Closerie tous les mardis des lectures de poésie au cours desquelles on peut y entendre Max Jacob déclamer des poèmes. Jean-Paul Caracalla décrit bien sûr le quadrilatère magique du carrefour Vavin formé par La Rotonde, Le Dôme, Le Select, La Coupole. Ainsi, Le Dôme est-il décrit par André Warnod, critique d’art de l’époque : « Le café était un refuge, un quai d’embarquement, la station de chemin de fer où on attend un train qui n’arrivera jamais ». Ce ne sera pas le cas pour de nombreux artistes venus d’Europe Centrale tels Rudolf Levy et Walter Bondy, venus respectivement de Munich et de Prague. Pascin, jeune caricaturiste d’origine bulgare, est un familier du lieu.

La Rotonde est décrite par l’auteur comme un lieu de débats, de polémiques parfois violentes qui opposent des Russes de camps opposés. On s’y enthousiasme pour le cubisme. Cet établissement est décrit par Jean-Paul Caracalla comme un lieu où la bohème est des plus débridées : on s’y presse, toutes nationalités confondues, on peut y rester des heures sans consommer, s’y abriter en hiver, le tout grâce au concours bienveillant du patron de l’établissement, Victor Libion. On y signale la présence de Soutine, Modigliani,Kisling. Pour Le Select, inauguré en 1924, il est décrit par l’auteur comme le point de ralliement de nombreux écrivains : Morand, Cendrars, Breton, Cocteau, Aragon. S’y ajoutent Joyce, Faulkner, Dos Passos, Fitzgerald, Hemingway.
Les controverses y sont vives, voire violentes, des excommunications y sont prononcées entre écrivains. Tel est le cas de Roger Vitrac, exclu du groupe surréaliste pour sa pièce Victor ou les enfants du pouvoir.
Le dernier élément du quadrilatère, La Coupole, inaugurée en 1927, jouera le même rôle de réceptacle de tous les débats du milieu artistique de l’époque, c’est ainsi que Louis Aragon y fera la rencontre d’Elsa Triolet le 6 novembre 1928. Ce café deviendra par la suite un lieu de rendez-vous de toutes les personnalités parisiennes.

Jean-Paul Caracalla consacre également quelques chapitres au rôle de Montparnasse dans l’édition .Ainsi Gertrude Stein, égérie de la rue de Fleurus, fonde-t-elle une maison d’éditions à Paris pour publier ses propres œuvres victimes des réticences des éditeurs américains, Plain Editions.
Nancy Cunard, petite-fille de l’armateur, fonde Hours Press en 1928, elle publie Ezra Pound, Iris Tree, Lewis Caroll.
Montparnasse joue donc un rôle de catalyseur dans le domaine de l’édition. Cet aspect est bien souligné par Jean-Paul Caracalla qui laisse entrevoir l’aspect novateur de cette démarche : des femmes éditrices, qui publient hors de leur pays d’origine à Montparnasse, havre de liberté et de créativité.

Ce qui frappe, dans l’évocation de l’auteur, c’est l’aspect débridé de cette vie de l’époque, la folie, la déraison dans les argumentaires employés, la passion introduite dans les débats artistiques .La véhémence était habituelle, tandis que nous mesurons nos propos, de crainte de tomber sous le coup d’une censure omniprésente. La passion était présente, là où nous pratiquons une modération de nos enthousiasmes. La nuit était fréquemment le domaine de ces artistes, alors que les cafés décrits dans ce libre ferment vers 2h du matin...

La bohème a-t-elle disparu de notre paysage ? L’ouvrage de Jean-Paul Caracalla nous y replonge avec grand plaisir et force délectation. Il cite le propos suivant : « Le Select a le charme désuet de ces vieux messieurs à monocle qui hantaient naguère les coulisses des Folies-Bergère », a écrit Patrick Tudoret, écrivain et client de l’établissement.

Souhaitons que la désuétude ne reste pas l’unique composante de ce charme...

 


16/05/2012
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