Alain YVER

Alain YVER

WILLIAM BURROUGHS JR

WILLIAM BURROUGHS JR




Biographie de William Burroughs Jr


Fils de l'écrivain américain William Burroughs et de Joan Vollmer - tous deux membres de la Beat Generation et accrocs aux drogues -, William Burroughs Jr est profondément marqué par ce cadre familial qui le hantera toute sa vie durant. En 1951, il est encore un enfant lorsque son père tue sa mère. Il part alors vivre avec ses grands-parents dans le Missouri, puis en Floride avant de retrouver son père à Tanger, à 13 ans, et de découvrir la drogue. Il rentre en Floride. Mais la malchance le poursuit et à l'âge de 15 ans, il tire sur un de ses amis. Le croyant mort, il part en cavale pour échapper à ce qu'il pense être un meurtre. Et si le blessé s'en sort, William Burroughs Jr est, lui, interné en hôpital psychiatrique. A sa sortie, il est à nouveau scolarisé malgré des difficultés criantes. Il retombe rapidement dans la drogue, puis est arrêté et libéré sur parole en 1968. C'est alors qu'il commence à écrire son premier roman, 'Speed' en 1970. Après la publication de 'Kentucky Ham' en 1973, il sombre définitivement dans l'alcool et meurt d'une cirrhose du foie. Ses trois romans autobiographiques sont le reflet d'une vie tourmentée et poignante. En 1977, William Burroughs Jr laisse 'Prakriti Junction', son troisième ouvrage, inachevé et à ce jour jamais publié.







LE DERNIER ROMAN BEAT


                                  " SPEED "
      

Premier roman de William Burroughs Jr, fils de l'immense William Burroughs, Speed est un roman sous amphétamine, la chronique d'une errance adolescente en accéléré. Un des derniers grands romans beat historiques.
C'est parfaitement évident à la lecture de Speed, plus encore qu'à celle de Kame Kaze (Kentucky Ham en VO, bientôt réédité sous le titre La Dernière ballade de Billy aux éditions 13e Note), William Burroughs Jr avait une voix ! De celle que l'on entend réellement à la lecture, ce qui n'est finalement pas si courant dans la littérature contemporaine. Et NON, William Burroughs Jr. ne doit pas tout aux oeuvres totémiques de son paternel, même s'il les a lu, c'est certain. Lire Speed aujourd'hui, puis relire Junky par exemple, roman de jeunesse de William Burroughs père, donne la mesure du talent d'un tout jeune homme qui maniait déjà la langue comme les plus grands, et en tout cas, bien mieux que son géniteur à ses débuts.

Alors que dans son premier roman, Burroughs Senior aligne platement les phrases comme le témoignage purement documentaire d'une déréliction prise sur le vif, Burroughs fils fait danser les mots. Dans Speed, quand il ne balance pas ses phrases avec l'aisance et la souplesse du gamin des rues qu'il était, il se livre à des descriptions sur le mode avance rapide qui laisse bien souvent son lecteur à la traine, pantelant et essoufflé, dans le sillage hystérique et survolté de cet adepte des amphétamines. Car cette vivacité d'esprit à l'oeuvre dans Speed, on la doit bien sûr au choix de l'auteur - qui est aussi le narrateur - en matière de drogue. En effet, alors que son paternel négligent plongeait dans les vapes de la morphine, William Burroughs Jr. lui préférait les sensations grisantes des excitants de synthèse de l'époque, dérivés de la méthédrine et autre méthamphétamines. Une addiction que William Burroughs III, alias " Billy ", développe très tôt et que le jeune homme doit à un lourd passif familiale.

Rebel with a cause
Un père absent, une mère abattue d'une balle en pleine tête par celui-ci au cours d'une partie de "Guillaume Tell". Une enfance bouleversée au Texas entre un père héroïnomane cultivateur de marijuana et une mère accro à la Benzédrine, qui passait ses nuits à taper sur les arbres pour chasser les lézards. Puis une pré-adolescence chez ses grands parents, dans l'ennui des suburbias américaines : voilà l'héritage de William Burroughs Jr. Une généalogie malheureuse qui débouche sur une quête, celle du sens de la vie, commune à tous les adolescents, mais exacerbée ici par une histoire familiale hors-normes, un sentiment d'incomplétude et un besoin d'assumer toutes les expériences jusqu'à l'extrême. En gros, Billy, auteur et narrateur de Speed, est un ado rebelle banal et plein d'enthousiasme, mais il n'a pas de but, et, de Palm Beach à New York, il va s'en inventer un différent tous les jours, pour finalement se rendre compte que tout ce qu'il entreprend finit par le renvoyer là d'où il venait.

Récit initiatique d'une initiation ratée, Speed est un pur roman beat tardif qui sait tout ce qu'il doit à ses grands ancêtres, les écrivains, poètes et éditeurs voyageurs, Jack Kerouac, Allen Ginsberg, John Clellon Holmes et Lucien Carr, sans oublier Burroughs le père, ombre omniprésente, même si son propriétaire lui, est bel et bien aux abonnés absents.

Du mythe beat, on retrouve tous les grands thèmes : le voyage, la route, les amis, la bohème, la drogue, la musique, mais aussi un sens du rythme et une capacité à sentir les évènements en cours dans la société américaine. Ecrit en 1968 et publié en 70, Speed capture le moment où l'utopie hippie bascule sans le savoir dans le nihilisme punk (10 ans avant son avènement). William Burroughs Junior a pu voir le désespoir d'une génération qui ne croit déjà plus aux idéaux peace & love. Speed est aussi le fruit d'un gros manque d'amour. L'histoire déjà écrite du rejeton abandonné d'un monstre sacré de la littérature américaine.

S'il était le récipiendaire d'une écriture bien vivante et d'un style extrêmement personnel auquel des écrivains comme Dan Fante ou Barry Gifford (qui signe la préface de Speed) doivent beaucoup, William Burroughs Jr. était aussi doté d'une lucidité sans faille, celle des grands écrivains. Un don d'écriture et une vision qui aurait put s'exprimer pleinement si son auteur n'était pas mort prématurément, le foie explosé par l'alcool et les stupéfiants, héritage malheureux d'une enfance en friche.

Maxence Grugier

William Burroughs Jr, Speed, Editions 13ème Note, 2009.








La dernière balade de Billy – William Burroughs Jr [1973]
par alaincliche le 1 septembre 2010



William Burroughs Junior (WBJ) est le fils de Williams S. Burroughs, écrivain célèbre mais aussi junkie irrécupérable, qui, accidentellement, tua sa femme lors d’un épisode où il jouait à Guillaume Tell. WBJ fut donc été élevé par ses grands-parents dans la ville de Saint-Louis. Il ne voyait son père que 2 fois l’an, lors du passage de celui-ci en Amérique.

Dans La dernière Balade de Billy, il raconte sa période lorsqu’il retourne à Palm Beach après un passage mouvementé à New York (voir Speed). Et là, il erre pour trouver de la drogue et se met à faire toutes sortes de combines pour s’en procurer. Jusqu’au jour où il est pris par les stups et est contraint de subir une cure de désintoxication. Ce séjour en réhabilitation est intéressant et particulièrement éclairant sur les conditions de survie qui sévissent dans ce genre d’institution. D’autant plus que WBJ a beaucoup d’esprit et un sens de la dérision hors du commun. Mais c’est également là où le rythme s’essouffle  et où l’histoire devient décousue et confuse, un peu à la façon d’une lente descente d’un trip de dope. À la fin, on se demande VRAIMENT ce qui se passe. Alors qu’il n’y a aucun intertitre dans les 145 premières pages, voilà que des titres apparaissent. Est-ce que le livre est terminé? Eh non… il s’agit toujours de la même histoire!

Reste une écriture particulièrement ressentie et une preuve par l’absurde des conséquences que la drogue peut avoir pour un toxico, et ce, sans jamais tomber dans le misérabilisme ni le jugement moral.








"La dernière balade de Billy" de William Burroughs Junior

Dans cette autofiction, W. Burroughs Jr, dit Billy, évoque son père, la mort de sa mère, sa cure à Lexington, son voyage à Tanger avec Allen Ginsberg, etc. Il retrace ainsi le destin tragique de sa famille. Roman familiale chronique d'une jeunesse américaine qui se perd dans la drogue et les excès , William Burroughs Junior nous offre une seconde fois ( "Speed" 14/10/2009 aux éditions 13e Note) un récit sans complaisance, quasi sociologique de la jeunesse américaine des années 60/70. La poésie de ses mots, son regard implacable sur la société, la police, et la lucidité dont il fait preuve, nous montrent à quel point il aurait pu devenir l'un des grands noms, au même titre que son père, de la littérature américaine.

Un récit touchant de sincérité, de poésie et de dérision.

Jean-Philippe



22/10/2010
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