Alain YVER

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WILLIAM EGGLESTON

WILLIAM EGGLESTON




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ARTE Documentaire
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William Eggleston (né le 27 juillet 1939 à Memphis (Tennessee)) est un photographe américain. Il a contribué à faire entrer la photographie en couleur dans le monde de l'art.
    

Biographie

Premières années

William Eggleston est né à Memphis (Tennessee) et a grandi à Sumner (Mississippi). Son père était un ingénieur qui a échoué dans une carrière de producteur de coton et sa mère était la fille d'un important juge local. Enfant, Eggleston était introverti et aimait le piano, le dessin, et l'électronique. Il se dirigea vers les médias visuels dès son plus jeune âge ; il prenait, paraît-il, du plaisir à acheter des cartes postales et à découper des images dans les magazines. Il s'intéressait également aux technologies audio.[évasif]

À l'âge de quinze ans, Eggleston fut envoyé dans la « Webb School », un internat scolaire de Bell Buck (Tennessee). Il eut, plus tard, peu de souvenirs agréables de l'école. « Il y avait une sorte de routine spartiate pour « forger le caractère ». Je n'ai jamais su ce que c'était censé signifier. C'était tellement idiot et sans pitié. C'était le genre d'endroit où aimer la musique et la peinture était considéré comme efféminé. », déclara-t-il à un journaliste[réf. nécessaire]. Eggleston paraissait étrange parmi ses semblables du fait qu'il évitait les activités typiques masculines méridionales telles que la chasse et le sport, en faveur d'activités artistiques et de l'observation du monde autour de lui.

Il passa un an à l'université Vanderbilt, un semestre au Delta State College et environ cinq ans à l'université du Mississippi, sans jamais passer dans une classe supérieure. C'est cependant à l'université que son intérêt pour la photographie a débuté ; lors de sa première année à l'université, un ami lui offrit un appareil photo Leica. Eggleston prit des cours d'art à Ole Miss et a été amené à l'expressionnisme abstrait par un peintre les visitant nommé Tom Young.

Carrière artistique

Les premières initiatives photographiques d'Eggleston lui furent inspirées par le photographe américain Robert Frank, et par le livre du photographe français Henri Cartier-Bresson : Le Moment décisif.

Alors qu'à ses débuts il travaillait en noir et blanc, Eggleston commença en 1965 et 1966 à expérimenter la pellicule couleur, qui devint finalement son principal moyen d'expression à la fin des années 60. Le développement artistique d'Eggleston en tant que photographe semble s'isoler des autres artistes.

Lors d'une interview, John Szarkowski du Musée d'Art moderne de New York (New York's Museum of Modern Art, MoMA) parle de sa première rencontre avec le jeune William Eggleston, comme « tout à fait impromptue »[réf. souhaitée]. Après avoir revu le travail d'Eggleston (dont il se souvenait comme une valise pleine d'images de « pharmacies » colorées), Szarkowski persuade le Comité de Photographie du MoMA d'acheter une œuvre d'Eggleston.

En 1970, son ami William Christenberry présente Eggleston à Walter Hopps, directeur de la Corcoran Gallery de Washington D.C. Hopps dira plus tard avoir été stupéfié par le travail d'Eggleston : « Je n'ai jamais rien vu de pareil. »[évasif]

Eggleston enseigne à Harvard en 1973 et 1974, et c'est pendant cette période qu'il découvre la technique d'impression du « dye-transfer », alors qu'il examinait la liste des prix d'un labo photographique de Chicago. Eggleston s'en souvient plus tard :

    « Cela annonçait 'De l'image la moins chère au nec plus ultra'. Le nec plus ultra était un dye-transfer. Je suis monté directement voir ça sur place, et je n'ai vu que des travaux publicitaires, comme des images de paquets de cigarette ou de bouteilles de parfum ; mais la saturation des couleurs et la qualité de l'encre étaient incroyables. Je ne pouvais pas attendre de voir à quoi ressemblerait une image d'Eggleston imprimée avec cette technique. Toutes les photos que j'ai imprimées par la suite à l'aide de ce procédé étaient magnifiques, et chacune semblait encore plus belle que la précédente. »

Le procédé du dye-transfer se retrouve dans certaines des plus frappantes et des plus célèbres œuvres d'Eggleston, comme sa photographie de 1973 intitulée The Red Ceiling (« Le Plafond rouge » en français), à propos de laquelle il dit :

    « The Red Ceilling est si magistral qu'en fait je n'en ai jamais vu de reproduction qui m'ait satisfait. Quand on regarde le colorant, c'est comme du sang qui mouille sur les murs… d'habitude, un petit rouge est suffisant, mais travailler en rouge sur une surface entière était un défi. »

À Harvard, Eggleston prépare en 1974 son premier portfolio, intitulé 14 pictures. Ce portfolio était composé d'images imprimées avec la technique du dye-transfer. Le travail d'Eggleston fut présenté lors d'une exposition au MoMA en 1976, accompagnée par la sortie de l'ouvrage William Eggleston's Guide. L'exposition du MoMA est considérée comme un tournant dans l'histoire de la photographie, marquant « l'acceptation de la photographie couleur par la plus grande institution de validation » (selon les mots de Mark Holborn). Eggleston fut le premier artiste à réaliser une exposition personnelle de photographies couleur dans l'histoire du MoMA.

Aux alentours de son exposition au MoMA, Eggleston fut présenté à Viva, la « superstar » Andy Warhol, avec qui il établit un lien durable. Pendant cette période, Eggleston devint familier du cercle d'Andy Warhol, une relation qui a peut-être contribué à son idée d'« appareil photo démocratique », comme le suggère Mark Holborn.

Dans les années soixante-dix, Eggleston expérimente aussi la vidéo, réalisant plusieurs heures d'un film grossièrement monté, qu'il nomme Stranded in Canton (« Bloqué à Canton »). L'écrivain Richard Woodward, qui l'a visionné, le compare à « un film familial fou », mélangeant de tendres images de ses enfants à la maison avec celles de soirées bien arrosées, d'urination publiques et d'un homme arrachant la tête d'un poulet devant une foule en délires à la Nouvelle Orléans. Woodward suggère que ce film reflète le « naturalisme intrépide » d'Eggleston, « la conviction qu'en regardant patiemment ce que les autres ignorent ou dont ils se désintéressent, on peut voir des choses intéressantes. »

William Eggleston's Guide fut suivi d'autres livres et portfolios, dont Los Alamos (en fait achevé en 1974, avant la publication du Guide), le retentissant Election Eve (1976 ; un portfolio de photographies prises autour de Plains (Géorgie), avant l'année des élections présidentielles), The Morals of Vision (1978), Flowers (1978), Wedgwood blue (1979), Seven (1979), Troubled Waters (1980), The Louisiana Project (1980), William Eggleston's Graceland (1984), The Democratic Forest (1989), Faulkner's Mississippi (1990), et Ancient and Mordern (1992).

Eggleston travailla aussi avec des cinéastes : il prit des photos du tournage du film Annie de John Huston (1982), et documenta le making of du film True Stories de David Byrne. Récemment, Michael Almereyda réalisa un documentaire à son sujet : William Eggleston in the Real World (2005). Il participe également à un second documentaire : By the Ways, a journey with William Eggleston, réalisé par Cedric Laty et Vincent Gérard, sélectionné pour le prix du Grand Jury au festival de Sundance (2006)

En 2009, William Eggleston est exposé à la Fondation Cartier à Paris, où ses photographies côtoient ses dessins expressionnistes abstraits.

Esthétique photographique

Le travail d'Eggleston prend pour thème des sujets ordinaires. Une photographie d'Eggleston pourrait inclure « de vieux pneus, des distributeurs de Dr Pepper, des climatiseurs abandonnés, des distributeurs automatiques, des bouteilles de Coca-Cola vides et sales, des affiches déchirées, des poteaux et des fils électriques, des barrières, des panneaux de sens interdits, des panneaux de déviations, des panneaux d'interdiction de stationner, des horodateurs et des palmiers amassés sur le même bord de trottoir. »[1] Eudora Welty fait remarquer qu'Eggleston voit la complexité et la beauté du monde ordinaire : «  Toutes les photographies extraordinaires, irrésistibles, estimables, belles et implacables doivent faire avec les caractéristiques de nos vies dans le monde actuel : elles arrivent à nous montrer la texture du présent, comme la coupe transversale d'un arbre  ; Elles se focalisent sur le monde ordinaire. Mais aucun sujet n'est autant abordé que le monde ordinaire ! ».

Mark Holborn écrit au sujet de la signification profonde de ces scènes ordinaires vues par l'objectif d'Eggleston  : «  Les sujets d'Eggleston sont, en apparence, les habitants et les alentours ordinaires de la banlieue de Memphis et du Mississippi ; des amis, de la famille, des barbecues, des arrières-cours, un tricycle et du désordre ordinaire. La banalité de ces sujets est trompeuse, il y a un sentiment de danger menaçant caché derrière ces images »[2].

On peut comparer le travail d'Eggleston à celui de William Faulkner, qui a également grandi dans le Delta du Mississippi, et pour qui cette région fut le sujet de la majorité de ses œuvres. Eggleston et Faulkner ont tous deux profité de la perspicacité de l'avant-garde Européenne et Américaine pour les aider à explorer les environs du Sud d'une manière nouvelle et surprenante. Comme l'a écrit l'écrivain Willie Morris, « la peinture des campagnes du Sud [par Eggleston] évoque avec éloquence le monde imaginaire de Faulkner et, ce n'est pas une coïncidence, les expériences partagées par tous les hommes du Sud. Souvent sinistre, toujours lyrique, son réalisme rigide résonne avec le langage et le ton du cosmos mythique du célèbre Yoknapatawpha de Faulkner… Le travail de Bill Eggleston aurait plu à Bill Faulkner… énormément. »[réf. souhaitée] Eggleston semble reconnaître cette affinité entre lui et Faulkner par la publication de son livre, Faulkner's Mississippi, en 1990.

Notes et références

   1. Å™ Eudora Welty, The Democratic Forest, Introduction.
   2. Å™ Mark Holborn, Ancient & Modern, Introduction









//www.centre-photo-lectoure.fr/pages_eggleston/eggleston_presentation.html

C'est en découvrant les travaux de Robert Frank et d'Henri Cartier-Bresson qu'Eggleston vient à la photographie, qu'il pratique d'abord en noir et blanc puis en couleur dès la fin des années 60. À partir de son environnement intime – la plantation familiale et la campagne du Tennessee, sa maison et les rues de Memphis – il se plonge dans l'exploration de l'univers quotidien du Sud des États-Unis.
       
Photographies :

Son intérêt pour le banal le rapproche de Walker Evans, mais sa vision du monde et son style l'en écartent sensiblement. William Eggleston photographie tout, sans distinction ni hiérarchie, et son approche très libre du sujet n'a rien à voir avec les vues frontales et sans effets du style documentaire. Contrairement à Evans, il surprend et déstabilise par des points de vues inattendus, des cadrages et des compositions hors des canons esthétiques et la présence essentielle de la couleur.

Dans les années 70, cette ouverture à la couleur, logique dans la démarche d'un artiste qui entend prendre en compte toutes les composantes de la réalité, mais encore précoce dans l'histoire de l'art photographique, vaut à Eggleston la consécration du musée et la réputation en partie justifiée mais quelque peu envahissante d'inventeur de la photographie en couleur. Son exposition au MoMa de New York en 1976 à l'invitation de John Szarkowski marque une date dans l'histoire de la photographie, celle de la reconnaissance de la photographie en couleur comme forme artistique à part entière.

En réalité, bien des artistes et non des moindres s'étaient essayés depuis longtemps à la couleur, mais comme le souligne Michel Frizot dans la Nouvelle histoire de la photographie, l'apport décisif d'Eggleston, qu'il partage avec certains de ses contemporains – notamment Callahan et Meyerowitz – est d'avoir donné par l'usage de la couleur "un autre sens à la photographie dans son ensemble. Jusqu'à ce qu'on ne s'étonne plus de l'usage de l'une ou de l'autre, couleur ou noir et blanc".

Comme un acteur qui ne parvient pas à se libérer du rôle qui l'a rendu célèbre, Eggleston est resté longtemps prisonnier de l'étiquette aussi réductrice qu'excessive "d'inventeur" de la photographie en couleur. C'est sans doute pour dissiper ce malentendu qu'il publie en 1989 The Democratic Forest, livre dans lequel il se proclame "en guerre contre l'évidence". "Un œil démocratique, une guerre ouverte contre ce qui semble aller de soi : les deux se combinent, il faut voir ce qu'a priori on n'aurait pas regardé. Tout peut mériter l'attention, le déclic" (Anne Bertrand).

L'exposition est en deux parties : un ensemble de vingt photographies composé par Eggleston pour la collection Lhoist, complété ultérieurement par deux autres tirages, et le portfolio Graceland, prêté par le Fonds national d'art contemporain, qui comprend onze photographies de la maison d'Elvis Presley à Memphis.

À l'exception des deux tirages Iris récemment acquis par la collection Lhoist, toutes les œuvres exposées ont été réalisées selon le procédé du dye transfer, découvert par Eggleston en 1974 dans le catalogue d'un laboratoire sous le slogan : De l'image la moins chère au nec plus ultra. "Le nec plus ultra, raconte Eggleston, était le dye transfer. Je suis monté directement voir ça sur place, et je n'ai vu que des travaux publicitaires, des images de paquets de cigarettes ou de bouteilles de parfum, mais la saturation des couleurs et la qualité de l'encre étaient incroyables. Impossible d'attendre pour voir à quoi ressemblerait une image d'Eggleston imprimée avec cette technique. Toutes les photos que j'ai tirées par la suite selon ce procédé étaient magnifiques, et chacune semblait encore plus belle que la précédente". À propos de sa photo The Red Ceiling (le plafond rouge), Eggleston ajoute : "The Red Ceiling est si magistral qu'en fait je n'en ai jamais vu de reproduction qui m'ait satisfait. Quand on regarde le colorant, c'est comme du sang qui mouille les murs… Travailler en rouge une surface aussi importante était un défi." François Saint Pierre






William Eggleston

Né en 1939 à Memphis, Eggleston marquera l'histoire de l'art par son emploi systématique de la couleur dès ses jeunes années (il photographie depuis l'age de 19 ans). La photographie a longtemps été mal considérée dans le champ de l'art, la photographie couleur a subit un plus dûr traitement encore. William Eggleston en a fait les frais : la reconnaissance de son travail prendra du temps.
C'est en 1974 que ses images seront exposées au MOMA de New York, sous le nom de "portfolio", un nom plutôt discret. Le contexte est plutôt à la photographie noir et blanc, plus distanciée, plus noble, plus cérébrale, moins esthétisante. Même des travaux proches du sien, comme celui de Garry Winogrand par exemple, s'exercent en noir et blanc.

Du coup, la couleur, et la couleur de William Eggleston en particulier, fait tâche : il emploie la technique dite du "dye transfert", inventé par Kodak, une technique de tirage qui donne un rendu coloré très saturé.
Eggleston travaille la couleur quasiment pour elle-même, en opposition presque avec son sujet : le Mississippi est son lieu privilégié, le quotidien son sujet de prédilection. Les tirages rendent irréelles des situations banales, un intérieur de frigo devient une expérience extatique, une femme devant sa maison de banlieue une peinture de la période luministe de Mondrian.
Les écarts colorés trouvés dans la nature (ciels bleus intenses, soleils couchant, reflets dans l'eau, ombres découpant les objets) et la culture environnante (marques routières, enseignes lumineuses, peintures publicitaires érodées, carrosseries de voitures) sont mixées pour obtenir des images dans lesquelles la couleur domine l'image, et déplace le sujet à l'arrière plan.
L'anecdote raconte que Eggleston, jeune, se rendait de nuit dans les ateliers de tirages industriels (où l'on tire des photos amateurs en machine par milliers) pour y tester le rendu de ses images sur des de "mauvais tirages" : dominantes de couleurs, désaturation, surexposition, etc.
Eggleston a réalisé une série d'image sur la ville de Dunkerke en 2005, qui ont été exposées dans cette même ville en 2006.

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LIVRE /
Les couleurs américaines de William Eggleston


Paysages nucléaires, cadrages d'une précision inquiétante, ironie mordante, Los Alamos a toujours été le plus impressionnant des livres du photographe américain. Devenu introuvable, il est enfin réédité et agrémenté de photos inédites. Une Bible.

En 2003, les Éditions Scalo sortaient Los Alamos, un livre composé de 80 photographies prises par William Eggleston entre 1966 et 1974. Toutes relataient ses traversées en voiture de l'Amérique profonde avec son ami, le commissaire d'exposition Walter Hopps. En donnant à ce projet le nom de la ville du Nouveau-Mexique qui abrita les recherches d'Oppenheimer sur la bombe atomique, Eggleston faisait, une fois encore, preuve de son ironie mordante : de fait, Los Alamos tirait le portrait d'une Amérique isolée, enlisée. Une Amérique qui portait en elle, sans même s'en rendre compte, les retombées d'une politique internationale univoque, une Amérique irradiée, gagnée par la rouille. Un laboratoire dominant, mais fragile.
Devant l'inquiétude qui se dégage de ces espaces laissés pour vide, on songe souvent à ce film étrange de David Lynch, Une histoire vraie. On prête l'oreille et on croit entendre la plainte d'un Midwest totalement replié sur lui-même, encore porté par une croyance intacte en ses idéaux WASP, sourd à toute influence extérieure quand sous ses pieds quelque chose du grand rêve américain est en train de dévisser.
 
Sous l'impulsion de Mark Holborn (en charge de mettre de l'ordre dans les archives d'un Eggleston négligent qui jusqu'ici ne s'inquiétait pas de l'éparpillement de ses négatifs), Steidl réédite Los Alamos, mais dans une version exhaustive. Et c'est cette fois non plus un mais trois volumes ! 276 planches couleurs (dont 200 sont inédites) d'une réussite ahurissante, sorte de pied de nez au reste de la profession. Trois splendides livres que le vieux Bill, ce gentleman-farmer sarcastique, a remplis jusqu'à la gorge de carcasses : voitures abandonnées, rideaux de fer baisés, parkings vides, entrepôts désaffectés, espaces désertés et sodas oubliés sur le capot d'une Buick dans la réflexion d'un soleil d'après-midi.
Fonds de tiroir ? Fétichisme ? Maniaquerie ? Coup de trop ? Non, pas une photo ici qui ne soit tout simplement stupéfiante. Il y a un secret Eggleston que ces trois tomes renforcent. Nul ne sait comment il arrive à ces cadrages qui instantanément frappent justes, comment il obtient ces couleurs qui disent en une seconde ce qui prendrait mille pages à expliquer, ni comment il se débrouille pour que jamais le sujet ne prenne le dessus sur la composition. Par la photographie, Eggleston a réussi à inventer une autre façon de raconter l'Amérique.
Los Alamos enfin complet est le plus beau cadeau de l'année 2012. Et déjà Steidl d'annoncer pour 2013 une édition en cinq tomes de The Democratic Garden, un autre livre devenu rare du grand Bill. Ça ne finira donc jamais.

//obsession.nouvelobs.com/pop-life/20121109.OBS8779/regarder-les-couleurs-americaines-de-william-eggleston.html







Avant la couleur

de William Eggleston

Editeur : Steidl Parution : 2 Avril 2012

résumé du livre
Il y a quelques années les responsables du William Eggleston Trust à Memphis ont retrouvé dans leurs archives une boîte contenant les toutes premières photographies du maître de la couleur, William Eggleston. Des images incroyables... en noir et blanc ! Ce livre réunit ces photos dans leur intégralité, et montre les débuts artistiques d'un pionnier de la photographie contemporaine. A la fin des années 1950, Eggleston a commencé à photographier la banlieue de Memphis en utilisant des pellicules 35 mm noir et blanc. II a développé ainsi une écriture photographique unique, qui viendra quelques années plus tard façonner son travail en couleur. Une vision inédite de l'Amérique profonde, la sienne, avec ses symboles : supermarchés, dinners, stations services et ses inconnus croisés dignes d'un film américain. Cinquante ans plus tard, toutes ces images ont été numérisées à partir de tirages vintage développée par Eggleston dans sa propre chambre noire. Il a donné son feu vert à cette publication, et s'est appliqué à faire découvrir ce pan méconnu de son oeuvre. Sortis en 2010 Before Color en édition anglaise et vite épuisé, le revoici en édition française.

235€

//www.evene.fr/livres/livre/william-eggleston-avant-la-couleur-865596.php








L'œil démocratique

C’est en découvrant les travaux de Robert Frank et d’Henri Cartier-Bresson qu’Eggleston vient à la photographie, qu’il pratique d’abord en noir et blanc puis en couleur dès la fin des années 60. À partir de son environnement intime – la plantation familiale et la campagne du Tennessee, sa maison et les rues de Memphis – il se plonge dans l’exploration de l’univers quotidien du Sud des États-Unis.

Son intérêt pour le banal le rapproche de Walker Evans, mais sa vision du monde et son style l’en écartent sensiblement. William Eggleston photographie tout, sans distinction ni hiérarchie, et son approche très libre du sujet n’a rien à voir avec les vues frontales et sans effets du style documentaire. Contrairement à Evans, il surprend et déstabilise par des points de vues inattendus, des cadrages et des compositions hors des canons esthétiques et la présence essentielle de la couleur.
Dans les années 70, cette ouverture à la couleur, logique dans la démarche d’un artiste qui entend prendre en compte toutes les composantes de la réalité, mais encore précoce dans l’histoire de l’art photographique, vaut à Eggleston la consécration du musée et la réputation en partie justifiée mais quelque peu envahissante d’inventeur de la photographie en couleur. Son exposition au MoMa de New York en 1976 à l’invitation de John Szarkowski marque une date dans l’histoire de la photographie, celle de la reconnaissance de la photographie en couleur comme forme artistique à part entière.
En réalité, bien des artistes et non des moindres s’étaient essayés depuis longtemps à la couleur, mais comme le souligne Michel Frizot dans la Nouvelle histoire de la photographie, l’apport décisif d’Eggleston, qu’il partage avec certains de ses contemporains – notamment Callahan et Meyerowitz – est d’avoir donné par l’usage de la couleur “un autre sens à la photographie dans son ensemble. Jusqu’à ce qu’on ne s’étonne plus de l’usage de l’une ou de l’autre, couleur ou noir et blanc”.

Comme un acteur qui ne parvient pas à se libérer du rôle qui l’a rendu célèbre, Eggleston est resté longtemps prisonnier de l’étiquette aussi réductrice qu’excessive “d’inventeur” de la photographie en couleur. C’est sans doute pour dissiper ce malentendu qu’il publie en 1989 The Democratic Forest, livre dans lequel il se proclame “en guerre contre l’évidence”. “Un œil démocratique, une guerre ouverte contre ce qui semble aller de soi : les deux se combinent, il faut voir ce qu’a priori on n’aurait pas regardé. Tout peut mériter l’attention, le déclic” (Anne Bertrand).

L’exposition est en deux parties : un ensemble de vingt photographies composé par Eggleston pour la collection Lhoist, complété ultérieurement par deux autres tirages, et le portfolio Graceland, prêté par le Fonds national d’art contemporain, qui comprend onze photographies de la maison d’Elvis Presley à Memphis.
À l’exception des deux tirages Iris récemment acquis par la collection Lhoist, toutes les œuvres exposées ont été réalisées selon le procédé du dye transfer, découvert par Eggleston en 1974 dans le catalogue d’un laboratoire sous le slogan : De l’image la moins chère au nec plus ultra. “Le nec plus ultra, raconte Eggleston, était le dye transfer. Je suis monté directement voir ça sur place, et je n'ai vu que des travaux publicitaires, des images de paquets de cigarettes ou de bouteilles de parfum, mais la saturation des couleurs et la qualité de l’encre étaient incroyables. Impossible d’attendre pour voir à quoi ressemblerait une image d’Eggleston imprimée avec cette technique. Toutes les photos que j’ai tirées par la suite selon ce procédé étaient magnifiques, et chacune semblait encore plus belle que la précédente”. À propos de sa photo The Red Ceiling (le plafond rouge), Eggleston ajoute : “The Red Ceiling est si magistral qu’en fait je n’en ai jamais vu de reproduction qui m’ait satisfait. Quand on regarde le colorant, c’est comme du sang qui mouille les murs… Travailler en rouge une surface aussi importante était un défi.”

//www.centre-photo-lectoure.fr/pages_eggleston/eggleston_presentation.html














16/09/2011
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