Alain YVER

Alain YVER

WILLIAM KLEIN

WILLIAM KLEIN



Biographie, interwiew, rétrospective de l' exposition à Paris en 1995

http://www.google.fr/search?q=william+klein&ie=utf-8&oe=utf-8&rls=org.mozilla:fr:official&client=firefox-a

Très bon site, beaucoup de liens
http://www.forumdesimages.net/fr/alacarte/htm/ACTUALITE/KLEIN.htm

exposition centre Georges Pompidou
http://www.centrepompidou.fr/Pompidou/Manifs.nsf/0/1163ab547fcd7945c1257053002fe15c!OpenDocument&Click=

Vidéo de 12' ici
http://archives.tsr.ch/search?q_doc-id=cinemavif-klein

La collection PHOTO POCHE
http://www.delpire.fr/poches.htm


Biographie

Fils d'immigrés juifs, William Klein fait des études de sociologie puis effectue son service militaire. Le 13 juillet 1947, il se rend pour la première fois à Paris, en tant que G.I., et tombe amoureux de «la plus belle fille de Paris». Peu après il entre dans l'atelier de peinture d'André Lhote (comme Henri Cartier-Bresson), puis dans celui de Fernand Léger. Il part vivre à La Garenne-Colombes et épouse Jeanne Florin.

Il entame une carrière de photographe, commence en parallèle à réaliser des courts-métrages et travaille avec Louis Malle sur Zazie dans le métro.

Au début des années 1950, Klein expose des peintures géométriques abstraites. À côté de cela il tient un journal photographique, tout ce qu'il y a de plus figuratif - Chris Marker réussit à le faire éditer au Seuil, le livre est ensuite récompensé par le prix Nadar. Fellini l'invite pour devenir assistant, Klein en revient avec son album de photos Rome. Au début des années 1960, il tourne plusieurs émissions pour l'émission Cinq Colonnes à la une, notamment Les Français et la politique qui sera censurée.

Pour ses photos de mode, il a réellement révolutionné le genre : ses mannequins n'ont pas les mains sur les hanches et leurs pieds ne prennent plus la position de danseuse classique. Un parfum de scandale entoure son œuvre.

Sa carrière de cinéaste est marquée par l'engagement, notamment auprès des Noirs dont il soutient les luttes pour exister au travers de personnages comme Mohamed Ali, Little Richard ou Eldridge Cleaver.

En 1983 et en 2005, le Centre Pompidou lui consacre une exposition.











Bang ! Voilà plus de 50 ans que William Klein explore les multiples facettes de l'image à travers la photographie mais aussi la peinture, le cinéma ou le graphisme. Portrait clap de l'artiste, à l'occasion d'un parcours express de l'expo au Centre Pompidou.
William Klein fait partie des artistes inclassables, tour à tour peintre, photographe, cinéaste ou graphiste. Sa production hétéroclite révèle une force créatrice extraordinaire. A l'aise sur de nombreux supports, il se joue des dogmes et autres formalités, part volontiers à contre-courant : peint de l'abstrait lorsqu'il a comme maître un peintre figuratif (Fernand Léger) « pour tuer le maître », sort les modèles dans la rue quand la photographie de mode se fait en studio, etc. Surtout, William Klein a bousculé la photographie.

Klein, l'affranchi
Au début des années 50, alors qu'il vit à Paris, il rencontre le directeur artistique de Vogue. Ce dernier a vu les photos abstraites que réalise Klein à l'époque et lui propose un contrat. Débute alors une longue fructueuse collaboration, initiant une nouvelle forme d'images. William Klein revient à New York, sa ville natale, et réalise un journal photographique. Sans formation préalable, il s'approprie ce médium, le malmène même, et développe une approche personnelle tranchante et percutante, ignorant les cadrages conventionnels. Il saisit l'atmosphère, l'essence même de la ville. « Ce que les pros auraient jeté au panier était pour moi un matériau excitant. » Suivront Rome (1958), Moscou (1961) et Tokyo (1962). C'est l'intérêt qu'il porte aux personnes photographiées qui engendre un nouveau souffle. Comme il le précise : « Dans mes photos, il y a presque toujours quelqu'un qui regarde l'appareil ». Cette dimension frontale tranche avec le mythe de l'opérateur invisible. Le photographe est pris dans la boucle de circulation de l'œil, complice du spectateur et du sujet lui-même. La ville, les rassemblements, la mode (elle sera son « gagne-pain » durant des années), le sport (il réalisera un documentaire sur les coulisses de Roland Garros, The French), font partie de ses sujets de prédilection.

Mélange des genres
Son talent n'échappera pas à Fellini et Louis Malle, avec qui il travaille sur Zazie dans le métro. A leurs côtés, il va beaucoup apprendre. Ses séries de photos s'avoisinant de plus en plus du montage, il se tournera tout naturellement vers le cinéma. C'est en 1958 qu'il réalise son premier film, Broadway by light. Outre quelques longs métrages de fiction tels que Qui êtes-vous Polly Maggoo (1967) ou Mister Freedom (1968), William Klein s'est davantage intéressé au documentaire, souvent engagé (Loin du Vietnam (1967) ou Grands soirs et petits matins sur mai 68). On notera aussi la réalisation de trois films sur des personnages noirs aux parcours marquants : Muhammad Ali the Greatest (1964-74), Eldridge Cleaver Black Panther (1970) et The Little Richard Story. L'exposition s'attache à présenter le travail de William Klein dans sa globalité. Ainsi, quelques écrans diffusent des extraits de ces films.

L'oeil du peintre
Mais où William Klein va t-il puiser ses références ? Aujourd'hui, la présentation de ses photos au Centre Pompidou, accolées de part et d'autre d'un grand format, rappelle les grandes compositions des peintres de la Renaissance italienne. La dernière salle, celles des Contacts peints, incarne la nef pleine de majesté de l'exposition. Des murs tapissés d'immenses tirages de contacts peints de couleurs vives - « Le geste que tous les photographes du monde font en choisissant une telle image sur la planche contact. » - rappellent tous les éléments du travail de Klein : la photo, le montage, le graphisme, etc. Accomplissement, aboutissement, les qualificatifs pour évoquer ce travail tournent irrémédiablement autour d'une synthèse de fin de parcours. La légendaire sérénité du vieil artiste. Pourtant la vitalité propre à Klein surgit encore, telle une claque !

William Klein
Centre Pompidou
Jusqu'au 20 février 2006
Galerie Sud, niveau 1





William Klein

Au Centre Pompidou, jusqu'au 20 Février.
Second billet écrit par Holbein à mon invitation.

Leica. Avec un 28mm, grand angle. William Klein est dans la foule, parmi les gens. Bousculade. Il gueule sur eux : Regarde-moi! Un coup de coude. Le cadre est de travers. J'appuie. Tension. J'avance. Je recommence. J'appuie à nouveau. Energie. Stress. Envie de voir à quoi ressemblent ces gens sur les planches-contact. Bougé!  Ça part dans tous les sens. Pas assez de lumière. 1/30e de seconde. Déclencheur. Filé. D'autres visages derrière…

WK est généreux. Il est au milieu des gens. Les visages déformés sur les bords de ses tirages trahissent son désir de s'immerger dans les foules : le grand angle fera des émules, désireux de s'identifier à cet artiste. William Klein est le créateur d'un style fondé à la fois sur l'affirmation de soi et sur la volonté de contact, de proximité avec les sujets photographiés et les événements. Son esthétique est immédiatement repérable.

Il aime la mixité, le mélange. Origine new-yorkaise. Sa liberté d'action est sans limites: "Anything goes" a-t-il l'habitude de dire, "pas de règles, pas d'interdits". Les regards sont appuyés, les images semblent souvent brutales, cassées. Elles font du bruit, sortent du cadre. Le cadrage est tendu, serré, basé sur "le bordel des corps qui s'entremêlent, les regards qui s'entrecroisent et finissent par s'ordonner".

Et là réside le mystère WK: dans cette esthétique du chaos, les éléments sont composés de manière exceptionnelle. L'ordre apparaît après coup. WK aime travailler à partir de la planche-contact dont il analyse l'évolution. (Il sera d'ailleurs à l'origine d'une série célèbre, Contacts, produite par le Centre National de la Photographie*). Déclenchements en rafale, donc inflation d'images, comme une parole qui jaillit, souvent provocatrice mais féconde : "photographier un mariage comme une rafle et inversement".

L'exposition du Centre Pompidou rend remarquablement compte de cet état d'esprit, de cette façon d'être. La scénographie mise en oeuvre pour l'occasion s'avère très efficace: murs rouges, frises d'écritures noires, couloirs qui tournent, citations écrites très haut sur des murs qui forment un boyau étroit puis débouchent sur une salle immense, magnifique, recouverte du haut en bas, de tous les côtés, d'imposants contacts peints (spécialement agrandis pour cette exposition). Noir et blanc, et peintures de couleurs vives et giclées. Signes rageurs. Croix rouges. Dégoulinures. Encadrements définitifs. L'itinéraire au sol est matérialisé par un chemin de matière plastifiée jaune vif. Un espace actif, vivant, énergique.

Mais une petite salle latérale offre une possibilité de recueillement: elle contient de très beaux ouvrages, pensés et fabriqués par William Klein autour de grandes villes du monde comme New York, Tokyo, Moscou, Rome ou Paris. WK cosmopolite, citoyen du monde. Typographie remarquable, mise en page d'un soin extrême (voir notamment la double page sur Tokyo). Les exemplaires originaux sont dans les vitrines, que des écrans plats surplombent, permettant de visualiser ces livres qu'on peut "feuilleter" ainsi page après page. Ambiance feutrée. Lumière tamisée. Transparence des cloisons. Délicatesse des tirages originaux. C'est aussi ça, William Klein.

En ressortant, le couloir, puis les grandes vitres du Centre Georges Pompidou donnant sur la fontaine Stravinsky : l'extérieur, la vie qui continue, sur le même plan. Le dehors et le dedans. WILLIAM KLEIN en immenses lettres jaunes sur la vitre. Le bruit des vidéos : Mai 68, "Qui êtes-vous Polly Maggoo?". WK cinéaste. Triptyques de foules, démultiplication, projections. Et des grands murs d'images, des compositions photographiques géantes visibles de la rue (certaines sont devenues des icônes), où tout est empilé, sans hiérarchisation mais avec grand soin. Somptueux. Ce grand vacarme est à la fois assourdissant et harmonieux. Ce tourbillon fascine.

William Klein, arrivé en France dans l'immédiate après-guerre, va aimer passionnément le pays, s'y installer, s'y marier. Il peint, photographie, fait des films, des livres, brouille les pistes,  agit en "Américain" indiscipliné et bouleverse  les codes (rappelons que cette époque, pour la photographie, était celle des  Doisneau, Cartier-Bresson, etc.).Klein_5 Les conceptions alors en oeuvre lui paraissent, sans doute, trop statiques, trop pensées ou trop sentimentales, et vraisemblablement trop anecdotiques. WK est dans une dynamique d'expérimentation systématique (ses "photographies abstraites" en sont un exemple fameux). L'avantage d'être Américain n'est pas négligeable : là où les Européens (et notamment les artistes français) réfléchissent avant d'agir, un grand souffle de liberté traverse les pratiques picturales aux Etats-Unis, où les démarches exploratoires, instinctives sont valorisées. Ce sont deux postures radicalement opposées dès le départ; la théorisation sur ces pratiques n'intervient qu'a posteriori.

William Klein vit toujours à Paris. Il a 77 ans. Sa parole est toujours féconde. Sa liberté est entière. Sa générosité aussi.

* Une collection de films pour découvrir la démarche artistique des plus grands photographes contemporains sous un angle original, en observant leurs planches-contact : au fil d'un parcours en images commenté par son auteur, le spectateur pénètre dans l'univers secret du travail de création, au coeur du processus d'élaboration d'une oeuvre photographique.

Marc L. Lunettes Rouges.





L'homme aux multiples talents

Photographe, cinéaste, graphiste, peintre: William Klein revêt tous ces titres et bien plus encore. Klein a commencé sa carrière artistique en 1948 à Paris où il a reçu une formation de peintre, passant même par les ateliers de Fernand Léger. Se découvrant une passion pour la photographie, il l'utilise d'abord comme un moyen d'expression abstrait avant de se rendre compte des multiples possibilités d'investigation du monde réel.

Il est reconnu aujourd'hui avant tout comme photographe, un photographe qui crée de manière habile de « nouveaux objets visuels », à la frontière de la photographie, du cinéma et de la peinture. Image brutale et heurtée, qui reflète le monde de la rue, des villes cosmopolites et de la violence des cités. Il s'est aussi confronté à un univers esthétique pour le moins différent, devenant une des références dans le domaine de la photographie de mode après sa découverte en 1954 par Alexander Liberman, directeur artistique de Vogue. Délaissant les poses convenues et mondaines qui avaient cours à cette époque dans le milieu, il s'adonne à des photos de mode plus authentiques, cassant les tabous et les clichés, des photos qui s'imprègnent dans les rétines non plus pour le seul habit mais pour la magnifique construction stylistique de l'image.

Une exposition au Centre Pompidou à Paris pose un regard rétrospectif sur son oeuvre entamé depuis plus de cinquante ans, en confrontant photographies anciennes et récentes, maquettes de livres, extraits de films, peintures, dessins, affiches, sélectionnés en majeure partie dans les archives personnelles de l'artiste. Les tirages originaux consacrés aux villes nous proposent une descente dans les rues de Moscou, New York, Paris, Rome ou Tokyo. A chaque regard, l'impression saisissante que ce photographe sait figer, comme nul autre, les secondes dans lesquelles s'échangent clins d'œil ou sourires, les moments cocasses que l'on découvre en tournant au coin de l'allée.

«New York» publié, il devient un livre-culte lors de son lancement en 1956. En 1995, le livre est réédité dans une version entièrement remixée et augmentée de nombreux inédits, grâce à un regroupement exceptionnel d'éditeurs européens, japonais et américains. Un livre qui a révolutionné les arts de l'image grâce à l'utilisation par Klein d'un grand angle et de la pellicule ultrasensible qui donnent à ces photos ce goût si particulier. Granulations, contrastes forcés, photos bougées, décadrées, graffitées, déformées, accidents de tirage: le champ d'exploration est large, les cadres et conventions ne résistent pas à Klein. Sa griffe est née.

Julie Mancilla

New York 1954-55, photographies et texte de William Klein, Ed. Marval, 2005




20 avril 2007
John Galliano, accusé de plagiat par William Klein

John Galliano, le très emblématique styliste de la marque Dior, a été condamné en référé, le 28 mars à 200 000 € d'amende pour contrefaçon de l'œuvre de William Klein dans les campagnes publicitaires de sa marque Galliano S.A.. Il était reproché à Galliano d'avoir utilisé non pas des photographies de Klein mais le concept et l'idée des « contacts peints » que Klein développe depuis une quinzaine d'années. Le plagiat est certain : même réutilisation du principe de la planche contact et même laque rouge peinte en ligne brisée pour encadrer la photo. Si Galliano reconnaît l'emprunt, il réfute l'accusation de contrefaçon en précisant que les photos utilisées ne sont pas de Klein et que la durée de la campagne de publicité étant limitée, le dommage l'était aussi. Le tribunal de grande instance ne l'a pas vu de cet œil et a condamné Galliano à 150 000 € au titre des dommages aux droits patrimoniaux et 50 000 € au titre du droit moral. John Galliano devrait faire appel
Lucie Agache Connaissance des Arts














L'Express du 23/02/2006


Gainsbourg par William Klein propos recueillis par Jérôme Dupuis

Le célèbre photographe a signé la sulfureuse couverture du chanteur en travesti. Il nous raconte cette séance mémorable et parle de son ami Serge

En 1967 sur le tournage de Mister Freedom, de William Klein, film dont il compose la musique.

«En 1984, je tournais un film en Italie et, chaque soir, en rentrant à l'hôtel, le réceptionniste me disait: "Il signore Gainsbourg a téléphoné plusieurs fois pour vous." Je n'avais jamais le temps de rappeler et j'ai finalement dit à l'hôtel: "La prochaine fois, dites-lui de m'appeler à 3 heures du mat!" Et le lendemain, à 3 heures du matin, coup de téléphone de Serge, très excité: "William, je vais faire mon come-back avec un nouvel album et je voudrais que ce soit toi qui fasses la couverture! J'ai une idée: je vais me déguiser en travelo!" J'ai pensé qu'il voulait ressembler à une vieille putain décatie. "Non! Non! William, je veux être belle!" J'ai d'abord rigolé, puis j'ai réfléchi: "Bon, alors, on va travailler en noir et blanc. Et beaucoup retoucher..."

A mon retour à Paris, on s'est retrouvé à la brasserie Zeyer, à Alésia, puis on est allé au studio tout proche. Il a d'abord tenu à me faire écouter plusieurs fois les dernières maquettes du disque, dont il était très fier. Pour que ses traits ne soient pas trop lourds, il n'avait pas bu les huit jours précédents. Il s'était "mis au wagon", comme il disait. Sa maquilleuse s'est longuement occupée de lui: khôl autour des yeux, rouge à lèvres, fond de teint, faux ongles, bagues... On lui a même collé les oreilles, qu'il avait plutôt écartées. La séance s'est déroulée sans problème. En petit comité, Serge était très simple, chaleureux. Il connaissait deux de mes photos pour Vogue, devenues célèbres, où les mannequins fumaient. Il m'a demandé de m'en inspirer. Je dois dire qu'il jouait parfaitement son rôle. "Elle est belle, ma bouche, hein?"répétait-il toutes les cinq minutes.

La photo qui a fait la couverture du disque s'est imposée dans la série. Mais, avec ses poches sous les yeux et ses rides, il était un peu moins "belle" qu'il l'espérait... Alors j'ai demandé au meilleur retoucheur de Paris de travailler le cliché. Il a lissé la peau, amélioré la bouche, nettoyé les mains. On en a fait un véritable top-modèle! Et puis on a aussi rallongé la cendre de la cigarette au-delà des lois de l'équilibre. Serge était ravi. C'est toujours plaisant de collaborer avec quelqu'un qui, comme lui, possède un grand sens graphique. D'ailleurs, il a lui-même travaillé de très près à la maquette de la couverture du 33-tours, et je dois dire qu'elle était très réussie. Ensuite, il s'est servi de ma photo pour la célèbre affiche de son spectacle au Casino de Paris, avec le mémorable slogan: "140 francs devant, 110 francs derrière"... J'ai bien ri en voyant ça.

Après tout, nous étions deux petits juifs originaires d'Europe centrale qui avions abandonné la peinture pour un autre art. Je l'avais rencontré en 1967, au moment où je tournais Mister Freedom. Je voulais qu'il en compose la musique. Il est venu un soir dans les studios de la rue de Ponthieu où je visionnais des rushs. Il a regardé et m'a tout de suite dit: "Je veux jouer dans ton film!" Alors j'ai rajouté un personnage, Mr. Drugstore. On tournait dans une usine à gaz désaffectée de Saint-Denis, où on avait monté un décor de science-fiction, une sorte de base de la Nasa. C'est là que j'ai découvert combien Serge était un être gentil, disponible. Il attendait des heures dans les courants d'air, sans jamais se plaindre. Il avait toujours des histoires incroyables à raconter. J'adorais celle de sa première rencontre avec Jagger, où il avait renversé sans le faire exprès une bouteille de vin sur les pompes en daim à 3 000 livres de Mick... Ensuite, il a composé la musique, avec beaucoup de synthés. Il avait déjà détourné La Marseillaise pour l'occasion, d'ailleurs. Nous avons failli collaborer une dernière fois. J'avais écrit un scénario de film qui se voulait une satire du monde du spectacle. C'était l'histoire d'un garçon de café pétomane qui devient une star internationale avant de sombrer dans l'anonymat. Lorsque j'en ai parlé à Serge, il était fou de joie, il voulait absolument l'interpréter. Hélas, il est mort peu de temps après...»
propos recueillis par Jérôme Dupuis




















15/08/2007
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