Alain YVER

Alain YVER

VILLEGLÉ

Jacques Villeglé




http://www.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-villegle/ENS-villegle.html

http://www.centrepompidou.fr/Pompidou/Manifs.nsf/AllExpositions/2DDA4F5D0DA91260C125748F0051CABF?OpenDocument

http://contemporart.voila.net/villegle.htm

http://riennepresse.blogspot.com/2008/10/villegl-et-le-futurisme-au-centre.html

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Jacques, Marie, Bertand, Mahé de La Villeglé, dit « Jacques Villeglé », est un plasticien français né à Quimper le 27 mars 1926.

Biographie

Jacques Villeglé étudie la peinture et le dessin à l'école des Beaux-Arts de Rennes où il fait la connaissance de Raymond Hains (1945), à qui le liera une complicité définitive. Il travaille quelque temps chez un architecte, où il se familiarise avec les questions d'urbanisme et d'espace public, avant d'étudier l'architecture à l'école des Beaux-Arts de Nantes (janvier 1947-décembre 1949). Dès 1947, il commence à récolter à Saint-Malo des débris du mur de l'Atlantique et des fers tordus, qu'il regarde comme des sculptures.

À partir de décembre 1949, avec Hains, Villeglé commence à récolter des affiches, leur première affiche arrachée, Ach Alma Métro, étant une œuvre commune.
Il limite son comportement appropriatif aux seules affiches lacérées. Pour lui, le véritable artiste est le « lacérateur anonyme », la collecte pouvant être effectuée par n'importe qui : il annonce ainsi le moment de la disparition de la figure de l'artiste, cédant la place au « collecteur » ou collectionneur.

« Le prélèvement, dit-il, est le parallèle du cadrage du photographe », et lui-même se veut, comme Hains, simple collecteur de fragments qu'il ne fait que choisir et signer. En 1958, il rédige une mise au point sur les affiches lacérées intitulée Des Réalités collectives, préfiguration du manifeste du Nouveau Réalisme ; il est considéré comme l'historien du Lacéré anonyme, entité qu'il crée en 1959.

En collaboration avec Raymond Hains, il réalise quelques films ainsi que Hépérile éclaté (publié en juin 1953), déformation photographique d'un poème phonétique de Camille Bryen.
Jacques Villeglé (Capture d'écran d'une vidéo de l'Encyclopédie audiovisuelle de l'art contemporain).
Jacques Villeglé en 2008

En février 1954, Villeglé et Hains font la connaissance du poète lettriste François Dufrêne, lui-même précurseur dans le domaine du travail sur les affiches lacérées dont il interroge l'envers (les « dessous »). Il les présente à Yves Klein, puis à Pierre Restany et à Jean Tinguely. Après leur participation commune à la première Biennale de Paris, ils constituent en 1960 le groupe des Nouveaux Réalistes. En 1957, Villeglé fait la connaissance de Gérard Deschamps qui expose à la galerie Colette Allendy.

Releveur de traces de civilisation, plus particulièrement lorsqu'elles sont anonymes, Villeglé imagine, à partir de 1969, un « alphabet socio-politique » en hommage à Serge Tchakhotine, auteur en 1939 d'un essai intitulé Le Viol des foules par la propagande.

Postérité

À la fin du XXe siècle, le travail de Jacques Villeglé ouvre la voie à des recherches politico-esthétiques nouvelles. À l'instar du travail de Mimmo Rotella, qui a également travaillé avec des affiches publicitaires retournées puis contrecollées ou transposées en trois dimensions, d'autres artistes, tel que Maxa Meltis, sans avoir recours aux lacérations ni arrachages, ont utilisé la juxtaposition de strates de documents imprimés pour laisser apparaître la pertinence et la beauté des préoccupations sociologiques de leur temps.

La diversité d'utilisation de ces procédés a donné naissance à une variété de techniques habilement exploitées : les frottements, effacements, froissements et recouvrements allant même jusqu'à la désintégration des images et des affiches elles-mêmes.
Toute cette action s'inscrit dans le mouvement initié par Jacques Villeglé au début des années 1950.

Divers

Le lieu d'art contemporain de la ville de Saint-Gratien (95) porte depuis le 24 septembre 2007 son nom (espace Jacques-Villeglé).


Citations et jugements

    * « La lacération représente pour moi ce geste primaire, c'est une guérilla des images et des signes. D'un geste rageur, le passant anonyme détourne le message et ouvre un nouvel espace de liberté. Pour moi, les affiches lacérées rapprochaient l'art de la vie et annonçaient la fin de la peinture de transposition. » (Jacques Villeglé)
    * « Être le témoin actif d'une humanité riche en contradictions est une de mes ambitions. C'est l'anonyme de la rue qui intervient sur les reflets de la culture dominante... Je passe après. » (Jacques Villeglé)
    * « Jacques Villeglé est de ceux pour qui le monde de la rue est un tableau permanent. » (Pierre Restany)
L'œuvre

Depuis 1957, l'œuvre sélective de Villeglé a fait l'objet de plus de 140 expositions personnelles en Europe et en Amérique, et l'artiste a participé à des manifestations collectives sur les cinq continents. Ses œuvres ont été acquises par les plus importants musées européens, américains et africains. Pourtant, en dépit du caractère novateur de sa démarche, le succès public a été long à venir. Ce n'est qu'à partir de la fin des années 1970 que Villeglé a pu vivre de son art, et il a fallu attendre 1998 pour que le musée national d'Art moderne fasse l'acquisition d'une de ses affiches lacérées.







LE FIGARO
en haut de l'affiche
Béatrice de Rochebouët


            Le Centre Pompidou présente « La comédie urbaine », première grande rétrospective de cet artiste qui a fait de l'affiche lacérée une œuvre prolifique.
      
» INTERVIEW - «L'art de tout oser» d'un artiste faussement sage

      « Mon oeuvre s'est organisée sous l'égide du “ lacéré anonyme” (…). Cette notion d'anonymat m'a sauvé », explique Jacques Mahé de La Villeglé, qui arracha, en février 1949, avec son ami Raymond Hains, son premier morceau d'affiches de concert placardées le long d'une palissade du boulevard Montparnasse.

      Pour cette grande figure du nouveau réalisme, né le 27 mars 1926, à Quimper, cet acte marque le début d'une longue démarche consistant à prélever des affiches dans les rues, avant de les maroufler sur toile, dans le même esprit que les collages cubistes ou les photomontages dadaïstes. Du chaos urbain émergent les beautés cachées dans les épaisseurs du papier déchiré par des mains anonymes. Dans ce processus de «  recyclage poétique du réel urbain, industriel, publicitaire », le critique d'art Pierre Restany y a vu l'essence du mouvement des nouveaux réalistes, dont il a initié la création en 1960 avec son Manifeste.

      Sous le titre parfaitement choisi de « La comédie urbaine  », le Centre Pompidou rend un hommage mérité et attendu dans la suite de l'exposition, elle aussi longtemps désirée, sur le nouveau réalisme au Grand Palais, en 2007 à cet artiste qui revendique la position du flâneur. Il était temps. Même si le Musée national d'art moderne a toujours suivi Villeglé et acheté très tôt son travail. En témoignent, parmi la centaine d'œuvres de la fin des années 1940 à nos jours, plusieurs pièces emblématiques comme Tapis Maillot, de février 1959, série en noir et rouge jouant sur la lettre et le mot fragmenté (118 Å~ 490 cm), entrée à Pompidou en 1974. Ou comme Carrefour Montparnasse de juillet 1961 (319 Å~ 810 cm), acquis plus récemment, en 2002.

      4 000 œuvres répertoriées

      «  Le travail de Villeglé peut paraître répétitif. D'où le parti pris de créer des ensembles autour de grands thèmes la lettre lacérée, images, politiques, la couleur déchirée pour créer un choc visuel, au risque de ne pas respecter la chronologie », explique la commissaire, Sophie Duplaix. Le choix parmi les 4 000 œuvres de l'artiste répertoriées dans son catalogue raisonné de sept tomes est explicite. Le spectateur devine la complexité de l'œuvre en apparence facile, ludique, spectaculaire par ses dimensions énormes, qui ont valu à Villeglé d'être considéré comme l'un des précurseurs du pop art.

      La lacération rageuse, les caviardages ou les bombages du passant anonyme restituent plusieurs décennies d'histoire politique de la France. La série de « L'Hourloupe » petit personnage en blanc, bleu et rouge fait référence à la série de peintures que Jean Dubuffet présenta au Centre national d'art contemporain, en 1975. Villeglé fut frappé par l'affiche. Quarante œuvres résulteront de cette collecte, dont la plupart seront utilisées pour son film, Un mythe dans la ville, titre d'une autre section de la visite. Des trouées, des égratignures font apparaître, sous les strates accumulées, des fragments oubliés d'un passé proche ou lointain, parfois juste sous forme de grandes bandes de couleurs. C'est la « couleur déchirée », dans la troisième salle.

      Même si l'affiche a aujourd'hui pratiquement disparu des murs de la ville, du fait des nouvelles réglementations, Villeglé poursuit sa quête des messages inscrits anonymement à travers son « alphabet sociopolitique  ». Travail moins connu autour de lettres détournées, trouvées sur les murs de la ville où le A s'encercle anarchiquement, le C croissant étoilé s'affronte au D qui s'arrondit et se barre horizontalement. Ce graphisme est repris partout sur les cimaises.

      Monumentales par leur composition et leur caractère sociologique, les affiches de Villeglé atteignent des prix encore très bas compte tenu de leur importance historique : de 12 000 à 250 000€ pour les anciennes, de 4 000 € à 70 000 € pour les plus récentes. La cote, largement soutenue par la Galerie Georges-Philippe Vallois, qui a fait rentrer de nombreuses pièces dans les musées et collections, devrait être réajustée à la hausse.

 





Jacques Villeglé - La comédie urbaine

Le Centre Pompidou organise la première grande rétrospective en France de l’oeuvre de Jacques Villeglé (né en 1926, à Quimper), membre fondateur du Nouveau Réalisme (1960-70). Organisée de manière thématique, l’exposition rassemble une centaine d’oeuvres, de la fin des années 1940 à nos jours. Elle met l’accent sur le matériau de prédilection de l’artiste - l’affiche lacérée - qui est devenue sa signature internationale.

Jacques Villeglé, né Jacques Mahé de la Villeglé, a su exploiter un filon, créatif par procuration. Il commence par collecter des “objets trouvés” - morceaux de ferraille abandonnés sur le port de Saint Malo ou déchets du mur de l’Atlantique. Il réalise une première sculpture, Fils d’acier - Chaussée des Corsaires (1947), sorte de “dessin dans l’espace”. Ce travail d’appropriation annonce la démarche de l’artiste, qui une fois installé à Paris, s’active à récupérer des résidus d’affiches urbaines.

Jacques Villeglé travaille de paire avec Raymond Hains: ils prélèvent dans les rues des affiches publicitaires pour les maroufler sur toile. Ces affiches sont déchirées, portent parfois des graffitis, par des mains anonymes. D’où le terme de “Lacéré Anonyme”, donné par J. Villeglé à leurs oeuvres pour exprimer cet inconscient collectif.
Les compères ne  retouchent pas les affiches, sauf pour leur donner un “rare coup de pouce”. Ils se contentent de les sélectionner, de choisir leur format et de les cadrer. L’oeuvre porte généralement le nom du lieu où l’affiche a été arrachée.

En 1960, les deux artistes participent à la fondation du groupe des Nouveaux Réalistes dont le manifeste, rédigé par le critique d’art Pierre Restany, s’inspire Des Réalités Collectives (1958) de J. Villeglé. Un texte dans lequel l’artiste précise les spécificités de la pratique des affiches lacérées par rapport à celle du collage.


Villeglé et R. Hains partagent un appartement rue Campagne Première (Paris XIVe). Ils se lancent dans le cinéma à partir d’un appareil de leur crû, un “hypnagogoscope”, qui permet d’éclater des images et des lettres à partir de verres cannelés.

Cette aventure cinématographique se poursuivra avec la réalisation du film Un mythe dans la ville (1974-2002), sur une bande sonore de Bernard Heidsieck, composée d’un texte du poète, des bribes de l’actualité de mai 68 et des extraits de discours de l’Assemblée Nationale. Le film lui-même projette des vues de Paris avec le “trou des Halles” et le Centre Pompidou alors en construction. Une succession de séquences mêle des collages, la lacération d’affiches, des travaux réalisés à partir d’une affiche d’exposition de Dubuffet autour de L’Hourloupe - avatar du personnage Ubu Roi de Jarry. Cette accumulation visuelle pose un regard critique sur les transformations de la capitale. “La rénovation de Paris est en marche, et nous sommes peut-être en train de sacrifier le coeur de la ville, ses vieux quartiers, pour des projets qui nous échappent, qui nous sont imposés de manière pernicieuse”, explicite la commissaire de l’exposition, Sophie Duplaix.

Il faut attendre 1964 pour qu’un musée, le Kaiser Wilhelm Museum de Krefeld (land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, en Allemagne), acquière une affiche de J. Villeglé (R. H. et J. V. cessent leur coopération artistique en 1954), intitulée Carrefour Auguste Delaune - Brigitte Bardot (1963).

Jacques Villeglé, Lacéré anonyme, 1969. Encre et gouache sur papier marouflé sur aggloméré peint. 66 x 58 cm. Collection Michèle & Yves di Folco (c) Adagp Paris 2008 1969 marque un tournant dans la démarche artistique de Jacques Villeglé. Alors que le président américain Richard Nixon rencontre Charles de Gaulle à Paris, l’artiste aperçoit sur les murs d’un couloir de métro des graffiti anti-américains. Ce sera le point de départ de L’Alphabet socio-politique, qui s’inspire de la guérilla des symboles dont traite Serge Tchakhotine, dans Le Viol des foules par la propagande politique (1939).

Après Paris, J. Villeglé doit “décentraliser” sa pratique du décollage des affiches en raison d’un sévissement de politique en la matière. En 1997, il crée L’Atelier d’Aquitaine dédié à la collecte en équipe d’affiches dans différentes régions de France.

En 2003, L’Atelier d’Aquitaine est invité à Buenos Aires. Ce sera la dernière expédition de J. Villeglé qui cesse d’arracher des affiches. L’artiste se concentre désormais presque exclusivement au graphisme socio-politique.

Se décrivant comme un “ravisseur d’affiches”, Jacques Villeglé rencontre aujourd’hui un écho frappant chez les jeunes générations. D’où cette rétrospective,  certes tardive mais opportune, se justifie Alain Seban, président du Centre Pompidou.

L’oeuvre de l’artiste donne un aperçu des réalités urbaines au cours des décennies passées, dont la narration nous est restituée de manière fragmentée à travers des affiches lacérées. Cette vision nous permet de porter un regard critique, mais aussi ludique, sur notre environnement visuel quotidien. Notre “comédie urbaine”.












09/10/2010
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