Alain YVER

Alain YVER

WILLIAM CLAXTON

WILLIAM CLAXTON




MAGNIFIQUE SITE
//www.williamclaxton.com/movie.html

William Claxton : l'imagier de la West Coast
//www.jazzmagazine.com/Vies/Etudes/claxton/claxton.htm

QUELQUES PHOTOGRAPHIES
//www.blogg.org/blog-48868-billet-650679.html

JOHN CASSAVETES  PAR WILLIAM CLAXTON
//cassavetes.ultim-blog.com/photo-8393-08johncassavetes_jpg.html






Carnet de roots par Paola Genone

 A la fin des années 1950, le photographe William Claxton sillonnait l'Amérique en quête des racines du jazz. Il revient sur ce photoreportage monumental et insolite, réédité par Taschen

En 1959, l'année même où Ornette Coleman annonce le free jazz, le photographe californien William Claxton monte à bord d'une Chevrolet rouge avec le musicologue allemand Joachim- Ernst Berendt, pour réaliser un photoreportage monumental de «ce grand art américain, le jazz». Déjà célèbre pour avoir réalisé les couvertures des albums de Chet Baker ou de Duke Ellington, le jeune Claxton, 32 ans, sillonne l'Amérique pour explorer cette musique, ses racines, ses créateurs, ses environnements. Il produit de magnifiques portraits des légendes du jazz - Duke Ellington, Bill Evans, Louis Armstrong... - mais également ceux de musiciens de rue anonymes. Taschen réédite cette exceptionnelle collection d'images, accompagnées d'un carnet de voyage captivant et d'un CD de musiques enregistrées par les deux passionnés. Jazz Life fait 7 kilos et 50 grammes. C'est ce qui s'appelle donner au jazz son juste poids.

Vos portraits de Chet Baker et de Sonny Rollins faisaient les Unes de Time et de Vogue. Cependant, ces photos étaient très controversées aux Etats-Unis...
Mon pays voulait garder l'image caricaturale du jazzman jouant dans un club enfumé. Mes photos montraient les musiciens dans des situations insolites: Chet Baker sur un voilier, haussant sa trompette vers le ciel; Shorty Rodgers dans une cabane perchée sur un arbre; Donald Byrd jouant de la trompette dans le métro new-yorkais. La plus controversée fut celle de la couverture du disque Way Out West, de Sonny Rollins. Le saxophoniste posait au milieu du désert, habillé en cow-boy, brandissant son ténor comme un fusil. L'Amérique, en pleine ségrégation, ne supportait pas de voir un Noir porter la tenue symbolique du Yankee.

Le but du voyage était de montrer que le jazz véhiculait, outre une musique, un message social?
Tout à fait. Je l'ai conçu comme un reportage de guerre. La plaque d'immatriculation de notre Chevrolet était couverte d'un cache en carton sur lequel était écrit: «Visitez les coulisses des USA.» Les images et les sons les plus intéressants de ce voyage, nous les trouvâmes dans des lieux où les Blancs n'avaient jamais mis les pieds - des pénitenciers de la Louisiane, des églises de l'Alabama. Même nos rencontres avec les célébrités se sont faites dans des contextes insolites.

Par exemple?
Cette année-là, le contrebassiste Charles Mingus, tout aussi militant et en colère, créa une sorte de Salon des refusés en marge du festival de Newport. Il rassembla un groupe de laissés-pour-compte, qu'il baptisa les Newport Rebels, leur proposant de jouer sur le bord d'une falaise verdoyante dominant la baie, à quelques kilomètres de Newport. A eux s'unirent des pointures comme Thelonious Monk, Ornette Coleman, Abbey Lincoln... Mingus peignit les panneaux, vendit les tickets et le pop-corn et joua les maîtres de cérémonie.

D'autres souvenirs...
Suivre à Saint Louis un postier jazzman qui jouait du sax en livrant le courrier. Trouver Duke Ellington, déprimé, se produisant à 4 heures du matin dans le hall d'un hôtel de Las Vegas. Zigzaguer entre les alligators sur les routes de Floride, avec Joachim, qui grillait tous les feux rouges: «Joe, c'est rouge!» hurlais-je. Et il rétorquait: «Non, c'est vert.» Je découvris, à ce moment-là, que je voyageais depuis un mois avec un daltonien...

Vos autres découvertes?
Joe avait entendu parler d'une communauté de Noirs vivant sur l'île Saint-Simon, dans les Sea Islands - qui s'exprimaient et chantaient dans une langue africaine remontant au XVIIIe siècle. George Gershwin s'y était rendu pour faire des recherches qui aboutirent à son Porgy and Bess. La communauté fut difficile à trouver: les habitants du coin ne nous adressaient plus la parole dès qu'ils comprenaient ce que nous cherchions. Puis, un dimanche matin, nous arrivâmes dans un village. Ils étaient là. Leurs chants ressemblaient à des litanies ancestrales, des plaintes mélangées aux saveurs du gospel et du blues. On y sentait indubitablement les racines du jazz. Ce fut un moment intense.

Jazz Life, par William Claxton et Joachim-Ernst Berendt. Taschen, 696 p., 150 euros.













Jazz Seen


    Réalisation: Julian Benedikt
    Interprètes: Peggy Moffit, Dennis Hopper, William Claxton
    Scénario: Julian Benedikt
    Photographie: Matthew J. Clark
    Musique: Till Brönner
    Durée: 80'
    Date de sortie (Belgique): 06-03-2002

 
Autres images...

Portrait d'un artiste, William Claxton, photographe émérite, qui au travers de ses 'images vérités' a capté avec grâce l'âme des plus grands jazzmen américains. Un documentaire qui vogue entre reconstitution réaliste, entretiens de proches et d'amis célèbres et rencontre avec le principal intéressé. De ses débuts sur les scènes underground du jazz "West Coast", à la photo de stars ou de mode, Claxton a toujours cultivé une image d'artiste sincère et consciencieux...

    Attention film d'initié? Je doute, mais je peux me tromper, que le grand public connaisse William Claxton. Je doute également que le grand public s'intéresse profondément au jazz. Et pourtant, ce même grand public (oui, c'est de vous dont je parle: "masse informe"!) connait et identifie facilement des noms comme Chet Baker, Charlie Parker, Miles Davis, Duke Ellington... j'en passe et des meilleurs. Le rapport? L'image... et notamment celles prises par William Claxton.

    Histoire. Il était une fois un petit garçon contaminé par un dangereux virus: la photographie. Encore étudiant à Los Angeles, le jeune William parcourt déjà les boîtes de jazz avec ses appareils photos, à la recherche d'images, d'instants magiques où il captera l'âme du jazz et de ses musiciens. Rapidement, ses photos sont admirées et utilisées pour les couvertures de disques d'artistes comme Chet Baker. La qualité de ses prises de vue, de la lumière qui les éclaire, en fait en quelques années, un photographe mondialement reconnu, sans doute le plus grand "photographe jazz" du monde. Claxton se diversifiera (photo de célébrité, et notamment Steve McQueen avec qui il se liera d'amitié, photo de mode...) mais il gardera toujours ce même regard particulier et personnel sur les gens et les situations qu'il met en image.



    Voilà pour lui, son oeuvre et l'aspect documentaire du film. Parlons maintenant des méthodes d'approches du réalisateur. Julian Benedikt (réalisateur de reportages pour Arte et du très remarqué BLUE NOTE - A STORY OF MODERN JAZZ pour la TV en 1996) alterne, avec plus ou moins de bonheur, les entretiens (Helmut Newton, Burt Bacharach, Dennis Hoper, Ben Harper, John Frankenheimer...), les (superbes) photographies réalisées par Claxton, les reportages sur le terrain et, les reconstitutions réalistes. Cette agglomération de composants, relativement inégaux, devait lui permettre de pénétrer l'univers de l'artiste. Au final, cet amas d'images paraît un brin trop confus et anecdotique. Même si, alliées aux notes simples, délicates et superbement jazzy de la bande son, certaines de ces images frôlent de très près l'intimité de l'artiste.

    Ceux qui n'aiment ni le jazz, ni la photographie: passez votre chemin! Les autres: puisse le jazz être avec vous!

Benjamin d'Aoust






12/09/2007
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