Alain YVER

Alain YVER

WIRE

WIRE




          //zikcard.com/livewire

         //fr.wikipedia.org/wiki/Wire

        //www.myspace.com/wirehq




Wire
    
Pink Flag
Label :     Restless
Sortie :    décembre 1977
Format :  Album / CD  Vinyle   
        
Les comparaisons sont risquées mais on pourrait parler de ce Pink Flag (clin d'œil à un certain voisin de label nommé Pink Floyd) comme une rencontre entre le Velvet Underground et les Pistols, un mélange entre les Ramones et les Buzzcocks, un mix entre Television et les Damned.
Quelque soient les ressemblances, l'auditeur a bel et bien affaire à une alchimie parfaite entre le punk intello de N.Y et le punk juvénile anglais. Derrière des chansons courtes à l'extrême (28 secondes pour la plus brève) et les " one, two, three, four ! " criés à la volée se cachent de parties instrumentales simples et fascinantes (" Strange ") qu'auraient pu apprécier à la fois John Cale ou bien Iggy Pop, Sid Vicious ou Richard Hell...
Accompagnée de riffs simplistes, la voix revancharde et je-menfoutiste de Colin Newman fait mal. Et 28 ans après, personne n'a jamais retrouvé le truc. Ce truc digne des chefs-d'œuvre. Car oui, ce Pink Flag est bel et bien un chef-d'œuvre. A la fois crétin et génial.
Et si Wire avait tout simplement compris que le plus important n'est pas la musique en elle-même, mais plutôt comment on la joue ?

par The VoiDoid








WIRE
//fr.wikipedia.org/wiki/Wire_(groupe)

Wire est un groupe de rock britannique formé en 1976. D'abord associé à la première vague punk rock londonienne, Wire a ensuité été un élément décisif du courant post-punk[1], en raison de leur son richement travaillé et atmosphérique, de leurs thèmes lyriques assez obscurs et, à un moindre degré, de leur position idéologique situationniste.

 Chronologie

Le groupe s'est développé à partir d'un son plutôt brut (Pink Flag de 1977) pour atteindre un son plus complexe et plus structuré, avec une plus grande utilisation de synthétiseurs (le Chairs Missing de 1978 et le 154 de 1979). Par conséquent, il a eu une grande influence, au cours des décennies suivantes, sur une grande variété de groupes et de genres musicaux rock, notamment sur The Urinals, The Minutemen, R.E.M., qui a enregistré une version de leur Strange sur leur album Document et, plus récemment, Bloc Party, Futureheads et Franz Ferdinand.

En 1979, des différences créatrices ont tiré le groupe dans diverses directions, les faisant aboutir au LP Document & Eyewitness.

De là a suivi une « période de suspension » (1980-1985) qui a joué en faveur de projets solo et de collaborations hors du groupe, par exemple les groupes Dome, Cupol, Duet Emmo et plusieurs efforts solos de Newman. En 1985, le groupe s'est reformé et a réacquis la faveur de la critique, mais sans se faire tout à fait la même place que dans la décennie précédente. S'étant réformé en « beat combo », le groupe s'est de plus en plus immergé dans la musique électronique. En 1990, Gotobed, le batteur, en est venu à se déclarer lui-même être littéralement « de l'équipement superflu ».

Le trio restant a marqué la sortie de Gotobed en renommant le groupe "Wir", et a sorti encore un album (The First Letter, 1991). Bien que cet album n'ait reçu qu'un accueil mitigé, le son était en avance sur son temps. L'étrange effort de collaboration s'est ponctué d'une autre période d'enregistrements solos, pendant lesquels Newman a fondé le label Swim~ avec son épouse, l'ancienne bassiste des Minimal Compact, Malka Spigel. Ce n'est qu'en 1999 que Wire est redevenu un projet à plein temps pour ses musiciens.

Avec Gotobed (alias Robert Grey) de nouveau inclus, le groupe a commencé par retoucher le gros de son catalogue passé pour un concert au Royal Festival Hall. De bonnes réactions durant une courte excursion aux États-Unis d'Amérique et quelques gigs au Royaume-Uni ont convaincu le groupe de continuer. Le son du groupe s'est renouvelé, se basant en grande partie autour de crochets de guitare reglés au quart de tour et de percussions très rapides. Deux EP et un album (Send, 2003) ont suivi, de même que des collaborations live avec Es Devlin et Jake et Dinos Chapman.

Bruce Gilbert quitte le groupe en 2004 et n'apparait pas sur leur onzième album studio, Object 47, écrit par Colin Newman et Graham Lewis [2]; en concert, il est remplacé à la guitare rythmique par Margaret Fiedler McGinnis, de Laika (qui avait repris la chanson German Shepherds sur la compilation hommage Whore et a joué en tournée avec PJ Harvey).

Leur influence sur la britpop et sur le rock indépendant en général ne devrait pas être minimisée ; un cas particulièrement remarquable de plagiat entre l'éditeur de Wire et Elastica sur la similitude entre la chanson de Wire Three Girl Rhumba (1977) et le succès Connection d'Elastica (1995) s'est finalement réglé à l'amiable. Le travail de Blur, de même que celui de plusieurs groupes moins importants de britpop, a été particulièrement parfumé du style de Wire des années 1970. Spoon a récemment repris un morceau de Wire. Comme The Velvet Underground, Wire est un groupe dont l'influence a surpassé les ventes de disques, relativement modestes. Wire a également influencé des formations comme le groupe de post-hardcore Big Black, qui a d'ailleurs sorti un EP intitulé Heartbeat, reprenant la chanson de l'album Chairs Missing[3].

   1. Å™ //allmusic.com/cg/amg.dll?p=amg&sql=11:kiftxqr5ldfe~T1 [archive]
   2. Å™ Voir un article à l'occasion de la sortie de cet album, dans Mouvement : David Sanson, "Reconfiguration perpétuelle", Mouvement.net, 17/07/08 [archive].
   3. Å™ (en) Big Black - Heartbeat [archive] sur Allmusic.








BIOGRAPHIE

MEMBRES

Graham Lewis : guitare basse et voix     
Bruce Gilbert : guitare
Colin Newman : guitare et voix     
Robert Gotobed : batterie

DISCOGRAPHIE
//www.hardcore-punk.net/groupe/293/wire

Wire est un groupe de rock avant-gardiste/proto-punk formé en 1976 à Bristol en Angleterre par Colin Newman (chant et guitare), Bruce Gilbert (guitare), Graham Lewis (basse et chant) et Robert Gotobed (batterie).

Bruce Gilbert et Colin Newman se rencontre en 1976 au Art School de Watford. Influencé par les Ramones et Brian Eno, les deux s'associent à Graham Lewis et à Robert Gotobed pour fonder Wire qui deviendra rapidement l'un des groupes les plus novateurs et influents des année 1970-1980.

Le groupe commence début 1977 en première parti de The Jam et enregistre en décembre Pink Flag (clin d'oeil piquant à Pink Floyd, qui leur fait de l'ombre sur le label "Harvest"), un album punk minimaliste, aux paroles obscures, rapide et parfois mélodieux .

En 1978, Wire retourne en studio réaliser Chairs Missing, son second album aux sonorités plus diverses et développées, incluant des synthétiseurs. L'année suivante, l'expérimentation du groupe est mise beaucoup plus en avant, avec 154, sur lequel on trouve une nouvelle direction musicale plus pop/rock. A la suite de l'échec de la vente du disque, mais aussi d'un désaccord grandissant entre les musiciens, le groupe se sépare fin 1980.

Colin Newman se lance alors dans une carrière solo. Lewis et Gilbert connaîtront quant à eux le succès sous différents noms dont He Said, Dome, Cupol... et auront l'occasion de participer à l'enregistrement d'un disque en compagnie de Daniel Miller, directeur du label "Mute".

Il faut attendre 1985 pour voir la reformation de Wire. Le groupe est rapidement acclamé par la critique et signe un contrat avec "Mute". En résultera The Ideal Copy en 1987, suivi de A Bell Is a Cup...Until It Is Struck en mai 1988. Le groupe se produit pour la première fois aux Etats-Unis et joue avec Ex-Lion Tramer qui reprendra durant leur concert, morceaux par morceaux, Pink Flag.

En mai 1989, Wire sort un nouvel album de 11 titres appelé It's Beginning to and Back Again. L'année suivante sort Manscape qui marque la fin de la collaboration avec le batteur Gotobed qui déclare alors n'être qu'un "équipement superflu".

Le groupe tronqué d'un de ses membres se renomme alors en Wir et réalise en octobre 1991, The First Letter qui reçoit des avis mitigés. Il faut attendre 2003, après diverses compilations pour que Wire fasse réellement son retour avec l'album Send.

Durant toute sa carrière Wire a inspiré des groupes comme Big Black, Minor Threat, R.E.M., Minutemen et The Urinals et restera incontestablement comme un des plus novateur de la fin des années 1970.

Par Punkcity - Voir aussi : Saints and Sinners, Ludwig Von 88, Criminals, Exploited, Dead Boys







La biographie de Wire

Wire se forme en 1976, à l'instigation de Graham Lewis (basse, chant), Bruce Gilbert (guitare), Colin Newman (guitare, chant) et Robert Gotobed - ce n'est qu'un pseudonyme, vous vous en doutez ! - (batterie). Bien qu'apparaissant sur la compilation Live at the Roxy, qui réunit la jeune scène punk londonienne, Wire a plus à voir avec le post-punk et des groupes comme Magazine ou Alternative TV. Catalogués intellos, ses membres se disent autant influencé par Marcel Duchamp que par les Sex Pistols.

Leur premier album, Pink Flag (1977), avec ses 21 chansons de moins d'une minute et sa pochette décalée (un drapeau rose flottant au dessus d'un paysage vide) est un des grands disques de cette année-là. Certains n'hésiteront pas à parler d'un new wave ! Le deuxième album, Chairs Missing (1978), est moins minimaliste, les chansons sont plus longues et le réalisateur, Mike Thorne, ajoute même quelques pistes de synthé (ce qui peut paraître anodin aujourd'hui, mais était extrêmement osé à une époque où l'on était plutôt chatouilleux sur l'utilisation de synthés ou de cuivres : un vrai punk band ne comportait de clavier sous aucun prétexte ! ). Avec le troisième LP, 154 (1979), il devient clair que plus aucun punk à crête ne saurait trouver là matière à pogo.

Wire publie ensuite un album live ne contenant que du nouveau matériel. Le groupe expérimente alors dans toutes les directions, comme le prouve Document & Eyewitness, en 81. L'album est accompagné d'un EP, censé préfigurer le prochain album - qui ne verra jamais le jour. Suitun intermède de quatre ans (1981-1985), durant lequel les membres du groupe s'occupent à des projets solos. Quand Wire se retrouve, en 85, sa nouvelle orientation musicale est définitivement électronique. Le groupe utilise à fond les nouvelles technologies : synthés, premiers samplers Akai, balbutiements de l'informatique musicale...
En 1990, Gotobed quitte le groupe quand il réalise que les machines font désormais le travail mieux que lui (les boîtes à rythmes mettent alors beaucoup de batteurs au chômage). Pour marquer son départ, on enlève une lettre au nom du groupe, qui devient WIR. En 1991, WIR sort un nouvel album qui connaît un accueil mitigé. Newman fonde alors Githead, avec sa femme, Malka Spigel, l'ex-bassiste de Minimal Compact. Wire (ou WIR) reste en sommeil jusqu'en 99.

Cette fois, Gotobed de retour sous son vrai nom, Robert Grey, le groupe offre une relecture de son répertoire au cours d'un concert fameux, au Royal Festival Hall, puis enchaîne sur un tour US. Un autre album, Send, voit le jour en 2003. En 2006, le back catalogue de Wire est réédité, en 2008 sort Object 47.

Même si leurs ventes ont toujours été modestes, l'influence de Wire est grande sur des groupes comme The Minutemen, R.E.M, My Bloody Valentine, Fischerspooner, Elastica, Bloc Party, Futureheads et j'en passe... Sans le savoir, vous écoutez tous les jours du Wire (même si on appelle ça aujourd'hui Franz Ferdinand ou Foals) !

//www.premiere.fr/Star/Wire-3147984







Rock: Wire, un groupe obscur

Issu du bouillonnement punk rock anglais des années 70, Wire a rapidement acquis un statut particulier grâce à trois premiers albums très influents. La suite de leur carrière, en grande partie inspirée par une posture résolument situationniste, consistera à élargir toujours plus le champ des possibles. Le trio se gagnera ainsi une réputation d'expérimentateurs en élaborant des structures originales, accompagnés de paroles aux contenus souvent obscurs et d'arrangements toujours plus atmosphériques.

Après une courte séparation au début des années 80, le groupe se reforme tout en décidant de ne pas rejouer leur ancien répertoire et d'intégrer des instruments électroniques. Des Cure à Black Flag, en passant par Fisherspooner, Wire a eu une influence très large sur différents courants et à continué à sortir sporadiquement des albums jusqu'à l'annonce de cette longue tournée.

//vibrationsmusic.com/2011/01/18/wire/






Wire - Interview
25/02/2009, par Cyril Lacaud

Groupe catalogué (à juste titre) intello punk, Wire était récemment en tournée en France pour défendre le très réussi "Object 47". Nous ne pouvions pas laisser passer l'occasion d'interviewer, lors de leur passage à Paris, l'un
des groupes les plus aventureux et essentiels de ces trente dernières années. Nous retrouvons donc un Colin Newman espiègle à l'esprit bouillonnant et un Graham Lewis plus posé et d'une élégance à faire passer les fashion victims de Franz Ferdinand pour des épouvantails. Après avoir chaleureusement trinqué (à la Badoit, intellos punks on vous a dit !), nous voilà partis pour une longue et chaleureuse discussion à évoquer le présent et le passé d'un groupe qui a toujours eu trois longueurs d'avance sur tout le monde.

 Comment avez-vous rencontré Page Hamilton, ex-Helmet qui a participé à l'album "Object 47" ?
Colin Newman : Ça remonte à l'époque où il jouait dans Band Of Susans. Le groupe faisait nos premières parties lors d'une tournée américaine à la fin des années 80. Il était alors un jeune type complètement fou et il nous a bien plu. Bruce Gilbert (guitariste originel de Wire qui a désormais quitté le groupe, ndlr) est un guitariste extraordinaire mais Page, lui, semble venir d'une autre planète. Et puis c'est un type intelligent, on se sent donc proches de lui (rires).

Graham Lewis : A l'époque il était quarterback et moi demi de mêlée, cette tournée était en plus une sorte d'échange culturel.

Pourquoi ne pas lui avoir proposé de remplacer Bruce Gilbert ?
Colin : Nous ne lui avons jamais demandé. On ne peut jamais remplacer quelqu'un. Wire reste maintenant l'affaire de trois personnes. Nous lui avons proposé de jouer en concert avec nous. Il était emballé par l'idée, mais il vit à Los Angeles et c'était un peu compliqué à mettre en place. Au fond de lui, il en meurt d'envie mais ce n'est pas réalisable pour le moment.

Graham : Page est un grand fan de Wire. Nous l'avions revu en 2002 lors d'un concert qu'on donnait à New York, à cette époque il jouait pour David Bowie et ils étaient venus nous voir jouer. Quand nous avons eu besoin de quelqu'un pour remplacer Bruce sur scène nous avons fait une liste, très courte, et il en faisait partie. Nous ne cherchions pas seulement quelqu'un qui joue les parties de guitares de Bruce, mais qui puisse aussi apporter sa touche. Finalement, c'est Margaret Fiedler du groupe Laika qui nous a rejoints.

Pensez vous qu'un jour Bruce revienne dans le groupe ?
Graham : Nous n'en avons aucune idée, il faudrait lui poser la question.

Colin : Cela a été une période difficile, pour lui comme pour nous.

Graham : Il nous est d'autant plus difficile de dire s'il reviendra que nous ne connaissons pas les raisons de son départ. Il y a eu beaucoup de problèmes liés à notre manager, que nous avons d'ailleurs viré depuis, et qui sont sûrement à l'origine de cette décision.

En 1990, vous avez sorti un album sous le nom de Wir car Robert Gray, le batteur, n'y avait pas participé.
Pourquoi ne pas avoir réutilisé ce principe pour "Object 47", en vous rebaptisant "Ire" ou "Wie" cette fois-ci ?
Graham : Tout simplement parce que nous l'avons déjà fait une fois. C'était une bonne idée même si beaucoup de gens ont dû trouver ça prétentieux. Ça l'était probablement !

Colin : En fait, c'est que nous sommes Wire, quand on est devenus Wir les gens nous appelaient toujours Wire ! A nos débuts il y a trente ans, c'était l'étiquette qu'on nous collait qui importait, pas le nom. Maintenant, nous avons un nom suffisamment connu qui nous a permis d'être là où nous sommes aujourd'hui et de faire ce que nous souhaitons en tant qu'artistes. En changer aujourd'hui serait un suicide.

Les paroles de vos chansons sont souvent abstraites, pas immédiates. Y a-t-il un thème particulier pour "Object 47" ?
Graham : Abstraites ? Non ! Donne un exemple.

Dans certaines de vos chansons, en particulier sur vos premiers albums, les paroles sont très courtes, les mots semblent choisis autant pour leur sens que pour leur sonorité, avec souvent plusieurs interprétations possibles.
Colin : C'est de la poésie. On essaie de dire plus d'une chose à la fois. Le cliché rock, style "I love you baby" ou "Foutons en l'air le système", ne nous a jamais intéressés, en fait on trouve ça assez grossier. C'est notre mode d'expression, certains sont plus directs que d'autres. D'ailleurs Graham écrit de manière elliptique, parle même de manière elliptique ! (rire général). C'est une question de mode d'expression : certaines choses sont directes, d'autres le sont moins.

Graham : Ce que j'aime faire, c'est décrire les choses avec un point de vue inattendu. Par exemple, si tu décris de la viande dans une assiette, cela peut paraître abstrait car les gens n'ont pas l'habitude de regarder la viande en tant que telle, ils voient de la nourriture. (A ce moment-là, un bruit de vaisselle venu des cuisines de la Maroquinerie couvre presque la conversation.) Le résultat est souvent perçu comme abstrait, mais je pense que c'est une interprétation erronée. C'est juste une façon spécifique de porter un regard sur les choses. Il y a beaucoup de questions sur cet album. En ce moment, il est plus important de poser des questions que d'apporter certaines réponses.
Wire, par Julien Bourgeois pour POPnews

L'artwork de la pochette d'"Object 47" a été confié à Jon Wozencroft (photographe, graphiste et patron du
label Touch). Comment s'est faite cette rencontre ?
Graham : En fait Jon s'est chargé du graphisme, la photo est de moi.

Colin : Nous avons longtemps travaillé avec David Coppenhall, nous aimons beaucoup son travail, aussi lui avons-nous demandé de travailler sur l'album mais il a tellement de projets en cours que ça n'a pas pu se faire. Nous travaillons uniquement avec des gens que nous connaissons.

Graham : Je connais Jon depuis 1979, bien avant qu'il ne crée son label Touch.

Colin : Il a beaucoup travaillé avec moi pour mon label Swim Records. Son style très particulier fait que les gens s'imaginent que c'est des disques de chez Touch ! C'est pour ça que la finition de la pochette d'"Object 47" est sur papier glacé (contrairement aux pochettes Touch au papier très mat), pour lui donner un côté "unTouch" !


"Objet 47" est un album beaucoup plus accessible que "Send", le précédent. Ce disque était-il trop extrême ?
Colin : J'ai produit ces deux albums, dans mon propre studio avec le même matériel. La différence entre les deux ne s'explique pas par des choix différents mais par leurs époques de réalisation respectives. "Send" était l'album d'un nouveau millénaire et devait donner un nouveau sens à ce que le rock'n'roll peut avoir de plus excitant : un son agressif et direct qu'on reçoit en pleine tête, ce genre de chose... C'était vraiment jouissif, surtout pour moi qui avais surtout produit de la dance music pendant des années, et qui pendant toutes les années 90 n'avais plus eu trop envie de chanter. Bruce avait alors mis au point un son de guitare très particulier, absolument énorme. Tout ça laissait très peu d'espace, les mélodies étaient quasiment absentes, ce qui donnait à "Send" un côté agressif virant à la claustrophobie. Mais c'était intéressant. Quatre ans après, c'est vrai que notre esthétique a changé.

Graham : Je dirais que cet album est futuriste ! (allusion au mouvement de Marinetti et Russolo, ndlr). Ça faisait longtemps qu'on n'avait pas enregistré et nous ne voulions pas que les gens nous trouvent vieux et fatigués. Donc, nous avons fait un disque rapide et agressif. Sur "Object 47", quand vous retirez la guitare, vous remarquez la basse qui est beaucoup plus mélodique, le chant a une place plus importante, une approche qu'on n'avait plus explorée depuis la fin des années 70.

Colin : Dans les années 80-90, la musique a beaucoup évolué, des choses nouvelles sont apparues. Une nouvelle époque commençant, on pensait que le rock devait être ré-inventé. Alors quand, en 2003, il est apparu évident qu'on allait encore se taper de l'indie pop merdique, je me suis rendu compte que la musique qui sortait à cette époque n'avait plus rien de nouveau. Pourtant, il y a encore dix ans, je rejetais ce genre de fétichisme rétro qui consiste à considérer que tout était mieux avant !

Graham : Britpop !

Colin : Aussi voulions-nous faire quelque chose de radicalement différent de tout ça.

Wire, par Julien Bourgeois pour POPnews

En 2003, lors de votre concert au Trabendo, le son était très fort, extrêmement physique. Est-ce toujours le cas lors de cette tournée ?
Colin : Non, maintenant on joue beaucoup plus acoustique !

Graham : "All you need is love" ! (rires) En fait, c'était en phase avec notre esthétique du moment. On ne cherchait pas la mélodie, c'était simplement sonique ! Avant de nous reformer en 2000, nous n'avions pas dû toucher de guitares pendant dix ans, on avait plutôt pressé des boutons... Pendant ce temps-là, le matériel et les moyens de faire du bruit avaient beaucoup évolué, et nous avions tous envie d'aller dans cette direction.

Colin : Pour moi, c'est toujours la puissance qui a caractérisé nos concerts, plus que simplement l'agressivité ou un
volume sonore élevé.

Y a-t-il un album dont vous êtes particulièrement fiers ?
Colin : Les albums pour lesquels j'ai trouvé le bon mix.

Graham : Je n'en ai pas. Certains auraient pu être meilleurs.

Colin : Comme "Manscape" !

Ne pensez-vous pas néanmoins que votre période Mute, dans la deuxième moitié des années 80, est un peu sous-estimée ?
Graham : C'est encore une histoire de contexte. Nous n'avons jamais fait les choses simplement. Quand nous avons commencé chez Mute, on a appliqué une sorte de politique de l'année zéro, comme si nous n'avions jamais rien joué de notre vie. Beaucoup de gens n'ont pas compris ce qu'on faisait et ont trouvé ça très prétentieux. En tous cas, nous ne nous sommes fait aucun cadeau, nous ne nous sommes pas facilité la tâche. Le problème aussi, c'est qu'à l'époque nous étions très branchés par la technologie et qu'elle n'était pas toujours très simple à utiliser. Le son s'en ressent. Je pense que nous avons sorti des bonnes choses durant cette période, mais certaines sonnent vraiment années 80.

Colin : Les débuts de l'ère digitale ont donné des albums au son très étriqué. Parfois, c'est difficile à réécouter aujourd'hui, et les albums des années 70 sonnent souvent mieux. Pour autant, je ne suis pas un fétichiste de l'analogique.

Ce soir, le public va être composé de gens plus ou moins vieux, mais tous très au fait de votre carrière. Cela n'a pas toujours été le cas. En particulier lors de ce concert de 1978 ou 1979 pour la télé allemande que vous avez sorti en DVD il y a quelques années, où le public semble quelque peu amorphe.
Colin : Les gens à ce concert ne savaient absolument pas qui on était. On s'est retrouvés dans ce show en Allemagne parce qu'un DJ d'une radio locale nous avait entendus dans l'émission de John Peel et était devenu fan de Wire. Il a réussi à nous faire jouer dans cette émission sur une grande chaîne nationale !

Graham : C'était une expérience étrange mais aussi intéressante. Ça nous renvoyait, d'une façon un peu rude, à
ce qu'on était vraiment. Et puis c'était une bonne occasion de répéter des morceaux de l'album "154", qui n'était pas encore sorti. Ce qui est marrant, c'est que lors de notre premier concert au Roxy devant un public punk, les gens ont détesté.

Colin : Tout le monde se fait son idée sur notre histoire, comme quoi tout le monde avait entendu parler de nous.
Ce n'était vraiment pas le cas dans les années 70. On a dû faire une fois la couverture du "NME", mais sorti d'un cercle assez restreint, personne ne nous connaissait, la BBC ne passait pas nos chansons, elle nous détestait. On était à part dans la scène punk de l'époque, il faut dire qu'on était très critique vis-à-vis d'elle. On était trop critique, c'était peut-être ça notre problème !

Trop intelligents pour le public punk de l'époque ?
Colin : Oui, c'est ça, trop intelligents (rires).

Graham : Prétentieux !

Il n'y avait aucun groupe dont vous vous sentiez proches à l'époque ?
Colin : En 1978, les membres de Cabaret Voltaire étaient venus nous voir pour nous dire qu'ils aimaient beaucoup
ce que nous faisions.

Graham : Pere Ubu. Leur concert au Marquee Club en 1977 était une véritable claque ! Un souvenir fantastique ! Sinon, nous écoutions les disques de Brian Eno, David Bowie, "Low" en particulier, Kraftwerk. Des artistes qui ont le sens de l'humour.

Maintenant, quels sont vos projets ? Allez-vous remettre Wire entre parenthèses pendant quelques années ?
Graham : Non, nous n'avons pas prévu de nous arrêter. Nous partons pour une tournée aux Etats-Unis, seize concerts en dix-sept jours ! On appréhende un peu.

Comme nos brillants punks étaient d'humeur très bavarde, s'en est alors suivie une discussion qui ne voulait plus finir où furent évoqués Sébastien Tellier et l'Eurovision (eh oui !), les artistes Damien Hirst et John Duncan, Alain Bashung... le tout avec une bonhomie assez inattendue. Un sentiment qu'on retrouvera deux heures plus tard lorsque le groupe montera sur scène, souriant et décontracté, ce qui jusque-là n'était pas vraiment le genre de la maison... Une décontraction qui n'entame en rien l'efficacité scénique de ces vétérans toujours verts, qui nous offriront un concert tendu et racé, avec ce sens unique de l'épure. Nous aurons même droit à quelques vieux morceaux période "Pink Flag" ("Lowdown", "12 XU") : pour des gars qui ne sont pas nostalgiques pour un sou, c'est à souligner !

Propos recueillis par Cyril Lacaud et Vincent Arquillière
Photos par Julien Bourgeois.

A lire également, sur Wire :
la chronique de "Object 47" (2008)
la chronique de "Wire on the Box" (2005)
le concert au Trabendo (2003)

 


08/10/2012
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